mardi 9 avril 2019

La La Land ♫♪♪



La La Land ♫♪ comme un air de musique fredonné, sorti de l’imagination du réalisateur franco-américain Damien Chazelle et de l’auteur-compositeur Justin Hurwitz…

La la Land, comme le quartier d’Hollywood situé à Los Angeles (L.A.) et aussi le symbole d’une manière de vivre un peu décalée…

Mia et Sébastian (interprétés par Emma Stone et Ryan Gosling) se rencontrent par hasard en ville, elle travaillant pour une cafétéria de studios de Cinéma, lui jouant du piano dans des clubs pour gagner sa vie. Elle a pour rêve de devenir une grande actrice, lui de faire du jazz dans son propre cabaret. On suit le récit de leur progression et leur amitié amoureuse à travers des numéros musicaux, dignes des grandes comédies américaines ou françaises. Les numéros sont colorés et suivant le rythme de l’histoire, alternent les mélodies nostalgiques et les airs toniques.

Introduisant le film par une scène d’anthologie dans les embouteillages de L.A., Another Day of Sun donne toute sa force à cette histoire dont le corps suit les déclinaisons de City of Stars, une mélodie plus douce aux variations subtiles d’un morceau à l’autre. On suit les auditions improductives de Mia et la montée professionnelle de Sébastian à travers un groupe Rock. Entre deux, les amants se retrouvent mais bientôt séparés par leurs ambitions différentes. Le One-woman-Show étant plus difficile à imposer que la tournée en tant que pianiste du groupe de Sébastian ^^

Tout finira bien pour eux même si la vie et le succès les séparent, comme s’ils ne pouvaient pas réussir ensemble...Belle scène de flash-back imaginaire où ils se voient en couple avec un enfant dans de vieilles images jaunies d’un film d’une autre époque.

Entre deux scènes de danse aux claquements de doigts qui rythment la musique ou aux talons qui claquent sur le sol pour montrer que c’est vrai, on voit les endroits marquants de Los Angeles tel l’Observatoire de Griffith, mais aussi des vues de Paris qui rappellent la France et un certain Jacques Demy et ses Demoiselles de Rochefort…

Une comédie musicale incontournable, au même titre que Chantons sous la pluie ou Un Américain à Paris, à voir absolument ! Jack Rackham


*
Sorti en 2016, La La Land a raflé 14 nominations aux Oscars, dont 6 statuettes, et 7 Golden Globes, avec Emma Stone faisant le doublé au titre de la meilleure actrice. Le charme de ses grands yeux et sa performance de danse donnant une haute réplique à Ryan Gosling, plus discret à la manière d’un James Stewart, le second rôle masculin idéal.


lundi 1 avril 2019

Un Grain de Beauté


Son cœur est gros, son corps est grand, sa passion déferle entre les deux comme la tempête fait place au beau temps pour souffler un peu. Elle fait semblant de sourire, comme un faux air d’ambassadrice à la peau métissée, une Mona Lisa orientale qui prendrait ses aises de sortir de son tableau à l’occasion…

Un œil noir et doux regarde son amour loin au-delà des mers, comme les chats à travers les murs des maisons ou les barreaux de prison. Mais la fille est trop bonne et sa douceur de peau transparait dans ses intentions. Son pardon est déjà envoyé, le bourreau peut faire son office et la canaille sa trahison.

L’histoire est plus banale, un retard de calèche puis de goélette, les mouettes ont menti…

- J’ai eu peur de vous, Capitaine. Du moins de vos intentions.

- Je ne suis pas une buse, j’ai glissé sur le pavé mouillé, j’ai pris une vraie gamelle…

- Vous boitiez déjà, peut-être la jambe de bois ?

- Je n’aurais de bois que mon cercueil. Quand je pense à vous, ça me donne des ailes mais mon pas est lourd de mon désir.

- Vous me remplissez le cœur et de promesses ; mon esprit se trouble, je suis toute ouïe de vous.

- Approchez-vous que je vous cajole. Je vois vos yeux humides, mais j’aurais toujours un mouchoir pour vous.

- Je suis sotte d’avoir douté de vous, venez que je vous câline, je ne suis pas farouche.

- Votre peau est de pêche, votre cou me tente que je le caresse. Je suis fou de vous.  

- Embrassez-moi, votre chair burinée me parle bien. Mes pigments sont embrasés…

Le Capitaine lisse les beaux cheveux noirs de la fille, qui se détend et se presse contre lui. Elle semble perdre la tête quand il frôle doucement ses cuisses puis plus fermement pour lui montrer son amour. Ses doigts touchent ses lèvres puis tournent autour de sa bouche. Elle sourit en louchant un peu.

Le ciel a noirci, on annonce un grain.  Elle rougit...

JACK RACKHAM


Photo : Necar ZADEGAN. Actrice et mannequin germano-américaine d’origine iranienne née en 1982, elle se spécialise peu à peu dans les séries télé et se fait connaitre au niveau international grâce à un rôle important dans la série 24 Heures Chrono. (2010)

vendredi 22 mars 2019

La Comédie des Femmes



Je ne sais si c’est le temps doux imprévu pour la saison, ou le contrecoup du déménagement, mais j’avais envie de me replonger dans l’univers bienveillant de ma prime jeunesse ou celui de la veuve Sanders et ses filles chaleureuses ; toujours prêtes à toutes les aventures et fantaisies, car intrépides pour jouer des bons tours, faire des galipettes ou imaginer tous les scénarios : J’avais terriblement envie de refaire du théâtre !

J’avais fait disposer le Poséidon tribord face à la mer, c'est-à-dire pouvant simuler une scène et dont les cabines à proximité remplaceraient les loges et autres accessits pour y préparer une pièce. Les Femmes Savantes avait remporté tous les suffrages à l’unanimité de ma décision unique, puis Bosco avait envoyé les invitations pour la distribution des rôles. On attendait donc l’arrivée des demoiselles par tous les trains et nacelles disponibles, et le plancher sentait déjà bon l’atmosphère de la comédie…

Comme dans un rêve, je retrouvais les odeurs de maquillage et de talc, les voix sonnaient fort et les répétitions purent commencer rapidement. On aurait dit qu’elles n’attendaient que ça, Angélica, Diane et Sharon. Mais aussi Scarlett, Anne et Emma, et aussi Juliette, Naomi et SaraElizabeth arriva par bateau, en guest-star avec Gigi.

Le bois résonnait à chaque pas, le vent tendait parfois les toiles mais ça humait bon le théâtre et les comédiennes. Et je m’en nourrissais goulûment les yeux et les oreilles :

Angélica était bien plantée, là au milieu de la loge principale, représentant la femme d’expérience à la longue carrière. Ses clignotements de cils n’indiquaient aucun agacement mais au contraire le plaisir d’être ici, avec les autres, dégageant un parfum de féminité épanouie. Les mains sur les hanches, sa robe noire laissait transparaître une cuisse élancée et son décolleté était comme un témoignage de sa bonté d’âme. Un regard en coin lui donnait plus de douceur encore et Scarlett de l’autre côté, le lui rendait bien en écho.  La touchant presque, Diane était rassurée par sa présence et sans s’en rendre compte, tournait avec son doigt dans ses cheveux, comme une petite fille qu’elle n’était presque plus.
Pourtant, sa belle nature était là, pulpeuse et amoureuse, tel un grain de beauté caché mais qu’on sait montrer du doigt pour donner envie de le faire goûter…^^

Il y avait dans l’air une bonne odeur de fond de teint et de transpiration légère qui donnait un goût sucré à la moiteur du lieu, et c’était bon. Les jolis vêtements sur les peaux nues des donzelles me rappelaient des souvenirs de Cancun, quand Katia me laissait fouiller dans son coffre pour y trouver des tissus de mille couleurs. Et me proposait d’essayer devant moi l’un ou l’autre de ces habits, oubliant mon trouble et ma jeunesse.

Sharon se grattait nonchalamment un pied en répétant son texte, montrant son dos nu à ce jeune comédien venu jouer un laquais. Son nez est aux aguets, il hume ces femmes sacrées à la peau tannée ou diaphane. Il s’imagine en Inde une seconde mais sourit à cette idée et sans oser claquer de croupe, il revient en pensée sur le pont. De son côté, Emma fait des gros yeux à Anne, et envie sa poitrine généreuse…Non, non, pas de chirurgie ou de lipo-chose, cela n’existe pas d’abord. On est au temps des pirates, non ?

Gigi fait un grand sourire à faire craquer, Sara minaude passant sa main dans ses bouclettes, Juliette se demande comment font les gens sans portable, Naomi fait du charme à une spectatrice venue demander un autographe et Elizabeth arbore un nouveau bandana qui a un chic fou ! Elles sont toutes là, pas comme les autres, à faire un numéro ou ne rien faire, mais tout simplement être des femmes, comme elle savent le faire depuis toujours.

Car depuis longtemps, aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, je voue une admiration sans borne à ces êtres extraordinaires, capables de tous les talents et toutes les besognes, les meilleures amies de l’homme (et des pirates)…

Tout est prêt, les trois coups peuvent se frapper, et maintenant peut commencer…la Comédie des Femmes !

Toc toc toc !

« Quoi, le beau nom de fille est un titre, ma sœur,

Dont vous voulez quitter la charmante douceur?

Et de vous marier vous osez faire fête?

Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête… »


Jack Rackham via Molière ^^

*
Pour info, ce sont mes actrices du jour : Angelica Huston, Diane Lane, Sharon Stone (les 3 sur la photo), Scarlett Johansson, Anne Hathaway, Emma Stone, Juliette Binoche, Naomi Watts, Sara Martins, Elizabeth Bourgine et Gigi Ledron !

Photo Annie Leibovitz.

jeudi 7 mars 2019

Victor Hugo



Le temps s’est de nouveau arrêté sur mon ponton, attendant un commentaire de moussaillonne ou le guano d’une mouette maladroite et coquine. Je couine dans mon hamac au gré des vents et vaque dans mes pensées profondes, voir si mes héros de légende se portent bien.

A côté de John Ford et François Truffaut, et juste avant Marcel Pagnol et Agatha Christie, un de ceux que je connais moins mais que grignote ma curiosité, gagnant en effeuillages compulsifs et dévorages de biographie : Victor Hugo.

Je ne suis pas pressé de tout savoir mais le nom a de la gueule et l’homme du panache. C’est un monument artistique et une montagne physique. Il est mort patriarche là où d’autres s’essoufflaient à la moitié de son âge. Son poil est fourni tel un vieux sage, comme assumant toute sa vie et ses œuvres sur son visage.

Les femmes de sa vie sont nombreuses mais à la qualité rare, protectrices et demandeuses, invisibles et mystérieuses. L’amant est entier, viril, esquissant peu de bonheur, l’esprit est créateur, ses rêves sont pleins de seins lourds et ses mains vides de fantasmes sans amour. Adèle, Juliette et Léonie pour l’éternité, mille inconnues à contempler pour des siècles de légende.

Roman, théâtre, Poésie, peinture, photographie, il aura touché à chaque chose comme un maître et suggéré le grand Cinéma du XXème siècle à venir. J’ai été touché par ses Misérables, son Jean Valjean et sa Cosette, j’ai conspué ses Thénardier, symboles de toutes les lâchetés et turpitudes. Celles qui salissent les âmes, au point de perdre toute humanité.

Je l’imagine aussi faisant de la radio, un bel outil moderne, lui militant vociférant, hélant à la révolte et au rassemblement, vivant avant l’heure les réseaux sociaux et les gilets jaunes…

- Hep, vous là-bas !

Je me levais de mon hamac, prenant mon regard de tricorne le plus fronceur et m’approchait du bastingage, à bâbord.

- Non rien, j’avais rêvé, juste le vent mais ma barbe avait terriblement poussé…

*
Victor Hugo, œuvres principales :

Notre-Dame de Paris (1831) Roman
Les Misérables (1862) Roman
Les Contemplations (1856) Poésie
La Légende des siècles (1859) Poésie
Ruy Blas (1838) Théâtre…

vendredi 15 février 2019

Ménage à trois



Monique regardait de l’autre côté des caméras, derrière d’épais rideaux rouges qui cachaient le plateau aux visiteurs indésirables. De temps en temps, elle se tenait sur la pointe des pieds pour mieux voir, même si elle était gênée par tout ça.

Elle tapotait de temps en temps le bas de ses fins cheveux courts, essayant d’écouter un dialogue, une scène dont elle aurait pu parler autour d’elle, ses copines, sa belle-sœur, sa voisine…Son mari, non. Il aurait pu mal le prendre. C’est ça les jaloux, ils ne peuvent entendre que des choses auxquelles ils ont assisté eux-mêmes. Et là, euh…

Elle se hissa une fois encore sur la pointe des pieds, ça semblait prendre tournure. Quitte à attendre jusqu’à l’heure, elle pouvait bien profiter du coup d’œil. Son métier lui donnait parfois l’occasion de s’instruire, c’était une véritable aubaine et cela la faisait rêver, même. Il lui arrivait de s’imaginer des choses, comme dans les films, ou les contes de fées…

Là, elle imaginait bien la scène. Un producteur irrité, une séquence a finir à la fin de la journée, on doit vite trouver une remplaçante au pied levé :

- Janine a la crève, cinq jours de congé de maladie, et on doit finir ce soir…Tiens, elle a l’air bien roulée la petite qui regarde là-bas, hormis la robe à fleurs elle est pas mal ! Approchez vous là, oui la petite blonde aux cheveux courts, ça vous dirait de gagner un peu d’argent en faisant du cinéma ?

Sa main tremble, elle s’appuie sur son balai pour ne pas tomber ou renverser le seau. Elle s’approche, un rictus coincé entre les lèvres. C’est son jour, celui qu’elle attendait depuis toujours…

- Enfin, du Cinéma…Façon de parler. Mais le porno, c’est de l’art quand même ! Et les audiences en streaming, pfiouuu, Citizen Kane à côté c’est de la gnognote. Le sourire est carnassier, le cigare pue, le cerveau carbure, son film sera sauvé. Monique ?  Monica c’est plus commercial, non ?

Deux chevelus la pelotent depuis une heure, ils sentent bons au moins, c’est important la propreté. Robert serait furax s’il la voyait. Elle aime bien sucer finalement, et tout le reste, tant que ça fait pas mal… Deux mains sur ses épaules, le premier s’en donne à cœur joie à se balancer, elle a l’impression d’être coupée en deux, et c’est bon…Devant elle, l’autre la pénètre en lui caressant la tête, longuement…Faudrait qu’elle recommence avec Robert, mais avec diplomatie, c’est susceptible les hommes, enfin…^^

Son mobile a sonné. Le rêve s’est évanoui. C’est son balai qu’elle tient…

Elle regarde l’heure. La production devait libérer les lieux à 18 heures tapantes, c’est dans le contrat d’entretien.

Et puis, faut du temps pour faire le boulot. Ça y est, ils s’en vont. Pile à l’l’heure.


Un, deux, tr…










Photos : Miou-miou dans Josépha et
dans les Valseuses ( avec Dewaere et
Depardieu)



vendredi 8 février 2019

Rackham et La Fureur du Foot


Personne ne le sait vraiment (hormis mes amis Facebook, se tapant régulièrement Jump de Van Halen à l’occasion) mais je suis un amateur de football. Et aussi un faiseur de BD… Le moment est donc venu pour montrer ici un condensé réuni de deux de mes passions (auxquels je rajouterais le Cinéma, l’astrologie et l’écriture). Et pour la première fois de publier ici sur le blog Rackham Le Rouge, une BD, juste pour lire…^^

Jack le Pirate 



              PS : Extrait de la BD "La Fureur du Foot" (c) 2003 Jet Stream / (c) 2008 Idées Plus.

vendredi 1 février 2019

Le Petit Rackham et la Femme du coiffeur



Quand j’étais petit, j’étais tombé sur un gentil coiffeur. Tombé était le bon mot car c’était par hasard en sortant de l’école, tombé de tout mon long vers la porte de sa boutique que je percutais faisant sonner le drelin d’accueil. Et gentil car il semblait dénué de toute vindicte hormis quelques parties de cartes qui avait mal fini au bistrot d’à-côté.

Je passais un mercredi sur deux, car les cheveux poussaient fort comme la forêt équatoriale ou les lentilles dans le coton mouillé. J’aimais venir dans ce salon coquet, décoré avec goût et sentant bon le parfum de Madame la coiffeuse, son épouse. La femme était discrète et souriante, levant la tête vers le nouvel entrant comme une horloge. J’y avais droit même si j’étais petit, trop à mon goût mais bon.

A chaque visite, je retenais un détail, un souvenir, une anecdote sur elle et je pouvais peu à peu cerner le personnage jusqu’à en tomber réellement amoureux, foi de petit Rackham. Ses longs cheveux tombants se bouclaient en descendant dans son dos et elle ressemblait aux actrices de Cinéma qu’on voyait sur les écrans au bas de la rue. Je devinais ses pensées, ses petits rictus d’étonnement ou ses grands froncements de sourcils.

Quand un jour… Son mari venait me de couper des poils du nez imaginaires, voulant sans doute m’encourager dans ma croissance, que j’aperçus un tic inconnu sur le visage de ma bien-aimée soupçonnant une manigance voir même un amour secret. Ce qui fut confirmé par quelques massages lascifs sur le bras, le nez au plafond et les pieds se chevauchant tournés l’un vers l’autre.

C’était écrit, elle me trompait en pensée avec un autre même si je n’imaginais pas encore les turpitudes de la sexualité,  faite de souffles, de poils, de grosses mains palpant et empoignant, sans compter les odeurs de toutes sortes.

Je regardais en sortant une dernière fois le visage bouffi de cette chère et tendre, et jurait de ne plus remettre les pieds chez ce coiffeur malhonnête. Malgré cela, j'allais traîner toute ma vie durant ce chagrin insurmontable et aussi la pousse inattendue mais incessante et toujours grandissante, des poils de mes oreilles.  

Ah ces petits coups de rasoir donnés dans le feu de la discussion le temps d’une coupe de cheveux mais des mois ou des années durant, perdu dans mes pensées plus très innocentes, mon gentil coiffeur m’avait bien eu...

 Jack

PS : Orfénique étant partie chasser le viking, déjà à cette époque, et Maia n’ayant en tête qu’à faire des confitures, j’ai du fouiller dans quelques souvenirs de jeunesse où je jouais les héros solitaires ^^

Images : Tome et Janry (dessin) et Le mari de la coiffeuse (film de Leconte, avec Anna Galiena)