vendredi 20 mai 2016

L'Histoire d'un Amour

Dans une autre vie, je suis dessinateur. De BD ou de « petits miquets », si vous préférez. Je dessine des aventures de personnages imaginaires, que j’ai inventés moi-même ou créés en collaboration avec un scénariste, qui peut être une femme en l’occurrence et donc s’appelle UNE scénariste.

Une fois l’histoire prête, tout seul ou en binôme sous forme de scénarios manuscrits ou dactylographiés plus les annotations et croquis utiles, vient le moment de la réalisation des planches (pages) qui peut alors varier dans le temps de six mois à un an. Heureusement, je ne fais pas les couleurs car cela allongerait de plusieurs mois mon travail.  Ouf !

De là, commence un long sacerdoce où les vacances se raréfient, réduites à la portion congrue des visites familiales ou quelques dédicaces et festivals pour pérenniser les œuvres précédentes (et manger aux frais de la princesse plus quelques avantages en nature le cas échéant). Bref, le temps est venu alors des horaires décalés, des affres des grands doutes avec « recommençage et déchirage », ce qui oblige à augmenter le nombre d’heures travaillées et par conséquent à pratiquer au fil du temps et de plus en plus, ces fameuses « nuits blanches » ! Qui ne sont pas tout à fait blanches à vrai dire mais au sommeil réduit au petit matin puis à la reprise au plus tôt des opérations.

S’enchaînait donc la valse de ces horaires décalés que j’agrémentais de diffusions télé dont je profitais surtout à l’oreille, même si selon le film ou le sujet, je pouvais lever la tête pour jeter un œil sur l’émission en question. Ce fut ainsi que je fus envahi intérieurement à certaines périodes de ma vie par « Chasse et Pêche », « Voisin voisines » ou « La Voie Jackson » ce qui me rendit friand pour toujours des grandes épopées de haute-montagne, moi qui aie toujours eu une vie active proche du koala…

Pourtant un jour, ou plutôt une nuit, il m’arriva une aventure dont j’ai mesuré le sens au fil du temps. Je n’étais pas le pirate entouré de moussaillonnes endiablées à l’époque, dois-je le préciser. J’étais concentré sur un encrage long et difficile, embrumé dans mes fonds sonores habituels, quand par hasard je cognais du coude un gros dictionnaire posé là qui s’écrasa lourdement sur le sol. Surpris moi-même par le bruit sourd et conséquent, je continuais mon travail, mettant aux oubliettes cet épisode de la nuit.

Pourtant un moment après, mon sixième sens devina que quelque chose se passait. Au point que ma tête se tourna inconsciemment vers la porte de mon bureau qui était fermée habituellement. Mais là, je vis le loquet tourner lentement et le battant avancer. « Dououucement ».

Je me préparais à agir, à vrai dire je ne me souviens plus comment, quand j’aperçus derrière la porte de bois une tête blonde que je connaissais bien…

- C’est toi ma chérie ? Mais qu’est-ce que tu fais ?

Un balai à la main, elle avança dans la pièce, l’œil bleu terrorisé, soufflant comme ayant échappé à un péril certain.

- J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose. J’ai entendu un bruit énorme et j’ai cru que quelqu’un t’avait attaqué…

Je me souvenais du bruit, ce gros dictionnaire tombé sur les armes du moyen-âge. Elle avait imaginé mille choses, une prise d’otage dans mon bureau par des inconnus prêts à tout et elle était descendue à pas de velours jusqu’à cette porte derrière laquelle elle ne savait pas dans quel état elle allait me retrouver.

 Ce balai, cette inquiétude, ce courage, ce fut comme plus de mille mots d’amour jamais dit que j’enregistrais d’un seul coup et que je ressortirais plus tard, le moment venu. Ce que je fais dans tous mes moments de doute, mes manques d’inspiration ou de talent…

C’est beau la vie d’artiste, non ?


Jack Rackham


A ma moussaillonne ♥

mercredi 11 mai 2016

Harcèlement



J’essayais de me concentrer sur mon travail même si l’informatique a la particularité d’être à la fois le travail et la source de divertissement. Mais pas de double page ouverte sur d’autres sites à basculer en deux secondes vers les derniers résultats de football ou des pages de mode avec les derniers modèles de la haute-couture. Non, même si je jetais de temps en temps un œil vers la porte entr’ouverte, attendant un passage de « Sa Majesté » qui, comme le colosse à Rhodes, rodait.

Je sentais bien qu’elle  allait et venait comme tournant autour du pot de miel mais je restais dans mes clous. Une patronne de grand groupe aussi bien carrossée soit-elle, faut s’en méfier si on veut garder sa place longtemps en ménageant sa susceptibilité.

- Bradley (Ca c’est pour Orfeenix^^), vous pouvez m’apporter le dossier Sinclair, vous êtes un amour !

Un petit mot gentil par ci, un sourire de braise par là, je faisais le dos rond. J’étais habitué aux grands pontes aimant frayer avec le petit personnel mais je restais sur le qui-vive, on sait jamais.
Je rentrais dans le grand bureau qui m’impressionnait à chaque fois, une baie vitrée immense plongeant vers un panoramique géant de la capitale, en posant le dossier sur le bureau. Frôlant ma joue avec un sourire, elle alla se rasseoir en le lisant puis le fermant bruyamment me lança : « Qu’est-ce que vous faites ce soir ? ». Je souriais poliment ayant l’expérience de la situation et revenait rapidement à mon fauteuil confortable de secrétaire de la présidente. Mais elle me suivait aussi sec et se plaçait derrière moi, faisant semblant de lire quelque chose sur mon écran et soufflant dans mon cou une bonne odeur de femme mature ayant envie de quelque chose…

Je réalisais que les bureaux seraient bientôt déserts vu l’heure et qu’il fallait que j’use de ma diplomatie habituelle pour éviter un incident diplomatique qui pourrait nuire à ma carrière. Juste le temps pour moi qu’elle m’oublie un peu et passe à une autre cible de son entourage. Jean-Daniel le garde du corps, c’est peu dire, ou Salvatore le chef du personnel étaient passés par là et tout était revenu en ordre ensuite. Peut-être faudrait-il payer un peu de sa personne mais nul n’en saurait rien. Pas même Bonnie qui ne venait jamais au bureau, et heureusement car elle avait un inouï « Sixième Sens ».

Penchée au dessus de moi, ses cheveux longs et noirs balançaient sur mon épaule et je sentais ses odeurs conjuguées de rouge à lèvres et de transpiration. Faisant mine de me masser, elle approchait son visage près de ma joue puis tournant mon siège sur lui-même, elle me fit face puis m’embrassa longuement, me fourrant sa langue en la tournant lentement dans ma gorge.

J’étais tétanisé mais terriblement attiré vers cette femme dominatrice que je semblais redécouvrir. Elle recommença son baiser profond mais cette fois à l’envers, puis remonta sa jupe serrée sur ses cuisses comme pour me chevaucher. Elle s’était rendu compte de mon excitation car elle me caressait le pantalon de sa paume, sentant la promesse d’une belle fin d’après-midi…

Jack Rackham

PS : Juste un petit texte d’ambiance suite à l’actualité du moment sur les harcèlements et autres agressions sexuelles. Bien évidemment avérées quand une personne a du pouvoir et s’en sert, quel que soit son sexe et celui de sa victime, si non consentante bien entendu…^^

 Images 1 et 3 : Film Harcèlement, avec Demi Moore et Michaël Douglas. Image du milieu : Film avec Necar Zadegan. Vidéo ci-dessous France-télé avec A.S.Lapix, Fred Lopez...


vendredi 6 mai 2016

La Véritable histoire de Rackham le Rouge



Il est temps de raconter ma véritable histoire…car si certains anachronismes persistent au long de mes nombreux récits, j’ai réellement existé !

Je m’appelle Jack Rackham et c’est dans un album des aventures de Tintin qu’Hergé révéla au monde entier mon existence. Peut-être de manière un peu fantaisiste car on enjoliva un peu mon histoire en la mélangeant avec les aventures cinématographiques d’un certain Jack Sparrow, pirate bien connu dans les Caraïbes, mais qui utilisa avec culot mes armoiries personnelles : 2 sabres croisés surmontés d’une tête de mort !

Je fus aussi connu sous le sobriquet de Calicot Jack, à cause de mes vêtements très colorés et en coton grossier que j’avais l’habitude de  porter. J’étais déjà un marin qui sillonnait sur les mers de Jamaïque mais au service d’un autre Capitaine, Charles VANE (et non Charles Vanel !), en qualité de Maître timonier. Et ce pour la flotte britannique de sa majesté, sur un navire nommé Le Neptune.^^
Malheureusement, le commandant Vane refuse un jour le combat contre un navire français et je me mets à la tête de quelques mutins pour prendre possession du Neptune et continuer la prise.  Ce qui démarre une carrière de pirate et un premier butin. Pourtant le gouverneur du coin propose un arrangement et un pardon royal afin de soulager les eaux territoriales de tels pirates, et de nous dépouiller au passage d’une partie de nos butins. Grrr ! Mais cela nous sauve d’une condamnation à mort certaine, alors bon...

Nous nous installons après aux BAHAMAS et c’est là que je rencontre ANN BONNY dont je tombe amoureux, femme mariée à James Bonny, un autre pirate. Condamnée au fouet pour son adultère, elle s’enfuit avec moi sur Le Revenge et nous remontons un équipage. Là, Ann prend l’allure d’un homme en se travestissant, pour éviter des soucis avec les hommes en mer  et commence alors la légende de Jack Rackham et sa première femme-lieutenant…Je recrute alors sans le savoir une autre femme Mary READ, travestie elle-aussi, et elle tombe amoureuse rapidement de…Ann Bonny ! Ah ces femmes, j’vous jure !

Nous écumons alors les mers en long et en large, et faut dire que deux femmes ça coûte cher en butin malgré la bonne volonté des deux tigresses, prêtes à tout pour aider « leur » Jack le Pirate. Affaire du Capitaine du Royal QUEEN séduit par les bougresses qui servent à infiltrer le navire et annihiler la force de ses canons. Et celle du beau Capitaine…

Ah, ce fut la belle vie…jusqu’à ce jour d’octobre 1720 où le Capitaine BARNET et ses hommes nous capturent, suite à une soirée trop arrosée où les forces nous manquèrent. Et ce malgré la rage des deux lionnes Ann et Mary, furieuses contre les hommes ivres et me blessant même. Non mais ! 

Nous fûmes condamnés à mort et pendus le 17 novembre 1720, passant nos derniers instants dans la prison de Spanish Town. Les deux filles simulant dans un premier temps des grossesses, Mary meurt finalement d’une fausse couche en 1721 mais Ann fut graciée et nul ne sait comment elle finit sa vie, peut-être dans les bras d’un beau Capitaine ou d’une belle pirate à la peau douce ;)

Voilà, rien à voir donc avec François de Haddoque et ce secret de la Licorne, mais c’est bon de revenir par ici via un blog, pour y raconter sa vie et ses amours imaginaires…

A bientôt les amis !

Jack Rackham




De haut en bas :

Gravure de Jack Rackham.
Drapeau Rackham.
Extrait BD Hergé.
Couverture "Le Trésor de Rackham le Rouge.

dimanche 1 mai 2016

Un Garçon nommé Rita



Tout avait commencé par une diligence de province prise à l’improviste pour rejoindre un  amoureux transi mais de froid parti en Alaska. 

Rita était belle et pure et souriait à tout va de ses dents blanches comme tout passeport de voyage. Les quelques passagers qui l’accompagnaient étaient ravis de sa présence, hormis madame Smith qui connaissait bien son mari et sa fidélité légendaire, malheureusement. Les autres étaient plongés dans le décolleté de la fille comme une lecture de vacances rafraichissante. Le conducteur lui, avait multiplié les arrêts durant le trajet pour lui faire la conversation et essayer d’attirer ses faveurs. Et le voyage se passa bien jusqu’à ce que…

Les bandits semblèrent surgir de nulle part durant la pause café à Vancouver. Leurs foulards les rendaient méconnaissables et ils dépouillèrent illico tous les passagers de leurs objets de valeur. Sauf Rita qui pouvait tout garder, hormis un « petit trésor » dont ils parlaient à voix basse en rigolant.  

Ce qui devait arriver arriva et ils emmenèrent la pauvre Rita derrière un grand buisson pour assouvir de vils instincts sauvages. Chacun des huit hommes masqués la prit à tour de rôle pour la violer sous le regard horrifié (mais curieux) des autres voyageurs. Des hurlements résonnèrent dans toute la vallée, c’est qu’elle avait un bel organe la demoiselle ! Ce qui du alerter sans doute les indiens des environs car rapidement des volées de flèches criblèrent le camp, tuant tous ces bandits bien misérables.

Mais ce ne fut pas fini pour notre belle Rita qui subit alors les assauts virils de toute la tribu. Mais elle pensait si fort à son amour perdu en Alaska qu’elle surmonta toutes ces perversités sexuelles sans broncher ou presque, quelques-uns des indiens étant sacrément bien montés, c’est vrai…(Sourire)

Bref, la cavalerie toujours en retard arriva finalement et pu enfin ramener Rita auprès de son fiancé. Elle accoucha 9 mois plus tard d’un beau petit garçon qu’elle appela Rita, comme elle, promesse faite à elle-même pendant toutes ces moments d’intimité impromptues. 

« Fallait bien que je m’occupe pendant que tous ces types me bisouillaient le coquelicot…» (Détartrer la cafetière est pas mal aussi) « Et puis, y’a bien des hommes qui ont appelé leur fils comme eux, non ? »

Le petit Rita devint grand et même un beau cowboy, et nul ne sait s’il préférait les filles ou les garçons. Mais ça, c’est une autre histoire…


Jack Rackham

PS : Cette histoire en hommage à AL CRANE, une BD de Alexis et Lauzier qui parodiaient les grands thèmes des westerns avec des histoires encore plus tordues que la mienne…^^




Photos, de haut en bas 
Rita Hayworth.
Alexis (dessin)
Jean Dujardin.
Al Crane (album BD)