vendredi 31 décembre 2010

The River


Le bleu du ciel va bientôt laisser place au soleil couchant de ce dernier  jour de l’année. J’ai gravi la colline jusqu’à ce monticule et je vois au loin les voiles de mon bateau dont j’entends déjà les cliquetis de ripaille et rires gouailleurs de mes matelots.

Je regarde le fil de l’eau qui s’insinue entre les arbres de l’intérieur de l’île où je me suis réfugié, pour mieux observer ma vie et mon destin. Je remonte mon tricorne sur mon crâne et je gratte ma barbe, comme regardant mes souvenirs voguer. Un air d’harmonica me vient aux oreilles, et pendant qu’un œil fronce, l’autre sourit…

La rivière suit son cours et je pense aux amis emportés par les vents, aux combats inutiles et aux amours perdues. Pourtant mon esprit de pirate refoule les mauvais moments et je retrouve les amis disparus, je reprends mon sang-froid et me réconcilie avec ma belle enfuie. Pourquoi  pas refaire le temps quand on refait le monde ?

Alors je plonge dans la rivière pour retrouver les miens qui ont déjà pris de l’avance pour cette fête annuelle, j’hume déjà les fumés des gibiers entamés, le nectar des vins débouchés, et je pense aussi à cette chanteuse à guitare que Bosco a engagé. Oui, j’arriverais à temps…
 
Le courant me porte, je vole, les poissons s’écartent de mon chemin et je vois déjà mon embarcadère lumineuse qui n’attend que moi pour commencer la nouvelle année !


Bonne Année les amis ! 2011, de votre temps…

Besos,
Jack.

lundi 27 décembre 2010

Katharine, la Reine Africaine

Je l’avais rencontrée au détour d’un marché à Mombasa, lors d’une escale du Poséidon sur le continent africain. J’avais besoin de me détendre les neurones suite à une dispute avec une belle, et ni une ni deux, Bosco et tout l’équipage m’avait suivi sur mon coup de sang. Fini l’air de Cancun, c’était le bleu de l’Afrique qui peignait mon cœur endolori et faire du marchandage, voir des têtes nouvelles, me changeait ma gueule d’atmosphère ou de Père noël mal défraîchi…

Cette dame d’un certain âge, mais pas certain, tripotait avec dextérité et fermeté les melons jaunes du cru, et cela me plut. Nous fîmes connaissance et échangeâmes nos prénoms comme deux écoliers. Katharine voulait par curiosité remonter jusqu’au Lac Victoria et je me proposais de l’accompagner.

Ca me changeait les idées  de jouer les chauffeurs pour dame. Le canot à moteur que nous avions loué eut rapidement des ratés et ce fut un long périple qui nous attendit, avec en point d’orgue une invasion de sangsues noires lors d’un passage à gué, tirant à bras ce foutu rafiot mais nous rapprochant sacrément ma belle dame et moi.

Elle me rappelait cette actrice au visage taillé au couteau et aux yeux de mille feux. Fors de notre intimité nouvelle, je compris rapidement l’origine de cette habileté manuelle à tâter les fruits et même le goûter de son palais, lui proposant les meilleurs vins dès notre périlleux et infortuné retour à Mombasa, trois semaines plus tard.

Katharine, une vraie reine africaine, que je n’oublierais jamais…


Jack Rackham.

Un film à ne pas rater : African Queen « La Reine africaine »( 1951 ) Infos Wikipedia :

… film américain réalisé par John Huston en 1951, d'après le roman homonyme de C.S. Forester et ayant pour acteurs principaux le duo Humphrey Bogart et Katharine Hepburn. Grâce à l'interprétation de son personnage de Charlie Allnutt dans ce film, Bogart remporte cette année là son unique oscar, celui du meilleur acteur.

Résumé : Charlie Allnutt fait le coursier avec son bateau, l'African Queen, sur une rivière du continent africain pour une exploitation minière belge. Rose Sayer a accompagné son frère, le révérend Samuel, dans un village reculé où son seul contact avec l'Empire britannique est Charlie. Un jour, le village est attaqué par l'armée allemande, ce qui provoque chez Samuel un grave traumatisme dont il mourra. Il ne reste à Rose que Charlie dont les employeurs ont aussi subi l'assaut allemand. Ils se retrouvent seuls sur ce bateau. Voulant donner un sens à leur fuite, ils vont alors se fixer un but : torpiller un bateau allemand, posté sur un lac plus en aval, bloquant le passage de la flotte britannique qui pourrait venir rétablir l'ordre. Au cours de cette aventure, ils vont se découvrir, se rapprocher et s'aimer, lui le marin bourru et elle la vieille fille coincée.

Quelques informations en sus, de notre envoyée spéciale de l’île du Crâne, Laurence Peloille :

Biographie de Katharine Hepburn.
Actrice américaine, née à Hartford, Connecticut le 12 mai 1907 et décédée à Old Saybrook, Connecticut le 29 juin 2003.
Authentique légende du cinéma américain, Katharine Hepburn, connue pour son caractère bien trempé, a fait virevolter bien des conventions à Hollywood. Fille d'un chirurgien et d'une suffragette, bien décidée à jouer la comédie, elle monte sur les planches de Broadway en 1920. C'est Georges Cukor en 1931 qui lui offre son premier film. Il devient l'un de ses réalisateurs fétiches. Katharine remporte son premier Oscar dès 1934 pour son rôle dans 'Morning Glory'. 'L' impossible Monsieur bébé' de Howard Hawks en 1937 lui permet de donner la réplique à Cary Grant. En 1942, elle rencontre Spencer Tracy sur le plateau du film 'La Femme de l'année'. Les deux acteurs ne se sépareront plus. Elle continue sa carrière cinématographique en parallèle à ses apparitions au théâtre avec 'La Reine africaine' (1952), où elle donne la réplique à Humphrey Bogart, et 'Devine qui vient dîner' (1967), son dernier film avec Spencer Tracy, qui lui vaut son second Oscar. Elle reçoit deux autres Oscars pour 'Un lion en hiver' (1969) et 'La Maison du Lac' (1981). L'actrice disparaît à l'âge de 96 ans après avoir tourné près de 40 films.

Dame de mode
Avec Greta Garbo, Katharine Hepburn a lancé la mode des pantalons pour les femmes. Sur les tournages, cette dernière refusait de porter du maquillage et des vêtements inconfortables.

Douze nominations
Katharine Hepburn est l'actrice qui a reçu le plus de nominations aux Oscars (12), derrière Meryl Streep.

QUELQUES CITATIONS DE L’ACTRICE
« Le caractère mauvais, l'âme fière et le corps solide »
«Si on respecte toutes les règles, on gâche tout le plaisir.»
«Si vous faites toujours ce qui vous intéresse, au moins une personne est satisfaite.»
«Quelquefois, je me demande si les hommes et les femmes sont faits pour vivre ensemble. Peut-être qu'ils devraient se contenter d'être voisins et de se rendre visite de temps à autre.»
«Je ne perds jamais de vue que le seul fait d'exister est une chance.»

LE GRAND AMOUR DE SA VIE : SPENCER TRACY
Spencer Tracy, né le 5 avril 1900 à Milwaukee (Wisconsin) et mort le 10 juin 1967 à Beverly Hills en Californie, était un acteur américain.
Spencer Tracy a obtenu deux Oscars du meilleur acteur deux années consécutives en 1937 pour Capitaines courageux et en 1938 pour Des hommes sont nés, ainsi que le BAFTA en 1967 pour Devine qui vient dîner ?. Marié, et ne pouvant divorcer de son épouse parce qu'il était un catholique fervent, il vécut maritalement jusqu'à sa mort avec Katharine Hepburn, avec cependant des "pauses" dans leurs relations.
Très malade lors du tournage de son dernier film (il souffrait d'emphysème et de diabète), il était en train de se préparer une tasse de café au matin du 10 juin 1967, lorsqu'il fut terrassé par une crise cardiaque, dix-sept jours après la fin du tournage de Devine qui vient dîner ?, avec Katharine Hepburn. C'est cette dernière qui le découvrira mort dans sa cuisine. Le film sortit en décembre, six mois après sa mort…                 L.P. 

mercredi 22 décembre 2010

Le Noël de Jack : Mère Noëlle, quand tu nous tiens !

Au moment des fêtes, des souvenirs d’autres Noël remontent à la surface, immanquablement. Quelques anecdotes, des faits marquants d’un repas qui a mal tourné ou au contraire l’émanation suave d’un bonheur unique avec une amoureuse ou un foie gras délicieux…

Là, en cherchant la ruelle où avait lieu la soirée entre amis organisée par Bosco, je me remémorais un Noël pas si lointain où j’avais rendez-vous avec Katia. Je me préparais déjà à un festin de jambes et de baisers car je connaissais la loustic qui n’avait faim que de cabrioles et autres échanges oraux. Mais je m’étais perdu dans un dédale de ruelles sombres ; j’étais un Capitaine aguerri, rompu aux galères et pannes en tous genres, mais en mer surtout…

Je rentrais au hasard dans une taverne plutôt tranquille pour demander mon chemin. Je prenais mon air de vieux loup de mer, quand j’aperçus dans le fond un troupeau de donzelles en train de siroter une limonade…

L’une d’elle parlant à voix basse à son amie d’à-côté, se mit en tête de me faire du gringue et mit deux pièces dans un juke-box de l’époque. Je sais, ça n’existe pas à notre époque mais la machine à écrire non plus, sinon comment taper cette histoire, hein ?

La musique plutôt rock commença à faire monter la pression et je sentis quelques vapeurs connues qui me rappelait ma jeunesse. L’allumeuse se frottait et se collait en suivant la musique et  je jouais le jeu en restant de marbre. J’avais peur néanmoins que mon pantalon révèle une émotion bien compréhensible, j’ai toujours été touché par les ambiances chaudes et musicales de Noël…

Une à une, les copines de ma danseuse nous rejoignirent, et rapidement je fus submergé au point de finir sur la table de la taverne, recouvert de ces filles aux mains douces et aux cheveux s’enroulant autour de tous mes membres, comme des fouets attisant cette soirée de mille feux. J’oubliais tout et me  livrais en pâture aux sirènes, quand…

La porte du saloon, s’ouvrit en claquant, le battant se fracassant en mille morceaux contre le mur.

Maia ? Lady Ania ? YsaBelle ? Une voix hurlant interpella toute l’assemblée, je la reconnus : 
« Alors Pirate ??? On a oublié son rendez-vous ? Faut que je fasse toutes les tavernes pour te retrouver ici, chevauché des pouliches  de ce tavernier en mal de clientèle ? Arrive un peu par là que je te remonte le fendard, j’ai mis une dinde à cuire et tu vas la finir… »  

Je me rembraillais penaud, et je n’en croyais pas mes yeux. C’était bien la voix de Katia mais…Elle avait du demander sortilège à notre ami le Magicien et un clin d’œil en confidence me rassura sur ses intentions et son identité.

Devant les autres, je ne demandais pas mon reste et je suivais mon amie un sourire aux lèvres, mon corps ayant changé d’âme et de désir. Je suivais ma Mère Noëlle pour une nuit de réveillon dont je me souviendrais toujours !

Mais ça c’est une autre histoire…


Joyeux Noël !

Jack Rackham

mercredi 15 décembre 2010

La Peau de l'Ours

Mercredi, c’est le jour des gosses. Et j’ai pris rendez-vous, en accord avec le bourgmestre de l’île du Crâne, d’en recevoir une tripotée sur mon bateau afin de leur enseigner quelques notions de navigation, les rudiments d’une goélette,  des leçons de vie, voire même leur raconter des histoires…

Justement, ils sont tous là dans mon bureau de Capitaine, je suis dans mon fauteuil à bascule, fumant pipe et paraissant cent ans, dans le rôle du raconteur d’histoire. Ma barbe a pris quelques centimètres et parait plus blanche, pendant que les petits voyous fouillent partout, sortant cartes, lorgnettes et pièces d’Or. Je racle ma gorge pour prêter attention et quelques cris et arrachages de chignons plus tard, le calme revient dans la pièce, jusqu’à ce que l’un d’entre eux rompe le silence de mes sourcils froncés.

-          Alors Papy, tu nous racontes comment tu as enlevé la princesse Zahiya, et tu l’as emmenée dans ta cabine pour…
-          Hmm…Capitaine d’abord, et ensuite tu es un peu jeune pour ce genre histoire, je trouve !
-          OK Captain’ ! Mais tu vas bien nous raconter comment tu as tué cet ours dont on voit la peau et la dépouille, étalé sur ton plancher comme un tapis. Lança le gamin, d’une tirade.
-          Mouais ! C’est un beau tapis mais il y a des trous pour les manches et je m’en sers de veste de temps en temps quand il fait froid. Dis-je en tirant sur ma pipe et regardant le petit attroupement droit dans les yeux.

C’est vrai qu’une bonne pipe sait donner une atmosphère familière et ajoute son petit effet pour calmer les esprits les plus effrontés. Bref…Je racontais alors mon histoire :

«  C’était un jour de neige… » Commençais-je, me laissant le temps de réfléchir à ce que j’allais raconter. Le métier de pirate a quelques avantages qui sont l’expérience de la vie, la vivacité d’esprit et la ruse…

…J’étais jeune lieutenant sur un vaisseau de commerce, quand une tempête nous avait dévié de notre route et la tête plongée dans les cartes, je cherchais où nous étions. Je grelotais tant le froid avait envahi les cabines du bateau, n’ayant plus de charbon pour les poêles, le voyage dépassant largement la durée prévue initialement. Je décidais de rejoindre l’île la plus proche afin d’y trouver bois et grotte pour nous réchauffer en attendant de retrouver le chemin et l’inspiration.

Débarquant en grandes pompes sur une plage déserte, l’équipage et moi-même  étions attirés par une grotte à flanc de falaise d’où partaient des musiques affriolantes et suaves. Prudemment mais sûrement car la neige commençait à tomber comme tonnerre qui foudroie, nous y entrâmes…

Je n’en crus pas mes yeux : Une ribambelle de filles blondes et rondes, enrubannées de colliers de fleurs nous souriaient et gesticulaient comme pour nous inviter à les rejoindre. L’ambiance était chaude, ce qui changeait de nos quartiers glacés de givre. Contentes de nous voir aussi, elles vivaient dans quelques cabanes enneigées sans doute, nous les entreprîmes comme il se doit pour des marins n’ayant pas vu femelle qui vive depuis 3 mois…Les vestes voltigèrent, les pantalons craquèrent, et les cœurs s’échangèrent en cabrioles et caresses que nul ne peut raconter ici sans rougir.

Quand…

La musique s’arrêta brusquement et les filles devinrent  des ours ! Des ours énormes et blancs qui se jetèrent sur les hommes et commencèrent à les déchiqueter comme des poupées de chiffons !

Trônant sur une stalagmite, une vieille tenant une flûte de pan arborait un sourire édenté, comme se félicitant d’une bonne blague jouée à ces marins crédules. Leurs yeux avaient vu des filles dociles là où les attendaient des bêtes féroces…Voyant sous mes yeux périr la plupart des hommes de l’équipage, nous fûmes quelques uns à nous rebeller et force machette, nous nous mirent à tuer les ours un à un…

La sorcière, se sentant vaincue, se remit à jouer de sa flûte et c’est devant les corps sans vie des filles que nous nous retrouvâmes, éberlués.

Les survivants et moi-même rejoignirent vite le vaisseau frigorifié, faisant au passage le plein de bois et filant jusqu’à nos foyers, d’une seule traite !  J’ai gardé en souvenir cette peau d’ours, me rappelant ce jour-là, et cette fille… »

Ma pipe était finie depuis un moment et les enfants restaient sans voix, regardant la peau par terre, comme un animal dangereux.

-          Et alors, c’est tout ? Interrompit l’un des gosses.
-          Ben, oui, que veux-tu d’autre. Même les indiens ramènent des trophées…Répliquais-je.


Quelques minutes plus tard, les gamins quittaient la cabine, et je me retrouvais seul devant la dépouille de feu ma belle d’une nuit. Sentant un petit coup de froid, je pris la peau de l’Ours et me rappelant  la chaleur de quelques souvenirs, une dernière fois je l’enfilais…


Jack Rackham.

Extrait 1 de « Les Contes du Tonneau Renversé »

dimanche 12 décembre 2010

Autant en emporte Scarlett

Pour une fois ou presque, j’enlève mon costume de pirate pour parler d’un grand film de l’Histoire du Cinéma : « Autant en Emporte le Vent ».

Film sorti aux USA en 1939, crédité à Victor Fleming et produit par David O’Selznick, il s’agit d’une adaptation du roman de Margaret Mitchell. Clark Gable et Vivien Leigh interprètent les deux héros Rhett Butler et Scarlett O’Hara, vivant les dernières heures du monde sudiste esclavagiste et le début  de la guerre de Sécession.

L’héroïne Scarlett retient toute l’attention de cette histoire,  et ses traits de caractère faits d’égoïsme, d’absence de scrupules et d’ingénuité réunis, en sont les principaux moteurs. Le caractère noble, amoureux sincère et faussement cynique du Capitaine Butler n’arrive à nous émouvoir qu’en contradiction aux vilainies de la demoiselle O’hara, toujours prête à tout. Et qui s’oppose encore plus aux larmoyants et idéalistes Ashley et Mélanie, ses cousins et autres principaux protagonistes.

Pourtant, « Gone with The Wind » est une fresque monumentale historico-politique sur l’histoire de l’Amérique du Nord et racontant la fin légale de l’esclavage. A travers les personnages  récurrents, on y raconte même une certaine nostalgie des maîtres blancs, propriétaires des champs de cotons et terre d’exploitations des hommes noirs…Incroyable idée aujourd’hui même si le racisme et le paternalisme voguent toujours dans les mœurs et les cerveaux de certains. Epoques…

Même si ce film recèle de grandes qualités cinématographiques et artistiques, ne pas oublier ce qu’il évoque et dénonce. Ne jamais lâcher sur le fond des choses et surtout de ces mauvaises choses, que certains voient comme des tares inéluctables de l’humanité, voire des défauts utiles… :(

J.R.

Synopsis Wikipedia

Géorgie, 1861. Scarlett O'Hara est une jeune fille de la haute société sudiste dont la famille possède une grande plantation de coton appelée Tara. Courtisée par tous les bons partis du pays, Scarlett O'Hara n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes. Mais celui-ci est promis à sa cousine, la vertueuse Melanie Hamilton. Scarlett cherche à tout prix à le séduire mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique et controversé Rhett Butler qu'elle retient l'attention. Pendant ce temps, la guerre de Sécession éclate, Ashley avance son mariage avec Mélanie, et Scarlett pour le rendre jaloux, épouse Charles Hamilton, le frère de Mélanie. Suite au décès de son mari à la guerre, elle finit par épouser Rhett Butler.

Distribution: Vivien Leigh (Scarlett O'Hara), Clark Gable (VF : Robert Dalban ; Rhett Butler), Leslie Howard ( Ashley Wilkes), Olivia de Havilland (Melanie Hamilton), Hattie McDaniel (Mamma), Thomas Mitchell (Gerald O'Hara)…et aussi Barbara O'Neil,  Rand Brooks , Butterfly McQueen, Carroll Nye, Ward Bond, Oscar Polk.

De notre envoyée spéciale de l’île du Crâne, Laurence Peloille, quelques anecdotes à propos de ce film culte:

Le célèbre roman de Margaret Mitchell
Le film est adapté de l'unique oeuvre signée Margaret Mitchell. Rédigé de 1926 à 1929, le roman connut ensuite de nombreux remaniements. Il sortit le 30 juin 1936 et atteignit le million d'exemplaires vendus à Noël de la même année. Le livre fut également récompensé du prix Pulitzer l'année suivante.

La valse des réalisateurs
Clark Gable ne s'entendant pas avec George Cukor, ce dernier quitta officiellement les commandes du tournage le 13 février 1939, malgré la déception de Vivien Leigh et d'Olivia de Havilland. Et ce fut encore Clark Gable qui imposa Victor Fleming (avec qui il avait déjà travaillé sur trois films) à la réalisation.

F. Scott Fitzgerald
Lors de la préparation du film, on a demandé à l'auteur de 'Gatsby le magnifique' d'écrire un scénario qui a fini par être rejeté. Néanmoins, les premières lignes, que l'on peut voir défiler à l'ouverture du film, ont été conservées.

Ségrégation
A cause des lois raciales en vigueur à l'époque en Géorgie, Hattie McDaniel n'avait pas l'autorisation d'assister à la première du film qui se déroulait à Atlanta le 15 décembre 1939. Ne voulant pas mettre son producteur David O. Selznick dans l'obligation de prendre son parti, elle lui envoya une missive le prévenant qu'elle serait indisponible ce jour-là. Cette mentalité ségrégationniste très vivace ne l'empêcha pas de devenir en 1940 la première artiste noire 'oscarisée'.



Une pluie de récompenses
A la cérémonie des Oscars de 1940, le film de Fleming a remporté dix trophées : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario, Meilleure actrice, Meilleure actrice dans un Second Rôle pour Hattie McDaniel, Meilleure photographie, Meilleur montage, Meilleure direction artistique et deux récompenses techniques spéciales dont une pour le décorateur William Cameron Menzies.

Le plus gros succès de tous les temps ?
Pour un budget avoisinant les quatre millions de dollars, le film en rapporta vingt millions durant son exclusivité. En rapportant les recettes au niveau actuel du dollar, 'Autant en emporte le vent' serait le plus gros succès de tous les temps et atteindrait un milliard deux-cent-cinquante millions de recettes !

 Deux Nota bene en sus de Jack :
- Vivien Leigh, hors son Oscar pour ce rôle, s'y révèle comme une très très très très grande actrice !
- Né de la traduction française du film, on trouve au début du film dit par l'héroïne, le célèbre "Taratata" immortalisé par le clin d'oeil-titre d'emission télé musicale de Nagui... ^^

vendredi 10 décembre 2010

Dans la Peau de…Marcel Proust !

Le questionnaire de Proust, les réponses de Jack le Pirate, sans démagogie mais une encre sympathique, révélant les secrets les plus enfouis de ma personnalité :

Mon questionnaire de Proust

* Ma vertu préférée : Le Libre-arbitre.
* Mon principal trait de caractère : L’Optimisme.
* La qualité que je préfère chez les hommes : L’Action.
* La qualité que je préfère chez les femmes : La Douceur.
* Mon principal défaut : Le Retard.
* Ma principale qualité : Le Courage.
* Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : Leur Intelligence.
* Mon occupation préférée : Créer.
* Mon rêve de bonheur : La Paix dans le Monde et le Partage des Richesses. Pour moi, devenir Ecrivain et Scénariste de Cinéma.
* Quel serait mon plus grand malheur : Chaque malheur a un Prénom…
* Ce que je voudrais être : Superman ou Zorro, pour sauver ceux qui en ont besoin.
* Le pays où j’aimerais vivre : L’Espagne.
* La couleur que je préfère : Le Bleu.
* La fleur que je préfère : La Rose rouge.
* L’oiseau que je préfère : Le Poulet, avec des frites.
* Mes auteurs favoris en prose : Marcel Pagnol, Agatha Christie, ou Stephen King.
* Mes poètes préférés: Gainsbourg, Truffaut, André Geerts...
* Mes héros dans la fiction : Déjà répondu ( Zorro, Superman) mais je rajoute Hercule Poirot.
* Mes héroïnes favorites dans la fiction : Tous les rôles de mes actrices préférées ! Madeleine Stowe, Meryl  Streep, Sigourney Weaver, Hilary Swank…
* Mes compositeurs préférés: Charles Trenet, Puccini, New wave and Rock'n Roll…
* Mes peintres préférés : Mes Amis…
* Mes héros/héroïnes dans la vie réelle : L’Abbé Pierre, Ségolène Royal, Lady Gaga.
* Mes héros dans l’Histoire : Buffalo Bill, les Astronautes, Cléopâtre.
* Ce que je déteste le plus : Le Mépris.
* Le personnage historique que je déteste le plus : Tous les Dictateurs et Tortionnaires.
* Les faits historiques que je méprise le plus : Toutes les Guerres pour rien.
* Le fait militaire que j’estime le plus : Le Courage ou la Désobéissance.
* La réforme que j’estime le plus : Les droits des femmes.
* Le don de la nature que je voudrais avoir : Faire de l’Or, pour le donner.
* Comment j’aimerais mourir : Doucement, en paix.
* L’état présent de mon esprit : Sincère.
* La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : Sans faire exprès.
* Ma devise : « Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je l'ai toujours dit ! »

Merci à Cortisone pour l’idée et le copier/coller des questions !

Bon, et vous ?

Ci-dessous, les réponses de Marcel Proust à son propre questionnaire !  


mercredi 8 décembre 2010

Le Piano de la Plage

Le tricorne sur le front et mon portable sur les genoux, je suis encore entre mes cordes à raconter mes histoires et refaire mon monde. Le tip-tap de mes écrits rythme la vie de mon bateau qui est tranquille dans la crique de l’île du Crâne.

Le croui-croui de mon hamac indique la présence de cette nouvelle arrivante qui de bois dormant à changé de plancher pour celui d’un Capitaine. Je rêve de ces histoires aux fins qui se terminent bien et même pas du tout. Je me souviens de celle-ci aux notes arrangées d’un quidam qui laissa le piano de sa Belle hors de sa maison…

J’imagine mon sourire de sa venue, moi portant ses bagages, calant sous un bras son bonheur et de l’autre ma fantaisie. D’un coup de pied, j’ouvre la porte de sa cabine et dépose sa vie en valises à froufrous. Un grand lit est mieux qu’un hamac et les fenêtres s’ouvrent sur des horizons qui rapprochent nos univers de cotons blancs. Un nimbus nous salue et son cou devient plus salin et doux en se penchant pour mieux s’offrir.

La Belle se remonte les cheveux sur la tête puis se tourne en invitation.  Ses mains se posent sur mon émoi qui lui rend une belle pensée. Entendant une barque accostant le rafiot et estompant le rêve, je referme la porte en attendant de revenir. Il y a toujours le temps de chaque chose, tous les romans du monde ont raconté ces attentes aux lierres des fenêtres, accrochés…

Quelques notes de musique me la rappellent pendant que Tim prépare un dîner aux chandelles. Son air mutin ironise des mimiques en mine de rien, que je reconnais bien de ces retours de mode libertin. Un « ton coude » met un terme à nos pitances partagées et je tourne les talons, l’estomac serré.

Ses cheveux claquant au vent contre ma joue, je suis près de ma Belle et je rêve d’autre vie, d’autre destin. Je regarde son piano sur la plage, rempli de son passé, de ses rêves, de son monde à elle.
  
J’irais le chercher…


…Demain.



Jack Le Pirate.

Regardez donc ce merveilleux film de Jane Campion «  La Leçon de Piano » (1993), avec Holly Hunter, Harvey Keitel , Sam Neil et Anna Paquin. 

samedi 4 décembre 2010

Signé… Jack le Renard !

La douceur des eaux calmes de l’île du Crâne n’empêche pas quelques querelles, à propos d’un colis avarié, d’une charrette mal garée ou d’une belle courtisée. L’humanité est ainsi faite qu’elle en manque parfois, ce qui finit immanquablement en bagarre ou devant un tribunal en bonne et due forme.

A cette époque là, j’aidais le bourgmestre à l’organisation du comptage des votes et des urnes pour les élections du canton.  Je retournais sur mon navire pour changer de chemise quand l’idée de se reposer quelques minutes me prit, et mon hamac m’accueillit avec une chaleur et un tangage qui me fit perdre le sens du temps.  J’étais projeté à mon corps défendant dans une époque imaginaire où une épée, un costume et un ignoble commandant m’attendaient…

Je me trouvais dans une hacienda tranquille et je vis arriver un brave homme au crâne dégarni qui s’approcha de moi et que je suivais machinalement. Quelques détours dans des passages cachés me firent réaliser où j’étais tombé…

Un cheval noir bondissant de me voir laissait balancer une traîne que j’attrapais au vol, et d’un bond je le montais à cru ! Galopant à travers quelques champs près de la grotte secrète, je revenais en sueur vers mon fidèle compagnon, me faisant un drôle de signe en zig-zag. J’avais déjà vu tout ça dans une émission télévisée au XXème siècle, racontant l’histoire d’un héros masqué qui sauvaient les faibles contre les méchants…

J’étais Zorro !

Je suivais mon compagnon sourd-muet et  revêtais un costume de soie sombre et l’attirail qui allait avec, épée, chapeau et fouet. Je me souvenais des circonstances des aventures de l’homme masqué, et je savais que le temps était compté car les malfaisants locaux n’avaient pas du arrêter  leurs méfaits, depuis le temps.

Je me surpris à comprendre aussi vite le langage des signes et mon ami m’expliqua  que les urnes de l’élection locale pour son gouverneur avaient été interverties, remplacées par celles donnant la victoire totale à un ami du Commandant, celui terrorisant la population depuis des années et la couvrant d’impôts indus, dont ils ne pouvaient s’acquitter !

Je savais que mon devoir allait m’emmener à combattre ces malfaisants et rendre justice à la place des élus, sensés protéger et gérer la tranquillité des gens, mais faisant tout le contraire…

Cavalcades, coups d’épées, et rendant  son élection à qui de droit, je me mettais dans la peau de cet homme noir, oubliant pour quelques instants Jack le Pirate, assez oisif et insouciant finalement.

Pourtant, de retour dans mon hamac inter-temporel, je me jurais de changer un peu mon attitude désinvolte habituelle et de devenir parfois, selon le besoin et l’injustice…

…Jack le Renard !


 Saludos amigos !
Jack.

Petit jeu : Suite à un commentaire, chez un ami bloggeur, j’y proposais de révéler sa vraie nature en choisissant un personnage des aventures de Zorro, qui montrerait en fait votre visage et vos aspirations profondes… Alors, qui êtes-vous donc ?

Don Diego/Zorro ? Le Sergent Garcia ?  Bernardo ? Le Caporal ? Don Alejandro de la Vega ? Un des fils de l’Aigle ? Le Père Felipe ? Anna Maria, la jolie Señorita ? Le Commandant Monastorio ? Un autre ? Bonne chance…

Le Zorro le plus célèbre est celui produit par Disney, de 1957 à 1961, interprété par Guy Williams au cours de 82 épisodes. Rediffusés encore et encore, avec toujours autant de succès les générations se suivant.

mercredi 1 décembre 2010

Au Bois dormant, le Retour

Résumé du précédent : Cherchant un trésor dans l’eau claire, Jack tombe nez à nez avec une sirène nommée YsaBelle. Rompant un charme par un baiser involontaire du pirate, elle retrouve son aspect humain et lui raconte son histoire. Fuyant un châtelain démoniaque, elle se retrouve dans ce bois dormant…

*

Son passage de sirène à femme avait foncé ses cheveux, et YsaBelle arborait une superbe chevelure brune, que renforçait sa nudité nous laissant voir sa fourrure d’amour. Remarquant mon regard, elle fronça ses sourcils mais reprit le cours de son histoire depuis son évasion du château :

«…Je traversais le Bois dormant, quand je fus prise d’une envie de dormir énorme et m’écroulais sur un tapis de fleurs blanches.  Ce devait être la tarte aux fraises qui devait être empoisonnée, le cuisinier étant de mèche avec un magicien démoniaque. En me réveillant, je l’aperçus et je criais tant il était horrible et repoussant. Vexé, il me jeta un sort et je me retrouvais transformée en sirène. Un jour de promenade sur la plage de Douarnenez qui me rappelait  certaines histoires familiales, j’échappais à la surveillance d’un de ses sbires et nageant le plus loin que je pus.

Epuisée, je faisais halte sur une île paradisiaque, quand je trouvais un coffre aux trésors, rempli de bijoux magnifique et de pièces  d’or, au dessous d’une goélette ancrée par là. Et c’est là, que je vous vis Capitaine Rackham… »

Son sourire mutin me rappelait une vieille amie, et j’en eus que plus de sympathie pour elle. Quand une personne vous manque, on peut la voir partout, même sous les traits d’une sirène dont j’avais annihilé le sortilège dans un élan spontané d’affection…

-          Vous embrassez bien, Jack. On voit l’homme habitué à courtiser les filles !
-          Je fais surtout beaucoup de hamac, et j’écris des histoires…
-          Je ne m’en plains pas, je n’ai plus cette vilaine queue, je vous le dois.
-          Vous en verrez d’autres j’espère. Bien faite comme vous êtes, je vous inviterais bien dans mon hamac…
-          Tim votre lieutenant et amie, le verrait peut-être d’un sale œil ?
-          Elle est partie à l’épicerie-droguerie de l’île du Crâne, Jack Sparrow y dédicace ses mémoires cet après-midi. Il y aura aussi Maia-Luna la petite sorcière rouquine, pour son premier livre...

Un nuage de sympathie et de pensées profondes irradia nos paupières qui semblaient lourdes de sens. YsaBelle caressa le crin de mon visage  pour la première fois et alla se lover dans le creux de mon hamac. Lady Ania chester toute essoufflée, mon attachée de presse, me hurla un message arrivé fraîchement sous l’aile d’un pigeon : « Chéri- je vais rester un peu à l’épicerie- il y a une dédicace nocturne- A demain – Smoutches chéri- Tim. » Merci Ania…

J’allais rejoindre mon invitée qui semblait dormir d’un sommeil de plomb. Les évènements récents avaient du l’épuiser la pauvre petite. Cette Belle au Bois dormant  avait élu domicile pour la nuit dans mon hamac fidèle et la poussant doucement, je me collais contre elle pour un câlin peut-être éternel…

Tout était calme sur le bateau, et même les mouettes s’étaient arrêtées de voler, respectant notre balancé. On n’entendait plus qu’un drôle de bruit, habituel.


Croui croui...



Pour Elisabelle,

Jack Rackham.

dimanche 28 novembre 2010

Au Bois dormant


 Il était une fois…

Je faisais un peu de rangement dans la cuisine de Bosco  et je retombais sur ce vieux livre de mes premières traversées, celles qui m’avaient amené jusqu’à cette île du Crâne.

« Cook and Sorcelery », un titre clinquant au milieu d’une belle couverture en cuir cousu et bien usé… L’expression francisée avait évincé à jamais le terme anglais véritable de « Sorcery » mais on comprenait bien le contenu du manuscrit.

Cela me faisait penser à ma sirène Sara, confinée depuis quelques aventures au sombre de la cale. Je décidais d’aller la voir et lui rendre sa liberté. Seuls resteraient en souvenir d’elle, un auriculaire amputé et une boucle de cheveu enroulé à mon doigt pour toujours…

Le plouf  sans équivoque m’indiqua un  adieu net sans larmes ni regrets, quand affalé sur la rambarde du Poséidon en regardant le fond de l’eau si c’était possible, je crus voir un coffre rempli de pièces d’or ! Je me frottais les yeux et ôtant tricorne, manteau et tout le reste, je plongeais dans les eaux froides de la crique pour en avoir le cœur. Je ne sus si c’était l’appât du gain ou l’envie d’aventure qui me décida, mais c’était récurrent dans ma vie de partir au quart de tout, à l’inspiration du moment.

Une fois stabilisé dans les eaux basses du lagon, je commençais une brasse régulière et me dirigeais vers le coffre que j’avais aperçu…Quelle ne fut pas mon étonnement quand je vis une sirène à la chevelure mordorée près de mon trésor !

Elle me souriait et semblait peu farouche, moins dévoreuse et ronchon que mon autre sirène, fraîchement débarquée. Une conversation s’instaura spontanément et par télépathie, terme sans doute « fratronyme » de la sympathie…

Belle et causante, elle me raconte sa vie, arrière-arrière-arrière-et-touti-quanti-petite-fille d’un Roi de Cornouailles, Gradlon. Mais L’histoire* est longue et en résumé, cette descendante de l’Océan bleu de son ancêtre Dahut arrive jusqu’à moi par l’entremise d’un sortilège rencontré sur une plage de Douarnenez !

Nos cheveux se mêlent alors et sans le vouloir je romps le charme en l’embrassant sur les lèvres. Ma sirène reprend pied rapidement et ensemble, nous rejoignons la première plage venue pour retrouver nos esprits et sécher nos coiffures. YsaBelle, puisque c’est son nom, reprend le cours de son histoire :

-          Oui, ce n’est que le début de mon histoire Monsieur Jack, dit-elle en me regardant tout bas. J’étais alors prisonnière d’un châtelain démoniaque qui m’avait dépossédé de mon royaume et tous mes biens. Je venais juste de m’échapper, quand sur cette plage…
-          C’est pas de chance, ma Belle. Comment aviez-vous fait ?
-          J’étais passé par les jardins, une entente avec un  vieux cuisinier, une histoire de tarte aux fraises, je ne sais si vous pouvez comprendre…
-          J’ai une petite idée de la question, mon cuisinier de bord a les mêmes us.
-          Et nulle âme qui vive une fois dehors, c’était un Bois dormant…
-          Dormant ?
-          Oui !
-          Alors ? Répondis-je.
-          Et bien voilà…


(A suivre…)

Jack Rackham.

*Vous trouverez avec force détails, tout sur l’histoire d’Ys, Gradlon et Dahut dans cet article dont le lien est ici :  http://elisabelleauboisdormant.over-blog.com/article-ys-61387516.html

jeudi 25 novembre 2010

Le Dernier Amour

Le vent fouette le visage buriné du marin, le col de son manteau ne cachant que ses joues hirsutes. Il scrute l’horizon en se crevant les yeux vers des voiles lointaines. Le ponton n’a plus assez de madriers pour s’approcher du cœur de la mer en furie et un sourire s’esquisse dans sa barbe, laissant voir quelques dents et beaucoup d’espoir…

Elle descend par la passerelle jetée comme une obole et s’accroche à son bras qui tient tête aux éléments. Le souffle du Capitaine réchauffe son  corps transi et penchés comme des roseaux, ils rejoignent  une tanière secrète pour vivre leur amour.

Ils se sourient comme la première fois et une bûche crépite de leur joie dans la cheminée. Leurs rides racontent à leur place leurs vies remplies, leurs bonheurs et  leurs chagrins.  Ils partagent un peu de champagne pour sceller un pacte imaginaire de sincérité et de plaisir, leurs mains se croisent pendant que leurs lèvres se goûtent, mêlant la saveur du breuvage et leurs désirs…

Leurs langues se mélangent dans une bouche puis l’autre ; ils aiment  la texture de leurs muqueuses pendant que la peau de leurs bras se frôle, les invitant  à continuer plus loin. Ils retirent leurs vêtements comme un soulagement et se caressent lentement, s’étonnant de leur osmose de ne faire qu’un.

Leurs papilles s’ouvrent au plaisir d’être ensemble et ils se positionnent pour s’aimer  et s’accoupler naturellement. Ses doigts la parcourent et la pénètrent pendant que sa bouche déguste et titille l’amour de son amant qui grandit pour elle à chaque instant.

Ses mains semblent ouvrirent une fenêtre vers son cœur qu’elle lui donne  pendant que son mouvement de cavalière enfourne tout entier son Capitaine.

Leurs corps sont maintenant épuisés et assoiffés, s’attablant dans leur nudité. Ils partagent des raisins et des pommes, comme leur rappelant leurs pêchés…Quelques cheveux blancs perdus dans sa blondeur disent bonjour à la barbe grisonnante, et ils se sourient.

Ils se quittent dans un baiser qui dure longtemps, mais ils n’ont que faire du temps. Il la raccompagne au port, attendant un dernier bateau pour la ramener sur son île. Ils ont les mains dans les poches mais se saluent encore, et s’embrassent, et semblent encore ensemble. Mais patience, ils vont se retrouver, ils s’aiment trop.


Leur dernier Amour…

vendredi 19 novembre 2010

Denzel, la gueule du Héros

On le voit arriver d’un pas nonchalant mais assuré, regard de lunettes noires énigmatiques et crane rasé. Son blouson noir pur cuir fait hésiter sur son appartenance flic ou voyou, mais on devine une chose : Il a choisi son camp et faut pas l’emmerder…

Denzel Washington a commencé (en 1977) sa carrière cinématographique en incarnant des icônes black telles Steve Biko ou Malcom X- Le Cri de la Liberté (Attenborough)et Malcolm X( Spike Lee)- puis des seconds rôles de prestige auprès de stars confirmées, comme dans L’Affaire Pélican ( Julia Roberts), Philadelphia ( Tom Hanks), Beaucoup de Bruit pour rien ( Emma Thompson, Branagh), USS Alabama (Gene Hackman).

C’est avec des rôles musclés de policiers ou gangsters qu’il sera consacré, et au Box Office, et aux Oscars. Le Témoin du Mal, The Bone Collector, Hurricane Carter (Jewison), Out of Time, Inside Man(Lee), American Gangster (Ridley Scott) confirment son talent mais je préfère mettre l’accent sur 3 films indispensables à sa carrière, à mon avis :

TRAINING DAY (2002) d’Antoine Fuqua
Un jeune policier (Ethan Hawke) est mis à l’épreuve par son coéquipier, une gloire de la Police (Denzel) pendant 24 heures dans le but de le tester et le former. Mais le premier commence à douter  des mœurs et méthodes du héros…Denzel eut l’Oscar pour ce rôle.

MAN ON FIRE (2004) de Tony Scott
Un garde du corps alcoolique, ancien agent de CIA, voit sa jeune protégée enlevée par des bandits mexicains. Il fait tout pour retrouver la petite, utilisant les méthodes les plus dures pour glaner des renseignements et allant jusqu’à combattre la plus grande confrérie mafieuse locale…Remake du film éponyme de Chouraqui (1987).

DÉJÀ VU (2006) de Tony Scott
Un agent du bureau de douanes (Denzel) enquête sur l’explosion d’un Ferry lors de la fête du Mardi-Gras, à la Nouvelle-Orléans. Lors des recherches, on met à sa disposition, une machine ayant « radiographié » comme un scanner toute la vie de la ville, avec un décalage de plusieurs heures. Ce logiciel aide notre enquêteur jusqu’à trouver des indices inimaginables, où il est lui-même impliqué…Mélange de film SF, policier, d’aventure et sentimental, un grand moment de cinéma !

Cet acteur au regard périphérique et au charme glamour, ne cesse de tourner dans des productions hollywoodiennes et on peut le comparer à présent aux John Wayne, Gary Cooper ou Charlton Heston de notre temps. Sans oublier Sydney Poitier qui était son modèle, allez savoir pourquoi…^^

Ses derniers films en 2010 sont Le Livre d’Eli (des frères Hugues), et Unstoppable, encore un Tony Scott !

Denzel WASHINGTON, un héros qui a de la gueule... 

Jack Rackham. 


mercredi 17 novembre 2010

La Femme du Magicien

Eléonore avait un habit rouge pour les grands soirs. Tel un chaperon lâché sur une scène de music-hall, elle avait remplacé sa Mère-grand par un Magicien…

L’homme jetait les couteaux de manière régulière, et ils se plantaient dans un bruit sec autour du corps de la belle, appuyée sur un décor aux allures de carnaval. Un sourire énigmatique masquait ses réels sentiments. Quid de la peur et des appréhensions, nul ne pouvait le deviner.

J’étais assis au troisième rang et j’observais la scène avec attention. Mon ami le Magicien s’appliquait du mieux qu’il pouvait pour ne pas blesser Eléonore. Et sa dextérité assurait sans risque les jetés des lames. Je me souvenais de leur rencontre dans un bar de Porto-Rico, mais rien à avoir avec Ester sa conquête de Cancun.  Ils ne restèrent pas longtemps mariés quand la fille apprit que mon ami n’était pas l’unique héritier  d’un Sultan richissime, révélant son amour véritable pour les pierres précieuses et la vie de luxe. Dépité une fois de plus, le Magicien reprit la course de sa vie et les tournées de spectacle interminables,  pour oublier. Jusqu’au jour où il rencontra Eléonore…

Ce fut un coup de foudre véritable et tout Porto-Rico fut comme enveloppé d’une aura magique pendant une semaine. Roger -c’était le prénom du Magicien- avait des pouvoirs prodigieux quand il le voulait et il fit profiter de son bonheur à toute l’île. Les fontaines donnaient du vin et les rouleaux de papier toilettes se transformèrent en billets de banque. Pendant ce temps, Eléonore n’avait d’yeux que pour mon ami et son amour sincère faisait plaisir à voir. Pourtant…

Eléonore avait un secret : Elle ne pouvait pas avoir d’enfant. Roger n’en fut pas effrayé et lui assura que son amour était sans condition et qu’il la prenait telle qu’elle était.

Roger était néanmoins persuadé que fort de ses talents de magicien, il réussirait à résoudre ce problème.  Ce qu’il fit. Pourtant, malgré une grossesse sans problème et un accouchement sans douleur, Eléonore mit au monde 7 enfants – des septuplés- de petite taille. Ce qui ne gâcha pas le bonheur des nouveaux parents. « Ce n’est pas la taille qui compte, et puis, ce sont des bébés. Ils vont bien grandir… » aimait à se répéter notre Magicien.
Depuis, Eléonore et Roger vivent heureux en famille, malgré les désidératas, commérages et jalousie d’une vieille voisine châtelaine de son état, parlant avec son miroir, parait-il.

Je regarde la fin du spectacle de mon ami et il fait un dernier tour, après celui des lancers de couteaux. Ses doigts projettent  en l’air une poudre magique et comme par enchantement, Eléonore apparait dans des bottes gigantesques, effilant de ses ongles ses moustaches et regardant vers le public de ses yeux bleus félins…

Faisant basculer sa longue queue, elle se baisse pour ramasser quelques petits cailloux blancs, qui la mènent  vers le rideau des coulisses où se cachent ses 7 enfants, qui lui sautent dans les bras.

Les lumières des projecteurs éclairent son bonheur et elle le renvoie vers son époux, ravi de son succès. Elle est belle et heureuse, et le public l’applaudit, debout. Elle vit un vrai conte de fée, c’est elle…


…la femme du Magicien.

samedi 13 novembre 2010

Peter Pan et les Mondes Imaginaires

Je feuilletais l’ouvrage d’un certain James Matthew Barrie, levant le nez de mon hamac de temps en temps pour voir si Tim ou Katia ne viendrait pas dire bonjour à leur vieux Capitaine. Je n’étais pas si vieux d’ailleurs, mais peut-être que la lecture de ce livre m’avait un peu attristé et je voyais les nuages plus noirs qu’ils n’étaient tout à coup…

J’imaginais qu’en visitant l’univers particulier d’un des mythes de l’aventure imaginaire, j’allais y découvrir tous les secrets du bonheur et partager la joie de vivre et la bonne humeur de PETER PAN !

Non point. L’idée qu’on se fait du personnage est celle du prisme qu’à bien voulu donner Walt DISNEY et son dessin animé. La vérité du livre est bien glauque, presque désabusée. Le contraire qu’on pourrait attendre…

Pourtant, le balancé de mon hamac me grise et je rêve que j’enfile l’habit vert et le collant du garçon qui ne voulait pas grandir.  Je sens sa coiffure pointue et emplumée poindre sur ma tête, et le pont de mon navire devient celui du Capitaine Crochet !

Méchant sempiternel, je le vois avancer vers moi en tirant sur son cigare. Tel qu’en lui-même, il me toise et calant son crochet sous le menton, me demande :

-          Que viens-tu faire par là, mon garçon ? Tu sais bien qu’il n’y a place pour l’imaginaire par ici, tout au mieux quelques plans aux Trésors. Alors ?
-          Je me sens l’âme d’un Capitaine aujourd’hui, et  je m’imaginais que vous aviez une jambe de bois, trace d’un combat avec un crocodile féroce !
-          Hein ? Quoi ? Où ça ? Dit-il en sautant partout, moustache défrisée et plume hérissée.
-          Je plaisantais, Capitaine…Attention, derrière vous !!
-          Quoiiii ??? Que…

Je me rendais compte que j’aimais m’amuser avec la phobie de Crochet pour les crocodiles. D’un bond, je me propulsais dans les airs, et c’était agréable…Je poussais vers un nuage accueillant pour une petite halte, et je contemplais les environs de la crique où était ancré le bateau. Le ciel était bleu, les oiseaux chantaient s’ils avaient su, et mes poumons se remplissaient de grandes  bouffées d’air pur. Je commençais à oublier tout le reste, près à rester Peter pour de bon…Quand un cri me rappela l’existence de Crochet et sa méchanceté.

Je le vis sur le pont malmenant Wendy, mon amie de toujours. Wendy…Je fonçais vers la scène pour faire face au Capitaine, sortant mon épée de bois !

-          Lâche-la,  misérable !
-          Tiens, une visite ! Dit-il en ricanant de ses dents incertaines.
-          Tu l’auras voulu…

Je tricotais dans l’air une passe de mon secret, qui emportait le Capitaine éberlué en une tornade de vengeance qui fonça dans une  immensité d’oubli. On ne le revit jamais…

La petite fée Clochette se posa sur mon épaule, comme pour me remercier. Je regardais Wendy, enfin libérée du courroux du Capitaine. Nos yeux se croisaient, unissant nos amitiés. Je l’embrassais…

Quelque chose interrompit le sortilège et je me retrouvais sur le pont du Poséidon, dans mes guêtres de Rackham . Dans mes bras, Maia avait pris la place de Wendy et me regardait avec un air béat que je comprenais.  Interchangeant tricorne ébouriffé et  frimousse mutine, nous scellions notre amitié par le mélange de nos parts de tartes aux fraises, offertes gracieusement par Bosco.

Mieux que la féerie des Mondes Imaginaires, ce petit sourire qui s’affiche quelquefois sur les visages pour ouvrir nos cœurs tout simplement…


Besos

Jack

Peter Pan est un personnage fictif créé par l'auteur écossais J. M. Barrie, apparu pour la première fois dans le roman The Little White Bird (Le Petit Oiseau Blanc) 1902, puis dans la pièce éponyme 1904 et enfin dans le roman Peter and Wendy, plus connu sous le titre Peter Pan. (1911)

Nota : En 1906, la partie de The Little White Bird concernant Peter Pan est publiée seule : Peter Pan in Kensington Gardens, illustrée par Arthur Rackham !

En 1991, dans Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet, Steven Spielberg mit en scène un Peter Pan devenu adulte (Robin Williams) qui est ramené au Pays imaginaire par la fée Clochette (Julia Roberts) pour un ultime combat contre le Capitaine Crochet. (Joué par Dustin Hoffman).

Publiée à partir de 1990, la série de bandes dessinées Peter Pan, créée par Régis Loisel, est une adaptation plus sombre et destinée à un public plus adulte. La série a été achevée en 2004.

En 2004, Marc Forster réalise le film Neverland (Finding Neverland) où Johnny Depp incarne J. M. Barrie, le créateur de Peter Pan avec, entre autres, Dustin Hoffman, Kate Winslet. ( Toutes ces infos, Wikipédia). 

samedi 6 novembre 2010

Jack Rackham et la Pieuvre Géante

J’avais promis à mon amie Katia une balade en bateau, depuis le temps que je la délaissais pour d’autres jouvencelles. Bien qu’elle ne fut plus de première jeunesse, je la voyais toujours avec les yeux de l’amour,  étant bien obligé de reconnaitre la force de mon sabre qui donnait du nerf à son approche et même à plusieurs centaines de mètres. L’évocation même de son prénom me faisait de l’effet, sans que j’y puisse quelque chose. Katia, Katia, Katia, Katia, Katia, Katia, Katia, Katia…

Je louais une embarcation  légère munie d’une voile de confort, mais nos yeux simultanés de Chimène voyaient la goélette de notre jeunesse, ce temps où nous roulions à bicyclette vers  cette « Ile au Trésor »…* (Voir le texte du même nom, libellé Katia)

Le temps était clément  au début de notre odyssée mais il se gâta rapidement. Les vagues prirent de la hauteur et le roulis dans la salle principale nous rapprocha inéluctablement, Katia et moi. Le moindre contact entre nous sollicitant déjà nos papilles et nos sens, nos corps se choquant sous la tempête firent de nous deux bêtes animales, se reniflant et se tâtant comme des morts de faim…

Nous nous arrachâmes  mutuellement nos vêtements et nous allions nous posséder  goulûment quand un hublot se brisa, nous alertant d’un danger imminent. Bondissant tels quels sur le pont envahis par les vagues et la mer, nous sursautâmes devant le spectacle ahurissant : Une pieuvre géante aux tentacules violacées venait de se saisir du bateau et jouait avec comme un hochet…

Fouettés par les eaux en furie, nous tentions de nous accrocher à quelques cordes pour éviter de finir à la mer. Mais nous nous accrochions surtout l’un à l’autre, accentuant nos envies réciproques et tentés de succomber à la chair avant la tempête. La tête géante nous regardait de son œil, jaloux de nos intentions et nos envies. Je lui tirais la langue…

Furieux d’une telle insolence, la bête se mit à secouer le bateau de plus belle et nous fûmes projetés vers l’arrière du pont. Les quatre fers en l’air, Katia s’engouffrait dans une descente d’escalier menant aux cabines et j’en profitais pour me rincer l’œil, admirant son système pileux époustouflant. Mon sang ne fit qu’un tour et je décidais d’aller assouvir nos instincts sur le champ. Le bateau semblait bouger comme sur des montagnes russes mais j’étais bien décidé à rejoindre ma belle pour une partie de jambe en l’air monumentale !

Je m’approchais de la porte d’accès quand je reçus un coup sec derrière le crâne, au point que je crus avoir rencontré une montagne ou un éléphant. Tout fut noir. Puis je me réveillais doucement, la tête en mille morceaux et Katia était au bas du lit, me regardant ébahie :

-          Oh Jack! Oh, mon Jack…

J’essayais de me relever mais sans succès. Je ressentais tout de même une drôle d’émotion car la vue de Katia m’avait émoustillé, mais c’était habituel. La tempête avait du se calmer car plus rien ne bougeait. Sauf…

Les yeux exorbités et avides de mon amie m’indiquaient bien ce qu’ils regardaient. Point d’aventure, point d’animal géant soulevant les eaux et les navires, je sentais venant du fond de mon être et de mes rêves une force ondulatoire et puissante qui représentait tout mon amour pour Katia…


Votre Jack Rackham.

Illustration : Anagram Bookshop.

mardi 2 novembre 2010

Mary

Mon hamac balance d’un rythme régulier et coulant. Les bras derrière la tête, je souris dans ma barbe coiffée de frais qui me donne un air de jouvenceau. J’ai mis un habit neuf, une fleur à la boutonnière, et mon tricorne affiche l’aura de mes meilleurs années, celles de mes abordages sentimentaux qui ne finissaient qu’à l’aurore, gorge sèche et mouilles rabattues…

Depuis, retraité sur cette île du Crâne aux allures de purgatoire, il ne me reste que mon imagination pour voguer à la recherche de conquêtes émoustillantes, et je me complais à inventer telle courtisane ou telle puritaine de rencontre. Les yeux fermés, je compose ma greluche, et je me laisse aller à mon inspiration, tel un peintre qui jette des couleurs. Celle-ci, comment s’appelle-t-elle déjà ?

Mary…

Je sens sa peau de pêche aux premières évocations de son prénom et c’est comme si je la touchais déjà. Mary a de grands yeux qui aiment bien regarder, et je n’ai pas envie de la décevoir. Ses cheveux attachés en queue de cheval me font de l’effet que je lui rends bien. Sa bouche pulpeuse d’un pourpre foncé et brillant donne envie de la visiter. De mon hamac, j’imagine tout et telle une marionnette, je lui fais faire ce que je veux...

Son tour de cou et sa robe de velours noir sont reliés d’un filet qui donne encore plus envie de la caresser, de tout lui enlever…Me tournant le dos, elle me sourit en attendant que j’arrive, imaginant à son tour ce qu’elle a envie de moi. Mon hamac balance devant Mary, assise dans son fauteuil à bascule et qui balance aussi.

Jack…

Je regarde ce Capitaine pas très beau mais si sympathique. Il dégage une allure virile qui donne envie de jouer avec lui. Je regarde avec curiosité cette bosse qui dépasse de son pantalon comme s’il avait gardé sur lui les clefs de son bateau…L’homme est tentant et j’ai l’impression qu’il répondra à mes attentes. Il frétille déjà dans son filet, comme un poisson pris au piège et qui aime ça.

J’ai remarqué le petit sourire de Mary qui me regarde fixement. J’imagine encore quelques stratagèmes et vices que je rajoute à son profil, pendant que mon sabre prend du volume, comme voulant jouer avec mes clefs.

Le Capitaine est bien échauffé, mûr à point. Mais je sens que son esprit part vers d’autres îles, d’autres donzelles dont je devine qu’il imagine les formes et les jeux qu’il fera avec.

C’est qui cette Maia ?


Besos à Victoria, Ysa, Ava, Ania, Fairouz, Zahiya, Nanou, Tifenn, Virginie, Marie, Christine, Sco, Céphée, Paola, Karine (2), Noèse, Colombine, Bérénice, Leila et Josépha.

Jack Rackham.

jeudi 28 octobre 2010

Femme de Lettres

Elle jette un coup d’œil furtif autour d’elle, rien à l’horizon, elle est tranquille.

Elle relit les quelques lignes de son texte commencé hier, elle lève le nez au ciel et elle se lance. Son destin de femme au foyer l’a contraint à voler des moments à sa vie quotidienne, inventer des courses à faire pour les garçons, des rideaux à recoudre pour les filles.

Son esprit vagabonde au pays de ses rêves, pendant que ses doigts glissent pour retranscrire ce qu’elle invente. Elle se régale à surfer dans son imaginaire, un plaisir fou…

Sa tête se tord sous les idées, et elle rit en elle-même, satisfaite. On la prendrait pour folle si quelqu’un la voyait, mais juste quelques mouettes se risquent à planer sur le pont puis repartent en coup de vent vers les cieux de coton blanc.

Le bonheur est immense de produire ces récits, elle en fera un livre, ou même plus, une collection ! Son ambition est intacte depuis toutes ces années. Une vie un peu trop animée pour se poser à raconter des choses. Mais c’est fini à présent, elle vit en paix en bordure de cette île et quand le bateau est vide, c’est Byzance ! Elle, en seule à seule avec sa magie littéraire, ces mots qui virevoltent dans sa tête et qu’il faut absolument poser avant qu’ils ne s’envolent !

Elle ralentit le tic tac sur son  clavier, car elle a entendu un bruit étranger à son univers.  Sa mine réjouie redevient inquiète, des bruits de bottes qui lui rappellent le seul être de son foyer de femme : Un Capitaine !

-          Tu es là, Tim ? J’ai un truc pour toi ! Dit le Pirate.
-          Mouais, c’est quoi ? Réponds-je.
-          Un panneau à repeindre pour la fête du Village ce soir. Bosco a le bras foulé et moi…
-          Oui, Jack ?
-          Je ne suis pas doué pour la peinture, tu sais bien !
-          Moi, je suis douée pour la lessive, le ménage, l’amour…
-          Oui, mais Bosco fait bien la cuisine, non ?
-          Alors, ton truc pour douée, c’est quoi ?
-          Peindre « LOTO » en gros sur cette planche. 4 grosses lettres, bien noires et alignées.
-          Allez passe, qu’est-ce que je ne ferais pas pour toi…
-          Je me suis dit : « Tim, les lettres, c’est son dada… Non ? »

Les mouettes semblent rire au dessus du bateau de Jack le pirate, mais le vent calme vite les rancœurs. Et déjà le va-et-vient des hommes se préparant pour la soirée enrubanne la goélette et l’île d’une ambiance légère, jusqu’aux premiers tirages de numéros…

Mais ça, c’est une autre histoire !


Tim Mangouste.