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dimanche 23 novembre 2025

La Dentellière

 


La dentellière, c’est d’abord un livre. De Pascal Lainé. Sorti en 1974, il reçoit à l’automne le célèbre Prix Goncourt…Quelques années plus tard,  Claude Goretta en fait un film. Il sort en 1977. C’est un franc succès et consacre l’actrice Isabelle Huppert pour son rôle-titre.

Me balançant dans mon vieux hamac, je me souviens d’avoir vu ce film durant mes jeunes années. Les mouettes peuvent ricaner mais j’en ai tiré des leçons, un sacré bon film mouais…

C’est l’histoire d’une jeune fille, Béatrice, réservée, silencieuse, qui travaille dans un salon de coiffure. Sa vie, elle la voit simplement, modeste comme ses origines et cela lui va bien. Elle ne fait jamais de vague et fait ce qu’on lui dit, du mieux qu’elle peut. Un jour, sa patronne l’emmène en vacances en bord de mer et elle y rencontre François, un étudiant brillant, un fils de famille…

Elle lui plait, ils s’aiment et il lui présente ses amis, sa famille. Elle, est toujours silencieuse, sage comme une image et ils ont décidé de vivre ensemble. Béatrice n’est pas de son milieu, ses amis ne comprennent pas ce qu’il lui trouve mais c’est comme ça. Elle le prend comme il est, sans rien dire.

Des différences se creusent entre eux, peu à peu. Différences de culture, d’ambition, de mode de vie, tout les sépare en fait. François décide de la quitter et brise leur amour. Elle ne bronche apparemment pas mais subit cette rupture si fort  qu’elle l’envoie en hôpital psychiatrique.

Quelques mois plus tard, François revient  la voir mais rien n’y fait, elle se renferme sur elle-même, toujours silencieuse. Elle arrive au quotidien à surmonter ce désamour en s’adonnant à la dentelle. Comme ces dentellières de jadis, concentrant toute leur énergie et patience sur leur ouvrage. Comme pour oublier un amour perdu ?

Je tire un peu sur ma vieille pipe, envoyant une bouffée de volutes vers les mouettes toussantes, me laissant aussi le temps de réfléchir…

Je pense en ce moment, à une jeune moussaillonne de mes amours, rencontrée sur le net. Rien n’avait pu nous séparer, les amis, la famille, les préjugés, nos cultures et nos habitudes. D’ailleurs, nous sommes toujours ensemble, qui sait…^^

Hum… Rien ne peut séparer des amours qui s’aiment quand ils ne le veulent  pas. Ou alors c’est que leur amour n’est pas si fort, ou qu’il n’est pas réciproque, et à ce moment-là, cela n’a plus d’importance. Non ?

Plein de besos



Jack Rackham

PS : Attention aux pervers narcississiques qui rôdent sur les Goëlettes…Méfi, mes moussaillonnes !



Haut : Johannes Vermeer.

Bas : Affiche du film/Isabelle Huppert.


 

samedi 15 novembre 2025

Jane Austen a encore frappé

 

Quelquefois, même quand on est Capitaine, on traînaille de-ci de-là, à la recherche d’un truc à faire, ou à lire, pour s’occuper quoi. Pourtant, la tâche n’est pas aisée, on a beau se gratter la tête sous le tricorne, on n’a plus d’idée. Les Amours perdues sont bien envolées, , les ambitions professionnelles enterrées, et les sites Porno censurés ou contrôlés. Même faire la cuisine vous dégoûte, les plats cuisinés pas chers étant livrables à domicile sur tous les bons sites…

Puis on tombe sur Jane Austen. Inévitablement. C’est l’auteur à la mode depuis une quinzaine d’année. Finies les Virginia Woolf, les Marguerite Duras et même Agatha Christie survit par ses adaptations locales ou éditions raccourcies. Mes mouettes s’arrachent les griffes tant la bougresse a tissé ses réseaux jusque dans les nids. J’aimerais connaître son agent, tiens !

Jane Austen s’est fait connaitre longtemps après sa mort, de maladie en 1817 à 41 ans, par l’entremise de son neveu avec un livre hommage, sorti en 1869 : « Souvenir de Jane Austen ». Ainsi se relance la carrière posthume de l’auteur de « Raisons et Sentiments » ou « Orgueil .et préjugés », et permet d’éditer des œuvres inédites telle « Persuasion ».

Pourtant, son influence continue encore aujourd’hui auprès des libraires, et même des cinéastes qui font des films autour de son œuvre, racontant des histoires d’amour contrariées en évoquant la condition féminine de l’époque en Angleterre.

Donc, j’ai pu voir, et apprécier, un nouveau film intitulé « Jane Austen a gâché ma vie ». Le titre est ironique mais pas loin de la vérité car le personnage féminin central est à deux doigts de faire les mauvais choix…Mais tout se finit bien, comme dans les romans de Jane. Etonnant, non ?

L’actrice est Camille Rutherford, une franco-britannique au tempérament incontestable et incarnant avec talent son personnage. Car les univers de Jane Austen méritent d’être interprétés par des femmes de caractère. Telles Keira Knightley ou même Katie Mc Grath…

Bon film !

Jack Rackham


Photos : Haut, Katie Mc Grath

Bas, Jane Austen, by Ozias Humphry/ Dessous : Affiche du film .





lundi 16 juin 2025

Les Passages Sucrés

 


La Belle a l’air endormie, malgré ses yeux grand’ ouverts, un livre plaqué sur sa poitrine et retourné à l’envers, face contre les pages lues.

Le titre n’est pas si important même si il doit ressembler à quelque chose comme « La Putain du Rio Grande » ou alors « Gang Bang à Hill Valley ». Le temps s’est arrêté soudain, le souffle coupé par tant d’émotions, les sens malmenés tels des feuilles de palmiers secouées dans tous les sens, si on ose dire.

Elle a joui plusieurs fois, le souffle coupé et le corps tétanisé. La pensée du monde réel est devenue obsolète et l’appétit de nourriture n’est plus qu’un vieux souvenir. La sexualité a remplacé tout le reste…

Elle a profité de chaque seconde, s’appliquant à bien lire chaque passage, chaque mot, transposant dans sa tête les sensations décrites. La lecture est devenue une passion obsessionnelle qui provoque tant de plaisirs chez elle qu’elle ne planifie rien d’autre dans ses journées. Sauf aller chez le libraire du coin, et échanger avec lui sur quelques titres dont il connait bien le contenu. Son petit rire en coin semble à chaque fois comme lui témoigner de sacrés encouragements ou alors il va à la pêche sans savoir. Tant pis…

Elle est déjà prête à replonger dans la tourmente des plaisirs, retenant le signal du départ pour mieux profiter du moment. Ces moments qui vont s’enchaîner, ces passages de lectures suggérant ces belles images pieuses qui égrènent des secondes de secousses orgasmiques. Dans sa tête, elle mime des sexes et des langues, des poils et des  peaux, des respirations haletantes et des transpirations aux odeurs suaves. Les pénétrations succèdent aux léchages, les palpations aux frôlements, on a vite envie de passer d’une séquence à l’autre et on tient le livre entre deux doigts, l’œil esquissant une lecture en diagonale où tout est compris d’instinct.

La fille a presque fini son livre, du moins les derniers passages coquins. Elle aurait envie d’autre chose que ces passages sucrés.

Plutôt de partager des passages secrets avec un beau héros masqué à l’allure virile qui surprendrait vos envies et votre désir, et qui sans vous demander la permission,  traverserait tous vos buissons ardents…

Jack Rackham


Images : Emma Stone (haut) et Guy Williams (bas).

vendredi 26 janvier 2024

Regain again


 Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps. Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à néant ce tavail de Titan.

Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang. Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…

« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression, ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux forgeron, une mamée veuve et un chasseur.

Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de ses cendres…

Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre, abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge, faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.

Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée, lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une protection divine.

Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "

 ♥

Jack Rackham.

*

Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le sujet.

Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.


Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.

dimanche 31 décembre 2023

Comme vous la lisez, cette Lettre

 


Elle avait passé Noël au balcon, attendant un mot de son bien-aimé. Puis la missive était arrivée, sentant bon le désir. Elle retardait à souhait l’explosion de ses émois, c’était une habitude avant de faire sauter le cachet de cire d’un coup d’ongle avisé, cela l’amusait…

Le pli s’ouvrait alors, comme la dalle d’un tombeau, laissant sortir le parfum étrange d’un mystère, dégageant l’atmosphère propice à l’amour. Reculant d’un œil clignotant vers la missive ouverte, son ongle verni fraîchement soulignait la prose interdite, laissant échapper les roses, les baisers et les allusions diverses jusqu’aux plaisirs intenses des pains au chocolat… Puis soupirant comme le soufflet d’une forge haletante, elle se remémorait lentement chaque mot, chaque vers, jusqu’à l’épuisement de son coeur.

Après l’avoir repliée, la lettre était empilée sur les autres, complétant le puzzle de cet amour manuscrit. Tels des pas de danse enchaînés sur la piste, elle avait rêvé cet amour, tournoyant sa croupe dans le vide plus que sur sa couche...

Puis le temps était passé, le bel amant envolé au détour d’un fossé, ne laissant que des lettres et des regrets, la belle Roxane drapée de noir, revivait son amour comme maintes et maintes fois, chaque jour.

La sonnette avait tinté. Son ami Rackham était arrivé, puis fut planté là devant elle, et il lui semblait bien qu’il lui témoignait de l’intérêt. A moins que ce soit de l’affection, tant son pantalon était tendu, aux poches remplies de mouchoirs, ou alors de clefs. Celles de ses coffre-forts, qui sait. Il devait y mettre tant d’amour…

Il ne lui avait rien promis mais il voulait bien lui lire une de ses lettres qui avait tant émoustillé la belle. Un peu d’amusement, comme un cours de diction, son nez semblait pousser, lui donnant un drôle d’air. Un air de Cyrano !

« J’en prends une au hasard ! » s’exclama-t-il, bien décidé à emporter la belle, loin au-delà des mers et bien plus encore.

Pendant qu’il lisait, dédoublant son attention, il la regardait lire, dévorant sa diction et ses intonations comme des friandises. Elle semblait revivre des souvenirs, pleine d’émoi et de transpiration, s’approchant peu à peu de lui, et susurrant à son oreille :

« Comme vous la lisez, cette lettre… »

 

Bonne année 2024 à tous !

Jack Rackham

Edmond Rostand (1868-1918) est l’auteur de la pièce « Cyrano de Bergerac » jouée en 1897 pour la première fois. C’est l’un des plus grand succès du Théâtre français !

 


Photos couv et bas : Anne Brochet dans Cyrano de Bergerac (Rappeneau).

samedi 9 décembre 2023

Le Navire qui tue ses Capitaines

 


Le titre du roman fait office d’incipit, de bande annonce sensationnelle et promotionnelle. Son auteur, un certain Maurice Tillieux, fait là ses débuts et deviendra quelques décennies plus tard un auteur de BD reconnu, surtout pour ses univers « polar » et son humour. Justement les ingrédients qui étayent cette œuvre au titre évocateur…

                                                                     *

Tout commence par un pitch qui la présente comme « une histoire vraie », une évidence en cette année 1943 où la guerre gronde en Europe et sur toute la planète. Nous voguons sur le Taï-Wan, un grand voilier qui s’apprête à doubler le Cap de Bonne espérance, et le premier officier de son équipage, John Hapgate,  subissant une grosse tempête doit demander son avis au Capitaine au moment de larguer la misaine. Mais le Capitaine Miller ne répond pas et on est obligé de défoncer sa porte, croyant à un problème plus grave.

Surprise, la cabine est vide et le hublot verrouillé. Sur la table, un couteau est planté sur un papier où un drôle de message est écrit : 

« Cette nuit du 28 juin, par  X de longitude Est et  X de latitude Sud, le Capitaine Miller a disparu. »

L’officier Hapgate et ses hommes se regardent, incrédules, la lumière de la lampe-tempête qui les éclaire vacille dans la pièce en même temps que leur raison. Le mystère de cette chambre close était bien confirmé par l’absence du Capitaine Miller dans tout le navire…

                                                                    *

Jack referma le livre, un petit sourire en coin, comme donnant l’impression d’une complicité avec son contenu.

- Et vous l’avez-lu en entier ce bouquin ? Lança Bosco, à la sauvette.

- Bien sûr ! Sinon comment…Tenez, vont arriver en scène Dany Lorton, l’armateur du voilier, et sa femme Stella. Une très belle femme, enfin d’après le livre. Tout se passe en Angleterre, vers Liverpool. Il y a aussi un certain Joë Burton  qui fait les détectives, un ami à ce Lorton. Puis il y aura un second voyage du voilier où un autre Capitaine va disparaître. Watson, qu’il s’appelait. Et toujours vers le Cap de Bonne Espérance, il va disparaître…

- Encore ? Et on n’a rien retrouvé du tout, cette fois encore ? Bosco était comme énervé.

- Non, rien. Enfin, pas tout de suite…On a même pensé à un suicide, c’est dire.

- Mouais. Pourtant, avec toutes les morts douces qui existent…Les yeux dans le vague, le cuistot semblait penser à quelque chose. De la tarte aux fraises « empoisonnée » ça pourrait être quelque chose !

- Puis finalement…

- Finalement ? Bosco se releva, curieux.

- Tu n’as qu’à lire le bouquin, tu sauras la fin. D’ailleurs, c’est fait pour ça les livres, si on veut tout savoir, y’a qu’à les lire ! ^^


Sans rancune 

Jack Rackham

Le Navire qui tue ses Capitaines. Editions de l’Elan, 2017. Par Maurice Tillieux, et 15 illustrations de René Follet. 112 pages.

Avec deux dossiers en supplément : Tillieux et l’aventure/ Collection Le Sphinx (préface E. Borgers)

Maurice Tillieux (1921-1978) Auteur belge de BD, c’est Gil Jourdan, Félix et César comme dessinateur et Jess Long, la Ford T, Natacha, La Ribambelle et Tif et Tondu, comme scénariste.



mardi 31 octobre 2023

Résilience(s)

 

Le tricorne à l’envers, posé sur un front plissé par de longues aventures sur toutes les mers du monde, le sieur Jack Rackham profitait du beau temps les bras derrière sa nuque, laissant seulement paraître un certain érotisme illustré par des aisselles aux pilosités étonnantes.

Une donzelle posée par là, se releva puis se cala sous un de ses bras, admirant béatement les dits spécimens, n’écoutant plus alors que son Capitaine qui se mit à clamer clair et fort le titre d’une revue spécialisée empruntée à la bibliothèque du navire :

Résilience(s) !

Son œil éclairait un pourquoi de son ignorance pendant que la barbe qu’il gratouillait en réfléchissant laissait paraître la lumière de sa compréhension imminente. Les arcanes de ce mot pendu à toutes les lèvres venaient de se révéler  à notre pirate bien-aimé, déjà prêt à en restituer les mystères aux bonnes oreilles présentes sur le Poséidon.

Le ciel était bien haut ce jour-là, les mouettes en étaient pourtant absentes et le silence interrompu laissait deviner un grand moment de culture seulement ponctué par les couinements répétés de la grande balançoire du ponton principal. Le Capitaine commença à lire…

 


« On appelle « «Résilience » la capacité d’une personne à surmonter un traumatisme, puis à s’adapter et à se reconstruire après cet évènement. Cela peut être d’ordre affectif comme professionnel, unique ou multiple (voire à répétition pour les plus vulnérables). Si le cycle est immuable, la méthode est variée et même très personnelle à chaque individu.

Après avoir subi cette épreuve (ou ces épreuves), la personne se sentira dans l’obligation d’évoluer pour survivre ou simplement se regarder dans une glace, pour ne pas tomber encore plus bas et garder coûte que coûte l’estime de soi. Réussir à vivre sera le premier objectif, ne serait-ce que pour exister socialement.

Il existe bien entendu des individus qui n’envisageraient jamais de se remettre en question après quelconque événement relationnel ou personnel, étant même persuadé de leur bon droit quels qu’en soient les dégâts psychologiques,  envers l’autre surtout. Les psychopathes ne sont pas pris en compte dans cette étude. Bref…

Ne pas réussir cette résilience peut amener au dégoût de soi et à décider d’en finir. Selon les cas, s’auto-complaire dans la victimisation ou la soumission en est une autre issue.

Au contraire, l’être résilient va réussir à vivre, à survivre. Et ce, selon la violence du choc émotionnel ou physique (ou les deux). Cela peut être :

Un accident routier ou domestique donnant une incapacité ou une amputation, impliquant à son tour une limitation de vie normale. Un viol ou un acte sexuel dégradant (incestueux, par exemple) provoquant une honte ou une haine, une impuissance à effacer de sa mémoire la scène. Un échec professionnel ou amoureux faisant perdre l’estime de soi et accentué par l’implication d’autres personnes pouvant rappeler encore et encore son incompétence ou insuffisance. Quelquefois, il s’agit d’une impuissance généralisée, subie à travers des proches ou même des personnes vues à la télévision (voir les neurones miroir) qu’on ne peut pas aider et ce stress s’accumulant au fil du temps, vous plonge dans de telles affres que seules des drogues ou de l’alcool vous feront supporter encore la vie. Un vrai calvaire !

Comment résister à tous ces chocs de la vie, à y faire face et renaitre de ses cendres ?

L’acceptation de ce traumatisme sera la première étape du processus de résilience, dont le but sera d’en faire table rase pour laisser place à un moi nouveau. Le cerveau humain est d’ailleurs déjà programmé pour ça, préparé à faire le deuil de ce traumatisme insupportable, prêt à se reconstruire par la faculté d’effacement des mauvais souvenirs, et une facilité à se pardonner soi-même dont des malfaisants usent aussi abondamment, n’est-ce pas ? (voir les psychopathes, cités précédemment)


La recherche d’objectivité et la confrontation avec les faits, malgré une bonne volonté sera peut-être difficile et nécessitera l’aide d’un tiers (ou plusieurs) pour garder la ligne directrice recherchée et ne pas basculer vers trop de positivité ou à l’inverse, de négativisme.

Il faudra donc aussi :

Réapprendre à voir le monde comme il est, rééduquer son cerveau pour faire face à son déni initial et accepter la situation irréversible, ne pas chercher de responsable immédiat mais des solutions, s’autoriser l’erreur et l’échec momentané, et surtout essayer d’avancer), de s’aimer un peu soi-même et de reprendre le contrôle de sa vie !

Il faudra alors se trouver un objectif majeur et apprécier chaque petite victoire sur le chemin de cette résilience. Et sans perdre son sens de l’humour, bien sûr ! (ou le retrouver) ^^

Voilà, nous avons prédigéré pour vous ces infos sur la « résilience » mais nous avons aussi recherché des exemples de résilients dans nos collections de films préférés, ceux-ci vous parlant mieux que des exemples théoriques ou impersonnels.

Les voici :


RIO BRAVO (Hawks1959)  Dans un western, un Shérif alcoolique incarné par Dean Martin, commence à se trouver une rédemption, poussant même la chansonnette et se rasant gratis, bien aidé par ses amis John Wayne et Walter Brennan !

LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES (Brando1961)  Marlon Brando est mon résilient préféré, trahi une première fois par son ami Jack, qui remet le couvert en lui brisant la main en le trahissant une deuxième fois. Oula ! Sa résilience va être terrible…

FORREST GUMP (Zemeckis1993)  Surtout pour le « Lieutenant Dan » que joue Gary Sinise et qui, en pleine guerre du Vietnam ne cesse de répéter : « Et Surtout, prenez soin de vos pieds ! ». Après avoir été sauvé par Forrest (Tom Hanks) puis amputé des deux jambes, c’est un bel exemple de reconstruction, physique et morale !

CASABLANCA (Crtiz1942)  Alcool, chagrin d’amour et…Marseillaise ! Humphrey Bogart en patron de bar pendant la guerre, qui retrouve son grand amour (Ingrid Bergman) et doit malgré lui, sauver son…mari !

VERTIGO (Hitchcock1958)  Traumatisé depuis un accident qui coûte la vie à un collègue, James Stewart est sujet au vertige. Ce qui donne une idée à un vieil ami…qui l’entraine dans une spirale meurtrière, où il tombe amoureux deux fois de la même femme (Kim Novak)…sans le savoir !

LA LECON DE PIANO (Campion1992)  Holly Hunter, muette depuis l’enfance et accompagnée de sa fille et son piano, se trouve un mari par correspondance et le rejoint. Sans le vouloir, elle tombe amoureuse d’un voisin indigène (Harvey Keitel), mais son mari n’est pas content et se venge…Sa mutilation lui change la vie et elle trouve enfin  le bonheur ^^  

RETOUR VERS LE FUTUR (Zemeckis1985)  Surtout pour le personnage de George MC Fly, à la destinée d’écrivain SF ! Le destin des Mc Fly change complètement suite à un voyage dans le temps du fils Marty (Michaël J. Fox), où on n’aime pas trop se faire traiter de…mauviette !

LE MAGICIEN D’OZ (Fleming1939)  Tous les personnages principaux sont des résilients : L’homme de paille et son manque de tête, l’homme de fer et son manque de cœur, le lion et son manque de courage, Dorothée, la petite fille et son manque de maturité… Seule reste sur le carreau, la sorcière de l’Ouest. Mince !

SIGNES (Shyamalan2002)  Un prêtre (Mel Gibson) ayant perdu sa femme et sa foi est confronté à l’extraordinaire qui vient tester son intelligence et son intégrité. Toute sa famille se met au diapason pour l’aider à sa rédemption, et même les Aliens !



UN JOUR SANS FIN (Ramis1993)  Un journaliste-météo (Bill Murray) antipathique et misanthrope est contraint de vivre encore et encore la même journée jusqu’à ce qu’il retrouve sa sincérité et trouve aussi l’amour de sa vie (Andie Mc Dowell) ! (la résilience à l’envers)

A L’OMBRE DE LA HAINE (Forster2001)  Un homme blanc, gardien de prison, et une femme noire dont le mari va être exécuté dans le couloir de la mort, sont réunis au hasard du deuil de leurs enfants respectifs. Dans une ambiance pesante de mort et de racisme, ils se rapprochent pour s’apporter une raison de vivre et de l’amour. Deux résiliences se sont croisées ^^ (sans compter une belle scène d’amour torride consacrant la carrière d’Halle Berry !)

THE ARTIST (Hazanavicius 2011)  Le temps du Cinéma où le muet va bientôt laisser sa place au parlant. George Valentin (Dujardin) et Peppy Miller(Bérénice Béjo) sont tombés amoureux mais leurs carrières s’entrecroisent. Elle pour le meilleur du parlant, et lui…Mais sur l’impulsion de Peppy, leur amour renaît de ses cendres et c’est le succès les réunissant dans un numéro de claquettes éblouissant !


Et tant d’autres exemples, à vous de trouver vos films de résilients. Dans le prochain numéro de Résilience(s), vous trouverez… »

 

Avec un  petit rire mutin, le Capitaine posa le magazine soigneusement devant lui et regarda le ciel cherchant quelques mouettes égarées. Il se tourna alors vers la belle moussaillonne encore captivée par cette lecture puis se levant d’un coup en la tenant par la main, l’invita à sa résilience…

On danse, chérie ?

 Pour Jack Rackham, besos.

 




Credit photos : De haut en bas, The Cell film (Jennifer Lopez), The Haunting of Hill House (série), The Silent House (film), Vertigo (James Stewart), Un Jour sans Fin (film), The Artist (film et vidéo) puis The Cell à nouveau. 

vendredi 5 juin 2020

Un Doigt, puis un Autre



Ely est dans son grand bureau, à ressasser ses tourments et ses plans sur la comète. Elle a ouvert les fenêtres pour aérer un peu. Ce monde fou n’est pas fait pour elle mais elle compte bien le refaire, pierre par pierre ou feuillet par feuillet…

La pièce est jonchée de tous ses projets, tous en cours, indispensables à son bien-être, comme des enfants chéris qu’on promène au parc en attendant qu’ils grandissent à tour de rôle. Son esprit est toujours tourné ailleurs, là où son œil ne regarde pas, la clope au bec ou le doigt jauni, comme pointant un mot nouveau ou l’excellence d’une idée nouvelle.

Son cerveau vagabonde vers des mondes secrets dont elle ne parle jamais.  Ou alors avec des gens imaginaires, tels des grands écrivains ou bien des beaux gosses, grands, forts, faits pour cet amour dont on lui parle tant et qui n’existe pas.

La nuit, fronçant encore de ses sourcils de jour, elle rêve de saillies profondes, retournée dans tous les sens, si uniques que giratoires qu’elle se croit au manège et le cul encore tourné essaye d’attraper un ballon au dessus de sa tête. « L’Amour n’existe pas ! » crie-t-elle encore, comme un désespoir ou une provocation pour faire arriver ce qu’on n'espère plus…

Elle tire sur sa cigarette, mimant un geste équivoque et s’étale sur la chaise longue, écartant les jambes en déplaisir, juste pour narguer le sort et imaginer le goût d’un lit d’écrevisses sur la langue d’un éhonté, humant son dessert frivole.

Hum, l’heure est passée. Elle attend quelqu’un…Un vieil ami qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ni grand, ni beau, qu’elle n’imagine même pas dans ses rêves, le fils d’un vieux Capitaine de marine avec qui elle a entretenu une abondante correspondance pendant un moment, puis plus rien. Elle avait bien cru pourtant…

Elle avait ouvert et Sam Le Rouge était là, tricorne à la main, un petit sourire aux lèvres et un bouquet de l’autre côté.

Assis sur un canapé, ils faisaient la conversation comme de vieux amis qui ne s’étaient jamais quittés. Lui parlant de quelque maladie dont il était sorti, elle évoquant les escroqueries d’un imprimeur véreux, ils reprenaient le cours de leur vie commune comme si de rien n’était, se regardant sans l’air d’y toucher telles deux pâtisseries goûteuses qu’on entame peu à peu avec un doigt,  puis un autre…

Jack Rackham

PS : J’aime les histoires qui ont un faux air d’Orgueil et Préjugés^^
Photos : Nicole Kidman dans The Hours (Daldry 2002)




lundi 27 avril 2020

Kim, revenue d'Entre les morts


John (Scottie) tenait fermement la main de Madeleine, ou plutôt de Judy le prénom qu’elle portait quand il l’avait rencontrée la seconde fois-fruit de l’arnaque montée de toute pièce par son ami Gavin-et il savait qu’il ne la lâcherait pas. Pas cette fois…

Le destin lui avait accordé une chance supplémentaire et là, il ne la laisserait pas passer. Il regardait Madeleine qui transpirait abondamment, suspendue dans le vide, et il la ramenait vers lui, lentement et aussi solidement que si leurs mains étaient soudées comme deux étaux. Elle, posant un premier pied nu sur le rebord du parapet, il la pressait contre lui et respirait son odeur forte de transpiration et de maquillage réunis, ce qui l’excitait plus encore d’être contre elle.

Il la serra encore et elle se blottit soulagée, imaginant la fin horrible qui lui aurait été promise. Ils se sourirent mutuellement puis s’embrassèrent, lentement et avec un certain délice de ce sauvetage inattendu.

En un instant, John lui pardonna tout et Kim se mit à l’aimer, plus encore de ce pardon ressenti. Les deux oublièrent même le complice instigateur de ce stratagème qui avait exécuté sa propre femme et vivait quelque part en ignorant tout de ces nouveaux ressorts de destinée. Après tout, peu importait…

Se tenant par la main, John et Madeleine se dirigèrent vers les escaliers de bois en saluant la Mère religieuse qui était restée là, tétanisée par la succession de tous ces évènements. Puis ils dévalèrent toutes les marches jusqu’en bas puis rejoignirent la Buick, garée dans l’allée devant l’église. Ils regardèrent les arches blanches une dernière fois, comme pour dire adieu à une malédiction.

 Tout alla très vite ensuite : Décidant de quitter le pays, car ils ne voulaient plus croiser Gavin dans les parages et ne pouvant le dénoncer sans compromettre Madeleine/Judy, ils prirent la direction de l’Europe comme pour un voyage de noces, John voulant se faire pardonner de sa reconstitution théâtrale qui avait failli mal tourner. Et ils ne tardèrent pas à se marier effectivement, sitôt fait leur nouvelle vie, avec de nouveaux voisins, de nouveaux amis.

Mais ils n’eurent pas d’enfant malgré le grand amour qui les unissait, John étant trop jaloux, peut-être la peur d’avoir un concurrent trop direct…^^

Elle garda sa teinture blonde et cette coupe de cheveux qu’il aimait tant, mais aussi ce prénom, Madeleine. Il était comme le lien entre l’ancien et ce nouvel Amour, le gardien de tous ces souvenirs. Ce moment où il l’avait déshabillée de retour de cette fausse noyade du pont de San Francisco où elle faisait semblant d’être évanouie, ce linge étendu sur le fil aux accents impudiques, cette carpette aux allures de peau de bête animale.

Ils n’avaient jamais reparlé de ce moment-là, mais le refaisaient en pensée prolongeant le plaisir à l’infini, dans des multitudes de variations qu’ils n’auraient pas imaginé avec un(e) autre...

Jack Rackham

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Vertigo (Sueurs froides) est un film d’Alfred Hichcock sorti en 1958 racontant l’histoire d’un homme (James Stewart) sujet au vertige, victime d’une machination par un vieil ami qui veut se débarrasser de sa femme. Engageant une actrice (Kim Novak) qui lui ressemble, il se sert du vertige de l’homme pour élaborer son plan : lui faire croire à la dépression de sa femme puis à son suicide. Le moment venu,  l’homme est donc incapable de sauver la femme à cause de son infirmité, pendant que de son côté, l’ami a déjà tué sa vraie femme, donnant le change avec le faux suicide de l’actrice. Convalescent après cette tragédie dont il est le témoin involontaire, il retombe par hasard dans la rue sur l’actrice, puis peu à peu va tout découvrir…Jusqu’à la mort accidentelle de celle-ci, dans des circonstances identiques à la première, alors qu’il a réussi à vaincre son vertige !

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Kim Novak (interprétant Madeleine/Judy) est née en 1933 et tournera en 1958 « Vertigo », son seul film sous la houlette du grand maître Alfred Hitchcock.

Sa carrière commence en 1953. Entre autres, ce furent : Picnic (1955), L’Homme au bras d’Or (Preminger 1955), Tu seras un Homme, mon fils (1956), La Blonde ou la rousse (1957), L’Adorable voisine (1958), L’Inquiétante Dame en noir (1962), Embrasse-moi Idiot (Wilder 1964), Les aventures amoureuses de Moll Flanders (T.Young 1965), Le Démon des Femmes (Aldrich 1968), Le Triangle du Diable (1975 TV),  Le Miroir se brisa (1980), et elle tourne son dernier film en 1991 (Traumatismes).

Nota : Elle a été doublée dans Vertigo par Nadine Alari. Et Judy est remplacé par « Lucy » en version française.




Et Vertigo est une adaptation du roman de Boileau-Narcejac : D'Entre les Morts (1954)

Photos : Avec James Stewart/affiche de Vertigo/Kim novak seule.

mercredi 25 mars 2020

La Femme entre les Pages



Son menton est décidé, ses yeux courent sous ses paupières, son corps frémit sans le vouloir, et le livre posé-là raconte son histoire et la berce d’une aventure qu’elle-même n’aurait jamais imaginé.

Tout avait commencé par un début de fin du monde, un grand chambardement qui avait bouleversé la vie des gens et leurs habitudes. Un confinement inattendu, et elle était là coincée dans une grande maison avec un jardin immense, si grand qu’elle n’avait même pas songé à arracher quelques mauvaises herbes qui dépassaient. Son ami Magicien lui avait simplement demandé d’attendre son retour, frigo plein et courses faites pour un régiment. Une pile de livres aussi, rien que des romans d’amour.

Et un petit mot aussi : Pour le reste et en cas d’urgence, appeler Fernand au…

Daniela se mit à dévorer les romans et se plongea hors du temps dans l’ivresse de passions amoureuses savamment racontées. Fermant les yeux, elle sentait des mains la frôler, entendant des mots doux et d’autres plus interdits, ceux qu’elle préférait en fait car l’eau tiède ce n’était pas pour elle…

Elle aimait l’évocation des baisers fougueux, des langues sauvages et expertes, des croupes saisies à pleines mains, des pénétrations multiples et autres us de notaire. Sa peau était tendue et sensible, frissonnant de tous les désirs et une fois la dernière page du dernier livre finie, elle fut comme une femme délaissée à la soif inassouvie. Elle essaya par suggestion de prolonger encore les tréfonds de son imagination mais décidément, elle n’était pas écrivain…

Peut-être que ce Fernand lui amènerait d’autres livres ?

Un peu plus tard, on sonna à la porte. Le soleil rasait encore l’horizon et Daniela mit sa main contre son front pour éviter l’éblouissement de mille étoiles.

-Je suis Fernand, Madame. Et voici les livres…

« Madame ! » Elle secoua la tête en souriant, elle qui n’avait pas trente ans !

Elle le prit par le bras en l’invitant à rentrer, posa les romans sur la table et se dirigea vers le canapé Louis XV. Plus moelleux que d’autres pour certaines occasions.

Croisant bien les jambes sous l’œil du beau Fernand, histoire de lui montrer sa jeunesse encore vivante, elle lui demanda :

Vous faites le jardinier à l’occasion ? On aurait besoin de vous par ici, certaines plantes doivent être taillées et le gazon arrosé…


Jack Rackham


PS : Fernand et Daniela vécurent une belle histoire d’amour on ne dit pas s’ils eurent beaucoup d’enfants mais ils essayèrent, en tous cas !
(Photo: Adam Levine)




vendredi 14 février 2020

La Vie de Claire Bretécher (1940-2020)


Je ne sais si vous le savez mais Jack Rackham était un pirate qui voguait sur les mers assisté de deux femmes, des lieutenantes habillées en habits d’hommes pour éviter les envies et la médisance.

Pas étonnant qu’au-delà des mers, il ait toujours aimé toute sorte de moussaillonnes, artistes, écrivaines et dessinatrices…Claire Brétécher faisait partie de celles-là, pionnière des grandes bédéistes, à la plume personnelle et au ton incisif.

Première de promotion a avoir eu le Grand Prix d’Angoulême en 1982, elle est partie rejoindre les Choron, Goscinny, Reiser, Gotlib, et Cabu qui l’avaient précédé au royaume des impertinents talentueux.

Tu vas nous manquer, Claire…



*
Elle est l’auteure BD de :

Les Gnangnan, Les Naufragés (avec Cauvin), Baratine et Molgaga, Robin les Foies, Cellulite, Tulipe et Minibus (avec Hubuc), Salades de Saison, Fernand l’Orphelin (avec Delporte), les Amours écologiques du Bolot occidental, les Frustrés, Thérèse d’Avila, les Mères, le Destin de Monique, Dr Ventouse, Agrippine, Tourista…et autres récits, de 1967 à ce jour dans divers magazines et albums.

Sans compter les illustrations, le théâtre, la peinture et le dessin d’art !



mercredi 25 septembre 2019

Comme Daredevil



Les apparences sont parfois trompeuses, même quand on revêt son habit du dimanche de Capitaine. Celui d’un pirate de pacotille nommé Rackham Le Rouge…Calé entre les cordes et le bastingage, je raconte mes aventures imaginaires, perdues entre mes amours et les films de Cinéma qui m’ont fait rêver. Et aujourd’hui, j’ai envie de raconter ce héros pourpre aux petites cornes de diablotin, se balançant d’un  immeuble à l’autre avec sa canne amovible d’aveugle, écoutant les appels de la ville hurlante pour sauver les femmes, les orphelines et les veuves livrées aux malfaisants : Daredevil !

J’avais découvert ce casse-cou dans Strange, magazine français BD des éditions Marvel au milieu des années 70, époque où on pensait que le racisme, la misogynie, la pauvreté, les violences physiques ou morales seraient éradiquées un jour. Près de 50 ans après, j’ai l’impression que tout ça a à peine changé et que seules les sciences via la micro-informatique ont fait avancer le monde. Depuis, les abonnements à des chaines numériques ont juste concurrencé fortement le cinéma dans les salles, amenant pourtant via Netflix la version de Daredevil en série à épisodes. 39 épisodes diffusés de 2015 à 2018, d’une grande qualité graphique et scénaristique, Charlie Cox prenant les traits de Matt Murdock alias Daredevil. Deborah Ann Voll y incarne Karen Page la secrétaire-juriste et Elden Henson, « Foggy » le fidèle ami et associé. Le méchant est interprété par l’inoubliable et sanguinaire Vincent d’Onofrio, la ravissante chirurgienne qui panse les plaies du héros masqué est Rosario Dawson, et son mentor de jeunesse des arts martiaux joué par Scott Glenn…

Non, le monde n’a pas changé. Certains hommes continuent leurs harcèlements, allant très loin pour attraper leur proie, jusque dans les milieux du Cinéma.. Sans compter ce nouveau mot, pour compter un nombre de mortes, victimes de ces jaloux, impuissants, narcissiques et tueurs : « Féminicides ».

Mais qui sait, tapi sur un toit ou dans une ruelle sombre, écoutant les voix et son cœur, il est là qui est prêt à bondir et mettre une raclée à ces couilles molles qui terrorisent leur femme et leurs enfants.

Daredevil est là…


Jack Rackham