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lundi 27 janvier 2020

L'Île Secrète





J’avais préparé quelques affaires dans un sac marin, prêt à quitter pour quelques jours ce bel appartement auquel je m’habituais peu à peu. Il y avait comme une odeur de tabac ambré qui flottait dans la pièce principale, cernée d’une immense bibliothèque aux quatre coins, l’attachée de presse du Poseidon Ania Chester ayant pris l’habitude de fumer la pipe en ces lieux. Elle avait filé depuis pour une petite escapade amoureuse, faisant là un break bien mérité.

« J’avale pas la fumée ! » résonnait encore entre mes oreilles et ces murs, à mon grand dam, que je décidais de filer à mon tour vers de nouvelles aventures. Ces nouvelles contrées m’étaient peu familières pour l’instant mais j’apprenais…

Ces traboules niçoises m’avaient révélé des chemins inattendus, me faisant gagner de la distance et aussi du rêve. J’imaginais parfois de me retrouver vers les Caraïbes, fermant les yeux en faisant un vœu très fort. Mais pour l’instant, ça me suffisait de prendre un sacré raccourci vers mon bateau prêt à fendre les mers. Bosco m’avait tracé un plan, où comme dans les séries télé le héros masqué éclairé d’une torche rejoint un passage secret connu de lui seul (et de ses amis). Zigzaguant précautionneusement dans le labyrinthe, il arrive enfin à la clarté d’une lumière de jour découvrant la sortie et un paysage inconnu.


Devant lui, en contrebas, il aperçoit le Poseidon mouillant dans une eau calme. Bosco est là, lui faisant signe et grognant déjà vers quelques hommes apprêtés spécialement pour cette escapade maritime. Je sens le parfum de l’aventure, oubliant l’odeur de tabac dans mes narines. Je balance mon sac sur le pont puis je fais de même, faisant grincer un peu le plancher sous mon poids. C’est bon de retrouver ses habitudes, me dis-je…

Le nez au ciel, je cherche les mouettes mais Bosco a déjà lancé la manœuvre pour filer vers le canal qui nous mène à la Grand’Mer. Nous filons comme le vent et déjà nous sommes devant cette île secrète qui verra nos prochaines aventures (et turpitudes).

 - Alors Capitaine, qu’est-ce que vous en dites ? lance Bosco, fier de lui.

- Je crois qu’on peut ouvrir un tonneau de rhum, on tient là un petit bijou d’île. Tu me fais visiter ?

- Suis content, Jack. Déjà pour le raccourci à travers ces traboules puis dans la montagne, un vrai dédale !

- Oui, j’aurais pu me tromper plusieurs fois…

C’est une amie qui m’a fait le plan, raconta-t-il, elle le tenait du proprio qui était gynécologue. Il gagnait bien sa vie mais était souvent dérangé dans son travail. D’ailleurs, son téléphone sonnait si souvent que pendant qu’il auscultait cette amie, il avait continué à gérer les travaux de ce raccourci. C’est comme ça qu’elle a tout mémorisé, lui demandant plusieurs fois :

- Doc, je n’ai pas bien compris, vous pouvez me réexpliquer le chemin ? Oohoo…


Jack Rackham ♥

(Rhoôoo ^^) 



mardi 19 novembre 2019

La Chatte voilée



Leïla marchait d’un pas décidé dans le désert, traînant derrière elle ce mari qui avait fait de sa vie un enfer. Elle se souvenait pourtant de leur première rencontre, un soir de printemps où il avait ébouriffé ses yeux comme un magicien et prise à de nombreuses reprises, entamant là un amour fou qu’elle pensait éternel.

Leurs galipettes étaient sans tabous, se livrant aux pratiques les plus interdites comme des écoliers découvrant toutes les jouissances possibles telle une succession de premières fois, à l’infini. Ils étaient tant épris l’un de l’autre qu’ils décidèrent de se marier. Pour la vie, ce n’était pas assez long pour eux mais ils verraient ça plus tard et Robert pris Leïla pour épouse, pour le meilleur et pour le pire.

Quelque chose changea alors, on ne sait pas pourquoi, mais Robert devint injuste, jaloux, casse-couilles, au point que Leïla ne l’aima plus. La religion avait-elle changé quelque chose pour son mari, elle qui ne croyait en rien sauf dans l’amour ?

Elle l’avait trainé alors au milieu du désert, avant qu’il ne pense à lui faire du mal et à ne plus lui faire du bien. Lui qui ne supportait plus qu’un autre la regarde, il allait voir combien elle était belle et désirable.

Entourée de nombreux hommes qu’elle avait rencontrés en chemin, elle ferma les yeux pour se livrer à eux et goûter à nouveau aux plaisirs qu’elle avait perdus. Sous l’œil de son mari…fou de rage !


Jack Rackham

- C’est bien vrai ça, Capitaine ? Ou c’est des conneries ?
- Tu sais Bosco, j’en connais quelques unes qu’il faudrait pas embêter longtemps…



mercredi 12 décembre 2018

Jack Le Pirate 3.0


Les pièces étaient encore vides, ou presque. Les chariotes de déménagements n’attendant que mon signal pour se remplir de mes effets personnels et maritimes, ayant décidé d’emménager dans cet endroit de la Riviera à l’autre bout du monde, je faisais les cent pas en rêvassant les mains dans le dos tel un empereur déchu. Les criques de l’île du Crâne et de la Tête de Mort étaient déjà oubliées, et le tricorne était propre et la barbe rasée…

J’attendais aussi Bosco qui avait du trouver un coin tranquille pour mettre en cale le Poséidon ; la bête n’est pas petite mais quelques bourses pleines d’or auraient raison des autorisations locales, sans compter le bagout et la musculature du gaillard.

Un dingue-dongue enfantin ne se fit pas tarder, tout en me persuadant aussitôt de faire changer ce tocsin peu viril.

- C’est vous ? Entonna une voix claire et féminine, laissant entrevoir dans l’encadrure de la porte du grand hall central, une silhouette familière…

Je reconnaissais bien là cette Lady Ania Chester, ex et unique attachée de presse du Poseidon, à la démarche chaloupée des femmes du monde qui ont pris de la bouteille,  toujours élancée et perchée comme sur des échasses, un sourire suave aux lèvres et ravie en l’instant de revoir son bon vieux Capitaine. Elle allait reprendre du service, il s’agirait juste de savoir de quelle manière ; tout était ouvert, sa présence matinale m’assurait de son envie, même si j’avais quelques idées qui me trottaient sous le tricorne.

Ses longs cheveux m’enlacèrent comme pour  marquer le plaisir de nos retrouvailles et la senteur de son parfum venant de son corsage à hauteur de mes narines troubla un instant mes sens, au point d’imaginer d’autres visiteuses plus intimes comme Katia ou Rita, telles des prédatrices venues chercher du sucre en poudre ou une tablette de beurre chez un voisin habituel.

J’imaginais la scène et j’oubliais tout le reste, comme dans un rêve.

Je pensais à un vieux film que j’avais vu tant de fois entre deux ponts, l’histoire d’une jeune femme venue visiter un grand appartement et rencontrant un homme plus âgé qui  vient de perdre sa femme, une qui tenait un bordel dans la maison pleine de joie. L’histoire d’un amour fou qui vient en remplacer un autre, le temps de quatre jours. Sur fond musical de tango argentin signé Gato Barbieri. Un chef d’œuvre !

- Vous avez eu un coup de cœur pour cet appartement, Capitaine ?

Tu parles : Dix pièces immenses faites pour vivre en bande, avec de hauts plafonds et donnant sur des ruelles mystérieuses tissées comme des traboules…


Ania était chou, comme j’aimais à dire, et dégageait une fraîcheur qui ressemblait à cette jeune femme au chapeau du film en question. Je la regardais tendrement et imaginais plein de choses comme au cinéma. Et même mieux qu’au cinéma, comme la vie quoi !

Puis sur une impulsion pleine d’amitié intense, je la pris dans mes bras en lui demandant :

- Tu danses avec moi ?


Elle me répondit par un sourire craquant, se préparant à l’envolée, mais la drôle de sonnette tinta à nouveau et Bosco n’attendit pas pour apparaître dans l’entrée. Il était les bras plein de pots de peintures, demandant du regard où les poser.

Le vide de l’appartement ne lui avait pas sauté aux yeux apparemment, il fallait vite commencer à apprendre à vivre en communauté. C’est vrai qu’un coup de peinture et quelques rideaux donneraient un peu de pimpant au lieu, mais surtout quelques livres…et les imaginant rangés dans leurs étagères, je me sentis d’un coup un peu plus chez moi.

(A suivre !)

Ici commence le premier chapitre du récit de la nouvelle vie de l’équipage du Poseidon qui sera poursuivi régulièrement.






Images : Le Dernier Tango à Paris (Bertolucci) et ses acteurs / Necar Zadegan

jeudi 22 novembre 2018

Le Retour de Rackham Le Rouge



Comme un ciel de rentrée des classes s’affichait sur mon écran en retrouvant mon fidèle clavier aux touches magiques. Tout me revenait de mes premiers voyages imaginaires, les crapahutages de l’île du Crâne comme les cocktails au rhum d’une taverne du Paradis…

Un vent de combats maritimes et de sang embaumait mes narines, rappelant aussi les coups de hache et les hurlements qui avaient jonché le ponton de mes souvenirs. Mes tympans étaient restés sourds aux horreurs des amputations, préférant garder en mémoire le gargouillis des lampées de rhum ou le crissement des caresses de bas retroussés, des moussaillonnes aux cuisses hautes offrant là à son moussaillon le plus long des supplices avant les saillies intenses et profondes du reste de la nuit.
Tel était mon destin de Capitaine, enfilant son manteau de magicien encore et encore.

- Remarquez, y’a pire. Les fois précédentes, j’étais un peu usé, vidé, j’avais besoin de ressourcer l’île d’autres trésors, sans compter une morsure de vipère une autre fois…Là, c’est comme une renaissance !

Planant et riant au dessus  de ma tête, les mouettes savaient bien que c’était autre chose, plus fort que le goût de l’aventure, plus fort que les parties de cartes et de rhum coulant à flot jusqu’au bout de la nuit, plus fort que l’envie d’écrire (quoi que), plus fort que l’amour du Cinéma (oula), c’était…
…l’envie de retrouver mes moussaillonnes !

Katia et son coup de pédale endiablé, donnant vie à mes vocations premières, Sara et ses sortilèges de sirène, Rita aux formes de rêves, Maia la petite sorcière au cœur d’ange, Madeleine le premier amour d’une autre vie, Lady Ania Chester l’attachée de presse au grand cœur ( et au sourire suave), Marie la bienveillante, et tous ces amours fous, sur tous les pontons et tous les univers…

Et puis Orfeenix la poétesse, Ava la pharmacienne, Cameron la traitresse…et toutes ces femmes invisibles, infidèles, de lettres, courtisanes,  nues, amoureuses, au téléphone, au lit, bien-aimées, mentalistes ou abandonnées, quoi !

Sans oublier cette femme imaginaire, écrivain dans l’âme, jouant du piano dans ses rêves et amoureuse des séries télé ^^

Ca y est, je suis de retour…

Besos

Jack le Pirate

PS : Pour cette occasion, je me suis rasé (mais j’ai pas repris la cigarette, ‘tention hein ?)

Image du bas : Keith Richards le pirate.

dimanche 18 décembre 2011

La Fille aux Bas Nylon


C’était un samedi soir sur le port du centre et l’Ile du Crâne vivait alors au rythme des macumbas qui s’agitaient au Poca Hontas, la seule boîte ouverte en cette période aux Caraïbes…J’avais mis mon tricorne des dimanches et je tournoyais avec la clientèle féminine afin de retrouver mon pied marin et mon déhanché de fêtard. Cameron m’avait fait la surprise de venir passer le week-end, au grand dam de Tim, et la voir se démener au milieu de la piste faisait plaisir à voir. J’imaginais encore nos nuits d’osmose spatio-temporelle et l’eau me revint à la bouche de ses caresses et autres…

Je lui souriais de temps en temps en agitant une main évocatrice, revenu au comptoir où je scrutais la salle comme un périscope. J’étais sur le point de rejoindre mon hamac et mes pénates un peu assourdi par un brouhaha musical, quand j’aperçus cette fille qui portait des bas qui n’étaient point de contention. Sa danse chaloupée envahissait l’espace et ses yeux projetaient des feux à appeler tous les marins du monde pour une partie de poker jusqu’au bout de la nuit…

Je m’approchais à pas de loup, en entamant une danse d’indiens apprise à mon retour de New Delhi, à Karachi. Une soirée dans un cabaret privé que je n’avais pas projeté mais qui marqua ma jeunesse d’apprenti…De quelques pas en canard, je m’approchais de la fille quand Lady Ania coupa ma route par un rock endiablé que je ne lui connaissais pas. Prenant ma main et la direction des opérations, nous tournoyâmes comme des toupies et j’eus de la peine à garder dans ma mire la belle inconnue aux bas Nylon.

Ania était une sacrée attachée de presse cordiale et tout mais sa fougue et ses jambes interminables m’avaient ensorcelé. Je la remerciais pour la danse, exténué mais vivant puis reprenais le chemin de mon inconnue. Je croisais alors Maia, ma petite sorcière rouquine qui avait fêté la sortie de son nouveau Grimoire, et m’entraina dans une volupté de slows langoureux où nos membres se mélangèrent et je ne sus à la fin si j’avais bien tout récupéré ce qui m’appartenait…

Puis ce fut le tour de Cameron qui s’agrippa en m’enfourchant comme un canasson et malgré l’expérience des rodéos appris avec Buffalo Bill au cours d’un voyage en Amérique, elle ne décrocha point jusqu’à l’extinction des feux.

Penaud, je rentrais seul sur ma goélette endormie. Quand j’aperçus soudain une paire de bas au bas de mon hamac, mais la pénombre ne me permettait pas de distinguer le visage de sa propriétaire qui me fit signe de m’approcher, de son doigt en crochet…

Je sentis juste son souffle m’inviter à de plus intimes présentations, et je me régalais du goût de son rouge à lèvres quand je l’embrassais fougueusement.

Un croui croui complice nous accompagna toute la nuit mais partie au petit matin, je ne sus jamais si c’était elle qui l’avait passée avec moi.

Cette fille aux bas nylon…

vendredi 22 juillet 2011

Vent de Vous

L’amour, j’en ai bavé mon amour, disait la chanson.

Ma vie n’était pas si mal, au fond. Calé entre mes cordes, je tapotais vers et proses en hommage à une belle ou un ami, racontant des amours imaginaires ou sublimés.  Quelques hommages au Cinéma  qui sera inventé quelques siècles plus tard mais au diable les anachronismes, je m’étais accaparé les flux Internet pour surfer à ma guise et refaire mon monde, alors...

Tim me laissait liberté pour mieux garder la sienne mais cela arrangeait nos libidos décalées et notre amour propre. Les parts de tarte aux fraises de Bosco me coutaient quelques courbatures intimes mais cela permettait de garder une certaine bonne harmonie sur le navire, montrant qu’un Capitaine sait mettre la main à la pâte pour encourager la passion d’un de ses hommes. Bon là, j’en fais un peu trop mais c’est mon caractère…

Le commerce marchait plutôt bien et Lady Ania mon attachée de presse se démenait comme une diablesse pour décrocher moult contrats avec des compagnies maritimes de tous continents…Mes moussaillonnes étaient reconnaissantes et affectueuses, se donnant corps et âmes pour mon plus grand bonheur et le leur. Des princesses, des sirènes, des épicières et autres pomponettes aux peaux suaves qui excitaient et embaumaient mon corps de pirate…

Puis j’ai eu vent de vous.

Mon amour…

Depuis j’ai du mal à écrire, certaines moussaillonnes s’éloignent comme se sentant répudiées, et mes marins me regardent comme un pirate qui aurait arrêté de boire, ce qui est vrai et arrêté de jouer aux cartes des nuits entières, pour conter fleurette à une fille même pas de chez moi. Mouaip…

Ne vous déplaise, ce n’est même pas une javanaise.

Avoir en vain envie de vous, même le temps d’une chanson, faut vraiment le vouloir…

Non ?


Jack Rackham

La Javanaise, par Serge Gainsbourg

J'avoue
J'en ai
Bavé
Pas vous
Mon amour
Avant
D'avoir
Eu vent
De vous
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

A votre
Avis
Qu'avons-nous vu
De l'amour
De vous
A moi
Vous m'avez eu
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

Hélas
Avril
En vain
Me voue
A l'amour
J'avais
Envie
De voir
En vous
Cet amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

La vie
Ne vaut
D'être
Vécue
Sans amour
Mais c'est
Vous qui
L'avez
Voulu
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

jeudi 2 juin 2011

Katia et la Crapouille de Broadway

Elle était là, allongée sur le lit, attendant que j’aie fini de parler et les volutes de fumée lui conféraient un air mystérieux et évanescent. Elle aimait tirer longuement sur son long fume-cigarette de star et regardait l’effet que ça produisait sur moi. Son œil brillait alors et toutes nos années de liaison rejaillissaient devant nous et nous rigolions comme des enfants…

Katia n’avait pas d’âge et même si je l’avais su, sa féminité, l’effet qu’elle produisait, sa science de la sexualité,  son charme fou et les sentiments que j’avais pour elle effaçait la moindre ride de son corps. Je voyais alors une belle femme à la croupe accueillante faisant du vélo dans mon esprit jusqu’à la fin des temps !

- Je te surveille Jack, et je suis bien patiente de voir toutes ces donzelles te tourner autour depuis ton arrivée sur l’île du Crâne,  commença t-elle. Ces Cameron, Zahiya, toutes ces princesses bretonnes et ces sirènes pour lesquelles tu écris et tu te pâmes…Mais je suis patiente. Tu es plus jeune que moi et tu as bien le droit de t’amuser un peu. J’aurais bientôt besoin de toi pour tenir ce Cabaret qui a pris toute mon attention et mon énergie. Son inauguration approche, tiens toi prêt…

- Tu sais bien que je suis là, Katia. Répliquais-je un sourire entre les dents et le tricorne relevé.

- C’est ça, rigole le pirate, reprit-elle.  J’ai bien vu ces épicières lubriques et surtout cette attachée de presse qui te suit de près. Tim a de la patience…Et je ne parle même pas de cette sorcière rouquine qui a tes préférences. Tss tss, ne réponds pas, tu vas encore mentir. Remarque, elle est mimi et sait tenir le manche de son balai. On dirait moi plus jeune, du temps où on s’envoyait en l’air au rythme du Tabouret Javanais…Mais elle, vu son genre, ce serait plutôt du style la Crapouille de Broadway, ouais ! 

- La Crapouille de Broadway ? Répétais-je, faussement interrogatif.

- Oui, ce serait bien le genre. C’est ce qui t’a  plu chez elle d’ailleurs. Les hommes, surtout les pirates, ça sent ces choses. Regarde, ton tricorne est déjà tout moite et ton nez s’allonge…

- Moi ? Rougissais-je.

- Allez, je suis belle joueuse. J’ai eu mon temps et ta reconnaissance aujourd’hui me flatte. Là, je dois aller vers le cœur de l’île chercher quelques champignons pour une omelette, tu viens avec moi ?

- Avec plaisir Katia, tu sais que j’ai toujours aimé faire du vélo avec toi…

- Ah non. Mes vieilles jambes ne sauraient plus pédaler autant et il y a des montées dignes des plus beaux ânes. C’est toi qui conduiras. C’est bien un peu à mon tour de reluquer tes fesses, tu ne crois pas ?


( Photo : Liza Minelli, dans CABARET )

vendredi 20 mai 2011

Un Thé à l'Amante

Les jardins secrets de Capitaine sont ouverts aux quatre vents. Non pas que mon cœur papillonne ou que je collectionne les aventures, quoi que, mais j’ai abordé quelques fois des terres inconnues qui m’ont fait rencontrer le mystère et le goût du défendu.

Basculant parfois des contrées orientales aux terres des pays basques, mon navire avait fait escale entre les deux pour connaitre les désirs cachés de mes courtisanes.  Et sur le pont à cinq heures tapantes, j’attendais visites de mes invitations, en priant que mes messagers pigeons avaient bien effectué leur mission. 

J’avais installé dans un salon quelques coussins confortables et j’invitais ma première arrivante à s’enfoncer dans ce matelas de mes sentiments, en face d’une table garnie où se mélangeaient  un thé fumant et des gâteaux sucrés aux goûts de miel. Quelques rires nous rapprochèrent et à travers le voile qui cachait le visage de mon invitée, j’essayai de deviner son identité. Ses yeux étaient pourtant clairement dessinés et visibles mais une sorte de magie avait tétanisé ma mémoire, et développé en contrepartie mon désir et mes sens...

Hypnotisée elle aussi, son regard en amande oblique zieutait bien mes atours, qui rendaient honneur à sa visite. J’en profitai pour glisser une de mes jambes entre les siennes, écartant doucement les pans de sa tunique pour remonter entre ses cuisses avec mon pied. Elle semblait docile pendant qu’elle aspirait de ses lèvres vibrantes le thé à la menthe brûlant. Elle appréciait mes caresses car elle bascula en arrière pour mieux s’offrir et sentir mes orteils. Je regardai sa bouche jouer avec le thé puis je lui offris un fragment de zalabias que je poussai dans sa bouche avec mon doigt. Le miel et sa salive se mélangèrent pour ne faire qu’un et retirant mon pied, je plongeai mon autre main pour d’autres sortilèges. 

Sa bouche occupée par mes phalanges, je sentis ses paumes apprécier ma fougue qui semblait convenir à son appétit et à ses rêves. Tel un gâteau au miel elle m’engouffra profondément en me déglutissant pour gagner du terrain et de l’extase. En même temps, elle saisit des raisins de ma coupe et les serra comme une douce garce. Un soubresaut de plaisir me tétanisa et je lui offris un sirop de mon cru qui rafraichissait son gosier après un après-midi de canicule.

Nous échangeâmes un baiser au goût de retrouvailles et elle s’endormit au milieu des coussins comme un bébé. Je n’attendis pas les autres courtisanes et ordonnai à l’équipage de mettre voiles vers l’île du Crâne, où une autre vie m’attendait…

Je sentis une main robuste secouer mon épaule et me réveillai.

« Un thé capitaine ? » me lança Bosco.

Je refusai poliment d’un geste de main, il n’allait pas me gâcher mon rêve celui-là, non ?

vendredi 25 mars 2011

La Femme du Pirate

Elle fait les cent pas devant mes yeux et de temps en temps s’arrête pour prendre la pose. Les mains sur les hanches, elle me sourit et fait sauter les frous frous de ses jupons pour me rappeler tous mes devoirs.
Je goûte déjà sa bouche et le luisant de ses épaules excite mon imagination. Je parcours sa peau jusqu’à la commissure d’entre ses seins et je descends dans son intimité, imitant une langue ou des doigts qui s’invitent au meilleur des festins.

Elle a les yeux de Katia, dévorant mes pensées profondes et suçant ma cervelle de jeune homme, avalant mon innocence. Elle a la voix de Madeleine, susurrant des mots doux et palpant mes illusions. Elle a la croupe de Rita, me traçant le chemin vers le monde, à l’intersection des mappemondes, introduisant un toi vers sa volupté…

Son tricorne a un air de Tim, balançant mon hamac vers des îles de luxure, partageant avec elle des parts de tarte aux fraises et des chantres de l’épicerie. Quelquefois égaré aux plaisirs de sirènes et princesses aux goûts sucrés de l’amour fou, je me livre aux délices de belles moussaillonnes !

Je rêve entre mes cordes de cette belle Capitaine, attachée de près et commandant mes désirs que mon sabre fébrile glisse sous sa pelisse. Je lève les yeux au ciel, interrogeant un beau phœnix ou une lune rouquine, et je vois déjà visage et  plaisir répondre à mon cœur de pirate…

♥
Jack

lundi 14 mars 2011

Un Ara sur l'épaule

Tout est parti d’une visite inattendue le mois dernier, la belle Jessica ayant grimpé la passerelle du Poséidon pour y passer vacances et accessoirement décrocher le passeport pour partager ripaille et aventures, celui de moussaillonne. Les épreuves n’étaient pas compliquées mais je soupçonnais Bosco et Mildred d’influencer un peu notre candidate en se livrant à des agissements secrets en échange de points pour le précieux sésame.

Je surveillais la journée ma visiteuse grimper aux cordages et préparer la tambouille, puis au fil de la semaine d’autres candidates vinrent s’essayer au challenge et je n’eus plus assez d’yeux bientôt pour surveiller tout le monde. Aussi belles et rompues aux choses de la marine comme des vieux briscards, mes belles se donnaient à fond, me compliquant la vie pour choisir la gagnante…

Pourtant je remarquais  une nouvelle mode sur la goélette et une recrudescence de perroquets multicolores que chacun s’amusait à mettre sur son épaule, donnant une ambiance joyeuse et colorée au navire que je n’avais jamais connue. La visite de Jessica me renseigna vite sur l’ingéniosité de mon équipage et je souriais à l’écoute de leur stratagème…

- Bonsoir Capitaine. Il fait chaud ce soir, je venais vous visiter, voir si vous n’aviez besoin de rien. Regardez mon beau perroquet, il est vorace et il a bien envie de vous manger !

Je regardais plutôt la bouche de Jessica et imaginais des choses bien naturelles. Je refoulais ces idées lubriques et me replongeais dans mon journal. « J’ai mon perroquet, Capitaine. On m’a mis au courant de vos us sur ce navire, mais ce ara est bien mieux qu’une tarte au fraises, n’est-ce pas ? »

Je commençais à comprendre ce qu’avait combiné Bosco et les hommes de l’équipage. Plutôt que de déranger sans cesse les filles pour des galipettes ou des gâteries au fraises, ils avaient instauré le port du perroquet et chacun et chacune, selon ses dispositions ou migraines, pouvait inviter un des occupants du bateau à mouiller l’ancre, ou jeter un filin par le hublot, sans prêter attention.

Je ne tenais pas à rompre le charme de ces codes pratiques et poétiques finalement, et ma belle amie préféra s’occuper de mon sabre, ce qui lui valut la note maximale à cet agrès !

Pourtant le concours fut rude et bien que Lady Ania, mon attachée de presse qui avait voulu tenter sa chance, dépassa le nombre de points maximum, je décidais de garder ce petit monde sous le coude en alternance.  Préférant garder aussi une certaine émulation dans mon équipage et l’assurance de leur motivation toujours revigorée…

Je décidais aussi de porter à l’occasion un ara sur l’épaule selon mon humeur, et me souvenais d’un que j’avais vu sur un flux internet. Ce qui me fit sourire. 

Mais ça c’est une autre histoire…

Jack Rackham. ^^

mardi 1 février 2011

L’Amant de Lady Ania

Je l’observe qui compte les caisses de rhum, en dodelinant imperceptiblement le menton, lui donnant une moue resplendissante au soleil couchant qui commence à recouvrir l’île du Crâne. Elle m’a aperçu et me salue discrètement puis reprend le comptage de la cargaison. Les mouettes rasantes sonnent le glas de la journée de travail, et je sens mon attachée de presse se décontracter par quelques regards vers le ponton qui attend le clic-clac de ses bottes pointues.

Je frotte ma barbe en la scrutant à nouveau et j’imagine une aventure dont elle serait l’héroïne, une grande avec un beau destin, une qui aurait de la gueule, une belle histoire avec un prince charmant…

Elle a mis un chapeau et accoudée à une rambarde, regarde l’horizon.  Saïgon pullule de monde à cette heure et elle attend un homme. Elle l’a rencontré dans les bureaux indochinois de la World Rackham‘s Company.
Son sourire était doux et sa proposition de prendre un thé en ville était gentille. Elle a dit oui naturellement sans y voir du mal ou quelconque allusion. Elle a d’ailleurs pris quelques notes dans son carnet secret, évoquant son charme et sa tenue.

Elle attend un homme depuis longtemps. Non pas que quelqu’un lui ait posé un lapin, mais c’est plutôt de l’homme de sa vie dont on parle. Celui qui l’accompagnerait dans sa vie, partagerait ses secrets, sur qui elle pourrait compter, celui qui la respecterait sans la craindre, l’aimerait sans la posséder ou la soumettre.

Elle a faillit se décourager quelques fois mais l’espoir est revenu. Ces quelques mois sur l’île du Crâne avec ce Capitaine l’ont fait reprendre force et courage. Elle voyage un peu partout dans le monde pour accompagner quelques cargaisons et faire la renommée de la Compagnie. Elle écrit de plus en plus d’ailleurs, fourmille d’idées et garde tout sous forme de notes et même de photographies.

L’homme s’approche d’elle et sa prestance rassurante la réconforte du vent qui lui donne froid. Il recouvre de sa veste ses épaules nues et ils font quelques pas vers la rue foisonnante où ils choisiront un salon de thé accueillant et tranquille…

Lady Ania revient sur le pont de la goélette, faisant une pause de mon aventure. Son sourire illumine son visage encadré de ses longs cheveux noirs et elle serre son carnet, ayant déjà en tête quelques chapitres de sa vie ou qui sait un projet secret. Elle aime écrire et j’imagine ce qu’il est.

Un livre où elle raconte la rencontre d’un homme qui va la combler, remplir sa vie et son cœur. Qui la fera voyager, aimera son corps et lui donnera le sien…Elle frémit d’avance de son destin puis repart dans ses rêves où je reprends ses aventures.

L’homme lui sert une tasse de thé, et leurs yeux échangent des paroles de paix…
Elle a le titre de son roman et sa pudeur imagine à peine des images d’amour et de frôlements sensuels.
 
« L’amant de Lady Ania. »

Peut-être qu’on en fera un film un jour.

Qui sait…


Jack Rackham.




Photos du Film de JJ Annaud, "L'Amant" ( 1992 ) d'après le livre de Marguerite Duras.
Dessins Sophie Griotto. 

samedi 22 janvier 2011

Un Beau

Il est arrivé par hasard sur l’île du Crâne, débarqué d’un navire anglais ou d’un ferry mexicain venant des Amériques.

Sa démarche est légère et son sourire fait fondre dès qu’on le voit. Sa barbe de trois jours lui donne un air décontracté et les femmes se retournent sur lui. Les hommes aussi parfois. Son destin l’a conduit évidemment sur le Poséidon, après avoir écumé le bourg de l’île.

Les cœurs brisés crient encore au dessus des toits jusqu’à nous et c’est avec hésitation que je l’ai embauché comme matelot, je ne veux pas d’embrouille sur mon bateau.

Le bougre est  plutôt gentil, s’appelle Mattéo et Tim lui conte fleurette entre deux cargaisons déchargées dans la cale. Elle se pomponne plus souvent depuis son arrivée et disparait de temps en temps vers le coup de midi et 19 heures, revenant essoufflée mais avec un petit sourire que je reconnais bien.

Ah, c’est ma vie. Quand un beau arrive…

Et justement, j’ai beaucoup de visite en ce moment, Maia qui devait venir prendre le thé depuis longtemps, Emma qui propose des cours d’anglais gratuit à mes matelots, Eloïse qui est revenue de son exil et a pensé à une épicerie à domicile bihebdomadaire et verrait bien mon nouvel  employé comme coursier pour faire les aller-venues.

Même Katia à eu besoin de lui pour refaire les peintures de son Cabaret. Seule Lady Ania, mon attachée de presse n’a d’yeux que pour moi. J’aime quand elle regarde mon tricorne en faisant mine de rien, ses cheveux longs noirs s’entortillent de pudeur et sa bouche de poupée  me lancent des invitations à prendre un café de délices avec des langues de chat…

Mattéo semble s’être parfaitement intégré à la vie de l’équipage, et afin de lui épargner des travaux trop pénibles et usants à la longue, je le mets aux cuisines avec Bosco qui semble ravi d’avoir un assistant. Reconnaissant, des tournées de part de tarte aux fraises sont offertes à tous les hommes et moi-même. J’imagine le bon vouloir et la générosité de ce Mattéo, celle de Bosco n’étant que  légendaire…

Puis un jour, notre ami disparut. On ne sait ce qu’il devint, quelque chose  avait du lui déplaire. Qui sait ?

Ah, c’est la vie des beaux.

Quand un pirate arrive…^^


Jack Rackham.

mercredi 22 décembre 2010

Le Noël de Jack : Mère Noëlle, quand tu nous tiens !

Au moment des fêtes, des souvenirs d’autres Noël remontent à la surface, immanquablement. Quelques anecdotes, des faits marquants d’un repas qui a mal tourné ou au contraire l’émanation suave d’un bonheur unique avec une amoureuse ou un foie gras délicieux…

Là, en cherchant la ruelle où avait lieu la soirée entre amis organisée par Bosco, je me remémorais un Noël pas si lointain où j’avais rendez-vous avec Katia. Je me préparais déjà à un festin de jambes et de baisers car je connaissais la loustic qui n’avait faim que de cabrioles et autres échanges oraux. Mais je m’étais perdu dans un dédale de ruelles sombres ; j’étais un Capitaine aguerri, rompu aux galères et pannes en tous genres, mais en mer surtout…

Je rentrais au hasard dans une taverne plutôt tranquille pour demander mon chemin. Je prenais mon air de vieux loup de mer, quand j’aperçus dans le fond un troupeau de donzelles en train de siroter une limonade…

L’une d’elle parlant à voix basse à son amie d’à-côté, se mit en tête de me faire du gringue et mit deux pièces dans un juke-box de l’époque. Je sais, ça n’existe pas à notre époque mais la machine à écrire non plus, sinon comment taper cette histoire, hein ?

La musique plutôt rock commença à faire monter la pression et je sentis quelques vapeurs connues qui me rappelait ma jeunesse. L’allumeuse se frottait et se collait en suivant la musique et  je jouais le jeu en restant de marbre. J’avais peur néanmoins que mon pantalon révèle une émotion bien compréhensible, j’ai toujours été touché par les ambiances chaudes et musicales de Noël…

Une à une, les copines de ma danseuse nous rejoignirent, et rapidement je fus submergé au point de finir sur la table de la taverne, recouvert de ces filles aux mains douces et aux cheveux s’enroulant autour de tous mes membres, comme des fouets attisant cette soirée de mille feux. J’oubliais tout et me  livrais en pâture aux sirènes, quand…

La porte du saloon, s’ouvrit en claquant, le battant se fracassant en mille morceaux contre le mur.

Maia ? Lady Ania ? YsaBelle ? Une voix hurlant interpella toute l’assemblée, je la reconnus : 
« Alors Pirate ??? On a oublié son rendez-vous ? Faut que je fasse toutes les tavernes pour te retrouver ici, chevauché des pouliches  de ce tavernier en mal de clientèle ? Arrive un peu par là que je te remonte le fendard, j’ai mis une dinde à cuire et tu vas la finir… »  

Je me rembraillais penaud, et je n’en croyais pas mes yeux. C’était bien la voix de Katia mais…Elle avait du demander sortilège à notre ami le Magicien et un clin d’œil en confidence me rassura sur ses intentions et son identité.

Devant les autres, je ne demandais pas mon reste et je suivais mon amie un sourire aux lèvres, mon corps ayant changé d’âme et de désir. Je suivais ma Mère Noëlle pour une nuit de réveillon dont je me souviendrais toujours !

Mais ça c’est une autre histoire…


Joyeux Noël !

Jack Rackham

mercredi 1 décembre 2010

Au Bois dormant, le Retour

Résumé du précédent : Cherchant un trésor dans l’eau claire, Jack tombe nez à nez avec une sirène nommée YsaBelle. Rompant un charme par un baiser involontaire du pirate, elle retrouve son aspect humain et lui raconte son histoire. Fuyant un châtelain démoniaque, elle se retrouve dans ce bois dormant…

*

Son passage de sirène à femme avait foncé ses cheveux, et YsaBelle arborait une superbe chevelure brune, que renforçait sa nudité nous laissant voir sa fourrure d’amour. Remarquant mon regard, elle fronça ses sourcils mais reprit le cours de son histoire depuis son évasion du château :

«…Je traversais le Bois dormant, quand je fus prise d’une envie de dormir énorme et m’écroulais sur un tapis de fleurs blanches.  Ce devait être la tarte aux fraises qui devait être empoisonnée, le cuisinier étant de mèche avec un magicien démoniaque. En me réveillant, je l’aperçus et je criais tant il était horrible et repoussant. Vexé, il me jeta un sort et je me retrouvais transformée en sirène. Un jour de promenade sur la plage de Douarnenez qui me rappelait  certaines histoires familiales, j’échappais à la surveillance d’un de ses sbires et nageant le plus loin que je pus.

Epuisée, je faisais halte sur une île paradisiaque, quand je trouvais un coffre aux trésors, rempli de bijoux magnifique et de pièces  d’or, au dessous d’une goélette ancrée par là. Et c’est là, que je vous vis Capitaine Rackham… »

Son sourire mutin me rappelait une vieille amie, et j’en eus que plus de sympathie pour elle. Quand une personne vous manque, on peut la voir partout, même sous les traits d’une sirène dont j’avais annihilé le sortilège dans un élan spontané d’affection…

-          Vous embrassez bien, Jack. On voit l’homme habitué à courtiser les filles !
-          Je fais surtout beaucoup de hamac, et j’écris des histoires…
-          Je ne m’en plains pas, je n’ai plus cette vilaine queue, je vous le dois.
-          Vous en verrez d’autres j’espère. Bien faite comme vous êtes, je vous inviterais bien dans mon hamac…
-          Tim votre lieutenant et amie, le verrait peut-être d’un sale œil ?
-          Elle est partie à l’épicerie-droguerie de l’île du Crâne, Jack Sparrow y dédicace ses mémoires cet après-midi. Il y aura aussi Maia-Luna la petite sorcière rouquine, pour son premier livre...

Un nuage de sympathie et de pensées profondes irradia nos paupières qui semblaient lourdes de sens. YsaBelle caressa le crin de mon visage  pour la première fois et alla se lover dans le creux de mon hamac. Lady Ania chester toute essoufflée, mon attachée de presse, me hurla un message arrivé fraîchement sous l’aile d’un pigeon : « Chéri- je vais rester un peu à l’épicerie- il y a une dédicace nocturne- A demain – Smoutches chéri- Tim. » Merci Ania…

J’allais rejoindre mon invitée qui semblait dormir d’un sommeil de plomb. Les évènements récents avaient du l’épuiser la pauvre petite. Cette Belle au Bois dormant  avait élu domicile pour la nuit dans mon hamac fidèle et la poussant doucement, je me collais contre elle pour un câlin peut-être éternel…

Tout était calme sur le bateau, et même les mouettes s’étaient arrêtées de voler, respectant notre balancé. On n’entendait plus qu’un drôle de bruit, habituel.


Croui croui...



Pour Elisabelle,

Jack Rackham.

mercredi 20 octobre 2010

Celle qu'on aime

Sa nuisette entr’ouverte sur sa peau est comme la carte d’un menu érotique dont elle commence à composer les plats dans sa tête. Son derme est tanné de ces mains amoureuses qui l’ont tant caressée qu’elle en éprouve encore les bienfaits. Sa bouche retient quelques gouttes de salive qui annoncent son trouble et son envie pendant qu’elle pose un pied contre la table…

Elle imagine des yeux qui parcourent un désir imaginaire entre ses cuisses et elle regarde un à un ses ongles en faisant mine de rien. Sa toison florissante rend doux des frôlements, elle est prête à se donner, à s’amuser, à jouir.

Quel homme va-t-elle aimer, elle ne sait encore. Son carnet posé près du téléphone n’a pas encore donné son choix, elle se sent indécise, coquine, rebelle...

Un pied coincé entre mes cordes, je tape la dernière scène de mon histoire d’amour où je glisse quelques détails qui m’émoustillent. Mon tricorne est en flammes et mon sabre cherche à sortir par le bas de mon pantalon…Je l’attends qui vient pour assouvir mes fantasmes racontés dans mes aventures.

Je souris déjà de nos ébats. J’aime ses cheveux dans son dos et sa taille fine que je prends et caresse comme un tonneau, pendant que mon corps bascule. Sa peau est si douce…

Je suis devant sa porte  et j’arrange une dernière fois les pinces de mes bas. Je joue avec mes lèvres pour bien marquer le rouge, et penser déjà à des choses délicieuses.

Un amour ce Capitaine…


Quel est son nom, déjà ?

Pour Elle…
Jack Rackham.

vendredi 15 octobre 2010

POIROT et l'Age du Capitaine

Le petit bonhomme faisait les cents pas autour du globe posé au centre de la pièce. Le doigt posé sur sa lèvre inférieure, son cerveau semblait fulminer et tordant son autre bras dans son dos, il prenait des airs de Napoléon, jouant sur une manœuvre la bataille.

«  Maître Bosco, demanda t-il, à quel moment le Capitaine Rackham a-t-il disparu ? »

Bosco aimait la manière dont cet homme lui parlait. « Maître » ! Il fit mine de réfléchir puis répondit qu’il n’avait plus vu Jack Rackham depuis la sieste de l’après-midi.

La moustache de Poirot frétillait et l’œil du grand homme allait et venait dans tous les coins de la pièce, cherchant un indice, un oubli, une trace, un petit détail. Interrogeant les personnes proches du Capitaine, il réunit ce qu’il put pour retrouver le pirate, ou avoir au moins une piste :

-          Je lui ai trouvé un drôle d’air. Il n’a même pas repris de la tarte aux fraises,  pourtant je lui avais fait un abonnement mensuel intéressant. Ca vous intéresse, monsieur Poirot ?
-          Je suis son attaché de presse, enfin de sa compagnie de navigation, Ania Chester, enchanté. Un homme qui vous aborde avec charme, mais soucieux de sa vie privée. Il avait rendez-vous cet après-midi…
-          Je suis son lieutenant en mer, mais depuis que nous avons jeté l’ancre sur l’île du Crâne, plutôt sa femme de ménage. Il va, il vient, et je le laisse compter fleurette à ces Dana ou Cameron…Il fait l’avion des fois dans son hamac, une sorte de truc spatio-temporel. Du moins, c’est ce qu’il raconte…Ces moustaches, elles sont vraies, dites-moi ?
-          Prof d’anglais, oui. Je lui ai donné des cours longtemps, un bon élève ! Je l'avais rencontré à l'épicerie, on ne s'est plus quitté depuis...
-          Jack est un ami ! Il m’a présenté ma future femme avant qu’elle ne s’aperçoive de…Hum, quelques ascendances orientales ne font pas le Calife ! Un petit tour ? Quelques fleurs, un lapin, lààà…
-          Jack est un amouuuuur ! Il ne peut s’agir que d’une escapade de convenance, j’ai trouvé qu’il mangeait un peu trop de tartes aux fruits. C’est un être adorable, qui ne pourrait décevoir sa princesse Zahiya…Je peux prendre votre bras ? Il y a tant de ressac qu’on le ressent encore plus quand on prend ces passerelles, cher Hercule !
-          Ouais, suis matelot ici depuis un moment. Je connais Jack depuis l’école…Il nous a fait peur avec sa Sara, une sirène qui vit dans la cale, ou Patricia, une nymphomane de son invention. Il passe des heures à écrire des histoires entre ses cordes, un peu de hamac ici ou sur la plage, entre des palmiers…Je l’ai vu y courir cet aprèm, un rendez-vous, c’est sûr !
-          Un homme étonnant, une belle santé ! Toutes ces femmes qui lui tournent autour, c’est vraiment étonnant. Un patient d’une grande imagination en plus, il vient me voir de temps en temps, j’ai un cabinet au village…il aime la peinture. Dans mon cabinet, il aime un tableau particulier, celui d’un Capitaine. Willouby…
-          Jaaaaaaaaack !!! C’est un amour ! J’aime faire un tour en balai avec lui, il est si attachant…Et quelle souplesse, le roi du retourné acrobatique ! En hamac ou même dans un lit, roôôooo…Oui, j’écris un peu mes aventures, le premier tome vient de sortir. Je vous en dédicace un, monsieur Poirot ??
-          Il  ne va pas tarder à revenir. Je connais Jack depuis longtemps, et puis personne ne lui veut du mal, il est si gentil ou alors ces personnes sont mortes depuis longtemps. J’aime mon Jack, comme il m’aime, un vrai p’tit trésor…

Poirot se tenait le menton en grommelant, et tournait quelques feuillets des aventures du Capitaine et pirate. Soudain, s’arrêtant, il pousse un cri en se tapant dans la main et s’exclame :
«  Bon sang ! J’ai trouvé !!! »

Et vous ? Non, l ne s’agit pas de deviner l’âge du Capitaine, mais de nous dire où est passé Jack et avec qui. Allons, si vous connaissez un peu le loustic…Ou alors, lisez tous ces indices ci-dessus, fouillez un peu ses billets sur ce blog, et trouvez, comme Hercule Poirot !

Bonsoir !

lundi 28 juin 2010

Le Dernier virage avant la ligne droite

Les deux sauvages me regardaient  avidement depuis un moment. Peut-être choisissaient-ils l’un de mes morceaux ou discutaient-ils d’une sauce en agrément. Leurs regards sans vie banalisaient  ma mort prochaine en repas quotidien, sans autre sens que celui d’un casse-croûte ou coupe-faim dans leur matinée de chasseurs communs.  J’aurais aimé mourir sous la dent d’un tueur en série célèbre ou en pitance offerte à un Dieu  inconnu.  Nul ne choisit son heure ni son mode de cuisson.

Depuis un moment, je mitonnais à feu doux en attendant le moment du festin dont j’étais le plat principal. J’avais rendu les armes bravement  après des heures de course et au détour d’un virage mal stabilisé, une de mes sandales avait lâché, entraînant ma chute subite et ma capture. Un coup de gourdin sec m’avait évité l’ennui d’un voyage monotone, attaché à une branche, à travers la forêt vierge jusqu’à leur camp.

Attendant la fin de l’apéro, j’observais ça et là les indigènes en pagne et je frémissais d’avance les voyant découper quelques morceaux de chair fraîche rosée, d’une autre chasse à l’homme sans doute ou d’un gibier malchanceux.

Se regroupant tous devant la marmite bouillonnante, l’un d’eux s’approcha  pour me faire la conversation. Son aspect énorme n’ajoutait qu’à la difformité de son masque…
-          Alors Captain Jack, on ne reconnait plus ses amis ? Me dit-il.

Je restais coi devant l’appellation familière et d’un coup sec, cet Hercule peinturluré me sortit de mon cercueil en guise de pot-au-feu.  Son masque à la main, je reconnus le faciès de mon cuistot préféré et un à un tous les indigènes firent de même…Je ne pus lâcher qu’un « Bosco » sous les rires appuyés  de cette assemblée de fieffés plaisantins :

En plus de Tim, Mildred et tout l’équipage du Poséidon, Il  y avait Katia la compagne de toujours, Sara et Lilly mes amours imaginaires, Madeleine l’amour de jeunesse, Eloïse mon épicière, Dana la sauvageonne, Ania mon attachée de presse, Marie l’épouse et bien sûr Zahiya, la princesse instigatrice de ce guet-apens festif. Plus loin, j’apercevais les sorcières Clochette et Maia aux rires mutins,  Patricia aux atours provocateurs et bien sûr Rita, revenue des enfers pour être là  en mon honneur…

Les jambes tremblotantes, je cherchais un sofa pour m’y étendre sous l’œil réconfortant du Docteur Santiago et du Capitaine Willouby toujours borgne. Pourtant, je n’étais pas au bout de mes surprises et je vis en enfilade mon ami le Magicien, K sortant de sa boîte, Emma la prof d’anglais, Seffana la danseuse nue gothique, Fairouz la liseuse, Ava la romancière,  Cameron l‘amour perdu et Josépha l'amour rêvé…

Un gros gâteau se profila sous mes yeux perlés de larmes et en cœur soufflèrent mes bougies toutes mes amies, compagnonnes d’écriture et  de blog, Sco, Victoria, Ysa, Virginie, Solveig et Loève, Annie, Tifenn, Nanou, Bérénice, Karine des rivières et  Karine des poèmes,  Leila, Yaëlle, Louisianne, Multi-sourires, Colombine, Do, Sharazad, Céphée, Nuax,  Noèse, Marie, Christine, Mouna, Zoë, Isabelle, Gicerilla, Laurence, Julie, Sarah, et tant d’autres…

Sous des sourires entendus et des bouchées de roi, mes regards échangeaient des souvenirs avec chacun et je réalisais que, outre que ma vie était sauve de ces dangereux guerriers cannibales…

…je venais d’avoir 50 ans !


Amitiés à tous !

Jack Rackham, Capitaine du Poseïdon, le 27 juin 2010.