Il est arrivé par hasard sur l’île du Crâne, débarqué d’un navire anglais ou d’un ferry mexicain venant des Amériques.
Sa démarche est légère et son sourire fait fondre dès qu’on le voit. Sa barbe de trois jours lui donne un air décontracté et les femmes se retournent sur lui. Les hommes aussi parfois. Son destin l’a conduit évidemment sur le Poséidon, après avoir écumé le bourg de l’île.
Les cœurs brisés crient encore au dessus des toits jusqu’à nous et c’est avec hésitation que je l’ai embauché comme matelot, je ne veux pas d’embrouille sur mon bateau.
Le bougre est plutôt gentil, s’appelle Mattéo et Tim lui conte fleurette entre deux cargaisons déchargées dans la cale. Elle se pomponne plus souvent depuis son arrivée et disparait de temps en temps vers le coup de midi et 19 heures, revenant essoufflée mais avec un petit sourire que je reconnais bien.
Ah, c’est ma vie. Quand un beau arrive…
Et justement, j’ai beaucoup de visite en ce moment, Maia qui devait venir prendre le thé depuis longtemps, Emma qui propose des cours d’anglais gratuit à mes matelots, Eloïse qui est revenue de son exil et a pensé à une épicerie à domicile bihebdomadaire et verrait bien mon nouvel employé comme coursier pour faire les aller-venues.
Même Katia à eu besoin de lui pour refaire les peintures de son Cabaret. Seule Lady Ania, mon attachée de presse n’a d’yeux que pour moi. J’aime quand elle regarde mon tricorne en faisant mine de rien, ses cheveux longs noirs s’entortillent de pudeur et sa bouche de poupée me lancent des invitations à prendre un café de délices avec des langues de chat…
Mattéo semble s’être parfaitement intégré à la vie de l’équipage, et afin de lui épargner des travaux trop pénibles et usants à la longue, je le mets aux cuisines avec Bosco qui semble ravi d’avoir un assistant. Reconnaissant, des tournées de part de tarte aux fraises sont offertes à tous les hommes et moi-même. J’imagine le bon vouloir et la générosité de ce Mattéo, celle de Bosco n’étant que légendaire…
Puis un jour, notre ami disparut. On ne sait ce qu’il devint, quelque chose avait du lui déplaire. Qui sait ?
Ah, c’est la vie des beaux.
Quand un pirate arrive…^^
Jack Rackham.




