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dimanche 22 juillet 2012

Voisine Rock


…Je me dépliais complètement après ce voyage spatio-continental et ma voisine avait plaisir à me retrouver, semblait-il. Ses mains habiles et curieuses parcouraient ma vie de Capitaine avec intérêt, et je lui apprenais nombre de voyages non racontés et de conquêtes intimes. Elle semblait faire de la musique avec mon corps et mes membres burinés lui servirent d’instruments, à son gré et son inspiration…

Je fus une trompette dont la bouche goûtait les notes et les partitions, sonnant plus bas le tocsin de mon humanité. Je m’accrochais à ses cheveux comme des cordes de lyre ou de harpe, et faisais écho de sa langue qui s’agrippait à moi comme un écureuil. Je l’entendis avaler en un râle digne de Jéricho le fond de mon âme en un tonneau puis déglutir en claquant du bec comme un garnement rassasié de limonade orange ou citron…

Je fus un clavecin aux touches noires ou blanches, aux soubresauts de hanches rythmant sa cavalière sans selle, comme parcourant au galop une vallée de rochers sauteurs…Je fus une guitare qui accrochait ses doigts aux poils en guirlande et tintais ses arpèges de membres épanouis. Dressant mon intérêt pour booster sa musique, ses mains virevoltaient de refrains en couplets et s’enivrant au suc de mon plaisir. L’arrosant à foison, je la retournais au pilori de mon instrument pour mieux sentir son cœur et remonter en elle comme un torrent.

Nous passâmes de longues semaines à faire de la musique et cela donna l’idée à ma voisine, de se lancer dans la musique. Elle monta un groupe avec quelques amis et j’assistais à leurs répétitions, heureux de me relaxer un peu, fatigué d’avoir tant usé tant de cordes et de touches…

Elle me joua un peu de guitare de temps en temps puis disparut encore une fois. Je la vis à la télé des Caraïbes un jour, elle m’avait dédié une chanson me sembla t-il, mais elle s’était trompé de prénom :
Je m’appelle Jaaack…et pas Deniiis, nom d’une pipe !!!


Jack Rackham

(Voilà, c’est fini la Voisine pour cet été mais le prochain, qui sait…^^)


Photo du haut : Karen Elson. Du bas : Debbie Harry (Blondie).
Denis Denis par Blondie ♪

mardi 17 juillet 2012

Le Tchat à la Voisine


…Je me réveillais au petit matin, seul dans la paillotte et cherchais un crouton de pain pour déjeuner. Au milieu des affaires étalées de la cuisine à la chambre, je découvrais même l’adresse e-mail de ma chère et mystérieuse voisine. Je rentrais chez moi, en emportant le sésame, bien décidé à parcourir les flux Internet jusqu’à la fin des temps et la retrouver…

Mes premiers mails restèrent sans réponse, malgré un ton courtois et une othographe irréprochable. Quand le 12ème soir, juste avant la fin de ma location, je reçus ce mail énigmatique et laconique :

« Cher Pirate, j’ai du m’absenter pour raccompagner mon amie sur son île en Europe. On peut néanmoins partager l’amitié. Les Océans virtuels n’éclaboussent pas comme les élans amoureux, j’ai oublié ma serviette là-bas de toute façon. A plusse Capitaine. Moi »

Je restais longtemps interloqué de ce message mais vu nos relations antérieures, je me disais que cette réponse était comme un aveu. Je relançais la belle avec plus d’enflammades et de jolis mots tels « galinette », « tu as ébouriffé mon tricorne, tu sais » ou même « my love ». J’avais déjà une expérience ou deux de bloggeuses alanguies sous le charme de mes missives virtuelles et je me requinquais à taper ces mots doux, tout ça me rappelant ma jeunesse et les aventures avec Lilly ou Cameron. Rhaâaaa !!!

Nos mots dépassèrent vite nos pensées et je me surpris à réfléchir aux marées et horaires des longs courriers vers l’Europe…Que Nenni ! J’envoyais de mon île un pigeon voyageur à mon ami le Magicien, et je reçus rapidement une fiole contenant un logiciel imprégné d’un onguent aux vertus maritimes et inter-temporelles.


Un port USB accueillit le miracle sur mon ordi et je glissais aussitôt mes mains à travers la vitre. Je sentais le corps émoustillé de ma voisine qui me tirait vers elle, et décidant soudain après estimation du format de l’écran d’un voyage plus accompli, je passais entièrement pour rejoindre mon aimée…

( A Suivre )

samedi 30 juin 2012

La Voisine prend son pied


…la porte s’ouvrit lentement pour laisser voir un tableau digne des belles soirées du Marquis de Sade. Ma voisine était là, assise jambe écartée, se mirant le minois un fouet entre les cuisses, pendant qu’une soubrette était suppliciée contre un mur aux cavités qui la retenaient prisonnière pour une punition cruelle. Complètement nues toutes les deux, elles semblaient attendre quelque chose et mon petit doigt me disait que c’était moi…

Je repris mon sourire légendaire et m’approchais de ma belle, des idées plein les mirettes. Son miroir et une toge rouge s’échappèrent de ses  mains qui se retrouva telle Eve devant moi.

« Nous vous attendions Capitaine. Peu d’hommes passent par ici et je suis sûre que vous allez aimer nous accompagner dans nos jeux…. ».  J’acquiesçais du chef et mon sabre fut d’accord aussi, retenant l’attention de mon amie la voisine qui sembla hocher en vague de la tête pour mesurer l’engin ou son envie, je ne sais plus. L’autre sembla se défaire en un tour de passe-passe de son mur prisonnier et bientôt, je fus emmené sur le lit pour un jeu dont je ne savais pas les règles mais qui commençait à me plaire.

Bientôt je fus comme un canasson de cirque qui chevauché par-dessus comme un cow-boy, je broutais de ma gueule une paille au goût de miel. Les deux donzelles galopèrent longtemps vers une écurie imaginaire quand je ruais de tous mes fers pour retourner leur amour-propre et hennir de les enfourcher. Mes oreilles se froissèrent de leurs hurlements que je crus avoir traversé l’une après l’autre leurs cœurs et leurs corps.

Non point. Je respirais une dernière fois des aisselles embaumant mes naseaux d’une douce transpiration. Les cheveux longs de ma dulcinée s’étaient enroulés autour de mon bras en protection que sa langue me tétait en reconnaissance. Mes poils hérissés comme par bravade attisant ses yeux de mes bonbons, je devenais à moi tout seul une gourmandise. Pendant ce temps, l’autre gargoulette dansait en se tournant pour que je voie mieux ses jardins embroussaillés et je m’affûtais contre la cuisse bandée de ma belle voisine, comme un loup sauvage à son rocher…

(A suivre)

Dessin : Manara.

jeudi 21 juin 2012

La Voisine



J’avais loué cet été là pour quelques semaines de farniente, un bungalow proche de l’ile du Crâne. Le dépaysement n’est pas question de kilomètres mais d’environnement proche. Dans ce coin-là, mon tricorne ne dirait donc rien à quiconque et j’allais pouvoir m’adonner à mon plaisir favori : Ecrire. Et accessoirement lire mon quotidien sportif préféré, ce qui n’était pas sûr, vu la rareté des dépôts de presse dans ces régions.

En fait de bungalow, c’était une maison sur pilotis. L’endroit était clair et le frigo approvisionné. La vue sur l’océan était impressionnante même si j’essayais d’oublier le danger des tsunamis ou la tempête subite. De longues passerelles et chemins de bois reliaient les maisons les unes aux autres et mon voisin le plus proche était une voisine, m’avait averti le gars de l’agence, avec un air malicieux.

Fallait être en jambes pour aller saluer la belle ou emprunter du sucre, car plusieurs kilomètres de planches séparaient parfois les habitations. Un samedi de solitude me donna courage pour aller saluer ma voisine et durant tout le chemin, j’inventais divers prétextes pour expliquer ma venue.

Un brin essoufflé par la balade, je frappais à la porte, décidé à lui demander du rhum blanc pour l’inciter à venir partager un gâteau ou une coupe de glace.

TOC TOC ! Fis-je franchement, en mettant mes mains sur les hanches et toisant l’horizon en me retournant pour bien montrer mon détachement et l’aléatoire de ma visite.

La porte s’ouvrit lentement et laissa découvrir une créature à la beauté sans nom. Le souffle coupé, je la regardais comme un vendeur de voiture découvrant une Ferrari. Elle s’accouda sur le chambranle de la porte, passant sa main dans les cheveux et laissant entrouvrir son chemisier déjà bien entrebâillé.

«  Que puis-je pour vous ? » Osa t-elle. Tu parles, ce que tu pourrais je n’ose même pas l’écrire, mon blog serait censuré tout de suite. J’inventais une excuse ou deux et je finissais par un truc du genre «juste histoire de faire connaissance entre voisins ». Elle du comprendre autre chose car je repartais avec un superbe tire-bouchon en forme de sarment vernis et tout le chemin du retour, je cogitais à une autre visite dès le lendemain, en me jurant de rester un peu plus longtemps. 

Je rêvais toute la nuit à mon inconnue et exténué d’avoir fait l’amour avec elle plusieurs fois, je reportais mon voyage jusqu’à sa paillotte à l’après-midi. A peine arrivé devant sa porte, elle sortait une serviette sur l’épaule et me lança : « Je vais à la plage. Vous venez ? » de ces dents blanches avec un sourire à qui on ne peut rien refuser…

Quelques kilomètres de marche plus tard, je la voyais courir sur la plage telle une sirène (sauf pour les jambes, bien sûr !) et ses déhanchements me rappelaient des rêves secrets dans un autre temps fait de publicités audiovisuelles clamant les bienfaits de déodorants démoniaques. J’en profitais pour me reposer, jusqu’à ce qu’elle m’appelle d’une voix forte et langoureuse « Venez, elle est chaude ! On va faire les fous … ». Je m’exécutais sur le champ avec de tels arguments, remarquant avec étonnement le bon fonctionnement de mes vielles jambes de pirate !

Les eaux claires portaient nos corps comme des fétus de paille et les courants marins nous enlevèrent vite nos maillots, nous laissant  comme des crevettes à l’océan…Son corps ondulait comme celui d’un poisson et je la rejoignais dans sa vague. Elle m’embrassa par surprise et ses mains me gratifièrent d’une belle sympathie que je lui rendais bien. Ses cheveux longs m’agrippèrent un peu partout comme des tentacules et jusqu’à la fin du jour, nous jouâmes comme des enfants ou presque…

Je me retrouvais le lendemain dans mon lit comme par miracle, me souvenant quand même du retour jusqu’à sa cabane. Un « et merci pour la journée ! » claqua la porte des espoirs et seul avec ma déception, je pris le chemin de mon retour, marmonnant dans ma barbe et surmontant ma grande fatigue dans un effort surhumain. Je décidais de retourner la voir une dernière fois pour lui dire adieu et aussi ma déception. Au fur et à mesure que j’approchais, mes résolutions tombaient les unes après les autres, et harassé due la marche et vidé de toutes forces, j’étais bien décidé à lui demander de l’épouser ! Tim ne m’en voudrait pas et même serait contente de ne plus être de corvée de patates, de lessive, et même de tarte aux fraises !

Je frappais doucement à la porte, avec mes dernières forces, quand…

(A Suivre…)


C’est le feuilleton de l’été, au diable les incipit, vive la grande aventure…