
Je regardais Katia comme une princesse, elle me regardait comme un roi. Nos retrouvailles avaient servi de fiançailles et nous les avions fêté encore et encore. Au petit matin, fourbus de ces jouissances extrêmes et délivrés momentanément de nos envies, nous avions plaisir à être ensemble et profiter de choses simples, comme parler du temps ou ne rien dire.
Le vent des amours nous avait réunis sur l’île du Crâne, nous nous étions jurés de ne plus nous quitter. Un projet nous réuniraient, il y avait tant d’amours perdues à ne rien faire, à tourner en rond tant et si bien que l’amour s’ennuie…
Je regardais Katia se rhabiller, cette longue nuit de nos ébats l’avait rendue encore plus belle, je n’étais plus Capitaine mais son amoureux, un Jack Rackham qui rangerait son sabre pour un habit plus civil de maître de Cabaret…
Une petite musique semblait nous bercer dans ce cabanon où nous nous réveillions en badigeonnant nos tartines de beurre et confitures. Nos regards se croisaient parfois au détour d’une projection de framboise mouchetant un nez ou un doigt. Un rire à peine exprimé, un battement de cils imperceptible.
Nos regards se font alors plus insistants, le visage de Katia semble se poser sur moi comme un masque qui me recouvre entièrement, j’entends une chanson de nos amours qui envahit la pièce, je la prends dans mes bras, je suis à elle, ça commence…
They asked me how I knew
My true love was true
I of course replied
"Something here inside
Cannot be denied"
They said someday you'll find
All who love are blind
When your heart's on fire
You don't realise
Smoke gets in your eyes
So I chaffed and I gaily laughed
To think they would doubt my love
Yet today, my love has flown away
I am without my love
Now laughing friends deride
Tears I cannot hide
So I smile and say
"When a lovely flame dies,
Smoke gets in your eyes."
Je sais, il n’y a pas de tourne-disque, mais il n’y a pas de portable non plus sur ma goëlette, alors hein…
Katia me serre tendrement, relève sa tête de mon épaule, les larmes aux yeux….Puis elle me demande : « Qui c’est cette Emma ? »
Quelque chose me dit que tout commence, que rien n’est facile mais que c’est ça qui fait le piment de la vie…
Jack Rackham.
Paroles: Otto Harbach. Musique: Jerome Kern Créée pour le film "Roberta" en 1933.
Interprétée par les Platters en 1958.
Chanson du film « Always » de Steven Spielberg, 1990, avec Holly hunter et Richard Dreyfuss. Regardez donc ce grand film d’amour, et préparez vos mouchoirs…
http://www.youtube.com/watch?v=JXE_QsBs5Hc







