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jeudi 22 novembre 2018

Le Retour de Rackham Le Rouge



Comme un ciel de rentrée des classes s’affichait sur mon écran en retrouvant mon fidèle clavier aux touches magiques. Tout me revenait de mes premiers voyages imaginaires, les crapahutages de l’île du Crâne comme les cocktails au rhum d’une taverne du Paradis…

Un vent de combats maritimes et de sang embaumait mes narines, rappelant aussi les coups de hache et les hurlements qui avaient jonché le ponton de mes souvenirs. Mes tympans étaient restés sourds aux horreurs des amputations, préférant garder en mémoire le gargouillis des lampées de rhum ou le crissement des caresses de bas retroussés, des moussaillonnes aux cuisses hautes offrant là à son moussaillon le plus long des supplices avant les saillies intenses et profondes du reste de la nuit.
Tel était mon destin de Capitaine, enfilant son manteau de magicien encore et encore.

- Remarquez, y’a pire. Les fois précédentes, j’étais un peu usé, vidé, j’avais besoin de ressourcer l’île d’autres trésors, sans compter une morsure de vipère une autre fois…Là, c’est comme une renaissance !

Planant et riant au dessus  de ma tête, les mouettes savaient bien que c’était autre chose, plus fort que le goût de l’aventure, plus fort que les parties de cartes et de rhum coulant à flot jusqu’au bout de la nuit, plus fort que l’envie d’écrire (quoi que), plus fort que l’amour du Cinéma (oula), c’était…
…l’envie de retrouver mes moussaillonnes !

Katia et son coup de pédale endiablé, donnant vie à mes vocations premières, Sara et ses sortilèges de sirène, Rita aux formes de rêves, Maia la petite sorcière au cœur d’ange, Madeleine le premier amour d’une autre vie, Lady Ania Chester l’attachée de presse au grand cœur ( et au sourire suave), Marie la bienveillante, et tous ces amours fous, sur tous les pontons et tous les univers…

Et puis Orfeenix la poétesse, Ava la pharmacienne, Cameron la traitresse…et toutes ces femmes invisibles, infidèles, de lettres, courtisanes,  nues, amoureuses, au téléphone, au lit, bien-aimées, mentalistes ou abandonnées, quoi !

Sans oublier cette femme imaginaire, écrivain dans l’âme, jouant du piano dans ses rêves et amoureuse des séries télé ^^

Ca y est, je suis de retour…

Besos

Jack le Pirate

PS : Pour cette occasion, je me suis rasé (mais j’ai pas repris la cigarette, ‘tention hein ?)

Image du bas : Keith Richards le pirate.

mercredi 25 mai 2016

Je Vous Salue Marie



Je ne sais comment j’avais atterri là, mais j’étais sous le lit de la charmante Jeanne. Le plancher craquait sous ses va-et-vient et je priais le ciel qu’elle n’eut pas l’idée de regarder sous ce lit jumeau qui servait de salon de lecture le cas échéant.

J’avais par hasard lâché Mildred pendant le populeux marché de Cancun car j’y avais aperçu la meilleure amie de Madeleine, Jeanne. Je m’étais faufilé entre mille personnes tel un danseur de paso pour ne pas lâcher celle qui vivait avec l’élue de mon cœur, même si elle ne connaissait pas encore la totalité de mes sentiments. Ma timidité n’empêchait pas ma curiosité et la dénommée Jeanne pouvait me conduire à leurs appartements communs. Quelques jours plus tard, une sortie à un café-concert - avec Francisco Landa en vedette - était déjà prévue, mais le temps me paraissait si long que je voyais-là une opportunité de gagner un peu de temps.

Je me faufilais in-extrémis derrière la porte lourde après le passage de Jeanne puis prenais la première porte du rez-de-chaussée et me jetais sous le premier lit venu…

Le souffle était court et j’essayais en fait de retenir ma respiration. J’avais tout juste aperçu un crucifix au mur avant de plonger mais rien de plus. La porte se rouvrit vite après deux appels sans réponse : « Madeleine ? ». 

Elle marmonna deux-trois mots incompréhensibles puis se mit à chantonner machinalement.
Je devais prendre mon mal en patience, mon amour n’était pas là. Mais d’où j’étais, je compris bien les froissements d’une fille qui se déshabillait, du moins j’enregistrais pour toujours et le reste de ma vie ces petites choses utiles qui font les grands Capitaines…^^

La fille s’agenouille alors en s’accoudant sur le lit, celui d’en face, entamant une longue litanie de prières aux allures solennelles. Je me retourne alors sur le côté et vois-là un spectacle de toute beauté dont le souvenir m’émeut encore aujourd’hui. 

Je restais là longtemps, assistant à toutes ces incantations mystérieuses, me demandant même si finalement la pratique d’une religion n’était pas la voie à suivre pour le développement  personnel d’un jeune apprenti maritime…

Jack Rackham

                Ce texte relate un épisode de la jeunesse de Rackham Le rouge.

vendredi 24 juin 2011

La Fille des Bois

Tim, de retour de pérégrinations affectives, avait décidé de prendre les choses du navire en main et de faire quelques économies sur le budget « cantine » de l’équipage. Finies les fraises coûteuses pour les desserts de Bosco mais aussi économie sur les produits naturels. Chacun avait mission de faire cueillette de tel fruit ou tel légume, et pour ma part, j’étais chargé du ramassage savant et parfois mortel des champignons !

L’île du Crâne avait l’avantage de posséder un arrière-pays foisonnant de ces plantes comestibles à chapeaux et je m’engageais avec un grand panier en osier pour ramener d’ici le soir ce qu’il fallait pour nourrir mon équipage…Un chemin de terre plus feuillu que d’autres m’attira, et je l’arpentais à tâtons comme on invite une jeune mariée à son bal de mariage. Un œil à droite pour le mari, et un œil à g…

Que voyais-je là, en bord de sentier à moitié nue et coiffée de fougères sauvages ? Cette jeune femme semblait attendre un amoureux et cueillait quelques fleurs pour passer le temps. Je m’approchais de cette apparition champêtre et forestière à la fois, regardant sous son sein un buisson qui aurait fait le bonheur de plusieurs pour bien des noces et ses festins. Je raclais ma gorge pour me faire connaitre, mais c’est à peine si elle tourna les yeux.

J’enlevais mon tricorne et enfin elle me capta. Son œil sauvage à fleur d’orbite me contemplait de haut en bas comme une gourmandise.  J’étais flatté et sans un mot, elle s’approchait près de moi à me frôler. Elle me faisait penser à Madeleine, un de mes amours de jeunesse, avec ses seins lourds et aux mamelons larges et rosés. Je goûtais à ces deux sources de jouvence puis elle me fit basculer sur ses genoux comme un jouet. Sa main dirigea la manœuvre et elle guidait mon désir comme on aurait fait avec un bateau. J’aimais le chemin qu’on empruntait et la douceur des vents me prit comme dans sa bouche en un tourbillon de saveurs sauvages. 

La douceur de sa peau enveloppait mes sens et mon nez fouilla à son tour les feuilles de sa pudeur. Elle aima les délices de Capitaine de mon cru, tant qu’elle se tourna pour m’offrir des trésors de sa forêt que j’acceptais sur le champ. 

La suite sera gardée à jamais dans la mémoire de la forêt mais elle résonne encore sous mon tricorne et les tréfonds de mon âme. Je ramassais tant que je pus des champignons avant de reprendre le chemin du Poséidon  mais je jetais un œil furtif vers le sous-bois avant de partir. 

 Je vis alors une belle biche qui me fit un clin d’œil, qui me fit rougir.

De retour, je posais mon panier de champignons sur la grand’table quand Bosco rentra comme une furie avec ses tomes et ses fromages. « Il se passe de drôles de choses dans cette île. Je ne puis tout vous raconter mais les chèvres et les vaches de par ici, ont une drôle de mentalité, je vous le dis ! »

vendredi 25 mars 2011

La Femme du Pirate

Elle fait les cent pas devant mes yeux et de temps en temps s’arrête pour prendre la pose. Les mains sur les hanches, elle me sourit et fait sauter les frous frous de ses jupons pour me rappeler tous mes devoirs.
Je goûte déjà sa bouche et le luisant de ses épaules excite mon imagination. Je parcours sa peau jusqu’à la commissure d’entre ses seins et je descends dans son intimité, imitant une langue ou des doigts qui s’invitent au meilleur des festins.

Elle a les yeux de Katia, dévorant mes pensées profondes et suçant ma cervelle de jeune homme, avalant mon innocence. Elle a la voix de Madeleine, susurrant des mots doux et palpant mes illusions. Elle a la croupe de Rita, me traçant le chemin vers le monde, à l’intersection des mappemondes, introduisant un toi vers sa volupté…

Son tricorne a un air de Tim, balançant mon hamac vers des îles de luxure, partageant avec elle des parts de tarte aux fraises et des chantres de l’épicerie. Quelquefois égaré aux plaisirs de sirènes et princesses aux goûts sucrés de l’amour fou, je me livre aux délices de belles moussaillonnes !

Je rêve entre mes cordes de cette belle Capitaine, attachée de près et commandant mes désirs que mon sabre fébrile glisse sous sa pelisse. Je lève les yeux au ciel, interrogeant un beau phœnix ou une lune rouquine, et je vois déjà visage et  plaisir répondre à mon cœur de pirate…

Jack

dimanche 26 septembre 2010

Ladycologue

J’ai parcouru des milliers de miles, par delà les mers et même les terres. Les vents ont tant frotté mon visage que je l’entends encore souffler, même quand ma porte est close et que la mer est d’huile. Mon tricorne se repose aujourd’hui de tant de va-et-vient que toiser un palmier armé de bananes mûres lui paraîtrait un combat trop fatiguant. Je n’ai pourtant point usé à ce point mes désirs et mes rêves que j’ai encore envie de voyager, de conquérir.  D’autres territoires me font encore vibrer et mon sabre n’attend qu’un signe pour se dresser  tel un phare rasant la mer pour appeler des sirènes…

A présent, mes voyages se font de mon hamac, dans mes rêves, ou dans ma cabine de Capitaine, par le biais d’une carte ou d’un globe tournoyant sur lui-même et s’arrêtant au hasard d’un pays. J’aime dérouler ces chemins de hasard, que je cale avec de vieux livres ou ma lorgnette.

Je laisse glisser mon doigt sur une carte, parcourant ces contrées où j’avais un flirt, un amour, une maitresse, caressant l’espoir de les revoir à nouveau…Qui sait si elles se souviennent de ces moments d’amour aux salives gourmandes, se régalant de nos atours comme des chiens aux gueules haletantes.

J’imagine ces parcours de ma vie où je gambadais sur ces rondeurs granulées et salines. J’hume encore ces fesses et ces toisons, fermant les yeux pour mieux ressentir leurs fumets et leurs formes. Mes doigts sentent encore leurs contours, si bien que je pourrais les dessiner…

Je prends mon crayon et mes plumes puis je trace la carte de mon cœur comme sur une femme accroupie. Où je marque les grands crus de ma vie, comme des capitales de souvenirs, des points d’orgues d’émotion. Je me remémore mes Ladies, de Madeleine à Katia, de Sara à Rita, en passant par  Clochette et Dana, jusqu’à Cameron et Josépha…

Quelquefois, j’oublie que je suis pirate et je contemple mon pays imaginaire…



Jack Rackham, ladycologue.

vendredi 3 septembre 2010

Jack fait son Cinéma

J’avais du mal à m’habituer à ce visage lunaire et cette coiffure loufoque de personnage de dessin animé. Mon magicien Roberto m’avait refilé sa carapace pendant qu’il filait doux avec mon corps de vieillard priapique. Sa fiancée aurait une drôle de surprise quand même…

Je faisais la conversation à mes deux compagnons de cellule, et nous jouions même aux cartes. Nous profitâmes dans la foulée d’un mouvement de panique carcéral pour mettre les voiles. Pour arriver dans une forêt aux carrefours incertains où d’étranges personnages aux bures jaunes semblaient sortis d’un conte pour enfants...

Leurs regards étranges nous fixaient comme des extra-terrestres et je remarquais particulièrement une petite rouquine qui était aveugle. Elle avait tendance à tâter tout ce qui tombait sous sa main et j’arrivais à peine à contenir mon émoi viril. Je proposais de lui servir de guide à travers la forêt et dès lors, elle ne me lâcha point. Je disais adieu à mes deux autres compagnons, Zack et Jack, partant avec ma nouvelle amie vers son village.

On me mit rapidement au parfum de drôles de monstres qui venaient parfois la nuit semer la terreur, pleins de griffes géantes, cagoulés et habillés de rouge, la couleur dont il ne fallait pas parler.

Je me souviens de cette nuit sans lune où nous étions attaqués par ces bêtes étranges, où Ivy mon amie aveugle les toisait avec son cœur, tendant une main devant elle comme pour toucher le mystère et l’inconnu. Saisissant à la volée cette main perdue, je ne la lâchais plus…Cela me rappelait ma rencontre avec Madeleine et cela me fit penser à ma jeunesse, ma vie maritime, et dans la foulée à ma goélette, à l’île du Crâne, à Tim, à ma vie d’avant…

Dès le lendemain, je décidais de partir et rentrer chez moi, malgré la peine d’Ivy . Je dus me tromper de chemin car je pris une route de briques rouges, la mauvaise couleur. Quelques compagnons de route plus tard, un homme de paille, un homme de fer, un drôle de lion froussard et une jeune fille nunuche suivie d’un chien, et j’arrivais devant le Poséïdon, comme par enchantement.

-«  Enchantement, tu parles ! » entendis-je au dessus de ma tête. C’était Maia la sorcière qui zigzaguait en faisant des nuages de fumée.
-          -Sont naïfs ces hommes, ils croient faire des milliers de kilomètres sur une route de briques qui n’existe même pas. Faut vraiment changer de boussole, Capitaine…Dit-elle colère.
-          -Oui, c’est vrai, je n’avais pas réalisé. Dis-je penaud.
-          -Et Jack, tu n’as pas réalisé aussi que quelqu’un t’a piqué ta barbe rousse et ton sabre, et que tu ressembles encore à ce Roberto de la Lune, pendant que ce vieux moine au bâton de feu  fait des roucoulettes à Tim, qui ne s’est aperçu de rien !
-          -Ca ne va pas durer, je vais trouver quelque chose, Jack s’en sort toujours…
-         -  Justement, je te propose un marché : Je te rends ta peau de pirate et ses attributs, et en échange, tu me donnes 7 jours de ton temps où je ferais de toi ce que je veux. !
-          -C’est pas un marché ça, tite rouquine, tu n’avais qu’à me demander et…
-          -Tu parles : Avec tout le ménage en retard qu’il y a dans mon manoir, j’imagine bien que tu aurais proposé tes services toi-même pour le balai et la serpillère, hein ?
-          -Ben, ça change tout…Mais tope-la, j’ai envie de retrouver mon sourire énigmatique et mon corps buriné d’athlète !
-          -Remarque, il y a bien un petit corridor chez moi qui attend ta visite…
-          -Chic !
-          -Attend, je vais vite te rendre ta peau de Capitaine, j’ai toujours aimé ton petit coup de pinceau…

Les mondes imaginaires et les grands films de Cinéma ont beau nous donner frissons et émotion, on apprécie encore plus les plaisirs de la vraie vie…

Mais ça, c’est une autre histoire !

Jack Rackham.

lundi 2 novembre 2009

La Fin du Jour



« Mes cordes ont fini par avoir raison de moi, mon portable est usé et je vois mal par dessus la rambarde. L’île du Crâne a disparu et le soleil m’éblouit…Je suis vieux à présent, Tim est partie depuis longtemps et seul Bosco s’occupe un peu de moi. Il ne me demande même plus rien, j’ai droit à toutes les gourmandises sans rien en échange, le saligaud…

Quand on passe un certain âge, on vous met dans ces maisons pour vous laisser le temps de casser votre pipe. On a même inventé la Maison de retraite pour pirates et vieux loups de mer. J’ai économisé pour avoir droit à ça, j’ai même une petite cagnotte, on ne fait jamais assez attention aux parties de poker qui tournent mal. Les autres vieux sont tricheurs dans cette maison et je me méfie !

Je suis seul avec moi-même dans cette chambre. Même si Marie passe me voir régulièrement, Marie que j’ai quitté pour la mer et l’aventure, et qui m’a récupéré à présent, vieux et impotent. C’est une tenace…

Je regarde autour de moi, et je vois les souvenirs que j’ai mis au mur, quelques tableaux, quelques trésors de guerre en étagères, des bibelots qui comptent. Mon cerveau marche encore pas mal, je me souviens de presque tout et j’organise mes journées en balades, balades dans ma mémoire. Je fouille et je revis mes amours, mes amours de jeunesse, mes amours de maturité…

Je n’ai pas de préférence aujourd’hui. Le temps a tiré sa révérence sur un classement général imaginaire, Madeleine et sa tête de linotte a rejoint Katia et son cul de bénitier. Je les vois me donner rendez-vous, me faire tourner la tête en des galipettes endiablées, les pipes goulues de l’une, la croupe immense et accueillante de l’autre. Je les mélange aussi, faisant deux en une et je fais un scénario de jeux torrides qui me tient en haleine jusqu'au petit matin. L’infirmière n’est pas dupe et me caressant sous ma chemise en connaisseuse, elle aime à me répéter :
« Vous avez du être un sacré pirate, monsieur Rackham. Si j’osais… » et elle repartait vers d’autres gourdins en sursis des chambres d’à-côté…

Rita vient me rendre visite souvent, la nuit surtout. Je rêve de ses seins et j’imagine ses aéroles foncées que je lèche comme des macarons. Elle est belle et sensuelle, j’aime la caresser puis descendre entre ses jambes puissantes. J’aime son petit trésor, un butin de pirate aux poils que je pourrais compter tant j’ai parcouru le chemin…Ma langue goûte chaque pli et j’hume cette odeur de mer qui me rappelle les jours heureux. Je suis bien…

Il y a un curé dans la chambre, mais je ne suis pas inquiet. Marie pleure et moi je souris. Mon tricorne et mon habit du dimanche au pied du lit, et quelque chose me dit que je n’enfilerais plus cet habit de lumière. Pas moi-même en tous cas…Je sens un vent me soulever, je vois ma vie passer devant mes yeux, mes amis, ma Mommy, mes aventures sur la mer, sans oublier ma petite sirène Sara ou celles que je n’ai pas eu et que j’ai oublié…Ils sont tous autour de moi pour les derniers sacrements.

Moi j’ai le nez en l’air et je suis avec Rita. J’ai toujours su que je finirais un jour avec elle, avec son souvenir car elle est partie depuis longtemps. Il y a des promesses qu’on oublie pas, celle de faire ensemble en pensée le dernier voyage, ses baisers plein la bouche, ses cheveux sur le visage, les doigts sur ses lèvres tendres…

Et c’est à la fin du jour, rassasié de ma belle et le corps épuisé que je pus rendre l’âme, le cœur en paix… »

Je rangeais mon portable. J’en avais assez fait pour aujourd’hui. Ce n’est pas tous les jours qu’on fait son éloge funèbre, surtout que la pensée de Rita m’avait mis en appétit…J’appelais Tim. Je me disais qu’il fallait profiter de la vie en attendant d’être vieux et impotent, l’imaginaire d’un écrivain a du bon car il a le don en quelques phrases de vous montrer le bon chemin…
Besos.
Jack Rackham.

Découvrez ou redécouvrez le film de Julien Duvivier, « La Fin du Jour » avec Louis Jouvet et Michel Simon. ( 1939 ) Une histoire de Maison de retraite pour vieux comédiens…

dimanche 13 septembre 2009

Le Tag du Pirate


Après un tel engouement pour un Tag, il faut dire que le sujet brûlant des amours est parlant, il était bien normal que je passe à la casserole à mon tour, ce qui n’est pas désagréable selon…
Je remercie BERENICE, CAT, FRED, KARINE, YSA, ISA L ., CHARLES, COLOMBINE, SOLVEIG, LOEVE, et VIRGINIE, ces trois dernières quadruplement car on a droit à quatre billets chacune ! GICERILLA , CLAUDE, et ESSENSUELLE sont attendues et qui sait si d’autres bonnes surprises arriveront sur les flux RSS…

Alors voilà. Les Amours, un sujet évoqué longuement, en large et en travers sur mon blog, je me lance…

1- Racontez votre premier amour, sans préciser ni prénom ni date, restez mystérieux.

Premier amour…J’ai raconté ce premier amour dans le texte intitulé MADELEINE. Ce fut le premier assouvi et partagé, mais est-ce le TOUT premier ? Pas tout à fait…
Il y a bien longtemps mais peu de temps avant la rencontre de Madeleine, j’avais l’habitude de sortir avec mon meilleur copain. Quelques tavernes nous voyaient souvent faire la fermeture et à l’occasion, nous rencontrions des demoiselles. Un jour nous fîmes la connaissance d’une jeune fille blonde et accompagnée aussi de sa meilleure amie. Je ne sais ce qui provoqua ces soirées charnelles qui s’ensuivirent, la chaleur de l’été et les activités agricoles pour gagner trois sous, mais nous nous retrouvions parfois jusqu’à l’aube à partager nos corps et nos souffles apprenaient alors les plaisirs de la vie, même si voir faire l’amour devant soi son amie, n’est pas la sensation la plus agréable que j’ai éprouvé…
Drôle de dépucelage, physique et sentimental, l’histoire ne s’arrêta pas là pour mon copain et cette blonde, car ils s’épousèrent et eurent beaucoup d’enfants !
Je les revois de temps en temps, nous n’avons plus jamais parlé de tout ça mais quelquefois croisant le regard insistant et scrutateur de mon amie, nous nous remémorons ces moments intimes comme des complices, en imaginant de recommencer…

2- Racontez votre plus bel amour, celui de votre vie…en attendant le prochain !

Réferez-vous aux récits libellés RITA, surtout « Ma plus belle histoire d’Amour ». C’est mon plus bel amour…Nous avions fait connaissance grâce à un ami commun et quand nous nous vîmes pour la première fois, on ne s’est pas plu plus que ça. La suite fut toute autre…Tout est vrai dans ce récit, il suffit de re-situer dans un contexte contemporain, c’est tout. C’est vrai que seul un amour plus fort pourra me faire oublier celui-là, c’est pour ça que je dis en attendant le prochain…On verra bien !

3- Racontez un amour secret, que vous n’avez jamais raconté à personne.

Il y a des dizaines d’amours secrets dont je n’ai parlé à personne, et même pas à la personne concernée ! Trop de timidité, trop d’attente, manque de confiance en soi et en elle…Le platonisme a l’avantage de laisser intact notre imaginaire, qui se bonifie drôlement au fil des années…
Je me souviens de cette jolie blonde que je voyais en cachette, la faute à son mari jaloux ! Nous nous embrassions des heures entières et n’allions pas plus loin. Un jour, sa belle-sœur nous prêta son appartement pour que nous fassions…Bref, que nous allions plus loin.

Tu parles ! A peine nous sommes-nous retrouvés à moitié nus l’un sur l’autre, que la magie s’en est allée et nous n’avions pas plus de désir qu’un frère et une sœur. Mystère des attirances, ce devait être ce que j’appelle l’amour en pantalon…Drôle d’amour secret !

4- L’endroit le plus insolite où vous ayez fait l’amour.

En fait, c’est très commun, c’est en voiture. Mais il y a une petite différence…
Cette fille et moi, nous faisions l’amour à l’arrière, les doigts s’agitant, les mains pelotant, faisant attention à ne pas lui coincer les cheveux quelque part . Quand nous avions fini notre affaire, le copain qui conduisait, s’arrêtait pour me laisser le volant et prenait ma place à l’arrière avec la fille…
C’est pour ça que j’adore le film LES VALSEUSES, ça me rappelle des souvenirs !

5- Une aventure via Internet qui vous a marqué…

C’était il y a peu. Je faisais mes débuts sur FaceBook et je devenais ami avec une jeune fille mystérieuse…Nous échangions des idées, nous nous trouvions des points communs, évoquions l’idée de se voir, nous rigolions de tout et nous nous écrivions surtout beaucoup. On se parla au téléphone, on envisagea même de se retrouver à l’hôtel pour faire l’amour, mais surtout on échangea des lettres d’amour, des lettres où nous faisions l’amour…
La suite est une autre histoire, mais je n’oublierais jamais cette aventure. Et qui sait, peut-être que cette fille est par là, qu’elle lit ce billet, et qu’elle repense à tout ça en souriant…


Voilà…L’amour est un des sujets les plus universels et pas étonnant que ce tag rallie un franc succès. Petites ou grandes, nos histoires d’amours font ce que nous sommes et peu importe les mauvais moments qui vont parfois avec, l’important est d’en avoir eu…

De mon bateau
Besos
Jack

mercredi 22 juillet 2009

Le Meilleur ami de l'homme


Tim a raison…

Quelquefois, pendant mon temps libre, ou avant l’heure du coucher, ou n’importe quand quand j’ai envie, je remplis mon journal. Pas mon journal de bord, non. Celui où on écrit sa vie, ses choses personnelles. C’est venu comme ça en discutant avec Tim l’autre jour. Sur le meilleur ami de l’homme, elle disait que…

Voyons. Je me souviens tout jeune de ma mère. Je sais bien que je suis orphelin mais imaginons…Ma mère, qui me berçait longuement, ma mère pour qui j’étais tout, qui a calmé mes premières peurs, a assisté mes premiers pas, m’a nourri de son sein, auprès de qui j’ai grandi et dans les yeux desquelles je me voyais sans doute plus beau que je n’étais…

Mon enfance et mes petites cousines…Nous passions nos après-midi à jouer au docteur et à fumer du tabac volé à l’épicerie du coin. Charlotte, Josie et Fatima, c’est avec elles que j’ai ressenti mes premiers émois. De plus, dans la cour de récréation, elles me défendaient quand un grand m’attaquait, un coup de genou par-ci, un coup de parapluie par là…

Jeanine, mon premier béguin…Non pas que je ne l’aimais pas, mais à l’adolescence on tomberait amoureux d’un tabouret si on nous le demandait. Pourtant, chaque fois qu’elle partageait son goûter ou m’embrassait là où c’était défendu, je savais ce que je lui devais à Jeanine. Avec ses yeux clairs, sa bouche en cœur, ses mollets de rossignol…

Par le hasard d’un concert, je sortais avec Madeleine. Madeleine, ses tâches de rousseur et ses seins lourds, à la bouche gourmande et gourmet. Elle avait nourrit mon imagination de ses extravagances. J’apprenais avec elle les rudiments de l’amour…Je l’ai revue récemment, elle n’a pas fait sa vie . Je n’ose croire que c’est parce qu’elle ne m’a pas oublié…

Katia et la maison de la Veuve Sanders, aux seins généreux et étouffants à fois. Cela a agrémenté ma vie à l’école de Marine du Capitaine Longfellows. Que les dimanches eurent été longs sans mes amies….Katia, ma belle Katia, qui finit mon éducation sexuelle et devint ma maîtresse, me faisant croire qu’elle faisait de même avec toute la maisonnée ! Nos journées sur l’île, et moi son trésor. Ca donne du baume au cœur ces années-là…

Rita, ma belle Rita et ses longs cheveux noirs…Ces années d’amour fou, ce lierre aux fenêtres permanent, ces repas de nous, cette folie qui nous habitait pour nous aimer et qui m’habite encore, tant elle m’a donné de son énergie, de son corps, de son tout…Longtemps après, elle a quitté son mari, n’ayant plus plaisir à le tromper. Nous n’avons jamais pensé à nous épouser, ç’eut été impossible ! Comment j’aurais fait pour penser à travailler, avec elle à côté…

Puis ma femme, Marie…Son sourire, ses cheveux blonds, ses gros seins, son caractère, sa mère…Il y eut du bon temps pourtant, de la tendresse, du sentiment. Je dus pourtant reprendre les voiles, c’était inévitable.

Je connus ensuite d’autres amours, d’autres femmes…Ah, Sara et ses ombres de sirène, de panthère…jusqu’à Tim aujourd’hui qui m’accompagne dans mes voyages. Je ne suis pas très jaloux et cela l’arrange bien…
Elle a sa petite idée sur la question qui nous préoccupe :
Le meilleur ami de l’homme ? Et bien non, c’est pas le cheval...

samedi 20 juin 2009

Madeleine


Je n’étais pas encore Jack Rackham et je rentrais à peine à l’école maritime du Capitaine Longfellows. Je venais de lier connaissance avec un autre élève, un certain Mildred et quelquefois nous prenions du temps devant quelques brasseries à regarder passer les filles.

C’est ainsi que je connus Madeleine, une jeune étudiante en couture et broderie, qui aimait passer devant les vitrines du Bourg de Cancun. Son amie Jeanne, moins timide, avait accosté mon camarade rouquin et c’est ainsi que nous nous retrouvions régulièrement tous les quatre devant un café, une bière ou un fou rire.

Pas d’idylle ou d’amourette entre nous pourtant, attendant un vent propice ou une occasion. Justement, elle se présenta sous la forme d’un spectacle de chant, organisé au Café-concert du Palace Cancun, nouvel endroit en vogue de la région. Un chanteur s’y représentait, Francisco Landa, et nous avions convenu de nous retrouver là-bas.

La salle était immense et ce fut un hasard de tomber sur nos deux cavalières. Le dit-Francisco avait plutôt écorché mes oreilles jusque là et quelques flambeaux mal accrochés avaient failli nous éborgner sous les vibrations dues à ses cordes vocales. Jusqu’au moment où…

La dernière chanson de la soirée recueillait un certain succès et quelques mouvements de foule annonçait la fin prochaine du spectacle. Comme dans un océan de personnes, une houle humaine commença à entraîner Madeleine. Le courant l’emmenait vers le centre du dôme et je réalisais le danger qu'elle courait. Elle criait « John ! »…c’était moi !

Mon sang ne fit qu’un tour : Je bousculais un garde à l’entrée, et lui prenait son fouet. Je grimpais d’un bond sur les épaules de Mildred, tremblant, et j’accrochais la lanière du cuir d’un coup claquant, à une poutrelle centrale. Je m’élançais et me balançais pour m’y retrouver à cheval. Madeleine hurlait, presque écrasée et me regardait les yeux exorbités…Aucun son ne sortait de sa bouche mais je l’entendais crier « John ! ».

Je tendis ma main vers elle , m’accrochant au fouet et à la poutrelle. Nos doigts se frôlèrent, puis je lui pris la paume en entier, ses yeux semblaient rentrer dans les miens, je tirais et la ramenais vers moi…Madeleine !

Tout le monde était sorti. Nous étions là, parmi les autres, mais ne voyant que nous. Ma main tenait toujours la sienne, et j’eus l’impression que jamais nous ne nous lâcherions…Comme si c’était pour toujours.

Un peu plus tard, nus dans la chambre de son appartement, elle me dit un « Je t’aime » tout bas dans le creux de l’oreille, puis me prenant dans sa bouche, je lui donnais mes preuves d’amour qu’elle avalait goulûment…

Madeleine, ma première histoire d’amour.