mardi 11 avril 2017

EcriRatures

Ca fait longtemps que je ne suis pas venu par ici, quelques mois tout au plus mais l’impression d’une éternité. Les mots ne m’ont pas manqué, car j’écris ailleurs sous d’autres cieux d’autres histoires, ne passant par là que pour saluer mes mouettes et moussaillonnes, celles dont j’étais épris car il est grand le cœur d’un capitaine. Comme un grand artichaut parfois.

Le souffle est là, le tricorne est embusqué, prenant le vent de face et je laisse couler les mots aiguisés par d’autres aventures. D’autres univers passionnants.

Je barre et je rature, je n’ai plus l’habitude de ce pont  glissant au bois de savonnette. Je lève le nez en l’air pour donner corps aux sourires et aux âmes. Quelques coups de rames m’ont fait trembler les doigts mais je réajuste mon fauteuil géo-variable, je tiens le bon bout de mon inspiration.

Je mets aussi quelques javanaises pour le plaisir, d’autres vents que j’ai eu de vous.

Je rature encore, c’étaient juste quelques mots pour dire bonjour…


Besos ♥


Jack le pirate

Oui, c'était le jour anniversaire du blog...

vendredi 25 novembre 2016

La Femme imaginée



La feuille blanche est là qui me nargue comme une effrontée et je rentre la tête dans les épaules, froissant l’arrière de mon tricorne et ma vanité. Les idées sont notées, le chemin de fer siffle à mes oreilles comme une bouilloire vivante, je tiens le corps du récit comme une sacripande et je fais glisser mes doigts cornus plein de chatouilles maladroites pour faire frétiller la sirène de mes mots coincés quelque part entre les méandres de ma trouille inavouée.

Soudain, je sens un souffle ami sur ma joue hirsute, grelotant de l’insolitude agréée et je romps aussitôt ce vœu de silence inconscient lâchant les flots d’inspiration contenue tel un réservoir renversé à grands flots dans un jardin de bonne terre…

Elle m’a apaisé et je la regarde par-dessus mon épaule, esquissant quelques traits d’abord, la prenant pour modèle telle une muse de mon talent enfui puis retrouvé. Ma main glisse sur les contours de sa forme, intelligente et belle comme une œuvre complète, originale et hors du commun.

Le dessin est à sa gloire, je la regarde encore un peu, pour m’en régaler sans la consommer ou la déranger. L’instant d’un clignement d’yeux pour mieux la graver dans ma mémoire.

La femme imaginée..


samedi 8 octobre 2016

Sept pour l'Eternité





Le photographe s’impatiente depuis un moment, « snappant » dans ses doigts ou jetant un chapeau en l’air pour attirer leur attention, mais rien n'y fait. Les sept bougres sont ailleurs, discutant de leurs parties de cartes ou leurs histoires d’amour, ou encore de leurs prochains films.
Tant pis pour James, Brad, Steve, Yul, Horst, Robert et Charles, ils seront comme ils seront. C'est à dire beaux et héroïques, presque légendaires…

Photo…foushh !!

*

Cette photo commémorative de 1960, pour la sortie du remake 2016 des Sept mercenaires d’Antoine Fuqua. Et malgré la présence de Denzel Washington et Ethan Hawke entres autres, comment espérer un succès équivalent à celui de 1960 sans la musique d’Elmer Bernstein ?    Hum ? ^^

Jack Rackham

PS : Pas beaucoup de billets en ce moment sur mon blog, car j’ai d’autres trucs sur le feu…Besos à tous (et toutes) et à tout bientôt pour des textes inédits


mardi 30 août 2016

Incipit



Incipit.

Premiers mots, première phrase d’une œuvre chantée ou écrite, un « Incipit » vient du verbe latin « incipere » voulant dire « commencer ». Il sert à introduire un texte pour donner envie d’aller plus loin. L’incipit peut s’étendre à plusieurs phrases ou paragraphes. A contrario, l’ « Explicit », conclue, termine, ferme un chapitre ou une histoire…

Le but de l’incipit est d’annoncer, de donner envie, d’informer sur des détails marquants afin de tenir le public pour ne plus le lâcher.

Ce mot magique est connu de tous les auteurs qui connaissent les échantillons d « incipit » les plus célèbres. Quelques exemples :

Anna Karénine, de Tolstoï (1877)
« Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. »

Du côté de chez Swann, de Proust (1913)
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

L’étranger, de Camus (1942)
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

La Gloire de mon père, de Pagnol (1957)
« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. »

La Métamorphose, de Kafka (1915)
« Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en véritable vermine. »

Moby Dick, de Melville (1851)
« Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela- peu importe combien exactement- comme j’avais la bourse vide, ou presque, et que rien d’intéressant ne me retenait à terre, l’idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Orgueil et Préjugés, de Jane Austen (1796/1813)
« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier. »

La Promesse de l’Aube, de Romain Gary (1960)
« C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. »

Etc.

Et vous, quels sont vos incipits préférés ?

*
Mémo : Ce blog Rackham Le Rouge avait commencé par un texte de ce genre, L'île au Trésor, et j’eus droit à ce premier commentaire : « Formidable cet incipit de blog ! »
Comme quoi…

Pourtant, et je sais bien que ce n’est pas un incipit, Stephen King a écrit quelque part une phrase qui m’a toujours donné envie d’être un auteur :

« On a tous besoin de croire en quelque chose, et moi je crois que je vais prendre une autre bière. » 

Besos

Jack Rackham


                                           Image du film "The Lady" de Luc Besson.

mardi 19 juillet 2016

Le Magicien d'Oz



Dans l’univers du temps qui passe, il y a quelques planètes où vivent des êtres qui entre les courses de goélettes habitées et les vols de mouettes, ont inventé l’art du cinéma. Quelques pellicules et bobines avant l’heure du numérique, les séquences se sont fixées pour raconter des aventures réelles ou imaginaires,  l’été caniculaire donnant illusion du temps arrêté propice aux rêves ainsi immortalisés.

Le Magicien d’Oz est venu un jour sur le pont d’un Capitaine, premier grand film d’un chapelet de perles vivantes. L’histoire d’un petit chien Toto qui sans le vouloir va entrainer sa jeune maîtresse dans un tourbillon de péripéties...

Dorothy Carter vit dans le Kansas chez sa tante Olympe et son oncle Henry qui travaillent à la ferme. La vie est déjà difficile, même s’ils sont aidés par trois ouvriers agricoles, mais c’est sans compter sur la méchante et riche voisine Miss Gale (Attention, ce sont les noms de la version française) qui veut emprisonner Toto et les tornades qui compliquent leur quotidien. La jeune fille se sentant mal comprise s’enfuit avec son chien et rencontre sur la route le professeur Marvel, un saltimbanque magicien qui la persuade bientôt de rentrer à la maison. Sur le chemin du retour, il y a malheureusement une tornade qui empêche les retrouvailles avec les gens de la ferme, enfermés dans une cave prévue à cet effet. C’est là que rentrant se protéger dans la maison, Dorothy reçoit une fenêtre sur la tête et se met à rêver. La maison est emportée dans les tourbillons et elle y croise plein de choses dont la satanique Miss Gale qui prend soudain l’apparence d’une sorcière sur son balai et pousse un cri, partant en trombe vers le ciel. Puis la maison commence à redescendre en piquet et on craint le pire pour la jeune fille. Mais l’atterrissage a réussi et Dorothy ouvre alors la porte sur un autre monde…
 
Aparté : Jusque là on était en bichromie ocre (ou noir et blanc) et le film passe en couleurs, ce qui rend la séquence encore plus extraordinaire. Puis on va découvrir plus loin que tous les personnages du film vont apparaitre sous une autre tunique, à commencer par la sorcière de l’Ouest, transfiguration de miss Gale avec une peau verte horrible. A noter que tous ces éléments du scénario ne font pas partie du livre original éponyme adapté de L. Frank Baum, finalement assez banal.

Dorothy rencontre Linda la fée qui arrive dans une bulle volante et lui explique son rôle.  Et que sa maison a tué la sorcière de l’Est (dont elle héritera des souliers magiques un peu plus loin) en s’écrasant. Elle fait connaissance d’un petit peuple (les Microsiens) puis se confronte avec la sorcière de l’Ouest, sœur de celle de l’Est. Qui s’en va dans un tourbillon de fumée et d’éclairs, menaçante de représailles terribles. Mais Dorothy doit suivre son chemin pour retrouver son pays via le Magicien d’Oz, le fameux chemin de « briques jaunes », sous l’ovation conjointe de tous les Microsiens.

Sur la route, elle rencontre successivement l’Homme de paille, l’Homme de fer puis le Lion, ressemblant étrangement aux trois valets de ferme du Kansas. C’est ainsi que les 4 amis accompagnés toujours du chien toto vivront de palpitantes aventures semées d’embûches dues à la vilaine sorcière de l’Ouest dont il leur faudra récupérer le fameux manche à balai pour espérer que le Magicien exauce leurs vœux les plus chers et que Dorothy retrouve le chemin de sa maison et sa famille…

Vous laissant le soin de découvrir par vous-même le film original et complet ainsi que la fin, ce qui est bien naturel pour un amateur aguerri de cinéma !

Bon film ♥

*
 Ce film (une comédie musicale pour enfants)
de 98 minutes sorti en 1939 par la Metro-Goldwyn-Mayer ne fut pas simple à réaliser, ayant vu passer successivement Richard Thorpe, George Cukor, Mervyn LeRoy (également le producteur), King Vidor et surtout Victor Fleming qui signa le film, sortant la même année un autre monument du Cinéma : Autant en emporte le Vent.
 
Ses acteurs principaux furent Judy Garland (Dorothy), Frank Morgan (Oz/Marvel), Ray Bolger (L’épouvantail) ainsi que Margaret Hamilton, la fameuse sorcière de l’Ouest !

NB : Je vis ce film pour la première fois à 7 ans, après une opération des yeux qui décupla mon envie de voir le monde en couleur, d’autant que ce fut sur le premier poste de télé acquis par mes parents qui était…en noir et blanc ! 

Ah la force de l’imagination d’un enfant…^^


Jack Rackham


Ci-contre : Judy Garland chantant
"Over the Rainbow". ♫♪

jeudi 30 juin 2016

La Crique de laTête de Mort



Enfin ! On a réussi à trouver un petit coin tranquille pour garer le Poséidon. Juste à deux pas à vol de mouette du bar-restaurant de Liza qui continue de faire nos repas du midi. Le soir est réservé aux jeux de cartes, au rhum coulant à flot, aux visites des moussaillonnes ou des moussaillons.

L’endroit est discret, prolongement d’un bras de mer furtif, car nous ne pouvions pas continuer à le laisser à quai au vu et su de toute la contrée. Les réserves à bord ne risquant plus rien, nous pouvons engranger tonneaux et victuailles à volonté. Les hommes ont même installé des hamacs un peu partout sur le pont pendant l’été, sans risquer des attentats à la pudeur dénoncés par des puritains ou des jaloux.

Liza vient même de temps en en temps nous rendre visite en voisine. Elle donne des idées à Bosco pour la décoration, qui profite de ses conseils goulûment, même si je crois qu’il en est un peu amoureux. Il lui offre souvent des tartes aux fraises qu’elle mange avec plaisir devant lui en léchant copieusement ses doigts, genre à réveiller un mort abstinent depuis la saint glin-glin. C'est pour lui faire plaisir ! J’attends un peu pour le mettre au parfum de notre relation secrète car c’est un gros sensible, non mais…

Quelques matelots ont d’ailleurs taillé les roches environnantes sous ses ordres  pour donner un air de pirate à l’endroit. C’est beau et ça y fait tout à fait penser :

« La Crique de la Tête de Mort ».

C’est un nom qui a de la gueule, vous ne trouvez-pas ?

Jack Rackham

PS : L’été, c’est le moment où même les mouettes se reposent. Et même votre serviteur…