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mardi 18 juin 2013

L’œilleton du Diable

Le magicien était assis sagement  à attendre son tour dans le cabinet du Dr. Lucius. Tournant la tête de temps en temps pour regarder la pendule et estimer son temps restant en fonction des autres patients, il raclait sa gorge à intervalles régulier en espaçant pour ne pas déranger.

Sur l’autre banc, juste en face, une belle blonde aux allures farouches faisait de même en tournant ses yeux comme des billes dans un jeu. Ses jambes se croisaient et se décroisaient avec pudeur extrême, ne laissant pas un timbre poste s’immiscer entre ses deux cuisses se frôlant. George, car c’était le prénom de notre ami, fit un geste de ses deux doigts de la main droite, sourit et reprit tel un métronome ses aller-retour oculaires.

Ce fut au tour du magicien de passer sa visite et il ne fut pas étonné quand Lucius lui demanda d’ôter son pantalon. Ce qu’il fit sans pudeur, songeant au petit tour qu’il était en train de jouer à la blonde Aurélie qui attendait encore dans la salle d’à-côté. Le docteur palpait et tâtait George un peu partout, et il en fut quitte pour quelques fortifiants dont il reçut prescription sur une belle ordonnance manuscrite par Lucius lui-même.

Aurélie s’était approchée irrésistiblement de la porte pour contempler ce magicien qui était fort bel homme. Juste un petit coup d’œil qui ne ferait du mal à personne, songea-t-elle. La salle était vide et personne n’en saurait rien. Elle visa bien par l’œilleton et tira la langue pour mieux voir…

Que ne fut pas sa surprise quand elle aperçut ce magicien retirant ses habits et dévoilant son intimité. Elle écarquilla ses yeux encore plus grands quand elle vit la taille de l’engin qui dépassait  tout ce qu’elle avait pu voir ou imaginer. Elle imaginait d’ailleurs d’autres situations où elle aurait pu…Mais elle entendit le docteur prendre congé de son patient et s’enfuit aussitôt, honteuse d’avoir eu de telles pensées et que son médecin puisse les deviner !

Derrière un buisson, elle attendit néanmoins la sortie de George qui ne fut surpris de rien, et prit la jeune fille en compassion. Aurélie semblait  avoir été captivée par notre ami et pour rien au monde, il n’aurait désenchanté une belle jeune  fille de ses désirs cachés et qu’il serait bien à même s’assouvir, moyennant quelques autres sortilèges de Magicien…


…Mais ça, c’est une autre histoire !


samedi 28 avril 2012

Aurélie, Marquise des Anges


Il y a des histoires qu’on invente et celles où on exagère un peu. Et puis il y a celles où les mots sont insuffisants à reproduire la réalité tant l’émotion est indescriptible et la passion hors du commun.

Nous filions ce jour-là, à bord d’une goélette de commerce afin d’assurer une livraison d’étoffes pour une riche marchande de Madagascar. Le Capitaine Longfellows profitait toujours de ces voyages mercantiles pour transporter quelque connaissance et assouvir ses appétits sexuels maritimes. La vie à bord résonnait donc des ébats du Capitaine et de la petite Aurélie quand nous fûmes abordés de mains de pirates au beau milieu de l’Océan Indien, passant au dessus de Sainte Clotilde, ville portuaire d’une île de la région…

Un grand Capitaine à la barbe rousse et au sabre sanguinaire décréta sien le contenu de la goélette, âmes comprises. « Barbe-rouge, le priapique » était son surnom. Etait-ce le sourire de la petite copine du commandant mais il sembla décontracter son cœur et il lui fit visiter sa cabine au lit à baldaquin. Les crissements du bois d’une longue journée d’attente nous racontèrent leurs coïts et leurs jouissances, du moins pensais-je qu’ils avaient fait copains, mais torturant Longfellows dont nous dûmes enduire de cire les pavillons auditifs pour soulager son orgueil et sa jalousie. Tel n’aurait pas fait Ulysse, mais chacun son destin.

Au bout de quelques semaines, la vie de l’équipage prisonnier s’était fondue dans celle des pirates en guise de domestiques, et nous pouvions aller et venir sans se faire remarquer. Ce qui me permit d’assister, de hublots en écoutilles à quelques épisodes érotiques de nos amants. Barbe-rouge et Aurélie étaient inséparables et la prisonnière semblait se donner bien du mal à assouvir tous les désirs de son hôte. Un peu pour l’empêcher d’exterminer sur un coup de tête tous ses otages mais aussi par passion et vice, car elle était bien plus qu’une courtisane, une marquise de l’amour, une pécheresse de l’Eden, une libertine de Cancun…

S’offrant au pirate priapique qui méritait bien son nom, elle s’ouvrait telle une huître exorbitant les yeux du matador de la mer, invitant ses gros doigts l’engainant et l’avalant ; farfouillant ses endroits les plus goûteux, elle devenait son addiction et il tomba sous les feux de l’amour, ceux d’Aurélie la gourmande, qui fit de lui un gâteau qu’elle mangea bout par bout jusqu’à le digérer en entier et l’absorber définitivement.

Un mois avait passé depuis la prise du navire école, et Barbe-rouge était tombé amoureux pour de bon de notre voyageuse. Longfellows lui, s’était fait une raison et voyait là un moyen de recouvrer la liberté prochainement. Quand Aurélie, un peu coquine, se mit en tête de s’amuser de son pouvoir sur le Pirate et se mit à le faire souffrir, comme profitant d’un sortilège de sorcière, ne pouvant s’empêcher entre mille plaisirs de l’amour, de tester son amour-propre  autant qu’elle le put…

Les hommes de l’équipage l’aimèrent un à un pour tester son pouvoir et Barbe-rouge si amoureux lui pardonna n’importe laquelle de ces extravagances. Même la nuit où je partageais la couche d’Aurélie sous les yeux même du priapique pirate…Ma langue était effilée comme celle d’un lézard des montagnes et il me semblait d’avoir un tentacule des mers qui allait exploser devant moi. La belle savait alors éteindre le feu qui me brûlait et sa gorge rafraichissante apaisait mon désir jusqu’à éteindre sa propre soif. Sa salive gainant mon corps de sa passion comme un bonbon au miel, je croisais les yeux fatigués de Barbe-rouge, profitant du corps d’Aurélie  autant que je le pus jusqu’au petit matin.

Comme attendu, le pirate rouge se lassa et même se laissa aller. Nous fumes un jour abordés par un autre vaisseau pirate qui nous libéra dans la foulée et emporta Aurélie pour tout butin. Laissant là Barbe-Rouge et ses hommes à leur dépression…Peyrac le pirate avait conquis le cœur de notre Aurélie qui tomba en amour devant sa balafre virile. On dit qu’ils vécurent un amour sans nom et milles aventures.

Mais ça, c’est une autre histoire…


Voilà Aurélie, quelques amours imaginaires ou prémonitoires qui sait…
Besos

Photos avec Michèle Mercier (et Robert Hossein, la 2ème). Extraites de la série Cinéma "Angélique, Marquise des Anges" 5 films de 1964 à 1968. (Et avec Jean Rochefort, Giuliano Gemma)

Ci-dessous, extrait musical d'Angélique.



lundi 2 avril 2012

La Saint Hercule


Depuis la nuit des temps et la création des Dieux et des Saints, il n’est pas  une île au monde qui n’ait une fête rituelle durant laquelle ses adorateurs ou prêcheurs font sentence de sa commémoration par la pratique symbolisant ce saint ou ce Dieu.

Justement, l’île du Crâne était en ébullition car j’avais décrété en cette année de grâce la fête de ce saint qui avait les suffrages de tous mes matelots : La Saint Hercule !

Saint honorant le patronyme du plus grand des guerriers au-delà  des mers de la Grèce antique et protégé des Dieux, Hercule était le symbole de nos nuits de gaudriole sur la goélette et le nom même du Poséidon faisait allusion à cette aventure des Argonautes et le rôle d’Hercule dans le réveil de ces géants de fer pourchassant les visiteurs sacrilèges de l’île de Talos.

Bref, les belles de l’île étaient arrivées, voulant s’offrir en l’honneur de ce saint et s’apprêtant à donner de leur personne, pour le plus grand bonheur de Bosco surtout qui s’en régalait d’avance et se frottait les mains encore et encore.

Maia était bien là, suivie d’Orfeenix, Rosée du matin Aurélie et enfin Victoria.

Les canons tonnèrent pour lancer le signal de départ et la nuit battit son plein pour fêter ce saint Hercule. Les mats vibraient sous les coups des bretteurs et les croupes pointèrent longtemps vers le ciel des Caraïbes. Le rhum coulait à flot pour revigorer ces amants de la lune et tels des locomotives endiablées, les pistons coulissèrent dans les antres maitresses vidant des trésors de bourse pour rafraîchir les pensées profondes des demoiselles.

Maia partit au petit matin, d’une démarche chaloupée qui lui donnait encore plus de grâce même si une douleur lancinante remontait jusqu’à son cou l’empêchant néanmoins de penser à son amour propre. Rosée arborait un petit sourire, car elle avait fait connaissance d’un vieux copain d’école perdu de vue, promettant de se voir dans d’autres circonstances. Aurélie avait un petit creux, ce qui n’était pas étonnant vu les assauts de ses amants, hum …Victoria elle, avait fait un classement des messieurs, munie d’un pied à coulisse et n’avait accepté que les gros spécimens !

Orfeenix resta la nuit dans ma cabine, on joua au flipper et nous eûmes même des parties gratuites. J’aimais la tenir comme ça et la prendre en donnant de grands coups de rein, que même je fis tilt plusieurs fois…Des fourchettes, des gamelles et des retournés, toute la panoplie y passa pendant cette Saint Hercule. Je crois qu’elle a bien aimé et de toutes façons dans ces soirées, il vaut mieux avoir affaire au bon dieu qu’à ses saints… ^^

*
C’est un petit clin d’œil du temps des Nuls sur Canal +. Faruggia présentait une fausse météo et finissait toujours en évoquant un saint connu dont mon préféré était Saint Hercule (de loin, devant Ste Thérèse) , « Celui qui rit quand on l’en… ». Hi hi !

lundi 5 mars 2012

Une Femme à sa fenêtre


J’ouvre les persiennes qui donnent accès au balcon pour respirer un grand coup. J’aime cet air matinal qui me rappelle le Poseidon. Quelques souvenirs avec ce Capitaine au cœur tendre et au sabre qui sait s’y prendre.

Une bise tend ma nuisette et frôle mes épaules, et je pense aux visites saugrenues des pirates, tentant leur chance comme des collégiens et la leur donnant sous couvert du secret qui s’en ira valser au premier rhum ou première vantardise.

La chambre est silencieuse et je ferme les yeux inventant un nouvel amant. La rue est bien tranquille et je me penche encore. J’écarte un peu mes jambes et j’appuie mes épaules contre le balcon. 

Le désir est bien là qui balance encore. Je le sens qui s’avance et bat un peu mes cuisses. Des pas de félins m’annoncent du turbin. Je sens sa queue qui bat contre ma croupe et je tressaillis au frôlement de ses moustaches.

Je me retourne et caresse son poil doux, et me mets à genoux. 

Je glisse dans ma main quelques croquettes qu’il dévore à grands bruits.

Ce chat est un coquin…


A Aurélie ♥
 

mardi 24 janvier 2012

Le Journal de Mickey

Entre les cordes et les cales du Poséidon, se sont glissés parfois des destins hors du commun, aux cous burinés, à la salive  lourde de rhum et aux pieds trainant le fardeau de leurs forfaitures.

Mickey Mac Donald avait trouvé pénates il y a longtemps dans les contremurs en bois soutenant les hamacs sur mon navire et son activité d’égorgeur maritime n’avait pas coupé son goût de l’écriture et des femmes. On le voyait tantôt aux bras de demoiselles, chaloupant une démarche et un sourire qui en disaient long, tantôt dans la salle de cantine ou balançant dans son hamac le stylo à la main…

Sa passion des croupes légères avait rejoint son goût de l’écriture et il aimait à immortaliser ses prouesses et ses nuits, racontant le parcours de ses doigts et la sueur des draps. Son carnet recouvert d’un cuir vert qui avait viré pourpre au fil des voyages était posé sur un coffre sous sa couche et nul n’aurait osé y toucher sans penser risquer sa vie. Sa langue sortie comme une tranche de gigot rosé ponctuait les crissements de sa plume et ses yeux ronds remémoraient les détours d’une courtisane, les faveurs d’une fille perdue ou autres aventures rencontrées à l’étage de tavernes ou sur la plage de l’île.

Dans ces pages écornées, Sonia avait aimé ses gros doigts de pirates et ses poils qui semblaient le faire descendre d’une lignée de singe, Paloma et ses tabourets javanais le chevauchaient encore, Angélique et sa langue de tentacule qui l’avaient ensorcelé à jamais, l’image de Marlène et ses seins de légende aux senteurs des Caraïbes profondes, et la toison magique de Carmen qui l’avait rendu fou comme une source de plaisir envenimée…

Autant de récits en hommages à ces femmes admirables qui avaient œuvré pour le bien de l’humanité et qui continuaient encore pour leur propre plaisir. Mickey avait quitté leurs mondes au cours d’une bataille qui avait mal tourné car il est malséant de raconter la mort d’un pirate autrement qu’à la guerre, rouler sur un tonneau de rhum et tomber à la mer n’est pas pour ces marins.

Je repose le calepin après m’être enivré d’une Victoria, d’une Aurélie, d’une Maia , d'une Karine, ou alors d’une Isabelle. Hmmm...

Ces belles respirent encore leur amour et leurs sens. ..

…Et font battre de tout leur corps, encore et pour toujours, ce journal de Mickey !

mardi 3 janvier 2012

Chasse-patate


Sur les goélettes imaginaires, il y a la télé et chaque été, nous pouvons y regarder les étapes du Tour cycliste des Caraïbes. Plaisir des belles images parcourant les régions, et palpitations des tactiques de course, nous découvrons aussi l’usage de certains mots propres à ce sport.


« Bordure » pour une scission du peloton due au fort vent,  « Échappée » pour un coureur seul en tête après un démarrage, mais aussi « Chasse-patate »…


Être en Chasse-patate signifie une position intermédiaire d’un ou plusieurs coureurs entre le peloton et une échappée de tête. Au bout de nombreux kilomètres et ne pouvant distancer le gros des troupes, ni ne pouvant rattraper la tête de la course, ce coureur ou ces coureurs semblent stabilisés entre les deux positions, leur initiative ne  servant alors plus à rien.


On dit alors qu’ils sont en «Chasse-patate » ! 


A ce propos, le début d’année est la période des bilans, des classements de la durée précédente et j’ai en ma possession les résultats des commentaires de ce blog Rackham-Le-Rouge. Le total importe peu mais surtout voici les 3 premiers commentateurs des textes de votre Capitaine, pour l’année 2011 : 
1- Rosée du Matin, 2-Orfeenix, et 3- Aurélie’S Land. Merci à elles, vous êtes des Amours !  
(Bizak est 4ème et le premier garçon, Maia 6ème…Grrr !)


A noter que c’est Victoria qui l’emporte pour ses petits mots depuis la création du blog en avril 2009, Flora étant 3ème et Rosée du matin 2ème entre les deux…en chasse-patate !


Besos et bonne année à toutes et tous ! ♥


Jack

PS= Je  noublie pas le premier commentaire posté ici dont l'auteur est...Icone, alias Cortisone (Leila ) ! Merci encore :)

jeudi 1 décembre 2011

La Marmite à remonter le Temps


La forêt observait de drôles de scènes entre les lianes, les troncs, et toute la mangrove foisonnante. Les guerriers cannibales allaient et venaient les bras pleins de légumes et assortiments de plantes aux saveurs embaumantes, pour les plonger dans le grand chaudron où nous étions plongés dans la pénombre de notre avenir incertain…

Finir dans l’assiette d’un sauvage n’était pas la fin que j’avais prévu à votre serviteur pirate et Capitaine. Non, j’avais imaginé un combat à la lame et aux pistolets durant plusieurs soleils et agonisant dans une mare de sang mélangé à celui de cinquante ennemis. Je fouillais mes poches sous l’œil de mes moussaillonnes fidèles, Victoria, Rosée du matin et Aurélie, pendant qu’Orfée me prodiguait des massages hongkongais en levant la tête de temps à autre, pour me dire, haletante :
« J’te fais pas mal au moins ? »

Son abnégation et son air candide me donnait responsabilité dans sa dernière chance de survie que je concoctais peu à peu sous mon crâne. Je fouillais mes poches pour y retrouver cette poudre magique aux effets immédiats que m’avait offert contre un service mon ami le Magicien.

« Saupoudre bien chaque outil, objet et coffre pour leur conférer pouvoir et mécanique, que ton esprit concentrera au moment du sortilège. » S’ensuivrait quelques formules que j’avais apprises à ce moment-là et l’envie de m’évader de ce guet-apens dînatoire me les rappela instantanément.

Tous les hommes et occupants de la marmite se calèrent contre ses parois, laissant les légumes et aromates flottant au milieu du bastringue. Et mes moussaillonnes  se calèrent contre moi, les yeux grands ouverts…Je balançais en tournoyant quelques poudres qui transformèrent l’endroit en vaisseau et quelques hublots poussèrent par enchantements, sous les « Oh ! » de tout l’équipage du Poséïdon. Quelques pincées firent à mon endroit de moi le poste de commandement et je fis mentalement vrombir les moteurs. Le tour avait marché…

Ce fut Victoria qui prit les commandes à son grand émoi et nous démarrâmes d’un coup sec vers le ciel de lianes qu’on transperça illico, sous les yeux éberlués des indigènes. Rosée puis Aurélie se disputèrent le gouvernail au grand dam de Victoria, pendant qu’Orfée plus partageuse tapa sur le clavier du tableau de bord quelques mots d’amour, ce qui eut l’effet de faire un nouveau plein de kérosène du réservoir, que les premiers milliers  de kilomètres dans l’espace avaient asséché.

Nous profitions de cette rémission de nos destins mortuaires, et Mildred servis quelques pintes d’un sortilège oublié pour fêter le retour à notre bercail. Mais nous n’avions pas fait encore bretelle vers les Caraïbes, que nous aperçûmes au travers d’un hublot la trace d’un balai volant qui s’interposa à notre chemin puis se posa sur la marmite spatiale. Ouvrant le couvercle en poussant un grand cri de rage, c’était Maia qui pénétrait dans notre vaisseau :

« Je vous y prends mes lascars ! J’ai croisé des sauvages qui m’ont raconté l’histoire, et je ne sais ce qu’à inventé Jack pour conter fleurette non grata à ses moussaillonnes. N’empêche, je vous l’emprunte ce soir car j’ai organisé une petite sauterie à la maison … »

Victoria me lâchait, penaude et je grimpais sur le balai de Maia à califourchon derrière elle. Nous filions dans le ciel au rendez-vous d’une soirée que j’imaginais déjà, quand je dis à ma petite sorcière rouquine que je prenais les commandes.

« Je sentais bien que tu en avais envie… » Lâcha t-elle.

Le balai volant fila encore plus vite, collés l’un contre l’autre et souriants de notre tour joué, au firmament de nos aventures…


Jack Rackham.  
(Fin de la deuxième partie de l'histoire commencée sous le titre"Prisonnier des Guerriers Cannibales")

mercredi 12 octobre 2011

La Terre Promise

Je fais quelquefois un drôle de rêve. Je suis au milieu des eaux mouvantes et je me débats pour arriver à la surface…Mes cheveux masquent partiellement les yeux mais je vois bien que je suis au milieu de l’océan et je cherche machinalement une terre vers laquelle nager.

La voilà…Les flots sont puissants et ses courants empêchent une nage souple et rapide. Je fais de mon mieux pour dépasser point après point les balises imaginaires que je me suis fixé. Mes muscles fins se glissent entre les eaux et j’essaie de ne pas penser au-delà de la vague que je franchis…

J’ai du parcourir ce qu’il fallait pour atteindre des eaux calmes et j’aperçois quelques palmiers sous le ciel bleu de ma survie. Je nage comme un dauphin tant je souris dans ma barbe de deux jours et le soleil semble fêter mon arrivée sur cette plage déserte mais salvatrice. J’ai l’impression d’être au cœur de l’Océan et le seul être vivant au monde. Et c’est bon !

Je me sèche au soleil, épuisé mais heureux, et mentalement je fais un état des lieux : J’ai un pagne et un couteau et je ne sais où je suis. Mais je suis vivant…

J’ai trouvé refuge entre quelques pierres formant un toit de fortune et je mange quelques fruits rouges juteux. La nuit, je dors à moitié et je rêve parfois à d’étranges créatures inconnues qui  me veulent du bien. Je vois aussi de drôles de choses avec des armes et des canons, et je sens sur ma tête un drôle de chapeau à trois coins !

Aujourd’hui, j’ai tué une mouette grâce à une pierre pointue que j’ai lancé sans réfléchir. Je la dévore sans même la cuire et je me souviens d’un breuvage enivrant que je connais et qui accompagne bien un repas. Mon corps se rappelle des désirs et je me surprends à courir derrière des mammifères à cornes qui font de drôles de bruits avec leurs langues. Béééééé….

Soudain, ébloui à moitié par le soleil, je vois une créature de mes rêves arriver sur la plage, comme par enchantement, à moitié nue et aux cheveux mouillés qui pendent sur son corps. Elle s’approche de moi et me sourit. Sa peau est douce et de drôles d’envies me passent en tête. Elle a compris mes pensées et m’invite sur le sable à partager des jeux que je comprends vite. Nous nous endormons fatigués et contents, j’ai l’impression d’être heureux…

D’autres créatures arrivent le lendemain, et nous jouons beaucoup, encore et encore. Je commence à être fatigué et je veux me reposer, mais la plage se remplit peu à peu d’autres créatures et je prends mes jambes à mon cou…

Katia me gifle violemment et  me dit : « Jack ! Tu fais un cauchemar, réveille-toi… ».
Je regarde où je suis et reconnais une chambre de chez la Veuve Sanders. Katia est toujours belle et je sais à quoi nous avons joué cet après-midi….

Tu as fait de drôles de rêves, et tu as parlé, me dit-elle. Qui sont ces Orfée, Victoria, Maia, Rosée, Aurélie et toutes ces créatures dont tu semblais être épris, avec qui tu jouais et refaisais le monde ?

Tu es toujours ma Katia que j’adore, lui répondis-je. Je serais toujours ton petit Trésor ! Lançant vers le grand lustre mon tricorne, m’imaginant en Capitaine et partant à la recherche de cette île du bonheur, sans penser que je la trouverais un jour…

Besos à toutes !
Jack

mardi 9 août 2011

C'est ma dernière chance – par Aurélie


Elle avait dit ces mots dans un souffle, mais avec un air si déterminé qu'une petite ride s'était formée sur son front. Elle l'effaça d'un revers de la main et s'élança sur la passerelle d'un pas vif. Elle laissait tout derrière elle, sans regrets. Elle s'était décidée pour un changement radical de vie en recevant sa lettre du bout du monde. Pirate sur les eaux turquoise, Mark lui avait écrit pour la convaincre de venir le rejoindre. C'était son premier amoureux et souvent, depuis qu'il était parti pour conquérir les mers, elle pensait à lui dans son petit lit en se retournant pendant ses heures d'insomnie. Elle revoyait les quelques bals où ils étaient allés tournoyer ensemble, les baisers fiévreux qu'il lui avait donné dans la pénombre, ses mains qui s'étaient promenées sur ses seins, ses premiers frissons de plaisir puis à sa tristesse quand il lui avait appris son départ. Il lui avait promis qu'elle le rejoindrait s'il faisait bonne fortune.

Et voilà que la lettre était arrivée et il avait fallu qu'elle se décide vite. Elle n'y croyait plus et pensait que Mark l'avait oubliée ou qu'il avait péri sous une lance d'un sauvage ou dans une bataille au sabre quelque part dans les Caraïbes...

Elle avait rencontré ce menuisier du village qui lui faisait une cour empressée et elle s'apprêtait à accepter la vie bien rangée et morne qu'il lui offrait. Il ne la faisait pas du tout vibrer alors pas d'hésitation, bye bye le menuisier !

Le voyage se passa sans encombre. Aurélie avait le pied marin et son teint avait pris de belles couleurs avec cette vie au grand air et dans les embruns. Elle ressentait intensément le goût de la liberté même si elle ne savait pas trop ce qui l'attendait réellement au bout du voyage. Trois ans avaient passés depuis le départ de Mark. Ils avaient changé chacun de leur côté. La flamme sera-t-elle au rendez-vous ?

Il était bien là sur le port à guetter fébrile l'arrivée de sa belle. Il avait forci, elle le trouva très beau, musclé et brun, il était devenu un bel homme, un aventurier au regard fier mais la petite étincelle qu'elle reconnut dans ses yeux raviva immédiatement la flamme de leurs premiers émois et lui fit comprendre qu'elle avait eu bien raison de larguer les amarres !

Il la saisit par les hanches, la souleva en la faisant tourner, la plaqua contre sa poitrine et sans qu'elle puisse reprendre son souffle il prit sa bouche avec passion. Elle chancela sur ses jambes et serra plus fort ses bras autour de son cou. Il sentait bon, l'aventure et l'air du large. Et un petit goût de citron vert.

Il se saisit de son sac de voyage qu'il balança sur son dos, comme s'il avait pris une plume, lui prit la main et l'entraîna vers la taverne du port dans laquelle il tenait ses quartiers quand ils étaient à terre. Les autres pirates étaient attablés devant des pintes de bières qui coulaient à flot. Des cris de joie et des blagues salaces fusèrent comme pour lui souhaiter la bienvenue. Elle rit. Jolie comme elle était, il aurait intérêt à bien s'en occuper. Les nouvelles filles étaient rares et la chaleur peut-être faisait que les couples changeaient souvent...

Mais ce soir c'est la fête, les assiettes se vident et les estomacs se remplissent. La musique entraîne les couples sur la piste. Changement de cavalier. Voilà qu'Aurélie se retrouve dans les bras du capitaine, Jack, qui avait bien repéré cette jolie brune et ses rondeurs appétissantes. Il la serre plus fort pour mieux sentir ses formes et son parfum épicé. Il a le regard qui plonge sur la naissance de ses seins qu'il aperçoit dans le décolleté de son corsage. Il lui glisse quelques mots à l'oreille qui lui font venir le rouge aux joues. Mark s'inquiète et n'ose pas affronter son chef. Les musiciens s'arrêtent pour une pause rafraîchissante. Les couples se défont et retournent à leurs tables.

Jack a gardé la main d'Aurélie dans la sienne et elle ne peut pas s'en aller. Elle hésite et cherche Mark des yeux. Immédiatement celui-ci se lève et d'une enjambée, les rejoint. Les regards des deux hommes se fixent.
Soudain Jack éclate de rire et met la main d'Aurélie dans celle de Mark au grand soulagement des amoureux.
Les vivas retentissent !
La voici acceptée par l'équipage et par le Capitaine !
Aurélie et Jack, heureux et amoureux, main dans la main, partent enfin s'isoler dans la chambre du bout du couloir.
Nul doute que la nuit va être bien courte pour fêter leurs retrouvailles.
En bas dans la taverne, le vin et la bière couleront encore longtemps.


Besos belle moussaillonne Aurélie, un joli conte qui ébouriffe mon tricorne... 
Jack 
Retrouvez Aurélie sur son blog Aurélie's Land

lundi 25 juillet 2011

Gaga de cette Lady

Quelquefois, j’ouvre mon grand grimoire qui me sert de journal de bord, souvent en fin de semaine, et j’écris les évènements marquants de la vie du Poséidon. L’été c’est plutôt tranquille et hormis une livraison douteuse de farine en Jamaïque, il y a que les gueules de bois de Mildred qui mériteraient que les mouettes s’y attardent. Et encore…

Pourtant, il y avait eu cette petite soirée entre matelots qui laissa trace dans quelques esprits et dans ma cabine aussi. Mais passons. J’avais engagé une chanteuse afin d’égayer le pont du navire ce samedi soir là, et la petite Solange de l’épicerie m’avait présenté une artiste de ses amies, une demoiselle Aurélie.  Une sympathie nous rapprocha et elle fut engagée sur le champ.

La fête battait déjà son plein, le rhum coulant à flot, et notre chanteuse montant sur une estrade aménagée à cet effet se lança dans une série d’interprétation musicales agrémentées de froufrous volants et de levage de jambes digne des plus grands cabarets. Son succès fut confirmé quand elle commença une danse espagnole, dévoilant des jambes admirables et une croupe digne des plus belles courtisanes.

Sautant de table en table, du moins ce qui restait des tréteaux où étaient posées les victuailles, elle se donnait du mieux qu’elle pouvait pour remplir son contrat. L’honneur de l’artiste, de music-hall soit-il, est de contenter sa clientèle et ses spectateurs. Quelques chansons, « Bad romance », « Poker Face » ou « Born this Way » eurent un grand succès et j’avoue qu’Aurélie commençait à me faire de l’effet.

J’avais bien vu qu’elle ne m’avait quitté des yeux de la soirée et son numéro commençant à devenir obscène, je préparais les hommes à la fin du spectacle et Bosco m’aida à contenir voire assommer certains hommes devenus trop pressant. Là je bénissais le ciel du voyage imprévu de Tim qui avait du filer suite au télégramme qui annonçait le décès subit de sa tante Margot. Je dus d’ailleurs réfléchir longtemps en l’écrivant car certains prénoms ont l’orthographe incertaine…

Le pont désert, Aurélie et moi fîmes quelques pas de danse et nous rejoignîmes ma cabine, échauffés du rhum, de la danse et d’une irrésistible attraction à laquelle nous ne comptions pas résister. Mais ça c’est une autre histoire…

Je prenais ma plus belle plume en tirant la langue, encore fatiguée des baisers d’Aurélie et j’écrivais quelques mots sur cette belle soirée et cette rencontre.

 Car vous n’allez pas me croire mais depuis, cette Lady, j’en suis vraiment gaga…



Jack Rackham.