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mercredi 8 juin 2016

Le Journal intime de Catherine



Ce furent des retrouvailles en forme de feu d’artifice. Les deux amis n’auraient pas osé imaginer une telle rencontre. Si naturelle et spontanée, comme une bénédiction divine suite à une abstinence d’une quarantaine d’année. Qu’ils n’auraient pas pu connaître aux Beaux-arts évidemment, la jeunesse, l’époque, tout étant si différent…

Catherine s’étirait de son long ayant repassé une nuisette pudique. Fallait pas que le Capitaine se croit privilégié pour reluquer encore, après la messe, la femelle assouvie même si la tentation de le séduire encore lui venait. Elle l’avait rassasié de son corps et le sien l’avait tout autant comblée. Pleine de souvenirs de sa présence, qu’elle se remémorait avec délice. Chaque moment si particulier qu’elle aurait pu le dessiner, avec force détails des enchevêtrements et emboitements. Ils avaient maintes fois risqué la foulure ou l’accident mais la chance des débutants, de la première fois entre eux, tout avait l’air écrit comme au cinéma, avec les cascades et tout. 

Elle aurait le temps de raconter tout ça à son journal, les détails ne manquaient pas même les plus osés et croustillants, tout ça restant secret évidemment. Sa longue vie de femme mariée l’avait quand même comblée d’expérience et de savoir-faire même si se mesurer avec un bretteur des sept mers l’avait rassurée sur sa belle nature et son sens du vice. Elle savait jouer avec son corps et le visuel qu’elle en donnait. La discrétion féminine avait su éliminer de sa mémoire les aventures ponctuelles tout en y engrangeant quelques détails pratiques pour son expérience.

Jack avait du faire de même de son côté car elle n’avait eu onc’ reproche à lui faire sur ses capacités de gentilhomme accompli jusqu’au bout de la nuit. Elle avait su récompenser ses qualités d’amant émérite et il avait de même honoré ô combien sa féminité. 

Prenant une collation bien méritée, ils croquaient chacun à pleine dents dans ces retrouvailles, n’ayant rien à commenter car tout semblait avoir été dit. Entre deux bouchées, ils s’embrassaient comme pour se manger car même leurs baisers leur donnaient plus encore d’appétit.

Ils se dirent au-revoir mais sans le penser. Elle le regarda partir de la fenêtre et se pencha goulûment.

- Au  fait, il manque une attachée de presse sur le Poséidon. Si ça te dit…

Elle n’ouvrit pas la bouche mais jusqu’à Trinidad, on put entendre :

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ♥



 Jack Rackham


Photo du haut et du bas : Julia Ormond.



samedi 4 juin 2016

Chatte sur Canapé




Catherine était allongée là, regardant le plafond comme si c’était une des sept merveilles du monde. Même pas une frise en relief barricadant le haut de la tapisserie. Elle pensait juste à ses retrouvailles, ce vieil ami de jeunesse sur lequel elle était tombée par hasard, au cours de ce voyage d’affaires sur l’île du Crâne… 

Les années avaient passé et elle se remémorait leur jeunesse commune aux Beaux-arts, et cette fameuse journée où elle avait mis les cartes en main à ce John, que tout le monde appelait Jack à présent, curiosité des us des diminutifs qui ne sont pas plus courts. Le revoir l’autre fois l’avait troublée et même plus que ça. Il n’avait saisi la perche tendue la première fois mais elle aurait bien goûté à ce pirate qui malgré sa prime jeunesse avait un je-ne-sais-quoi de différent. La seconde fois, elle était restée sur ses positions, son mari, ses trois enfants, sa situation. Pfff !,  

Les années passant à nouveau, la chance lui était donnée de le revoir. Basse-terre dans les Caraïbes et cette Île du Trésor, c’était là qu’il était et justement elle devait s’approvisionner en Ti-punch local, une aubaine. Car sa vision de la vie avait évolué, elle avait envie enfin de vivre pour elle et profiter un peu des dernières bonnes années qui lui restaient. Où elle était encore potable pour séduire un homme et partager ensemble un de ces moments de passion qui seuls valent la peine de vivre. Daniel ne la regardait plus depuis longtemps, de toutes façons…

Elle respira fort en repensant à tout ça et se félicitait d’avoir osé écrire à Jack, qui devait arriver d’un instant à l’autre. L’excitation de l’attente, de l’adultère consentie, du péché originel telle une nouvelle Eve, elle était électrique comme jamais.

Elle était nue sur le canapé, attendant son amant, et ses poils se hérissaient du moment à venir. 

Elle se caressait le pubis quand on frappa à la porte. Ses cuisses musclées et son cou se raidirent, ses seins furent en alerte, puis gardant son calme, elle alla ouvrir.

…

Jack Rackham ♥

(J'aurais pu écrire A SUIVRE mais chuuut !)

Tableau du haut  Suzanne Valadon (reproduction ?). Photo du bas : Inconnu.




vendredi 28 août 2009

Retrouvailles


J’en reviens pas ! Je viens de recevoir une missive de Catherine…
Catherine, c’était une camarade quand j’étais aux beaux-arts. Je me souviens qu’elle était blonde et bien plantée. J’ai toujours aimé les filles bien tanquées, avec des épaules. Elle avait en plus des lunettes, ce qui n’était pas mauvais à ce qu’on dit…

J’étais là dans mes cordes, tenant la lettre, la lisant et la relisant. Je souriais béatement, comme un Jack Rackham content, mais se demandant pourquoi elle m’avait bien écrit.

« …Les années ont passé et j’ai appris que tu te trouvais à l’île du Crâne. Justement , je dois m’y rendre dans le courant du mois. Nous pourrions évidemment nous revoir et… »

Catherine ! Je me souviens…Une sacrée garce. Elle sortait avec un jeune étudiant en droit pendant qu’elle suivait les même cours que moi à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Cancun, mais ne manquait point de montrer son intérêt pour ma personne dès qu’une occasion se présentait. Elle était comme ça Catherine, mystérieuse et courtisane…

« Chère Catherine, oui bien sûr, je serais ravi de te revoir ! Vingt ans ont passé, mais je suis sûr que ta beauté n’a pas changé depuis cette année où nous avons partagé les bancs de… »

Nous allions de temps en temps au spectacle et quelquefois à défaut de partager un avis, nous nous disputions allègrement. La mise en scène, les comédiens, les lumières, le texte et les cornets de pop-corn à l’entracte, tout était sujet à se chamailler. Pourtant, je rêvais souvent de Catherine. J’avais même deviné que c’était une gourmande, et de nombreuses nuits je la laissais vaquer à son dessert favori, pour lui faire plaisir…dans mes rêves.

« …Tu penses bien que ma vie à changé. Je voyage certes, mais mon mari et mes trois enfants sont mes principales préoccupations. De plus… »

Un jour pourtant, elle confirma mes soupçons sur son esprit pervers et vicieux quand elle me convia pour la première fois à passer chez elle. Je montais les escaliers avec un espoir secret. Elle allait sortir de sa douche à mon arrivée, pour ouvrir la porte et son peignoir glissant, nous nous serions jeté l’un sur l’autre pour goûter à nos corps et partager la luxure. Enfin…

« …Ce serait l’occasion de déjeûner ensemble, Catherine. J’aimerais tant te revoir, te dire ces mots que je n’ai jamais osé te dire, nous pourrions… »

Ce jour-là, Catherine m’ouvrit la porte normalement. Pas de douche ou de peignoir, pas d’effusion sexuelle sur le pas de la porte. Juste « Rentre John. Je t’attendais… ». L’endroit était douillet bien que frustre et juste quelques toiles posées derrière un fauteuil montrait qu’elle peignait et étudiait aux Beaux-Arts. Je m’asseyais, attendant un mot cordial qui me mette à l’aise.

« …Ecoute, Jack. Je veux bien te revoir mais ne te fais pas d’illusion. J’ai changé, ma vie est faite et ce voyage à l’île du Crâne est d’ordre professionnel. J’achète des liqueurs locales et… »

Elle me regarda droit dans les yeux et me dit d’une traite : « Voilà. Mon copain rentre de son cours dans exactement 18 minutes. C’est le temps que tu as pour me sauter dessus et faire de moi ce que tu veux. Décide-toi, c’est le moment….

« Catherine. Justement, je connais bien le marchand qui produit ces bouteilles et si tu veux, je pourrais… »

Je n’ai pas sauté sur Catherine ce jour-là et elle m’offrit un soda en attendant l’arrivée de son copain. On se vit moins souvent à l’école jusqu’à ne plus se voir du tout. Le temps a passé…

Jusqu’à ces échanges de lettres et télégrammes. J’ai bien cru que le destin s’en mêlerait enfin, mais elle ne répondit pas à ma dernière missive et ne sus même pas si elle vint à l’île du Crâne.

Mais je n’ai pas d’illusion sur elle et l’avenir nos relations. Le peu de temps qu’elle m’a consacré ces vingt dernières années, sa vie qu’elle n’a pas partagé avec moi, les enfants qu’elle ne m’a pas donné et toutes les nuits où elle ne m’a pas fait l’amour et offert son corps, me dit qu’elle ne va pas me consacrer plus de temps que ça ces prochaines années.

Faut être lucide.

Merde !