La dentellière, c’est
d’abord un livre. De Pascal Lainé. Sorti en 1974, il reçoit à l’automne le
célèbre Prix Goncourt…Quelques années plus tard,Claude Goretta en fait un film. Il sort en
1977. C’est un franc succès et consacre l’actrice Isabelle Huppert pour son
rôle-titre.
Me balançant dans mon vieux
hamac, je me souviens d’avoir vu ce film durant mes jeunes années. Les mouettes
peuvent ricaner mais j’en ai tiré des leçons, un sacré bon film mouais…
C’est l’histoire d’une jeune
fille, Béatrice, réservée, silencieuse, qui travaille dans un salon de
coiffure. Sa vie, elle la voit simplement, modeste comme ses origines et cela
lui va bien. Elle ne fait jamais de vague et fait ce qu’on lui dit, du mieux
qu’elle peut. Un jour, sa patronne l’emmène en vacances en bord de mer et elle
y rencontre François, un étudiant brillant, un fils de famille…
Elle lui plait, ils s’aiment
et il lui présente ses amis, sa famille. Elle, est toujours silencieuse, sage
comme une image et ils ont décidé de vivre ensemble. Béatrice n’est pas de son
milieu, ses amis ne comprennent pas ce qu’il lui trouve mais c’est comme ça.
Elle le prend comme il est, sans rien dire.
Des différences se creusent
entre eux, peu à peu. Différences de culture, d’ambition, de mode de vie, tout
les sépare en fait. François décide de la quitter et brise leur amour. Elle ne
bronche apparemment pas mais subit cette rupture si fort qu’elle l’envoie en hôpital psychiatrique.
Quelques mois plus tard, François revientla voir mais rien n’y fait, elle se
renferme sur elle-même, toujours silencieuse. Elle arrive au quotidien à
surmonter ce désamour en s’adonnant à la dentelle. Comme ces dentellières de
jadis, concentrant toute leur énergie et patience sur leur ouvrage. Comme pour
oublier un amour perdu ?
Je tire un peu sur ma vieille pipe, envoyant une bouffée de
volutes vers les mouettes toussantes, me laissant aussi le temps de réfléchir…
Je pense en ce moment, à une jeune moussaillonne de mes
amours, rencontrée sur le net. Rien n’avait pu nous séparer, les amis, la
famille, les préjugés, nos cultures et nos habitudes. D’ailleurs, nous sommes
toujours ensemble, qui sait…^^
Hum… Rien ne peut séparer des amours qui s’aiment quand ils
ne le veulentpas. Ou alors c’est que
leur amour n’est pas si fort, ou qu’il n’est pas réciproque, et à ce moment-là,
cela n’a plus d’importance. Non ?
Plein de besos ♥
Jack Rackham
PS : Attention aux
pervers narcississiques qui rôdent sur les Goëlettes…Méfi, mes moussaillonnes !
Quelquefois, même quand on
est Capitaine, on traînaille de-ci de-là, à la recherche d’un truc à faire, ou à
lire, pour s’occuper quoi. Pourtant, la tâche n’est pas aisée, on a beau se
gratter la tête sous le tricorne, on n’a plus d’idée. Les Amours perdues sont
bien envolées, , les ambitions professionnelles enterrées, et les sites Porno
censurés ou contrôlés. Même faire la cuisine vous dégoûte, les plats cuisinés
pas chers étant livrables à domicile sur tous les bons sites…
Puis on tombe sur Jane
Austen. Inévitablement. C’est l’auteur à la mode depuis une quinzaine d’année.
Finies les Virginia Woolf, les Marguerite Duras et même Agatha Christie survit
par ses adaptations locales ou éditions raccourcies. Mes mouettes s’arrachent
les griffes tant la bougresse a tissé ses réseaux jusque dans les nids.
J’aimerais connaître son agent, tiens !
Jane Austen s’est fait
connaitre longtemps après sa mort, de maladie en 1817 à 41 ans, par l’entremise
de son neveu avec un livre hommage, sorti en 1869 : « Souvenir de
Jane Austen ». Ainsi se relance la carrière posthume de l’auteur de
« Raisons et Sentiments » ou « Orgueil .et préjugés », et
permet d’éditer des œuvres inédites telle « Persuasion ».
Pourtant, son influence
continue encore aujourd’hui auprès des libraires, et même des cinéastes qui
font des films autour de son œuvre, racontant des histoires d’amour contrariées
en évoquant la condition féminine de l’époque en Angleterre.
Donc, j’ai pu voir, et
apprécier, un nouveau film intitulé « Jane Austen a gâché ma vie ».
Le titre est ironique mais pas loin de la vérité car le personnage féminin
central est à deux doigts de faire les mauvais choix…Mais tout se finit bien,
comme dans les romans de Jane. Etonnant, non ?
L’actrice est Camille
Rutherford, une franco-britannique au tempérament incontestable et incarnant
avec talent son personnage. Car les univers de Jane Austen méritent d’être
interprétés par des femmes de caractère. Telles Keira Knightley ou même Katie
Mc Grath…
Bon film !
Jack Rackham
Photos : Haut, Katie Mc Grath
Bas, Jane Austen, by Ozias Humphry/ Dessous : Affiche du film .
La Belle a l’air endormie, malgré ses yeux grand’ ouverts, un
livre plaqué sur sa poitrine et retourné à l’envers, face contre les pages
lues.
Le titre n’est pas si important même si il doit ressembler à
quelque chose comme « La Putain du Rio Grande » ou alors « Gang
Bang à Hill Valley ». Le temps s’est arrêté soudain, le souffle coupé par
tant d’émotions, les sens malmenés tels des feuilles de palmiers secouées dans
tous les sens, si on ose dire.
Elle a joui plusieurs fois, le souffle coupé et le corps tétanisé.
La pensée du monde réel est devenue obsolète et l’appétit de nourriture n’est
plus qu’un vieux souvenir. La sexualité a remplacé tout le reste…
Elle a profité de chaque seconde, s’appliquant à bien lire
chaque passage, chaque mot, transposant dans sa tête les sensations décrites.
La lecture est devenue une passion obsessionnelle qui provoque tant de plaisirs
chez elle qu’elle ne planifie rien d’autre dans ses journées. Sauf aller chez
le libraire du coin, et échanger avec lui sur quelques titres dont il connait bien
le contenu. Son petit rire en coin semble à chaque fois comme lui témoigner de
sacrés encouragements ou alors il va à la pêche sans savoir. Tant pis…
Elle est déjà prête à replonger dans la tourmente des
plaisirs, retenant le signal du départ pour mieux profiter du moment. Ces
moments qui vont s’enchaîner, ces passages de lectures suggérant ces belles
images pieuses qui égrènent des secondes de secousses orgasmiques. Dans sa
tête, elle mime des sexes et des langues, des poils et despeaux, des respirations haletantes et des
transpirations aux odeurs suaves. Les pénétrations succèdent aux léchages, les
palpations aux frôlements, on a vite envie de passer d’une séquence à l’autre
et on tient le livre entre deux doigts, l’œil esquissant une lecture en
diagonale où tout est compris d’instinct.
La fille a presque fini son livre, du moins les derniers passages
coquins. Elle aurait envie d’autre chose que ces passages sucrés.
Plutôt de partager des passages secrets avec un beau héros
masqué à l’allure virile qui surprendrait vos envies et votre désir, et qui sans vous demander la permission, traverserait tous vos buissons ardents…
Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité
de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et
tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu
aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est
périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps.
Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à
néant ce tavail de Titan.
Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard
et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs
soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang.
Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux
aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…
« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on
aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression,
ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux
forgeron, une mamée veuve et un chasseur.
Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à
rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de
rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa
dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se
mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine
que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de
ses cendres…
Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre,
abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de
charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge,
faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit
village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent
à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.
Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie
où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va
emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son
village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée,
lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une
protection divine.
Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir
produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et
éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent
ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant
même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "
♥
Jack Rackham.
*
Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et
donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations
de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol
d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le
sujet.
Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.
Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.
Elle avait passé Noël au balcon,
attendant un mot de son bien-aimé. Puis la missive était arrivée, sentant bon le
désir. Elle retardait à souhait l’explosion de ses émois, c’était une habitude
avant de faire sauter le cachet de cire d’un coup d’ongle avisé, cela l’amusait…
Le pli s’ouvrait alors, comme la
dalle d’un tombeau, laissant sortir le parfum étrange d’un mystère, dégageant l’atmosphère
propice à l’amour. Reculant d’un œil clignotant vers la missive ouverte, son
ongle verni fraîchement soulignait la prose interdite, laissant échapper les
roses, les baisers et les allusions diverses jusqu’aux plaisirs intenses des
pains au chocolat… Puis soupirant comme le soufflet d’une forge haletante, elle
se remémorait lentement chaque mot, chaque vers, jusqu’à l’épuisement de son
coeur.
Après l’avoir repliée, la lettre
était empilée sur les autres, complétant le puzzle de cet amour manuscrit. Tels
des pas de danse enchaînés sur la piste, elle avait rêvé cet amour, tournoyant
sa croupe dans le vide plus que sur sa couche...
Puis le temps était passé, le bel amant
envolé au détour d’un fossé, ne laissant que des lettres et des regrets, la
belle Roxane drapée de noir, revivait son amour comme maintes et maintes fois,
chaque jour.
La sonnette avait tinté. Son ami Rackham
était arrivé, puis fut planté là devant elle, et il lui semblait bien qu’il lui
témoignait de l’intérêt. A moins que ce soit de l’affection, tant son pantalon était
tendu, aux poches remplies de mouchoirs, ou alors de clefs. Celles de ses
coffre-forts, qui sait. Il devait y mettre tant d’amour…
Il ne lui avait rien promis mais il
voulait bien lui lire une de ses lettres qui avait tant émoustillé la belle. Un
peu d’amusement, comme un cours de diction, son nez semblait pousser, lui
donnant un drôle d’air. Un air de Cyrano !
« J’en prends une au hasard ! »
s’exclama-t-il, bien décidé à emporter la belle, loin au-delà des mers et bien
plus encore.
Pendant qu’il lisait, dédoublant son
attention, il la regardait lire, dévorant sa diction et ses intonations comme
des friandises. Elle semblait revivre des souvenirs, pleine d’émoi et de
transpiration, s’approchant peu à peu de lui, et susurrant à son oreille :
« Comme
vous la lisez, cette lettre… »
Bonne année
2024 à tous !
Jack Rackham
♥
Edmond Rostand (1868-1918) est l’auteur de la pièce « Cyrano
de Bergerac » jouée en 1897 pour la première fois. C’est l’un des plus
grand succès du Théâtre français !
Photos couv et bas : Anne Brochet dans Cyrano de Bergerac (Rappeneau).
Le titre du roman fait office d’incipit,
de bande annonce sensationnelle et promotionnelle. Son auteur, un certain
Maurice Tillieux, fait là ses débuts et deviendra quelques décennies plus tard un
auteur de BD reconnu, surtout pour ses univers « polar » et son
humour. Justement les ingrédients qui étayent cette œuvre au titre évocateur…
*
Tout commence par un pitch qui la
présente comme « une histoire vraie », une évidence en cette année
1943 où la guerre gronde en Europe et sur toute la planète. Nous voguons sur le
Taï-Wan, un grand voilier qui s’apprête à doubler le Cap de Bonne espérance, et
le premier officier de son équipage, John Hapgate, subissant une grosse tempête doit demander son
avis au Capitaine au moment de larguer la misaine. Mais le Capitaine Miller ne
répond pas et on est obligé de défoncer sa porte, croyant à un problème plus grave.
Surprise, la cabine est vide et le
hublot verrouillé. Sur la table, un couteau est planté sur un papier où un
drôle de message est écrit :
« Cette nuit du 28 juin,
parX de longitude Est etX de latitude Sud, le Capitaine Miller a
disparu. »
L’officier Hapgate et ses hommes se
regardent, incrédules, la lumière de la lampe-tempête qui les éclaire vacille
dans la pièce en même temps que leur raison. Le mystère de cette chambre close était
bien confirmé par l’absence du Capitaine Miller dans tout le navire…
*
Jack referma le livre, un petit
sourire en coin, comme donnant l’impression d’une complicité avec son contenu.
- Et vous l’avez-lu en entier ce
bouquin ? Lança Bosco, à la sauvette.
- Bien sûr ! Sinon comment…Tenez,
vont arriver en scène Dany Lorton, l’armateur du voilier, et sa femme Stella.
Une très belle femme, enfin d’après le livre. Tout se passe en Angleterre, vers
Liverpool. Il y a aussi un certain Joë Burtonqui fait les détectives, un ami à ce Lorton. Puis il y aura un second
voyage du voilier où un autre Capitaine va disparaître. Watson, qu’il s’appelait.
Et toujours vers le Cap de Bonne Espérance, il va disparaître…
- Encore ? Et on n’a rien retrouvé
du tout, cette fois encore ? Bosco était comme énervé.
- Non, rien. Enfin, pas tout de suite…On
a même pensé à un suicide, c’est dire.
- Mouais. Pourtant, avec toutes les
morts douces qui existent…Les yeux dans le vague, le cuistot semblait penser à
quelque chose. De la tarte aux fraises « empoisonnée » ça pourrait
être quelque chose !
- Puis finalement…
- Finalement ? Bosco se releva,
curieux.
- Tu n’as qu’à lire le bouquin, tu
sauras la fin. D’ailleurs, c’est fait pour ça les livres, si on veut tout
savoir, y’a qu’à les lire ! ^^
Sans rancune♥
Jack Rackham
Le Navire qui tue ses Capitaines. Editions de l’Elan, 2017. Par Maurice
Tillieux, et 15 illustrations de René Follet. 112 pages.
Avec deux dossiers
en supplément : Tillieux et l’aventure/ Collection Le Sphinx (préface E.
Borgers)
Maurice Tillieux (1921-1978) Auteur
belge de BD, c’est Gil Jourdan, Félix et César comme dessinateur et Jess Long,
la Ford T, Natacha, La Ribambelle et Tif et Tondu, comme scénariste.
Le tricorne à l’envers, posé sur un front plissé par de
longues aventures sur toutes les mers du monde, le sieur Jack Rackham profitait
du beau temps les bras derrière sa nuque, laissant seulement paraître un
certain érotisme illustré par des aisselles aux pilosités étonnantes.
Une donzelle posée par là, se releva puis se cala sous un de
ses bras, admirant béatement les dits spécimens, n’écoutant plus alors que son
Capitaine qui se mit à clamer clair et fort le titre d’une revue spécialisée
empruntée à la bibliothèque du navire :
- Résilience(s) !
Son œil éclairait un pourquoi de son ignorance pendant que la
barbe qu’il gratouillait en réfléchissant laissait paraître la lumière de sa
compréhension imminente. Les arcanes de ce mot pendu à toutes les lèvres
venaient de se révéler à notre pirate
bien-aimé, déjà prêt à en restituer les mystères aux bonnes oreilles présentes
sur le Poséidon.
Le ciel était bien haut ce jour-là, les mouettes en étaient
pourtant absentes et le silence interrompu laissait deviner un grand moment de
culture seulement ponctué par les couinements répétés de la grande balançoire
du ponton principal. Le Capitaine commença à lire…
« On appelle « «Résilience » la capacité d’une
personne à surmonter un traumatisme, puis à s’adapter et à se reconstruire
après cet évènement. Cela peut être d’ordre affectif comme professionnel,
unique ou multiple (voire à répétition pour les plus vulnérables). Si le cycle
est immuable, la méthode est variée et même très personnelle à chaque individu.
Après avoir subi cette épreuve (ou ces épreuves), la personne
se sentira dans l’obligation d’évoluer pour survivre ou simplement se regarder
dans une glace, pour ne pas tomber encore plus bas et garder coûte que coûte
l’estime de soi. Réussir à vivre sera le premier objectif, ne serait-ce que
pour exister socialement.
Il existe bien entendu des individus qui n’envisageraient
jamais de se remettre en question après quelconque événement relationnel ou
personnel, étant même persuadé de leur bon droit quels qu’en soient les dégâts
psychologiques,envers l’autre surtout.
Les psychopathes ne sont pas pris en compte dans cette étude. Bref…
Ne pas réussir cette résilience peut amener au dégoût de soi
et à décider d’en finir. Selon les cas, s’auto-complaire dans la victimisation
ou la soumission en est une autre issue.
Au contraire, l’être résilient va réussir à vivre, à
survivre. Et ce, selon la violence du choc émotionnel ou physique (ou les
deux). Cela peut être :
Un accident routier ou domestique donnant une incapacité ou
une amputation, impliquant à son tour une limitation de vie normale. Un viol ou
un acte sexuel dégradant (incestueux, par exemple) provoquant une honte ou une
haine, une impuissance à effacer de sa mémoire la scène. Un échec professionnel
ou amoureux faisant perdre l’estime de soi et accentué par l’implication
d’autres personnes pouvant rappeler encore et encore son incompétence ou insuffisance.
Quelquefois, il s’agit d’une impuissance généralisée, subie à travers des
proches ou même des personnes vues à la télévision (voir les neurones miroir)
qu’on ne peut pas aider et ce stress s’accumulant au fil du temps, vous plonge
dans de telles affres que seules des drogues ou de l’alcool vous feront
supporter encore la vie. Un vrai calvaire !
Comment résister à tous ces chocs de la vie, à y faire face
et renaitre de ses cendres ?
L’acceptation de ce traumatisme sera la première étape du
processus de résilience, dont le but sera d’en faire table rase pour laisser
place à un moi nouveau. Le cerveau humain est d’ailleurs déjà programmé pour ça,
préparé à faire le deuil de ce traumatisme insupportable, prêt à se
reconstruire par la faculté d’effacement des mauvais souvenirs, et une facilité
à se pardonner soi-même dont des malfaisants usent aussi abondamment, n’est-ce
pas ? (voir les psychopathes, cités précédemment)
La recherche d’objectivité et la confrontation avec les
faits, malgré une bonne volonté sera peut-être difficile et nécessitera l’aide
d’un tiers (ou plusieurs) pour garder la ligne directrice recherchée et ne pas
basculer vers trop de positivité ou à l’inverse, de négativisme.
Il faudra donc aussi :
Réapprendre à voir le monde comme il est, rééduquer son
cerveau pour faire face à son déni initial et accepter la situation
irréversible, ne pas chercher de responsable immédiat mais des solutions,
s’autoriser l’erreur et l’échec momentané, et surtout essayer d’avancer), de s’aimer
un peu soi-même et de reprendre le contrôle de sa vie !
Il faudra alors se trouver un objectif majeur et apprécier
chaque petite victoire sur le chemin de cette résilience. Et sans perdre son
sens de l’humour, bien sûr ! (ou le retrouver) ^^
Voilà, nous avons prédigéré pour vous ces infos sur la
« résilience » mais nous avons aussi recherché des exemples de résilients
dans nos collections de films préférés, ceux-ci vous parlant mieux que des
exemples théoriques ou impersonnels.
Les voici :
RIO BRAVO (Hawks1959)Dans
un western, un Shérif alcoolique incarné par Dean Martin, commence à se trouver
une rédemption, poussant même la chansonnette et se rasant gratis, bien aidé
par ses amis John Wayne et Walter Brennan !
LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES (Brando1961)Marlon Brando est mon résilient préféré,
trahi une première fois par son ami Jack, qui remet le couvert en lui brisant
la main en le trahissant une deuxième fois. Oula ! Sa résilience va être
terrible…
FORREST GUMP (Zemeckis1993)Surtout pour le « Lieutenant Dan » que joue Gary Sinise et qui,
en pleine guerre du Vietnam ne cesse de répéter : « Et Surtout, prenez
soin de vos pieds ! ». Après avoir été sauvé par Forrest (Tom Hanks)
puis amputé des deux jambes, c’est un bel exemple de reconstruction, physique
et morale !
CASABLANCA (Crtiz1942)Alcool, chagrin d’amour et…Marseillaise ! Humphrey Bogart en patron
de bar pendant la guerre, qui retrouve son grand amour (Ingrid Bergman) et doit
malgré lui, sauver son…mari !
VERTIGO (Hitchcock1958)Traumatisé depuis un accident qui coûte la vie à un collègue, James
Stewart est sujet au vertige. Ce qui donne une idée à un vieil ami…qui
l’entraine dans une spirale meurtrière, où il tombe amoureux deux fois de la
même femme (Kim Novak)…sans le savoir !
LA LECON DE PIANO (Campion1992)Holly Hunter, muette depuis l’enfance et
accompagnée de sa fille et son piano, se trouve un mari par correspondance et
le rejoint. Sans le vouloir, elle tombe amoureuse d’un voisin indigène (Harvey
Keitel), mais son mari n’est pas content et se venge…Sa mutilation lui change
la vie et elle trouve enfinle bonheur
^^
RETOUR VERS LE FUTUR (Zemeckis1985)Surtout pour le personnage de George MC Fly,
à la destinée d’écrivain SF ! Le destin des Mc Fly change complètement
suite à un voyage dans le temps du fils Marty (Michaël J. Fox), où on n’aime pas
trop se faire traiter de…mauviette !
LE MAGICIEN D’OZ (Fleming1939)Tous les personnages principaux sont des
résilients : L’homme de paille et son manque de tête, l’homme de fer et
son manque de cœur, le lion et son manque de courage, Dorothée, la petite fille
et son manque de maturité… Seule reste sur le carreau, la sorcière de l’Ouest. Mince !
SIGNES (Shyamalan2002)Un prêtre (Mel Gibson) ayant perdu sa femme et sa foi est confronté à
l’extraordinaire qui vient tester son intelligence et son intégrité. Toute sa
famille se met au diapason pour l’aider à sa rédemption, et même les
Aliens !
UN JOUR SANS FIN (Ramis1993)Un journaliste-météo (Bill Murray) antipathique et misanthrope est
contraint de vivre encore et encore la même journée jusqu’à ce qu’il retrouve
sa sincérité et trouve aussi l’amour de sa vie (Andie Mc Dowell) ! (la
résilience à l’envers)
A L’OMBRE DE LA HAINE (Forster2001)Un homme blanc, gardien de prison, et une
femme noire dont le mari va être exécuté dans le couloir de la mort, sont
réunis au hasard du deuil de leurs enfants respectifs. Dans une ambiance
pesante de mort et de racisme, ils se rapprochent pour s’apporter une raison de
vivre et de l’amour. Deux résiliences se sont croisées ^^ (sans compter une
belle scène d’amour torride consacrant la carrière d’Halle Berry !)
THE ARTIST (Hazanavicius 2011)Le temps du Cinéma où le muet va bientôt
laisser sa place au parlant. George Valentin (Dujardin) et Peppy
Miller(Bérénice Béjo) sont tombés amoureux mais leurs carrières
s’entrecroisent. Elle pour le meilleur du parlant, et lui…Mais sur l’impulsion
de Peppy, leur amour renaît de ses cendres et c’est le succès les réunissant dans
un numéro de claquettes éblouissant !
Et tant d’autres exemples, à vous de trouver vos films de
résilients. Dans le prochain numéro de Résilience(s), vous trouverez… »
Avec un petit rire
mutin, le Capitaine posa le magazine soigneusement devant lui et regarda le
ciel cherchant quelques mouettes égarées. Il se tourna alors vers la belle
moussaillonne encore captivée par cette lecture puis se levant d’un coup en la
tenant par la main, l’invita à sa résilience…
On danse, chérie ?
Pour Jack Rackham, besos.
Credit photos : De haut en bas, The Cell film (Jennifer Lopez), The Haunting of Hill House (série), The Silent House (film), Vertigo (James Stewart), Un Jour sans Fin (film), The Artist (film et vidéo) puis The Cell à nouveau.
Ely est dans son grand bureau, à ressasser ses tourments et
ses plans sur la comète. Elle a ouvert les fenêtres pour aérer un peu. Ce monde
fou n’est pas fait pour elle mais elle compte bien le refaire, pierre par
pierre ou feuillet par feuillet…
La pièce est jonchée de tous ses projets, tous en cours, indispensables
à son bien-être, comme des enfants chéris qu’on promène au parc en attendant qu’ils
grandissent à tour de rôle. Son esprit est toujours tourné ailleurs, là où son œil
ne regarde pas, la clope au bec ou le doigt jauni, comme pointant un mot
nouveau ou l’excellence d’une idée nouvelle.
Son cerveau vagabonde vers des mondes secrets dont elle ne
parle jamais. Ou alors avec des gens
imaginaires, tels des grands écrivains ou bien des beaux gosses, grands, forts,
faits pour cet amour dont on lui parle tant et qui n’existe pas.
La nuit, fronçant encore de ses sourcils de jour, elle rêve
de saillies profondes, retournée dans tous les sens, si uniques que giratoires
qu’elle se croit au manège et le cul encore tourné essaye d’attraper un ballon
au dessus de sa tête. « L’Amour n’existe pas ! » crie-t-elle
encore, comme un désespoir ou une provocation pour faire arriver ce qu’on n'espère
plus…
Elle tire sur sa cigarette, mimant un geste équivoque et s’étale
sur la chaise longue, écartant les jambes en déplaisir, juste pour narguer le
sort et imaginer le goût d’un lit d’écrevisses sur la langue d’un éhonté,
humant son dessert frivole.
Hum, l’heure est passée. Elle attend quelqu’un…Un vieil ami
qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ni grand, ni beau, qu’elle n’imagine même
pas dans ses rêves, le fils d’un vieux Capitaine de marine avec qui elle a
entretenu une abondante correspondance pendant un moment, puis plus rien. Elle
avait bien cru pourtant…
Elle avait ouvert et Sam Le Rouge était là, tricorne à la
main, un petit sourire aux lèvres et un bouquet de l’autre côté.
Assis sur un canapé, ils faisaient la conversation comme de
vieux amis qui ne s’étaient jamais quittés. Lui parlant de quelque maladie dont
il était sorti, elle évoquant les escroqueries d’un imprimeur véreux, ils
reprenaient le cours de leur vie commune comme si de rien n’était, se regardant
sans l’air d’y toucher telles deux pâtisseries goûteuses qu’on entame peu à peu
avec un doigt, puis un autre…
Jack Rackham
PS : J’aime les histoires qui ont un faux air d’Orgueil
et Préjugés^^
Photos : Nicole Kidman dans The Hours (Daldry 2002)
John (Scottie) tenait fermement la main de
Madeleine, ou plutôt de Judy le prénom qu’elle portait quand il l’avait
rencontrée la seconde fois-fruit de l’arnaque montée de toute pièce par son ami
Gavin-et il savait qu’il ne la lâcherait pas. Pas cette fois…
Le destin lui avait accordé une
chance supplémentaire et là, il ne la laisserait pas passer. Il regardait
Madeleine qui transpirait abondamment, suspendue dans le vide, et il la ramenait
vers lui, lentement et aussi solidement que si leurs mains étaient soudées
comme deux étaux. Elle, posant un premier pied nu sur le rebord du parapet, il
la pressait contre lui et respirait son odeur forte de transpiration et de
maquillage réunis, ce qui l’excitait plus encore d’être contre elle.
Il la serra encore et elle se blottit
soulagée, imaginant la fin horrible qui lui aurait été promise. Ils se
sourirent mutuellement puis s’embrassèrent, lentement et avec un certain délice
de ce sauvetage inattendu.
En un instant, John lui pardonna tout
et Kim se mit à l’aimer, plus encore de ce pardon ressenti. Les deux oublièrent
même le complice instigateur de ce stratagème qui avait exécuté sa propre femme
et vivait quelque part en ignorant tout de ces nouveaux ressorts de destinée.
Après tout, peu importait…
Se tenant par la main, John et
Madeleine se dirigèrent vers les escaliers de bois en saluant la Mère
religieuse qui était restée là, tétanisée par la succession de tous ces
évènements. Puis ils dévalèrent toutes les marches jusqu’en bas puis
rejoignirent la Buick, garée dans l’allée devant l’église. Ils regardèrent les
arches blanches une dernière fois, comme pour dire adieu à une malédiction.
Tout alla très vite ensuite : Décidant de
quitter le pays, car ils ne voulaient plus croiser Gavin dans les parages et ne
pouvant le dénoncer sans compromettre Madeleine/Judy, ils prirent la direction
de l’Europe comme pour un voyage de noces, John voulant se faire pardonner de sa
reconstitution théâtrale qui avait failli mal tourner. Et ils ne tardèrent pas
à se marier effectivement, sitôt fait leur nouvelle vie, avec de nouveaux
voisins, de nouveaux amis.
Mais ils n’eurent pas d’enfant malgré
le grand amour qui les unissait, John étant trop jaloux, peut-être la peur d’avoir
un concurrent trop direct…^^
Elle garda sa teinture blonde et
cette coupe de cheveux qu’il aimait tant, mais aussi ce prénom, Madeleine. Il
était comme le lien entre l’ancien et ce nouvel Amour, le gardien de tous ces
souvenirs. Ce moment où il l’avait déshabillée de retour de cette fausse noyade
du pont de San Francisco où elle faisait semblant d’être évanouie, ce linge
étendu sur le fil aux accents impudiques, cette carpette aux allures de peau de
bête animale.
Ils n’avaient jamais reparlé de ce
moment-là, mais le refaisaient en pensée prolongeant le plaisir à l’infini,
dans des multitudes de variations qu’ils n’auraient pas imaginé avec un(e)
autre...
Jack Rackham ♥
*
Vertigo (Sueurs froides) est un film
d’Alfred Hichcock sorti en 1958 racontant l’histoire d’un homme (James Stewart)
sujet au vertige, victime d’une machination par un vieil ami qui veut se débarrasser
de sa femme. Engageant une actrice (Kim Novak) qui lui ressemble, il se sert du
vertige de l’homme pour élaborer son plan : lui faire croire à la dépression
de sa femme puis à son suicide. Le moment venu, l’homme est donc incapable de sauver la femme à
cause de son infirmité, pendant que de son côté, l’ami a déjà tué sa vraie
femme, donnant le change avec le faux suicide de l’actrice. Convalescent après
cette tragédie dont il est le témoin involontaire, il retombe par hasard dans
la rue sur l’actrice, puis peu à peu va tout découvrir…Jusqu’à la mort accidentelle
de celle-ci, dans des circonstances identiques à la première, alors qu’il a réussi à vaincre
son vertige !
*
Kim Novak (interprétant
Madeleine/Judy) est née en 1933 et tournera en 1958 « Vertigo », son
seul film sous la houlette du grand maître Alfred Hitchcock.
Sa carrière commence en 1953. Entre
autres, ce furent : Picnic (1955), L’Homme au bras d’Or (Preminger 1955),
Tu seras un Homme, mon fils (1956), La Blonde ou la rousse (1957), L’Adorable
voisine (1958), L’Inquiétante Dame en noir (1962), Embrasse-moi Idiot (Wilder
1964), Les aventures amoureuses de Moll Flanders (T.Young 1965), Le Démon des
Femmes (Aldrich 1968), Le Triangle du Diable (1975 TV), Le Miroir se brisa (1980), et elle tourne son
dernier film en 1991 (Traumatismes).
Nota : Elle a été doublée dans
Vertigo par Nadine Alari. Et Judy est remplacé par « Lucy » en
version française.
Et Vertigo est une adaptation du roman de Boileau-Narcejac : D'Entre les Morts (1954)
Photos : Avec James
Stewart/affiche de Vertigo/Kim novak seule.
Son menton est décidé, ses yeux courent sous ses paupières,
son corps frémit sans le vouloir, et le livre posé-là raconte son histoire et
la berce d’une aventure qu’elle-même n’aurait jamais imaginé.
Tout avait commencé par un début de fin du monde, un grand
chambardement qui avait bouleversé la vie des gens et leurs habitudes. Un
confinement inattendu, et elle était là coincée dans une grande maison avec un
jardin immense, si grand qu’elle n’avait même pas songé à arracher quelques
mauvaises herbes qui dépassaient. Son ami Magicien lui avait simplement demandé
d’attendre son retour, frigo plein et courses faites pour un régiment. Une pile
de livres aussi, rien que des romans d’amour.
Et un petit mot aussi : Pour le reste et en cas d’urgence,
appeler Fernand au…
Daniela se mit à dévorer les romans et se plongea hors du
temps dans l’ivresse de passions amoureuses savamment racontées. Fermant les
yeux, elle sentait des mains la frôler, entendant des mots doux et d’autres
plus interdits, ceux qu’elle préférait en fait car l’eau tiède ce n’était pas
pour elle…
Elle aimait l’évocation des baisers fougueux, des langues
sauvages et expertes, des croupes saisies à pleines mains, des pénétrations
multiples et autres us de notaire. Sa peau était tendue et sensible, frissonnant
de tous les désirs et une fois la dernière page du dernier livre finie, elle
fut comme une femme délaissée à la soif inassouvie. Elle essaya par suggestion
de prolonger encore les tréfonds de son imagination mais décidément, elle n’était
pas écrivain…
Peut-être que ce Fernand lui amènerait d’autres livres ?
Un peu plus tard, on sonna à la porte. Le soleil rasait
encore l’horizon et Daniela mit sa main contre son front pour éviter l’éblouissement
de mille étoiles.
-Je suis Fernand, Madame. Et voici les livres…
« Madame ! » Elle secoua la tête en souriant,
elle qui n’avait pas trente ans !
Elle le prit par le bras en l’invitant à rentrer, posa les romans
sur la table et se dirigea vers le canapé Louis XV. Plus moelleux que d’autres
pour certaines occasions.
Croisant bien les jambes sous l’œil du beau Fernand, histoire
de lui montrer sa jeunesse encore vivante, elle lui demanda :
Vous faites le jardinier à l’occasion ? On aurait besoin
de vous par ici, certaines plantes doivent être taillées et le gazon arrosé…
Jack Rackham
PS : Fernand et Daniela vécurent une belle histoire d’amour on ne dit pas s’ils eurent beaucoup d’enfants mais ils essayèrent, en tous cas ! (Photo: Adam Levine)
Jene
sais si vous le savez mais Jack Rackham était un pirate qui voguait sur les
mers assisté de deux femmes, des lieutenantes habillées en habits d’hommes pour
éviter les envies et la médisance.
Pas étonnant qu’au-delà des mers, il ait toujours aimé toute
sorte de moussaillonnes, artistes, écrivaines et dessinatrices…Claire Brétécher
faisait partie de celles-là, pionnière des grandes bédéistes, à la plume personnelle
et au ton incisif.
Première de promotion a avoir eu le Grand Prix d’Angoulême en
1982, elle est partie rejoindre les Choron, Goscinny, Reiser, Gotlib, et Cabu qui l’avaient
précédé au royaume des impertinents talentueux.
Tu vas nous manquer, Claire…
*
Elle est l’auteure BD de :
Les Gnangnan, Les Naufragés (avec Cauvin), Baratine et
Molgaga, Robin les Foies, Cellulite, Tulipe et Minibus (avec Hubuc), Salades de
Saison, Fernand l’Orphelin (avec Delporte), les Amours écologiques du
Bolot occidental, les Frustrés, Thérèse d’Avila, les Mères, le Destin de
Monique, Dr Ventouse, Agrippine, Tourista…et autres récits, de 1967 à ce jour
dans divers magazines et albums.
Sans compter les illustrations, le théâtre, la peinture et le
dessin d’art !
Les apparences sont parfois trompeuses, même quand on revêt
son habit du dimanche de Capitaine. Celui d’un pirate de pacotille nommé
Rackham Le Rouge…Calé entre les cordes et le bastingage, je raconte mes
aventures imaginaires, perdues entre mes amours et les films de Cinéma qui
m’ont fait rêver. Et aujourd’hui, j’ai envie de raconter ce héros pourpre aux
petites cornes de diablotin, se balançant d’unimmeuble à l’autre avec sa canne amovible d’aveugle, écoutant les appels
de la ville hurlante pour sauver les femmes, les orphelines et les veuves livrées
aux malfaisants : Daredevil !
J’avais découvert ce casse-cou dans Strange, magazine
français BD des éditions Marvel au milieu des années 70, époque où on pensait
que le racisme, la misogynie, la pauvreté, les violences physiques ou morales
seraient éradiquées un jour. Près de 50 ans après, j’ai l’impression que tout
ça a à peine changé et que seules les sciences via la micro-informatique ont
fait avancer le monde. Depuis, les abonnements à des chaines numériques ont juste concurrencé fortement le cinéma dans les salles, amenant pourtant via Netflix la version
de Daredevil en série à épisodes. 39 épisodes diffusés de 2015 à 2018, d’une
grande qualité graphique et scénaristique, Charlie Cox prenant les traits de
Matt Murdock alias Daredevil. Deborah Ann Voll y incarne Karen Page la
secrétaire-juriste et Elden Henson, « Foggy » le fidèle ami et associé.
Le méchant est interprété par l’inoubliable et sanguinaire Vincent d’Onofrio,
la ravissante chirurgienne qui panse les plaies du héros masqué est Rosario Dawson,
et son mentor de jeunesse des arts martiaux joué par Scott Glenn…
Non, le monde n’a pas changé. Certains hommes continuent leurs
harcèlements, allant très loin pour attraper leur proie, jusque dans les
milieux du Cinéma.. Sans compter ce nouveau mot, pour compter un nombre de mortes,
victimes de ces jaloux, impuissants, narcissiques et tueurs : « Féminicides ».
Mais qui sait, tapi sur un toit ou dans une ruelle sombre,
écoutant les voix et son cœur, il est là qui est prêt à bondir et mettre une
raclée à ces couilles molles qui terrorisent leur femme et leurs enfants.