mardi 2 février 2016

Allison DuBois, une "Serial" devineuse !



Tout commence par une série télévisée et quelques épisodes vus sur M6, alias Métropole 6, une chaîne française spécialisée alors dans les séries fantastiques, principalement américaines. MEDIUM…

Rendez-vous est pris au rythme des diffusions et rediffusions et le coup de cœur est tel que je commence à tout potasser sur cette série, les sites internet florissant et les articles se multipliant sur le sujet, la vie du célèbre médium international Allison DuBois. Avec un B majuscule au milieu du nom, pour bien montrer sa différence et son origine sans doute française pour un nom très « Moyen-âge ».

Le temps de voir ou revoir tous les épisodes dans l’ordre des trois premières saisons que bientôt sortent en langue française les deux premiers livres traduits de l’américain du vrai médium : NOS  PROCHES NE MEURENT JAMAIS et NOUS SOMMES LEUR PARADIS, par Allison DuBois, titres évocateurs, que j’achète immédiatement et dévore avec passion.

Il ne m’a jamais effleuré l’idée d’une quelconque supercherie, on évoque bien depuis la nuit des temps des religions qui parlent de résurrection, de Dieu invisible et rédempteur, de Vierge qui met au monde un enfant sans avoir commis un péché bien naturel…^^ 

L’actrice principale est bien jolie, Patricia Arquette, mais je découvre aussi la « vraie » Allison, tout aussi séduisante et auteur des livres, qui a largement contribué au succès télévisé en étayant de sa propre vie les scénarios de la série. Car tout vient de sa propre histoire, depuis qu’à l’âge de 6 ans où son grand-père fraîchement décédé lui apparait et lui demande de dire à sa mère que « Tout va bien ». Comme un messager de l’espoir et du temps, faisant tomber le tabou de la mort même si il faudra plusieurs années à la petite fille pour canaliser son don de voyance et ses conversations avec les morts. Un peu comme dans « Sixième Sens » le film, si vous voyez le concept.

130 épisodes s’étalèrent de 2005 à 2011 au cours de 7 saisons, diffusés à l’origine sur la chaîne américaine NBC puis passant en 2009 sur CBS, racontant la vie d’Allison et sa famille. Son mari Joë avait pris les traits de Jake Weber et ses filles ceux de Sofia Vassilieva (Ariel),  Maria Lark (Bridget) et Miranda/Madison Carabello, (Marie). Prénoms fictifs pour préserver la vie des vrais personnages…

Un beau casting avec Miguel Sandoval (le Procureur Devalos), David Cubitt (le détective Scanlon) et aussi Kathy Baker, Arliss Howard, Neve Campbell, Jason Priestley, Kelly Preston, et Angelica Huston, entre autres. 

Série s’arrêtant en pleine gloire, il y aura sans doute matière à revenir à la médiumnité via Bridget, la fille imaginaire. Mais ça, c’est une autre histoire…

Jack Rackham

PS : Un lien bien utile sur les secrets de la sérieMedium et la vie d’Allison aujourd’hui.

 

Et aussi le lien vers la page Facebook d’Allison DuBois, pour la sortie de son cinquième livre « INTO THE DARK » !



jeudi 21 janvier 2016

La Pharmacienne



Le tintement cristallin brisa à nouveau le silence qui s’était installé dans le magasin.  

L’homme prit place derrière la file de personnes qui attendaient leur tour et marqua son arrivée d’un raclement de gorge, net et court. Il n’était ni grand ni beau mais planté sur ses jambes, sûr de lui et regardait vers la pharmacienne d ‘un œil franc et direct. Rien ne les reliait particulièrement, sinon la proximité de l’établissement de la maison familiale. 

Elle se tourna et leva discrètement le nez, mâchonnant un bonjour inaudible. Beaucoup de gens entraient et sortaient de l’endroit et machinalement, elle enregistra sa présence telle une physionomiste professionnelle. Son eau de toilette lui plaisait bien, chose inhabituelle chez la clientèle plutôt habituée à utiliser de l’eau de Cologne basique, virant dès les premières chaleurs de la matinée et obligeant le personnel à une omerta nasale automatique.

Sa chevelure brune et son port de tête fit qu’il la trouva différente. Les autres employées allant et venant n’ayant aucun attrait à ses yeux. Son tour approchait et il pria d’être servi par cette femme dont il essayait de deviner le prénom. Un jeu de regards imperceptible avec une collègue et miracle de la loterie des files d’attentes, il la trouva devant lui, charmante et digne, telle la vraie patronne du magasin et attendant sa demande.

Elle alla chercher les médicaments commandés selon les prescriptions du médecin, et le papier froissé dans la main, elle allait telle une aventurière à l’intérieur du dédale d’étagères et boîtes en tous genres qui constituaient un vrai labyrinthe. Se regardant  alors par-dessus un tiroir ouvert, leurs yeux se croisèrent et ils furent troublés comme si un secret commun venait de les lier. 

L’œil clair et franc, elle s’avança vers le comptoir et ils échangèrent quelques politesses qui furent noyés dans un brouillard nappé de confusions et de bredouillements mutuels. 

Au moment de partir, il la sentit regardant ses talons et il tenta une œillade perpendiculaire au sortir du magasin, comme image volée pour l’album virtuel de ses pensées. Bien rangée pour mieux en profiter seul, telle une gourmandise secrète.

Puis il revint un peu plus tard, et la retrouva intacte comme si les jours s’étaient arrêtés de passer. La magie opérait toujours mais ils ne s’étonnaient de rien, ne se demandant même s’ils pouvaient partager simultanément cette impression.

La pharmacie devint comme un lieu de mystère hors du temps et au fil des ordonnances, ils répétèrent le bal de leurs espérances, se demandant jusqu’à quand cela continuerait.

Une fois pourtant, il comprit un jeu de rires entre les employées, comme si la belle avait parlé de quelque chose qui était trop lourd à garder sur son cœur. Son regard noir d’un courroux sans pitié fut tel que le ciel s’assombrit et fit taire aussitôt toutes les pipelettes à quolibets.

Un soir s’approchant de la fermeture, il passa juste pour la voir. Ils étaient seuls pour la première fois et c’est machinalement qu’elle actionna le rideau de fer. Il la prit dans ses bras et l’embrassa, comme jamais il ne l’avait rêvé. Elle le regardait droit dans les yeux et dégagea le plateau d’un comptoir comme pour mieux l’inviter.

Sa peau était douce et le corps de l’homme se fit pressant. Elle caressait sa barbe et il remonta sur lui les jambes de Virginie, comme pour mieux la connaitre.


Doucement, il rentrait dans sa vie… 






Photo du bas : Linda Fiorentino.

lundi 11 janvier 2016

Tornado



Le grain nous avait surpris en pleine nuit, vers les trois heures du mat’ après la fin d’une partie de poker endiablée où Bosco avait perdu jusqu’à sa chemise et l’équivalant d’une vie de tarte aux fraises, ce qui me laisserait tranquille un bon bout de temps, même si la vie entière c’est surtout long vers la fin.

Sans se concerter, et heureusement car on n’entendait plus rien avec le raffut du vent et de la pluie, les hommes œuvraient à la survie et à la flottaison du Poséidon qui était secoué comme une coquille de noix vide sur un océan d’eaux hurlantes. Les regards se partageaient à la sauvette et les gueules prenaient des rictus effrayants comme ceux que peignaient les plus grands peintres classiques, à croire que Michel-Ange avait servi de mousse maritime dans sa jeunesse. 

La fureur de la mer associée au fouet des vagues semblait sans fin et le temps s’arrêta soudain, faisant effet comme dans les cabines de spationautes ou les films de Jim Carrey imitant le frappeur de base-ball au ralenti. Nous ne connaitrions sans doute jamais ce temps futur au train où l’équipage écopait l’eau, même si ce n’était qu’une image. Ce temps stoppé dans sa marche donnait de drôles de tableaux dans les cabines, avec les cantinières dévoilant leurs dessous et venant se mettre sur le nez de quelques matelots, partagés entre l’excitation de la moussaillonne consentante et la peur de mourir. 

Les pièces d’or volaient hors des bourses en enchainant des chapelets de belles fortunes et les cartes aux trésors montraient leurs parcours secrets dévoilant pièges et astuces. Les piles de vaisselle semblaient suspendues entre deux rangements avant de se fracasser tout doucement comme pour narguer le sort. De mon côté, je guettais dans le ciel noir tourbillonnant une sorcière sur un vélo magique, telle miss Gulch du Magicien d’Oz. Mais c’était une autre petite sorcière, au cœur d’or, venant prendre nouvelles de son Capitaine préféré et tournoyant au dessus du bateau… ^^

Puis le temps reprit subitement et le tonnerre de Brest s’arrêta, avec les déchainements de toutes sortes et la valse des eaux montant et descendant, un bruit sourd suivi d’un grand silence annonçant la fin des intempéries. Chacun échangea un petit sourire avec les autres, heureux d’être sains et saufs, même s’ils ne connaitraient jamais le temps des spationautes, de Jim Carrey ou de Dorothy Gale. Dommage !

Chacun retrouvait son équilibre, sa prestance et sa dignité, même la cuisinière chevauchant au hasard d’un soubresaut temporel un beau matelot ravi de l’occasion. Et les dégâts n’étaient pas si importants, hormis la chaloupe de secours qui avait été pulvérisée contre le flanc du Poséidon, solide comme l’acier.  

Rejoignant la première côte, on se mit à l’ouvrage pour en construire une nouvelle, plus solide, plus grande, plus résistante…



 
De quel nom fut-elle baptisée, déjà ? 

Jack Rackham 




Deuxième image ;
Le Magicien d'OZ,
avec Margaret Hamilton (Miss Gulch/Sorcière)
et Judy Garland (Dorothy Gale).

lundi 4 janvier 2016

Que Marianne était Jolie



Marianne avait quelques rides aux coins des yeux, mais cela lui donnait le charme de la maturité épanouie. De fines jambes montaient jusqu’à son ventre plat et nul n’aurait pu deviner qu’elle avait enfanté cinq fois, la clope rebelle aux doigts et un grand chapeau à rebord frontal qui lui donnant l’air d’une révolutionnaire française d’époque. 

Elle avait entendu un bruit sur le balcon et scrutait les toits de Paris derrière son appartement bien haut perché. La rue tout en bas semblait ignorer la femme distraite sortie en porte-jarretelles et sous-vêtements, sûre quand même de son élégance et de sa beauté.

La moue rieuse, elle chantonnait cet air qui ne la quittait pas depuis ce matin : « Ça ira, ça ira…» Comme un pied de nez à la monarchie, toujours bien présente dans la Capitale par les vestiges de ses monuments et lieux historiques, si bien conservés comme pour narguer en retour la République. 

Marianne rentra dans le séjour pour s’asseoir près du piano, tapotant quelques notes nonchalamment, l’air innocent, oubliant le vent qui faisait s’envoler les cinq pans de ses dentelles, comme les républiques, elle continuait de chanter... ♫♪♪

 
« Elle est née dans le Paris 1790
Comme une rose épanouie
Au jardin des fleurs de lys.
Marianne a cinq enfants
Qu'elle élève de son mieux
Marianne a maintenant
Quelques rides au coin des yeux.

Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle marchait dans les rues de Paris
En chantant à pleine voix :
"Ça ira ça ira... toute la vie."
Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle embrasait le cœur de Paris
En criant dessus les toits :
"Ça ira ! Ça ira ! Toute la vie."
Il n'y a pas si longtemps
Que l'on se battait pour elle
On a connu des printemps
Qui brillaient sous son soleil.
Marianne a cinq enfants,
Quatre fils qu'elle a perdus
Le cinquième à présent
Qu'elle ne reconnaît plus.

Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle marchait dans les rues de Paris
En chantant à pleine voix :
"Ça ira ça ira... toute la vie."
Dieu ! Mais que Marianne était jolie
Quand elle embrasait le coeur de Paris
En criant dessus les toits :
"Ça ira ! Ça ira ! Toute la vie.

Michel Delpech. » 

Contrairement aux chanteurs, les chansons ne meurent jamais…

Jack Rackham



PS : Une actualité rattrape l’autre, car il y a près d’un an avaient lieu les attentats de Charlie-Hebdo, Montrouge et de l’hyper casher à Paris. Voici la couverture du prochain numéro spécial qui sortira mercredi :

jeudi 31 décembre 2015

Les Joyeux glands



Quelques jeunes qui posent sur une photo tout juste assez grande pour leur laisser la place de respirer. Les garçons se poussent, se pincent, et les filles ouvrent des grands yeux en se tripotant les  cils, chacun faisant comme si l’instant était crucial pour le reste de sa vie, immortalisant à jamais cette part intime d’eux-mêmes.

Le nouvel an approchant vient d’ouvrir une porte secrète dans mon cœur. Celle de mes jeunes années d’étudiant,  parachuté dans la nature à l’autre bout du monde par des parents inconscients et ignorants de la valeur réelle des études. J’avais quand même choisi quelque chose dans mes cordes, les beaux-arts s’approchant le plus de « Bande dessinée », et m’étais retrouvé propulsé dans l’aventure avec quelques autres camarades de lycée. Et il faut croire que loin de chez soi, on est si content de reconnaitre quelqu’un qu’on fait tout pour ne pas le lâcher et qu’il devient presque votre meilleur ami. ^^

Là, on s’était regroupé en bande et on avait pris de nouvelles habitudes, comme dans une communauté hippie située en cité universitaire, et on avait une excuse : 1980 n’avait pas encore pointé son nez, et Jimi Hendrix et Janis Joplin venaient à peine de mourir. On écoutait les Beatles et les Stones mais aussi la musique planante des groupes Génésis, Yès, Caravan, Pink Floyd ou rock comme Deep Purple, ACDC, Téléphone, et même les Clash ! Moments de sérénité aussi avec Léonard Cohen, Kate Bush ou Graeme Alwright. Sans oublier Brel, Lavilliers, Renaud, Patti Smith…On avait un peu zappé le Disco mais bon, on n’écoutait pas n’importe quoi !

Il y avait une bonne ambiance et on avait des coutumes, comme une petite famille, ayant l’habitude de manger ensemble le soir ou prévenant les autres en cas d’absence. Le thé à la mûre ou les saucisses au chou auront toujours un souvenir particulier pour moi... 

La politique n’avait pas beaucoup de place dans nos relations, malgré une tendance générale très gauchiste. Souvenir d’une manif perché sur les épaules du plus costaud, contraint de soutenir Mandela…Mais qui c’est ce type ? ^^

Et puis les concours de ping-pong en CU, les ateliers gravure ou dessin interminables où tout le monde se prenait pour Crespin (Marseil- Metal hurlant), les opérations « emprunts » Cassettes/BD/bouquins à l’hypermarché du coin, les soirées « volutes du Maroc » sur Caravan où je fus tellement malade et convaincu ensuite que la bière et le vin étaient meilleurs pour moi ! 

Puis la participation au tournoi de sixte de football d’un village local où on avait confectionné nous même des tee-shirts avec un titre cinglant : Les JOYEUX GLANDS !!! Et le speaker du stade ayant du mal à le lire, répétant plusieurs fois dans la sono : Les Joyeux…OranGinas ! On fut battu de justesse au deuxième tour, mais ce fut notre moment de gloire dont il reste quelques photos mais que je ne montrerais à personne, pour rien au monde...

Et les nanas bien sûr…On en avait quelques unes mais comme on dit pour les cigarettes, on avait du mal à les fumer nous même. Quelquefois, après une longue soirée, il arrivait qu'on s'endorme tous ensemble, oubliant l'heure et le temps, passant la nuit plein de rêves inassouvis mais rassuré de ces présences alentours, heureux.

Le temps a passé et a fait son œuvre. Je n’en ai revu que quelques uns de ces « Joyeux glands », d’autres ont disparu de la circulation, et certains pour toujours…C’était une autre époque, sans portable et sans ordi, on était jeunes, presque beaux, on était immortels et on emmerdait le monde!

Un jour, longtemps après, je faisais un long voyage en train vers l'Est pour aller dans un festival de BD car j’avais réussi à en faire mon métier. Il y avait avec moi un autre dessinateur, avec qui je discutais durant tout le trajet comme avec un vieux copain. Je l’avais même saoulé de tant de paroles qu’il me demandait un petit break avant d’arriver, histoire de se reposer un peu les neurones. 

C’était Michel Crespin, de Métal hurlant…


Jack Rackham

A Didier, Frédéric, Jean-Marie, Valérie, Evelyne, Sylvain, Pascal, Guy...


 S’il y a un groupe qui nous symbolisait, ce fut bien Téléphone, que nous avions tous vu en concert en 1980. Je me souviens d’une chanson dont nous avions changé les paroles en « Putain, ma roue ! » mais je n’ai jamais retrouvé laquelle…^^