lundi 22 juin 2020

Groucho, un Homme hors du Commun



Son œil est rasant comme sa peau glabre, tout autour de sa moustache bien nette, passant au dessus des arbres dominant ces grands espaces sauvages, derniers vestiges de la nature ancestrale et poursuivant sa visite jusqu’aux océans. Il se remémore quelques aventures en douce avec des gallinettes des environs, sa glotte va et vient selon les souvenirs. Ca ne fait pas si mal mais la souffrance est réelle et bien là…

Il serre dans sa main droite repliée, la pipe que lui avait offert Serena, la petite malicieuse lui retournant le cœur de ce souvenir déçu. Puis il se lève lentement, s’appuyant sur sa canne et se dirige vers son bungalow. Son air triste a fait taire toutes les bouches même si certains ne peuvent s’empêcher de chipoter.

« N’empêche, il a un drôle d’air, une drôle de moustache et une drôle de démarche, quand même ». Comme pour les tartes aux fraises, Bosco avait la main leste et l’avis bien tranché.

Il me rappelle un de mes amis, un Magicien. Toujours entre deux vins, comme deux humours ou deux chagrins d’amour…

*
Groucho Marx faisait partie de ces fameux Marx Brothers, avec notamment Harpo et Chico, qui ont fait une longue carrière au cinéma mais aussi du théâtre et de la télévision.

Leurs principaux films sont Monnaie de singe (1931), La Soupe au Canard (1933),  Une Nuit à l’Opéra (1935), Panique à l’Hôtel (1938), Une Nuit à Casablanca (1946) sans oublier La Pêche au Trésor (1949) où apparaissait Marilyn Monroë 

                                      

Groucho, de son vrai prénom Julius Henry, était le leader naturel du groupe bien qu’il soit le benjamin de la fratrie new-yorkaise. Sa moustache (et sourcils) dessinée au bouchon brûle ajoutait à ses lunettes rondes et son gros cigare, comme une marque de fabrique. Son humour était composé de trouvailles visuelles (cf. le miroir) et de calembours, souvent décalés. Un peu à la manière aujourd’hui des films de Thomas Ngijol et Fabrice Eboué  ^^

Prenant le pouls d’un homme inanimé, le docteur dit : 
"Ou cet homme est mort, ou ma montre s’est arrêtée". Groucho Marx.

Jack Rackham

 Vidéo : le Miroir (La soupe au Canard) illus du bas : Une Nuit à l'Opéra.

vendredi 5 juin 2020

Un Doigt, puis un Autre



Ely est dans son grand bureau, à ressasser ses tourments et ses plans sur la comète. Elle a ouvert les fenêtres pour aérer un peu. Ce monde fou n’est pas fait pour elle mais elle compte bien le refaire, pierre par pierre ou feuillet par feuillet…

La pièce est jonchée de tous ses projets, tous en cours, indispensables à son bien-être, comme des enfants chéris qu’on promène au parc en attendant qu’ils grandissent à tour de rôle. Son esprit est toujours tourné ailleurs, là où son œil ne regarde pas, la clope au bec ou le doigt jauni, comme pointant un mot nouveau ou l’excellence d’une idée nouvelle.

Son cerveau vagabonde vers des mondes secrets dont elle ne parle jamais.  Ou alors avec des gens imaginaires, tels des grands écrivains ou bien des beaux gosses, grands, forts, faits pour cet amour dont on lui parle tant et qui n’existe pas.

La nuit, fronçant encore de ses sourcils de jour, elle rêve de saillies profondes, retournée dans tous les sens, si uniques que giratoires qu’elle se croit au manège et le cul encore tourné essaye d’attraper un ballon au dessus de sa tête. « L’Amour n’existe pas ! » crie-t-elle encore, comme un désespoir ou une provocation pour faire arriver ce qu’on n'espère plus…

Elle tire sur sa cigarette, mimant un geste équivoque et s’étale sur la chaise longue, écartant les jambes en déplaisir, juste pour narguer le sort et imaginer le goût d’un lit d’écrevisses sur la langue d’un éhonté, humant son dessert frivole.

Hum, l’heure est passée. Elle attend quelqu’un…Un vieil ami qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ni grand, ni beau, qu’elle n’imagine même pas dans ses rêves, le fils d’un vieux Capitaine de marine avec qui elle a entretenu une abondante correspondance pendant un moment, puis plus rien. Elle avait bien cru pourtant…

Elle avait ouvert et Sam Le Rouge était là, tricorne à la main, un petit sourire aux lèvres et un bouquet de l’autre côté.

Assis sur un canapé, ils faisaient la conversation comme de vieux amis qui ne s’étaient jamais quittés. Lui parlant de quelque maladie dont il était sorti, elle évoquant les escroqueries d’un imprimeur véreux, ils reprenaient le cours de leur vie commune comme si de rien n’était, se regardant sans l’air d’y toucher telles deux pâtisseries goûteuses qu’on entame peu à peu avec un doigt,  puis un autre…

Jack Rackham

PS : J’aime les histoires qui ont un faux air d’Orgueil et Préjugés^^
Photos : Nicole Kidman dans The Hours (Daldry 2002)




dimanche 24 mai 2020

Karin Redinger ♫♪♪


Ce sont les doigts de fée d’un jeune Capitaine qui tapaient encore aujourd’hui les souvenirs de ce voyage à Paris. Le portable brûlant réchauffait le bois de la goélette, les cordes sentaient encore cette attache et les images de cette jeune femme au visage si doux.

L’été avait donné rendez-vous à l’amour et passé quelques jours sur un canal faisant de l’accostage d’agrément vers la capitale. Aléa de croisière ralliant ce grand jour vers son mari, Karin avait intercepté l’œil galant de ce jeune homme au tricorne, capturant son attention comme on appâte un chasseur de trésor.

Il l’avait rejoint pour un prétexte futile dans sa cabine, une concoction de café  local fait spécialement pars le chef de bord, et ils avaient pu savourer plusieurs jours de goûteurs enfantine, sans autre souci que de s’aimer abondamment.

Une grande étape vers une autre vie qui les séparerait pour toujours. Karin penchait sa tête comme pour se caresser, frissonnant de son effronterie d’enterrement de vie de jeune fille. Son regard coquin profitait une dernière fois de ces moments, les gravant pour toujours et se promettant d’envoyer des fleurs à ce jeune Capitaine au sabre vaillant, et à la barbe si douce…

Karin Redinger ♥... 

Jack Rackham

Photo : Catherine Deneuve.
 

Jolies jeunes mariées
Lune de miel à peine commencée

Méfiez-vous des voyageurs
Voyez Karin Redinger


Karin Redinger
J'ai reçu votre lettre à fleurs
Vous devez être endormie
Rêveuse de choses qui sont loin
De moi peut-être alors c'est pas bien

Karin Redinger
Y' a un morceau caché d' mon cœur
Qui est resté quelque part
Sur un bateau vapeur
Vous étiez mariée depuis deux heures
Vous laissiez le vent
Montrer vos jambes en douceur
Et vous m'aviez remarqué
Parmi les voyageurs

Karin Redinger
Arrêtez d' m'envoyer des fleurs
J'ai une femme à Paris
Et vous un gentil mari
Cessons-là cette musicale comédie
Votre lune de miel au fil de l'eau
Vous veniez 1' matin très tôt et vive l'amour en bateau
Endormi le petit mari sur 1' Mississippi
Vous étiez quand même un peu gonflée
De m'apporter mon café

Karin Redinger
Veuillez oublier ce steamer
Cette petite plaisanterie
M'a fait pleurer dans mon lit
Heureusement pas trop longtemps ah ah

Karin Redinger
Ne venez pas voir le Sacré-Cœur

Laissez Paris tranquille
Vous êtes dangereuse dans cette ville
Un Français c'est souvent sentimental
Vous laissiez le vent montrer vos jambes en douceur
Et vous m'aviez remarqué parmi les voyageurs

Karin Redinger
Arrêtez d' m'envoyer des fleurs
Dix jours en bateau fou
Souvenirs rendez-vous
C'est fini love from me to you

Karin Redinger
Y' a déjà quelqu'un dans mon cœur
Cette petite plaisanterie m'a fait pleurer dans mon lit
Cessons-là cette musicale comédie (ter)
Joke

(Laurent Voulzy)

samedi 16 mai 2020

Mademoiselle Boulangère


Le Ding-dong de la clochette du magasin annonçait à chaque fois la visite d’un nouveau client et malgré la fin du confinement obligatoire des dernières semaines, la clientèle respectait le périmètre de sécurité en attendant que le précédent visiteur soit sorti pour rentrer à son tour.

La boulangerie avait servi de point d’ancrage de la vie d’avant, comme le lien entre les voisins du quartier et même les « étrangers » venaient de loin, dans la mesure du kilomètre autorisé, qui avait pris de la longueur.  

Une belle femme brune derrière le comptoir servait avec un sourire qu’on devinait, les baguettes et les viennoiseries à longueur des heures d’ouvertures autorisées, arborant un masque qui ajoutait à son mystère et qui laissait tout deviner. La chaleur des fours dans la pièce d’à-côté la faisait transpirer et la robe décolletée sous la moiteur qu’elle portait, laissait voir quelque peau et commissures à la sensualité évidente.

Quelquefois, elle faisait glisser un moment sur son cou le bec blanc qui la défigurait et le temps d’un souffle pour elle et son visiteur, elle regardait le plafond d’un œil malicieux et la main sur la hanche, laissant voir à son interlocuteur les formes et les méandres de sa féminité.

« Je ne sais pas pourquoi il n’y a que des hommes qui viennent me voir. La recette de ma pâte à pain, peut-être. » Souriant en le disant, comme si elle connaissait le secret de son succès, accentuant alors son accent italien à qui elle prêtait sa séduction.

Elle se tournait alors, remettant son masque, vers les étagères et pliant une de ses jambes comme elle savait le faire, se laissait voir comme un magazine pour le plus grand plaisir de ses clients habituels…

Ding-Dong, Ding-Dong ♫♪♪


Ses mains étaient fines et blanches, avec de grands doigts élancés, saupoudrés de farine. Elle s’appelait Francine ou Blanche mais tout le monde l’appelait Mademoiselle Boulangère…


Jack Rackham

(Photo : Sophia Loren ♥)

jeudi 7 mai 2020

Angie


Ses grands yeux écartés reluquaient vers moi avec l’étonnement d’un crapaud curieux. Son doux visage parsemé de grains de beauté sauvage questionnait mon cœur et mon âme mais sa bouche me rappelait ses doux baisers.

Je posais quelques mèches blondes d’une perruque volée le long de ses épaules et ça lui allait drôlement bien, un peu comme l’amante du Capitaine en tenue du dimanche, à la peau sucrée et parsemée de raisins secs goûteux.

Je prends ses hanches dans mes mains puis descend le long de ses cuisses. Elle frissonne de plaisir, son duvet est sensible et la rondeur de son ventre raconte des souvenirs.

Je fredonne quelques notes, quelques mots et ça fait une chanson. Sa chanson…
Angie ♫♪♪♪♪


  
Jack Rackham ♥ 


Angie, Angie
When will those dark clouds all disappear
Angie, Angie
Where will it lead us from here
With no lovin' in our souls
And no money in our coats
You can't say we're satisfied
Angie, Angie
You can't say we never tried
Angie, you're beautiful
But ain't it time we say goodbye
Angie, I still love you
Remember all those nights we cried
All the dreams were held so close
Seemed to all go up in smoke
Let me whisper in your ear
Angie, Angie
Where will it lead us from here
Oh, Angie, don't you wish
Oh your kisses still taste sweet
I hate that sadness in your eyes
But Angie
Angie
Ain't it time we said goodbye
With no lovin' in our

By The Rolling Stones

lundi 27 avril 2020

Kim, revenue d'Entre les morts


John (Scottie) tenait fermement la main de Madeleine, ou plutôt de Judy le prénom qu’elle portait quand il l’avait rencontrée la seconde fois-fruit de l’arnaque montée de toute pièce par son ami Gavin-et il savait qu’il ne la lâcherait pas. Pas cette fois…

Le destin lui avait accordé une chance supplémentaire et là, il ne la laisserait pas passer. Il regardait Madeleine qui transpirait abondamment, suspendue dans le vide, et il la ramenait vers lui, lentement et aussi solidement que si leurs mains étaient soudées comme deux étaux. Elle, posant un premier pied nu sur le rebord du parapet, il la pressait contre lui et respirait son odeur forte de transpiration et de maquillage réunis, ce qui l’excitait plus encore d’être contre elle.

Il la serra encore et elle se blottit soulagée, imaginant la fin horrible qui lui aurait été promise. Ils se sourirent mutuellement puis s’embrassèrent, lentement et avec un certain délice de ce sauvetage inattendu.

En un instant, John lui pardonna tout et Kim se mit à l’aimer, plus encore de ce pardon ressenti. Les deux oublièrent même le complice instigateur de ce stratagème qui avait exécuté sa propre femme et vivait quelque part en ignorant tout de ces nouveaux ressorts de destinée. Après tout, peu importait…

Se tenant par la main, John et Madeleine se dirigèrent vers les escaliers de bois en saluant la Mère religieuse qui était restée là, tétanisée par la succession de tous ces évènements. Puis ils dévalèrent toutes les marches jusqu’en bas puis rejoignirent la Buick, garée dans l’allée devant l’église. Ils regardèrent les arches blanches une dernière fois, comme pour dire adieu à une malédiction.

 Tout alla très vite ensuite : Décidant de quitter le pays, car ils ne voulaient plus croiser Gavin dans les parages et ne pouvant le dénoncer sans compromettre Madeleine/Judy, ils prirent la direction de l’Europe comme pour un voyage de noces, John voulant se faire pardonner de sa reconstitution théâtrale qui avait failli mal tourner. Et ils ne tardèrent pas à se marier effectivement, sitôt fait leur nouvelle vie, avec de nouveaux voisins, de nouveaux amis.

Mais ils n’eurent pas d’enfant malgré le grand amour qui les unissait, John étant trop jaloux, peut-être la peur d’avoir un concurrent trop direct…^^

Elle garda sa teinture blonde et cette coupe de cheveux qu’il aimait tant, mais aussi ce prénom, Madeleine. Il était comme le lien entre l’ancien et ce nouvel Amour, le gardien de tous ces souvenirs. Ce moment où il l’avait déshabillée de retour de cette fausse noyade du pont de San Francisco où elle faisait semblant d’être évanouie, ce linge étendu sur le fil aux accents impudiques, cette carpette aux allures de peau de bête animale.

Ils n’avaient jamais reparlé de ce moment-là, mais le refaisaient en pensée prolongeant le plaisir à l’infini, dans des multitudes de variations qu’ils n’auraient pas imaginé avec un(e) autre...

Jack Rackham

*
Vertigo (Sueurs froides) est un film d’Alfred Hichcock sorti en 1958 racontant l’histoire d’un homme (James Stewart) sujet au vertige, victime d’une machination par un vieil ami qui veut se débarrasser de sa femme. Engageant une actrice (Kim Novak) qui lui ressemble, il se sert du vertige de l’homme pour élaborer son plan : lui faire croire à la dépression de sa femme puis à son suicide. Le moment venu,  l’homme est donc incapable de sauver la femme à cause de son infirmité, pendant que de son côté, l’ami a déjà tué sa vraie femme, donnant le change avec le faux suicide de l’actrice. Convalescent après cette tragédie dont il est le témoin involontaire, il retombe par hasard dans la rue sur l’actrice, puis peu à peu va tout découvrir…Jusqu’à la mort accidentelle de celle-ci, dans des circonstances identiques à la première, alors qu’il a réussi à vaincre son vertige !

*
Kim Novak (interprétant Madeleine/Judy) est née en 1933 et tournera en 1958 « Vertigo », son seul film sous la houlette du grand maître Alfred Hitchcock.

Sa carrière commence en 1953. Entre autres, ce furent : Picnic (1955), L’Homme au bras d’Or (Preminger 1955), Tu seras un Homme, mon fils (1956), La Blonde ou la rousse (1957), L’Adorable voisine (1958), L’Inquiétante Dame en noir (1962), Embrasse-moi Idiot (Wilder 1964), Les aventures amoureuses de Moll Flanders (T.Young 1965), Le Démon des Femmes (Aldrich 1968), Le Triangle du Diable (1975 TV),  Le Miroir se brisa (1980), et elle tourne son dernier film en 1991 (Traumatismes).

Nota : Elle a été doublée dans Vertigo par Nadine Alari. Et Judy est remplacé par « Lucy » en version française.




Et Vertigo est une adaptation du roman de Boileau-Narcejac : D'Entre les Morts (1954)

Photos : Avec James Stewart/affiche de Vertigo/Kim novak seule.

jeudi 23 avril 2020

Une Île presque Déserte



Jim Peabody en avait rêvé depuis longtemps, comme la récompense d’une longue vie de travail et le fruit d’une mûre réflexion : Se retrouver loin du monde afin de profiter d’une solitude bien méritée, après cette cohue continuelle des bureaux enfumés et ces promiscuités de collègues bien obligées. Surtout cette Camélia Duncan, sa supérieure hiérarchique à la Compagnie des Indes-Comptoir des Caraïbes-où il avait fait toute sa carrière.

- Je vous en prie, Jim, un mode de rangement alphabétique conviendrait mieux à nos catalogues de fournitures, les classements par la taille sont assez puérils , à mon avis.

Et Jim lui tordrait bien le cou à cette mégère. Il avait même failli changer de spécialité dans le commerce, la proposition du sieur Rackham lui ayant parue par trop incertaine pour certaines promotions et avancement, notamment ce flou sur ces sortes de « Tartes aux fraises » qui revenaient sans cesse dans leurs conversations de bord, une sorte de code entre eux sans doute. Il était donc resté où il était et supporté quelques temps encore cette peste de Miss Duncan.  

Il choisirait donc la solitude pour ses vieux jours et il s’en était fait une raison, ne se projetant que dans une vie de lectures, de bricolages et d’art culinaire.

Et quand arriva l’orée de ses trente ans de service, il prépara son départ pour une petite île qu’il avait repérée sur la carte, et gardé secret son emplacement précis hormis pour se faire livrer les vivres et le matériel dont il avait besoin pour y passer le reste de sa vie. Une installation qu’il peaufinerait une fois sur place…

Sa vie prit alors une autre tournure, et très rapidement il oublia les horaires de la Goélette annuelle qui servait de navette aux environs de l’île-à deux jours de barque en allant vite- et se concentra sur les couchers de soleil, le ramassage des fruits pour la confiture et une petite cabane à bois pour la saison des pluies.

Bref, il ne s’ennuyait pas mais au fil du temps, il commença à attendre la Goélette annuelle pour voir quelques âmes parlantes et faire les courses de ce qu’il lui manquait. Quelques outils, et un phonographe, pour faire de la musique. Et justement, c’est au retour d’un de ces voyages en barque, qu’il se passa une chose inattendue…

La veille, un ouragan terrible avait balayé la côte et même arraché quelques arbres, ce qui fit venir Jim de ce côté-là avec une chariote pour les élaguer et transporter vers son hangar. Il entendit alors un bruit, comme une voix qui l’appelait.

Au bord de la plage en contrebas,  semblait être échoué un naufragé. Dans un entrelacs de planches et d’algues, une main s’agitait appelant à l’aide, désespérément. Jim accourra du plus vite qu’il le put et s’approchant du naufragé, balaya d’un revers de main sa figure recouverte de ses cheveux mouillés et de sang, en le relevant.

Camélia Duncan ! Cria-t-il spontanément, aussi étonné que s’il était Christophe Colomb en train de découvrir l’Amérique.

Mais là, c’était Camélia Duncan…



Il ne l’avait pas vue depuis plusieurs années, il l‘avait presque oubliée, et elle était là, presque nue, dans ses bras. La situation l’amusa mais c’est là que Camélia retomba dans les pommes. Petite nature…

Il leva la tête et vit plus loin un navire en train de couler. Pas d’autres naufragés à l’horizon venant vers lui, alors il mit Camélia dans la chariote, par-dessus les troncs de palmiers arrachés, et rentra à la maison.

Comme il fallait attendre près d’un an avant de rejoindre la prochaine navette, Jim Peabody prit la résolution de bien s’occuper de son invitée, la chouchoutant même jusqu’à son rétablissement complet. Ce qui arriva assez rapidement. Il avait été surpris d’abord de sa présence ici, puis troublé par sa nudité inattendue, la trouvant très belle. Quel âge avait-elle déjà ?

Mais les souvenirs du temps de la compagnie des Indes s’étaient estompés, et dès leurs premiers échanges, le passé semblait oublié…

- Allons Jim, le chahutant, maintenant que vous m’avez vue nue, nous pouvons bien aller nager à poil dans le lagon ? Qu’est-ce que vous en dites, hein ?

Camélia prenait souvent un ton hautain pour s’exprimer, mais c’était son genre. Une manière à elle de faire de l’humour, qu’il n’avait pas compris alors pendant de longues années. Là, il voyait une belle femme, pleine d’entrain et il pensait qu’il aurait tort d’en rester là, que sa vie allait prendre un tournant qu’il n’avait pas prévu.

De son côté, Camélia toisait Jim en levant le menton, et se disait qu’il était à son goût. Qu’elle aimerait le goûter en tous cas…
Se dévorant mutuellement des yeux, ils s’attrapèrent pour s’embrasser avec fougue et passion, se murmurant de concert :

Et si on ratait la prochaine navette ? J’ai idée qu’on a des choses à se dire et du temps à rattraper…Qu’est-ce que vous en dites ? Leurs yeux et leurs mains répondaient pour eux, ils étaient bien décidés à profiter de la vie.

Et côté taille, Camélia  avait décidé de laisser Jim faire à son idée...

Jack Rackham .


Premier titre, nouveau libellé : Histoires sans tain

Photo du milieu : Sharon Stone.

vendredi 17 avril 2020

Sigourney, la 8ème Passagère


 Sa carrière au Cinéma a commencé comme une apparition, accompagnant Woody Allen dans son légendaire film Annie Hall, en 1977. L’essai suivant sera une consécration avec Le film qui bouleversa l’histoire de la SF : ALIEN (1979, R.Scott).


Et coïncidence, l’autre grand bouleversement de la Science-fiction au cinéma aura lieu 30 ans plus tard avec Avatar de James Cameron, utilisant de toutes nouvelles innovations technologiques et numériques pour ce grand film à succès. Sigourney Weaver y incarnant le Dr Grace Augustine, et bouclant la boucle d’Ellen Ripley, lieutenant du vaisseau Nostromo, combattant un passager étranger extraterrestre.

L’actrice tournera trois suites supplémentaires, dont celle de 1986 sous la houlette du même Cameron (Aliens le retour), qui lui vaudra sa première nomination à l’Oscar. En 2012 et 2017 sortiront deux  autres suites sans  l’actrice mais toujours bien présente par son évocation référentielle.

Le reste de la carrière de sigourney est faite néanmoins de beaux rôles, premiers ou seconds, tels :

L’œil du témoin (1981, P.Yates), L’Année de tous les dangers (1982, Weir), SOS Fantômes (1984, Reitman), Escort girl (1986, Swaim), Working Girl (1988, M.Nichols), Gorilles dans la brume (1988, Apted) -ces deux films lui valant deux autres nominations aux Oscars- et SOS Fantômes 2 (1989, Reitman) clôturant cette décennie.
Les suivantes ne manqueront pas de beaux fleurons, même si la saga Alien occultera toujours le reste :

1492 Christophe Colomb (1992, R.Scott), Président d’un Jour (1993, Reitman), La Jeune fille et la Mort (1994, Polanski), Copycat (1995, Amiel) –un des meilleurs standards sur les tueurs en série- Blanche-Neige (1997, Cohn), Galaxy Qvest (1999, Parisot), Le Village (2004, Shyamalan) La Fille du Parc (2007, D.Auburn)…

Et la SF sera toujours bien présente ces dernières années, avec des apparitions dans Paul (2011, Mottola), Exodus, Gods ans Kings (2014, R.Scott)), Chappie (2015, Blomkamp), les remakes SOS Fantômes (2016 et 2020), Quelques minutes après minuit (2016, Bayona), ou faisant la narratrice pour la série Dark Crystal, le Temps de la Résristance (TV 2019). En attendant la sortie d’Avatar 2, en 2021 !

Bref, une longue carrière de rôles d’héroïnes solides et déterminées, jouant rarement les midinettes, plutôt féminine sans être un canon de beauté, mais bien plantée sur son mètre 80, symbolisant la femme moderne et indépendante, parfois vulnérable mais prête à tous les combats…

Du moins pas le genre à céder devant un virus quel qu’il soit, enfilant volontiers la blouse du médecin ou de l’infirmière-soldat pour tenter de le combattre et de pouvoir sauver l’humanité entière !

Sacrée Sigourney

Jack Rackham

samedi 11 avril 2020

Les Jours et les Nuits avec Rita


Le confinement doit monter à la tête, surtout sur les bateaux privés de mer et d’aventures depuis longtemps. On se met alors à ressasser les souvenirs où le tricorne et le panache ne faisait qu’un, ceux des promesses éternelles ou des amours sans lendemain.

Sans réfléchir plus longtemps, les doigts virevoltant sur le clavier avaient choisi la bien-aimée : Rita, à la peau douce, courtisane à la croupe jolie et la langue déliée sachant parler à toutes les âmes. Je pianotais en un sourire ces anecdotes, et devant mes yeux revenaient déjà toutes ces histoires…

Ces massages par une nuit noire jusqu’au bout de nos envies retenues, tendant l’arc de mes jeunes années et pointant là nos futurs rendez-vous ; souvenirs de longs baisers après un soir de rhum, roulant comme deux tonneaux pour des jeux de langues à l’infini, faisant le tour des lieux de nos dentitions ; puis ce premier grand soir de mémoire, osant tout par désespoir sous nos peignoirs, me tournant vers ce gosier assoiffé de gloire ; enfin l’amour sans les mains mais avec plein de doigts, prenant le temps de se goûter enfin et se rassasiant l’un de l’autre…pour la première fois.

Les yeux pleins de ces beaux souvenirs réveillaient ma torpeur de ce confinement obligé, clignant de cette croupe faussement rebelle émerveillant mon entendement, deux belles mappemondes sous mon nez qui me refaisaient la cerise et le monde…Et une taille de guêpe posée dessus qui me donnait l’impression d’avoir de grandes mains.

Ses cheveux longs et noirs donnaient aussi de la majesté à cet ensemble gracieux pendant qu’elle se penchait au dessus de moi pour me donner l’absolution et le sentiment que j’étais un dieu vivant, méritant le meilleur d’elle-même^^

Je relevais le nez de mon clavier, éberlué encore de ces images sorties de l’ombre, et me grattant le tricorne fortement, je réfléchissais à une manière courtoise de relancer nos relations : un petit mot peut-être, une invit’ sur Facebook…

Ou une mouette de paix, alors ?

Je vais y réfléchir...


Ritaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 


Jack Rackham


PS: Aujourd'hui 11 avril, ce sont les 11 ans de ce blog, il fallait que le texte de ce jour soit digne de cet anniversaire.^^



Photos : Monica Bellucci.

samedi 28 mars 2020

Le Magicien 2



"Une drôle de semaine, une drôle de période, de drôles de personnes. Mais je ne suis pas magicien, je suis pirate…"

Tel avait été le post-scriptum de la première publication du « Magicien », écrite sous le coup de la colère, en 2009. Une époque bien lointaine, à la colère bien dérisoire vue d'aujourd’hui.

Avec un petit coup de peinture en plus, pour l’occasion…

*

Il passe de bateau en bateau, pour faire quelques tours de magie, tours de cartes et autres apparitions de lapins…Justement, il est sur le Poséïdon, participant à un un spectacle dont j’ai eu l’idée pour distraire le public de l’île et l’équipage. 

je relève la tête de mon portable, il me sourit. Ses dents blanches inquiètent un peu mais son habit de lumière en impose, c’est un Magicien…

Il a le don de vous faire voir ce qu’il veut, ses mains voltigent et ses cartes mélangent leurs couleurs, le pique se tient à carreau et son trèfle fend le cœur. On ne peut pas dire qu’il plaît aux femmes, mais quand il les charme elles se voient comme il les voit, toutes belles ou pas comme les autres, le temps d’un instant ou même d’un été.

Il ne regarde pas leur condition humaine, peut importe qu’elles soient Comtesses ou femmes de chambres, il les aime comme des femmes entières. 
Justement celle-là lui plaît, elle est cuisinière et a bonne figure. Il l’a repérée après le spectacle de la veille. Tim ma lieutenante est vexée car elle a tout fait pour attirer son attention, mais il ne regarde que l’autre…

C’est vrai qu’elle est belle, intelligente, et il lui conte fleurette comme à ses plus belles heures. Son sourire est enjôleur et sa magie opère. Il raconte ses voyages, ses buts, ses projets, confie ses tours de cartes, ses secrets, ses misères…La fille l’écoute comme une oreille, le Magicien fait tomber son masque, ils sont en harmonie, ils sont heureux…

Les soirées succèdent aux spectacles, lui joue de son art, elle cuisine, ils se retrouvent après et refont le monde, projetant leurs rêves. Faire un projet commun, trouver quelque chose pour se rapprocher, pour ne plus se quitter. Ce sera fait, promis, leurs yeux brillent de mille feux. On ne sait ce que c’est, pas besoin de tout se dire, la chose n’est pas commune et ils se comprennent.

Pourtant au fil du temps, quelque chose à changé. Elle est moins présente et hier, elle a même manqué un spectacle du magicien. Ce n’est pas bien grave, pense-t-il, il y en a tous les soirs…Il se recule un peu pour la laisser respirer, elle a ses projets qui grossissent, un grand mariage à la cour d’un Roi, une publication dans un Almanach, elle se sent le courage de tout…Tout le monde va bien voir ce qu’il va voir !

Sa carrière et sa cuisine prennent de l’ampleur, elle l’a oublié un peu mais de temps en temps, il vient la voir. Ses tours de magie lui paraissent dérisoires à présent, ses recettes à elle dégoulinent d’ambition. Mais elle se sent de plus en plus belle, c’est la Reine du monde avec un ballet de courtisans qui est là pour son miel…Au diable les jaloux !

 Il est là qui la regarde. Il se souvient leurs projets, de leur amour…Ce n’est pas grave, il est content pour elle.

Le Magicien est sur le pont, elle n’est pas venue, comme hier soir, avant-hier et les autres soirs. Il a compris et il va partir. Sa tournée va l’emmener loin, au delà de l’île du Crâne, et il ne la reverra peut-être jamais.

Sa magie a opéré. Comme deux miroirs, il a transmis son reflet sur l’autre, elle croit connaître tout de lui. Son mystère a disparu et elle trouve qu’il est assez banal. Elle, par contre, sent la vie devant elle, a des beaux projets, et justement elle pense à quelqu’un qu’elle a connu jadis, un homme de son pays, elle rêve de celui-là.

Il tourne au bout du quai et va vers une prochaine rencontre, un prochain amour peut-être. Il est habitué à ces vases communicants entre les gens, à se faire dépouiller par ces personnes de son habit de lumière. Il est habitué mais il continuera à parcourir le monde et il va recommencer, encore et encore.

C’est un Magicien…


Jack Rackham.


PS : Depuis longtemps, Roger le Magicien a oublié Zoë la cuisinière. On dit qu’elle a tout laissé tomber. Un homme lui avait brisé le cœur, et prit tout l’argent qu’elle avait gagné. Un homme de son pays, un pirate…^^
  (Photo : Guy Verhofstadt )

Version 1 du Magicien :  Cliquer ici

mercredi 25 mars 2020

La Femme entre les Pages



Son menton est décidé, ses yeux courent sous ses paupières, son corps frémit sans le vouloir, et le livre posé-là raconte son histoire et la berce d’une aventure qu’elle-même n’aurait jamais imaginé.

Tout avait commencé par un début de fin du monde, un grand chambardement qui avait bouleversé la vie des gens et leurs habitudes. Un confinement inattendu, et elle était là coincée dans une grande maison avec un jardin immense, si grand qu’elle n’avait même pas songé à arracher quelques mauvaises herbes qui dépassaient. Son ami Magicien lui avait simplement demandé d’attendre son retour, frigo plein et courses faites pour un régiment. Une pile de livres aussi, rien que des romans d’amour.

Et un petit mot aussi : Pour le reste et en cas d’urgence, appeler Fernand au…

Daniela se mit à dévorer les romans et se plongea hors du temps dans l’ivresse de passions amoureuses savamment racontées. Fermant les yeux, elle sentait des mains la frôler, entendant des mots doux et d’autres plus interdits, ceux qu’elle préférait en fait car l’eau tiède ce n’était pas pour elle…

Elle aimait l’évocation des baisers fougueux, des langues sauvages et expertes, des croupes saisies à pleines mains, des pénétrations multiples et autres us de notaire. Sa peau était tendue et sensible, frissonnant de tous les désirs et une fois la dernière page du dernier livre finie, elle fut comme une femme délaissée à la soif inassouvie. Elle essaya par suggestion de prolonger encore les tréfonds de son imagination mais décidément, elle n’était pas écrivain…

Peut-être que ce Fernand lui amènerait d’autres livres ?

Un peu plus tard, on sonna à la porte. Le soleil rasait encore l’horizon et Daniela mit sa main contre son front pour éviter l’éblouissement de mille étoiles.

-Je suis Fernand, Madame. Et voici les livres…

« Madame ! » Elle secoua la tête en souriant, elle qui n’avait pas trente ans !

Elle le prit par le bras en l’invitant à rentrer, posa les romans sur la table et se dirigea vers le canapé Louis XV. Plus moelleux que d’autres pour certaines occasions.

Croisant bien les jambes sous l’œil du beau Fernand, histoire de lui montrer sa jeunesse encore vivante, elle lui demanda :

Vous faites le jardinier à l’occasion ? On aurait besoin de vous par ici, certaines plantes doivent être taillées et le gazon arrosé…


Jack Rackham


PS : Fernand et Daniela vécurent une belle histoire d’amour on ne dit pas s’ils eurent beaucoup d’enfants mais ils essayèrent, en tous cas !
(Photo: Adam Levine)




vendredi 13 mars 2020

L'Affaire du Coronavirus



Nous avions, avec Bosco et quelques hommes, décidé ce jour-là de faire un tour vers cette Île secrète aux allures de paradis, pour s’y dégourdir les jambes et le reste. Bien nous pris car bientôt le ciel allait s’obscurcir au dessus de nos tricornes et sans le savoir, nous allions devenir les sauveurs du monde…

Nous avions pris, comme de fraîche habitude, le chemin de traverse sous la montagne avant d’arriver vers le Poseidon pour partir en promenade. Un ciel noir d’Apocalypse nappait déjà l’horizon sans qu’on s’en soucie plus que ça car l’important était déjà entre nos paluches : Trois tonneaux de rhum remplis jusqu’à plus-soif pour honorer quelques soirées de parties de cartes « garnies », c'est-à-dire accompagnées de donzelles consentantes venues tout droit du village d’à-côté. Mandelieu-La Napoule, un joli nom prémonitoire de bien des spécialités de la Côte d’Azur.

Nous avions mis un certain temps à traverser ces traboules niçoises, en forme de passage secret rappelant celui d’un héros masqué dont j’avais oublié le nom. Quelques éclairs retentirent même, que nous attendîmes un moment avant de ressortir à l’air libre. Le ciel avait du évacuer par ses orages ses mauvaises pensées car le temps avait retrouvé son bleu ciel. Pourtant, devant le ponton de la goélette traînaient des hommes en souffrance, cherchant leur respiration et crachant du sang. Nous réalisâmes alors que le rhum, les cartes et les filles, ce serait pour une autre fois, en rebroussant chemin et trouvant un peu partout des hommes et femmes atteints par une drôle de maladie respiratoire…

Ne sachant que faire sur le moment, Mildred alla prévenir les demoiselles de La Napoule du changement d’endroit pour la soirée. Mais que ne fut pas notre déception quand on les vit arriver, crachotantes et haletantes, atteintes elles aussi de la terrible maladie. Quelques damoiseaux les accompagnaient aussi, ce qui fendit le cœur de Bosco, les attrapant dans ses gros bras et disant :

- Mais on va pas vous laisser tomber vous non plus, nous on est des vrais pirates : Tartes aux fraises pour tout le monde ! Brandissant le plus gringalet comme un étendard…

Ce fut une belle soirée de communion, d’amour et de rhum qui fit trembler les murs et il y eut des tartes aux fraises et d’autres spécialités pour tout le monde. Au petit matin, on eut l’impression que le mal avait disparu, gars et filles étaient pimpants comme à leur jour de naissance…

Le bruit couru vite sur cette guérison subite et on se passa le mot. Le mal avait envahi beaucoup de territoires de la région et contaminé beaucoup de personnes, surtout celles qui n’avaient pas été protégées de ces orages diurnes.

Bosco et les autres comprirent vite qu’ils pouvaient tirer avantage de ce pouvoir viril inattendu, même s’ils firent don  de litres de leur semence dont on pu faire un antidote. Et même, ils prirent à volonté la route d’autres contrées lointaines pour sauver nombre de personnes atteintes de ce mal presque incurable…

Même si le bougre recommandait toujours d’inoculer lui-même le « vaccin » :

«…Surtout devant le mari, c’est encore meilleur ! »

Sacré Bosco !

Jack le pirate

PS : De mon côté, je m’occupais de mes amies Maia et Orfénique mais ça c’est une autre histoire…^^


Photo du bas : Rocco Siffredi et Amira Casar ( Anatomie de l'enfer/ C. Breillat)