Affichage des articles dont le libellé est Best Movies. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Best Movies. Afficher tous les articles

samedi 25 avril 2026

La Dernière Folie de Jack Nicholson

 


Au naturel, l’Acteur est séduisant. Son œil clair enjôle son interlocuteur éventuel mais le regard est franc, direct.  Un de ceux qui ne tourne pas autour du pot. L’homme a joué dans 60 films, des premiers et des seconds rôles, mais jamais en y étant insignifiant. On ne le trouve pourtant pas beau d’emblée comme un Alain Delon dont il est une anamorphose plus virile.

Jack Nicholson a grandi pourtant dans une ambiance familiale incertaine quand il croyait encore que sa mère était sa sœur…Elevé donc par ses grands-parents, il file tout seul en voiture à 18 ans jusqu’à Hollywood où il devient garçon de course pour la Metro-Goldwyn-Mayer, une entreprise bien connue de Cinéma et Télévision. S’enchainent alors des petits boulots, comme second rôle, scénariste, producteur et aussi sa rencontre avec Roger Corman, qui débouchera sur « La Petite Boutique des Horreurs » en 1960.

Il lui faudra attendre néanmoins jusqu’à la fin des années 60 pour y trouver le film qui va le lancer : Ce sera Easy Rider, en 1969, de Dennis Hopper et avec Peter Fonda. C’est aussi sa première nomination aux Oscars (Second rôle). Vont s’ensuivre, principalement :

1970 Cinq Pièces faciles (Bob Rafelson) 1ère nomination aux Oscars (meilleur acteur) 1972 The King of Marvin Gardens (Rafelson)  1973 La Dernière Corvée (Hal Ashby) 1974 Chinatown (Roman Polanski) avec Faye Dunaway 1975 Profession : Reporter (Antonioni).


Première consécration en 1975 avec Vol au-dessus d’un Nid de Coucou (Milos Forman) Il remporte l’Oscar et c’est un succès mondial, produit par le jeune Michaël Douglas. Avec Louise Fletcher, Danny De Vito, Christopher Lloyd, Brad Dourif…

S’ensuivront : 1976 Missouri Breaks (Arthur Penn) avec Marlon Brando 1976 Le Dernier Nabab (Elia Kazan) avec Robert de Niro. Autre apogée Cinéma : 1980 Shining (Stanley Kubrick) d’après un livre de Stephen King et avec Shelley Duvall. Son meilleur rôle en fait mais si emblématique qu’il n’est même pas nommé aux Oscars, l’effet anti-Kubrick sans doute. Puis ce seront :

Le mythique « Facteur sonne toujours Deux fois » en 1981 (Rafelson) avec Jessica Lange. Célèbre scène de tournage enfarinée sur la table de la cuisine où les deux acteurs oublièrent qu’ils tournaient !

1981 Reds (Warren Beatty) avec Diane Keaton et Warren Beatty. Il joue en second rôle l’écrivain Eugène O’Neill. 1983 Tendres Passions (JL Brooks) Avec Robert Duvall. Oscar du Second rôle 1985 L’Honneur des Prizzi (John Huston) Avec Angelica Huston, l’amour de sa vie…

1987 Les Sorcières d’Eastwick (George Miller, celui de Mad Max) avec Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer. Un rôle de fou diabolique comme il les adore 1987 Ironweed (Babenco) un clochard, avec Meryl Streep 1989 Batman (Tim Burton) Il incarne pour la première fois le « Joker », ce qui donnera des idées à Joachim Phoenix 1990 The Two Jakes (Nicholson) la suite du personnage de détective de Chinatown, qu’il réalise lui-même.


Puis en vrac et entre autres : 1992 Des Hommes d’honneur (Reiner) 1994 Wolf (Mike Nichols) avec Michelle Pfeiffer 1995 Crossing Guard (Sean Penn) avec Angelica Huston (toujours) 1996 Mars Attacks (Burton) il joue le président des USA ! Et enfin, 1997 Pour le Pire et pour le Meilleur (James L. Brooks) son  2ème Oscar du meilleur Acteur/ avec Helen Hunt et Greg Kinnear.

Là, il fait une pause de plusieurs années pour revenir en 2001 avec The Pledge (Sean Penn). Une sorte de tour d’honneur avec en 2003 Monsieur Schmidt (Payne) dernière nomination à l’Oscar 2003 Tout peut arriver (Nancy Meyers) avec Diane Keaton, autre grand amour 2006 Les Infiltrés (Scorcese) un de ces rôles décalés qu’on adore !

Dernier tour de piste en 2010 avec « Tout peut arriver », et la nouvelle génération : Reese Witherspoon, Paul Ruud, Owen Wilson…On ne revit plus Jack Nicholson sur un plateau de Cinéma. La rumeur dit qu’il a été aperçu à la sortie d’un matche de base ball avec son fils mais aussi qu’il était atteint de démence sénile…Sa dernière folie, en quelque sorte

Jack Rackham

J’ai toujours adoré Jack Nicholson, même dans Tommy ou Reds. Il avait l’air de monsieur tout le monde, avec beaucoup de gentillesse mélangée à un grain de folie…



vendredi 3 avril 2026

L'Expérience de Milgram

 


En observant le monde par ma lorgnette, j’y ai découvert parfois de drôles de choses. Par exemple un monsieur en blouse blanche faisant des expériences sur d’autres êtres humains. Pour étudier leur comportement, leurs réactions, voire leurs pensées profondes…

Un monsieur Milgram, psychologue social reconnu, a inventé en 1963 un système d’étude du comportement humain, via des tests de réaction à une situation. Il s’agissait d’étudier sur un nombre de spécimens, de personnes en fait, leur choix d’obéissance à un ordre donné.

Voilà comment s’établissait le lien :

Recrutés par petites annonces au prétexte d’une expérience scientifique sur l’apprentissage, et moyennant un petit défraiement bien sûr, les participants sont issus de tous âges et tous milieux, et conviés dans un lieu officiel, une université.

Cela nécessite une mise en scène présentée ainsi : Un élève, un professeur et un expérimentateur doivent se retrouver dans une pièce pour jouer un jeu de questions sur des mots qu’ils doivent mémoriser. Le professeur pose des questions à l’élève qui est derrière une vitre, assis sur une chaise reliée à des fils électriques. Ce qui suscite l’imagination…En cas de mauvaise réponse de l’élève, une punition lui est donnée. Sous forme de décharge électrique. Qui sera augmentée en cas de cumul des mauvaises réponses. Le tout sur la supervision de l’expérimentateur, seul détenteur de l’autorité.

Bien sûr, l’élève et l’expérimentateur sont des comédiens et seul le professeur est le vrai sujet de l’expérience. Un tirage au sort (faussé) avait été fait antérieurement pour faire croire au hasard des rôles et d’ailleurs une petite décharge de 45 volts lui avait été faite au début, pour prouver la véracité des décharges.

Au fur et à mesure du jeu, les décharges électriques vont augmenter(forcément) et le professeur sera soumis à des dilemmes successifs :

Suis-je obligé d’obéir ?

Est-ce ma responsabilité ?

Quand puis-je arrêter ?

Le comédien jouant l’élève simule bien sûr les décharges progressives jusqu’à ne plus bouger…et le professeur se sent lui persuadé d’une mission éducative qu’il doit mener à bien. C’est-à-dire, faire mémoriser tous ces mots à l’élève !

 Un film, « I comme Icare », a mimé cette expérience et cela vaut bien des analyses et discours.

Sachant que la décharge maximale possible était de 450 volts, le record détenu par un des « professeurs » fut de 405 volts, sinon 150-250 volts furent les moyennes atteintes par leur majorité.

Si la soumission à l’autorité est la principale cause de ces obéissances, on peut noter surtout cette notion de désengagement quand l’expérimentateur a assèné :

« J’en prends toute la responsabilité ! »

Alors, là… 

Prochainement, je vous parlerais du Syndrome de Stockholm ou d’ autres villes de ce beau monde où nous habitons ^^

Jack Rackham ♥

Photo : Film "Docteur Jerry and Mister Love" (Jerry Lewis/Stella Stevens)

Ah oui, vous pouvez donner votre avis !

dimanche 23 novembre 2025

La Dentellière

 


La dentellière, c’est d’abord un livre. De Pascal Lainé. Sorti en 1974, il reçoit à l’automne le célèbre Prix Goncourt…Quelques années plus tard,  Claude Goretta en fait un film. Il sort en 1977. C’est un franc succès et consacre l’actrice Isabelle Huppert pour son rôle-titre.

Me balançant dans mon vieux hamac, je me souviens d’avoir vu ce film durant mes jeunes années. Les mouettes peuvent ricaner mais j’en ai tiré des leçons, un sacré bon film mouais…

C’est l’histoire d’une jeune fille, Béatrice, réservée, silencieuse, qui travaille dans un salon de coiffure. Sa vie, elle la voit simplement, modeste comme ses origines et cela lui va bien. Elle ne fait jamais de vague et fait ce qu’on lui dit, du mieux qu’elle peut. Un jour, sa patronne l’emmène en vacances en bord de mer et elle y rencontre François, un étudiant brillant, un fils de famille…

Elle lui plait, ils s’aiment et il lui présente ses amis, sa famille. Elle, est toujours silencieuse, sage comme une image et ils ont décidé de vivre ensemble. Béatrice n’est pas de son milieu, ses amis ne comprennent pas ce qu’il lui trouve mais c’est comme ça. Elle le prend comme il est, sans rien dire.

Des différences se creusent entre eux, peu à peu. Différences de culture, d’ambition, de mode de vie, tout les sépare en fait. François décide de la quitter et brise leur amour. Elle ne bronche apparemment pas mais subit cette rupture si fort  qu’elle l’envoie en hôpital psychiatrique.

Quelques mois plus tard, François revient  la voir mais rien n’y fait, elle se renferme sur elle-même, toujours silencieuse. Elle arrive au quotidien à surmonter ce désamour en s’adonnant à la dentelle. Comme ces dentellières de jadis, concentrant toute leur énergie et patience sur leur ouvrage. Comme pour oublier un amour perdu ?

Je tire un peu sur ma vieille pipe, envoyant une bouffée de volutes vers les mouettes toussantes, me laissant aussi le temps de réfléchir…

Je pense en ce moment, à une jeune moussaillonne de mes amours, rencontrée sur le net. Rien n’avait pu nous séparer, les amis, la famille, les préjugés, nos cultures et nos habitudes. D’ailleurs, nous sommes toujours ensemble, qui sait…^^

Hum… Rien ne peut séparer des amours qui s’aiment quand ils ne le veulent  pas. Ou alors c’est que leur amour n’est pas si fort, ou qu’il n’est pas réciproque, et à ce moment-là, cela n’a plus d’importance. Non ?

Plein de besos



Jack Rackham

PS : Attention aux pervers narcississiques qui rôdent sur les Goëlettes…Méfi, mes moussaillonnes !



Haut : Johannes Vermeer.

Bas : Affiche du film/Isabelle Huppert.


 

jeudi 9 octobre 2025

Les 13 Tricornes de Terry Gilliam

 

Connaissez-vous les Monty Python’s ? 

C’étaient des humoristes anglais (principalement) qui ont sévi depuis la fin des années 60 à la télévision puis au Cinéma. Leur humour, du Burlesque absurde particulièrement corrosif et décalé, a eu un succès mondial et est même devenu une référence par-delà les époques. Graham Chapman (1989) et Terry Jones (2010) ayant disparu, il reste John Cleese, Eric Idle, Michaël Palin et enfin Terry Gilliam pour poursuivre leurs créations respectives.

Terry Gilliam était d’ailleurs le seul américain de la troupe, mais frère d’armes sans pareil pour pratiquer cet humour labelisé Monty Python’s, fils prodigue de cet humour anglais original. Au cours de sa longue carrière, il réalise 13 longs métrages pour le Cinéma :

Sacré Graal (75), Jabberwocky (77), Bandits bandits (81), Brazil (85), Les Aventures du Baron de Munchausen (88), The Fisher King (91), L’Armée des 12 Singes (95), Las  Végas Parano (98), Les Frères Grimm (05), Tideland (05), L’Imaginarium du Dr Parnassus (09),  Zéro Théorem (13), puis L’Homme qui tua Don Quichotte (18) …

Son premier film, Sacré Graal, était directement une production Monty Python’s, co-réalisé avec Terry Jones. Brazil, son film majeur, est devenu depuis un classique du Cinéma. Les 12 Singes et Dr Parnassus confirmèrent son appartenance au gratin des grands réalisateurs. Mais Gilliam, c’est avant tout un vrai pirate de la création, un touche-à-tout, un scénariste-dialoguiste, un artiste-dessinateur, un maquettiste-décorateur, et aussi évidemment un acteur… Wow !

Il a bien sûr participé aux autres films des MP : La Première Folie des MP ou Pataquesse   (71-remake de  morceaux choisis du TV Flying Circus), La Vie de Brian (79), Les MP à Hollywood (82), et Le Sens de la Vie (83).  Ce dernier film, Terry Gilliam en réalisa seul, le prologue : Un court-métrage intitulé The Crimson Permanent Assurance. Un chef-d’œuvre !

Ah oui : Terry prépare un nouveau film, son dernier, peut-être.

Le Carnaval de la Fin du Jour.

Tout un programme…

 Jack Rackham 


Photo du haut : Terry Gilliam. Vidéo du bas : Brazil (film)

dimanche 24 mars 2024

Un Colosse qui rôde

 


Allongée dans un grand lit de draps mauves surplombé de baldaquins éparpillés aux motifs identiques néanmoins,  je me prélassais les yeux fermés bercée encore des belles histoires d’hommes et de Dieux racontées par mon bel ami pirate, le sieur Jack Rackham. Le sacripant avait éveillé en moi des désirs inconnus, voire inassouvis, provoquant des tremblements et des gestes compulsifs dans tout mon corps.

Je fermais plus fort les yeux encore pour ressusciter en moi cette histoire de géant extraordinaire, m’imaginant en sa présence et m’autorisant les choses les plus folles…

Cette statue avait été érigée en hommage à Hélios, Dieu du Soleil, suite à un siège de Rhodes par  les légions de Démétrius 1er, vers 305 avant JC. Plantée devant la ville d’une hauteur de plus de 30 mètres, elle symbolisait la résistance des Rhodiens incitant tout envahisseur à ne pas recommencer. Le bronze avait été coulé vers 292 avant JC, initié par Charles de Lindos, ingénieur bâtisseur.


Emoustillée par ce colosse impressionnant, il me prit l’envie de lancer un sortilège pour agrémenter un peu la soirée de ma condition de sorcière et femme mature célibataire.

J’avais la peau encore douce, les seins bien galbés et tout ce qu’il fallait pour séduire un grand bellâtre planté là depuis longtemps et désirant de la compagnie. Mes doigts glissèrent alors de mes pâtes d’oie pleines de charme aux feuilles magiques de mon grimoire. Un grand éclair blanc zébra le ciel puis le sol sembla vibrer, comme animé d’un nouvel arrivant de plusieurs tonnes…

Je sortis me rendre compte par moi-même du maléfice accompli puis je vis la statue géante plantée au dessus de moi, dont le pagne ne recouvrait pas vraiment les attributs.

Je dus lui faire de l’effet, car il me rappela soudain un vieil ami pompier doté d’une belle lance à incendie. Ni une, ni deux, d’un claquement de doigts je modifiais le sortilège pour rendre le loustic à mes humaines proportions puis je me lançais à l’assaut de la sixième merveille du monde, prêt à combler toute l’étendue et la profondeur de ma féminité…


Pour Jack Rackham, Claudia l’ensorceleuse ♥

Ci-joint, affiche du film de Sergio Léone (1961) Le Colosse de Rhodes.



vendredi 26 janvier 2024

Regain again


 Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps. Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à néant ce tavail de Titan.

Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang. Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…

« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression, ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux forgeron, une mamée veuve et un chasseur.

Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de ses cendres…

Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre, abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge, faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.

Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée, lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une protection divine.

Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "

 ♥

Jack Rackham.

*

Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le sujet.

Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.


Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.

mardi 31 octobre 2023

Résilience(s)

 

Le tricorne à l’envers, posé sur un front plissé par de longues aventures sur toutes les mers du monde, le sieur Jack Rackham profitait du beau temps les bras derrière sa nuque, laissant seulement paraître un certain érotisme illustré par des aisselles aux pilosités étonnantes.

Une donzelle posée par là, se releva puis se cala sous un de ses bras, admirant béatement les dits spécimens, n’écoutant plus alors que son Capitaine qui se mit à clamer clair et fort le titre d’une revue spécialisée empruntée à la bibliothèque du navire :

Résilience(s) !

Son œil éclairait un pourquoi de son ignorance pendant que la barbe qu’il gratouillait en réfléchissant laissait paraître la lumière de sa compréhension imminente. Les arcanes de ce mot pendu à toutes les lèvres venaient de se révéler  à notre pirate bien-aimé, déjà prêt à en restituer les mystères aux bonnes oreilles présentes sur le Poséidon.

Le ciel était bien haut ce jour-là, les mouettes en étaient pourtant absentes et le silence interrompu laissait deviner un grand moment de culture seulement ponctué par les couinements répétés de la grande balançoire du ponton principal. Le Capitaine commença à lire…

 


« On appelle « «Résilience » la capacité d’une personne à surmonter un traumatisme, puis à s’adapter et à se reconstruire après cet évènement. Cela peut être d’ordre affectif comme professionnel, unique ou multiple (voire à répétition pour les plus vulnérables). Si le cycle est immuable, la méthode est variée et même très personnelle à chaque individu.

Après avoir subi cette épreuve (ou ces épreuves), la personne se sentira dans l’obligation d’évoluer pour survivre ou simplement se regarder dans une glace, pour ne pas tomber encore plus bas et garder coûte que coûte l’estime de soi. Réussir à vivre sera le premier objectif, ne serait-ce que pour exister socialement.

Il existe bien entendu des individus qui n’envisageraient jamais de se remettre en question après quelconque événement relationnel ou personnel, étant même persuadé de leur bon droit quels qu’en soient les dégâts psychologiques,  envers l’autre surtout. Les psychopathes ne sont pas pris en compte dans cette étude. Bref…

Ne pas réussir cette résilience peut amener au dégoût de soi et à décider d’en finir. Selon les cas, s’auto-complaire dans la victimisation ou la soumission en est une autre issue.

Au contraire, l’être résilient va réussir à vivre, à survivre. Et ce, selon la violence du choc émotionnel ou physique (ou les deux). Cela peut être :

Un accident routier ou domestique donnant une incapacité ou une amputation, impliquant à son tour une limitation de vie normale. Un viol ou un acte sexuel dégradant (incestueux, par exemple) provoquant une honte ou une haine, une impuissance à effacer de sa mémoire la scène. Un échec professionnel ou amoureux faisant perdre l’estime de soi et accentué par l’implication d’autres personnes pouvant rappeler encore et encore son incompétence ou insuffisance. Quelquefois, il s’agit d’une impuissance généralisée, subie à travers des proches ou même des personnes vues à la télévision (voir les neurones miroir) qu’on ne peut pas aider et ce stress s’accumulant au fil du temps, vous plonge dans de telles affres que seules des drogues ou de l’alcool vous feront supporter encore la vie. Un vrai calvaire !

Comment résister à tous ces chocs de la vie, à y faire face et renaitre de ses cendres ?

L’acceptation de ce traumatisme sera la première étape du processus de résilience, dont le but sera d’en faire table rase pour laisser place à un moi nouveau. Le cerveau humain est d’ailleurs déjà programmé pour ça, préparé à faire le deuil de ce traumatisme insupportable, prêt à se reconstruire par la faculté d’effacement des mauvais souvenirs, et une facilité à se pardonner soi-même dont des malfaisants usent aussi abondamment, n’est-ce pas ? (voir les psychopathes, cités précédemment)


La recherche d’objectivité et la confrontation avec les faits, malgré une bonne volonté sera peut-être difficile et nécessitera l’aide d’un tiers (ou plusieurs) pour garder la ligne directrice recherchée et ne pas basculer vers trop de positivité ou à l’inverse, de négativisme.

Il faudra donc aussi :

Réapprendre à voir le monde comme il est, rééduquer son cerveau pour faire face à son déni initial et accepter la situation irréversible, ne pas chercher de responsable immédiat mais des solutions, s’autoriser l’erreur et l’échec momentané, et surtout essayer d’avancer), de s’aimer un peu soi-même et de reprendre le contrôle de sa vie !

Il faudra alors se trouver un objectif majeur et apprécier chaque petite victoire sur le chemin de cette résilience. Et sans perdre son sens de l’humour, bien sûr ! (ou le retrouver) ^^

Voilà, nous avons prédigéré pour vous ces infos sur la « résilience » mais nous avons aussi recherché des exemples de résilients dans nos collections de films préférés, ceux-ci vous parlant mieux que des exemples théoriques ou impersonnels.

Les voici :


RIO BRAVO (Hawks1959)  Dans un western, un Shérif alcoolique incarné par Dean Martin, commence à se trouver une rédemption, poussant même la chansonnette et se rasant gratis, bien aidé par ses amis John Wayne et Walter Brennan !

LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES (Brando1961)  Marlon Brando est mon résilient préféré, trahi une première fois par son ami Jack, qui remet le couvert en lui brisant la main en le trahissant une deuxième fois. Oula ! Sa résilience va être terrible…

FORREST GUMP (Zemeckis1993)  Surtout pour le « Lieutenant Dan » que joue Gary Sinise et qui, en pleine guerre du Vietnam ne cesse de répéter : « Et Surtout, prenez soin de vos pieds ! ». Après avoir été sauvé par Forrest (Tom Hanks) puis amputé des deux jambes, c’est un bel exemple de reconstruction, physique et morale !

CASABLANCA (Crtiz1942)  Alcool, chagrin d’amour et…Marseillaise ! Humphrey Bogart en patron de bar pendant la guerre, qui retrouve son grand amour (Ingrid Bergman) et doit malgré lui, sauver son…mari !

VERTIGO (Hitchcock1958)  Traumatisé depuis un accident qui coûte la vie à un collègue, James Stewart est sujet au vertige. Ce qui donne une idée à un vieil ami…qui l’entraine dans une spirale meurtrière, où il tombe amoureux deux fois de la même femme (Kim Novak)…sans le savoir !

LA LECON DE PIANO (Campion1992)  Holly Hunter, muette depuis l’enfance et accompagnée de sa fille et son piano, se trouve un mari par correspondance et le rejoint. Sans le vouloir, elle tombe amoureuse d’un voisin indigène (Harvey Keitel), mais son mari n’est pas content et se venge…Sa mutilation lui change la vie et elle trouve enfin  le bonheur ^^  

RETOUR VERS LE FUTUR (Zemeckis1985)  Surtout pour le personnage de George MC Fly, à la destinée d’écrivain SF ! Le destin des Mc Fly change complètement suite à un voyage dans le temps du fils Marty (Michaël J. Fox), où on n’aime pas trop se faire traiter de…mauviette !

LE MAGICIEN D’OZ (Fleming1939)  Tous les personnages principaux sont des résilients : L’homme de paille et son manque de tête, l’homme de fer et son manque de cœur, le lion et son manque de courage, Dorothée, la petite fille et son manque de maturité… Seule reste sur le carreau, la sorcière de l’Ouest. Mince !

SIGNES (Shyamalan2002)  Un prêtre (Mel Gibson) ayant perdu sa femme et sa foi est confronté à l’extraordinaire qui vient tester son intelligence et son intégrité. Toute sa famille se met au diapason pour l’aider à sa rédemption, et même les Aliens !



UN JOUR SANS FIN (Ramis1993)  Un journaliste-météo (Bill Murray) antipathique et misanthrope est contraint de vivre encore et encore la même journée jusqu’à ce qu’il retrouve sa sincérité et trouve aussi l’amour de sa vie (Andie Mc Dowell) ! (la résilience à l’envers)

A L’OMBRE DE LA HAINE (Forster2001)  Un homme blanc, gardien de prison, et une femme noire dont le mari va être exécuté dans le couloir de la mort, sont réunis au hasard du deuil de leurs enfants respectifs. Dans une ambiance pesante de mort et de racisme, ils se rapprochent pour s’apporter une raison de vivre et de l’amour. Deux résiliences se sont croisées ^^ (sans compter une belle scène d’amour torride consacrant la carrière d’Halle Berry !)

THE ARTIST (Hazanavicius 2011)  Le temps du Cinéma où le muet va bientôt laisser sa place au parlant. George Valentin (Dujardin) et Peppy Miller(Bérénice Béjo) sont tombés amoureux mais leurs carrières s’entrecroisent. Elle pour le meilleur du parlant, et lui…Mais sur l’impulsion de Peppy, leur amour renaît de ses cendres et c’est le succès les réunissant dans un numéro de claquettes éblouissant !


Et tant d’autres exemples, à vous de trouver vos films de résilients. Dans le prochain numéro de Résilience(s), vous trouverez… »

 

Avec un  petit rire mutin, le Capitaine posa le magazine soigneusement devant lui et regarda le ciel cherchant quelques mouettes égarées. Il se tourna alors vers la belle moussaillonne encore captivée par cette lecture puis se levant d’un coup en la tenant par la main, l’invita à sa résilience…

On danse, chérie ?

 Pour Jack Rackham, besos.

 




Credit photos : De haut en bas, The Cell film (Jennifer Lopez), The Haunting of Hill House (série), The Silent House (film), Vertigo (James Stewart), Un Jour sans Fin (film), The Artist (film et vidéo) puis The Cell à nouveau. 

lundi 27 avril 2020

Kim, revenue d'Entre les morts


John (Scottie) tenait fermement la main de Madeleine, ou plutôt de Judy le prénom qu’elle portait quand il l’avait rencontrée la seconde fois-fruit de l’arnaque montée de toute pièce par son ami Gavin-et il savait qu’il ne la lâcherait pas. Pas cette fois…

Le destin lui avait accordé une chance supplémentaire et là, il ne la laisserait pas passer. Il regardait Madeleine qui transpirait abondamment, suspendue dans le vide, et il la ramenait vers lui, lentement et aussi solidement que si leurs mains étaient soudées comme deux étaux. Elle, posant un premier pied nu sur le rebord du parapet, il la pressait contre lui et respirait son odeur forte de transpiration et de maquillage réunis, ce qui l’excitait plus encore d’être contre elle.

Il la serra encore et elle se blottit soulagée, imaginant la fin horrible qui lui aurait été promise. Ils se sourirent mutuellement puis s’embrassèrent, lentement et avec un certain délice de ce sauvetage inattendu.

En un instant, John lui pardonna tout et Kim se mit à l’aimer, plus encore de ce pardon ressenti. Les deux oublièrent même le complice instigateur de ce stratagème qui avait exécuté sa propre femme et vivait quelque part en ignorant tout de ces nouveaux ressorts de destinée. Après tout, peu importait…

Se tenant par la main, John et Madeleine se dirigèrent vers les escaliers de bois en saluant la Mère religieuse qui était restée là, tétanisée par la succession de tous ces évènements. Puis ils dévalèrent toutes les marches jusqu’en bas puis rejoignirent la Buick, garée dans l’allée devant l’église. Ils regardèrent les arches blanches une dernière fois, comme pour dire adieu à une malédiction.

 Tout alla très vite ensuite : Décidant de quitter le pays, car ils ne voulaient plus croiser Gavin dans les parages et ne pouvant le dénoncer sans compromettre Madeleine/Judy, ils prirent la direction de l’Europe comme pour un voyage de noces, John voulant se faire pardonner de sa reconstitution théâtrale qui avait failli mal tourner. Et ils ne tardèrent pas à se marier effectivement, sitôt fait leur nouvelle vie, avec de nouveaux voisins, de nouveaux amis.

Mais ils n’eurent pas d’enfant malgré le grand amour qui les unissait, John étant trop jaloux, peut-être la peur d’avoir un concurrent trop direct…^^

Elle garda sa teinture blonde et cette coupe de cheveux qu’il aimait tant, mais aussi ce prénom, Madeleine. Il était comme le lien entre l’ancien et ce nouvel Amour, le gardien de tous ces souvenirs. Ce moment où il l’avait déshabillée de retour de cette fausse noyade du pont de San Francisco où elle faisait semblant d’être évanouie, ce linge étendu sur le fil aux accents impudiques, cette carpette aux allures de peau de bête animale.

Ils n’avaient jamais reparlé de ce moment-là, mais le refaisaient en pensée prolongeant le plaisir à l’infini, dans des multitudes de variations qu’ils n’auraient pas imaginé avec un(e) autre...

Jack Rackham

*
Vertigo (Sueurs froides) est un film d’Alfred Hichcock sorti en 1958 racontant l’histoire d’un homme (James Stewart) sujet au vertige, victime d’une machination par un vieil ami qui veut se débarrasser de sa femme. Engageant une actrice (Kim Novak) qui lui ressemble, il se sert du vertige de l’homme pour élaborer son plan : lui faire croire à la dépression de sa femme puis à son suicide. Le moment venu,  l’homme est donc incapable de sauver la femme à cause de son infirmité, pendant que de son côté, l’ami a déjà tué sa vraie femme, donnant le change avec le faux suicide de l’actrice. Convalescent après cette tragédie dont il est le témoin involontaire, il retombe par hasard dans la rue sur l’actrice, puis peu à peu va tout découvrir…Jusqu’à la mort accidentelle de celle-ci, dans des circonstances identiques à la première, alors qu’il a réussi à vaincre son vertige !

*
Kim Novak (interprétant Madeleine/Judy) est née en 1933 et tournera en 1958 « Vertigo », son seul film sous la houlette du grand maître Alfred Hitchcock.

Sa carrière commence en 1953. Entre autres, ce furent : Picnic (1955), L’Homme au bras d’Or (Preminger 1955), Tu seras un Homme, mon fils (1956), La Blonde ou la rousse (1957), L’Adorable voisine (1958), L’Inquiétante Dame en noir (1962), Embrasse-moi Idiot (Wilder 1964), Les aventures amoureuses de Moll Flanders (T.Young 1965), Le Démon des Femmes (Aldrich 1968), Le Triangle du Diable (1975 TV),  Le Miroir se brisa (1980), et elle tourne son dernier film en 1991 (Traumatismes).

Nota : Elle a été doublée dans Vertigo par Nadine Alari. Et Judy est remplacé par « Lucy » en version française.




Et Vertigo est une adaptation du roman de Boileau-Narcejac : D'Entre les Morts (1954)

Photos : Avec James Stewart/affiche de Vertigo/Kim novak seule.

vendredi 17 avril 2020

Sigourney, la 8ème Passagère


 Sa carrière au Cinéma a commencé comme une apparition, accompagnant Woody Allen dans son légendaire film Annie Hall, en 1977. L’essai suivant sera une consécration avec Le film qui bouleversa l’histoire de la SF : ALIEN (1979, R.Scott).


Et coïncidence, l’autre grand bouleversement de la Science-fiction au cinéma aura lieu 30 ans plus tard avec Avatar de James Cameron, utilisant de toutes nouvelles innovations technologiques et numériques pour ce grand film à succès. Sigourney Weaver y incarnant le Dr Grace Augustine, et bouclant la boucle d’Ellen Ripley, lieutenant du vaisseau Nostromo, combattant un passager étranger extraterrestre.

L’actrice tournera trois suites supplémentaires, dont celle de 1986 sous la houlette du même Cameron (Aliens le retour), qui lui vaudra sa première nomination à l’Oscar. En 2012 et 2017 sortiront deux  autres suites sans  l’actrice mais toujours bien présente par son évocation référentielle.

Le reste de la carrière de sigourney est faite néanmoins de beaux rôles, premiers ou seconds, tels :

L’œil du témoin (1981, P.Yates), L’Année de tous les dangers (1982, Weir), SOS Fantômes (1984, Reitman), Escort girl (1986, Swaim), Working Girl (1988, M.Nichols), Gorilles dans la brume (1988, Apted) -ces deux films lui valant deux autres nominations aux Oscars- et SOS Fantômes 2 (1989, Reitman) clôturant cette décennie.
Les suivantes ne manqueront pas de beaux fleurons, même si la saga Alien occultera toujours le reste :

1492 Christophe Colomb (1992, R.Scott), Président d’un Jour (1993, Reitman), La Jeune fille et la Mort (1994, Polanski), Copycat (1995, Amiel) –un des meilleurs standards sur les tueurs en série- Blanche-Neige (1997, Cohn), Galaxy Qvest (1999, Parisot), Le Village (2004, Shyamalan) La Fille du Parc (2007, D.Auburn)…

Et la SF sera toujours bien présente ces dernières années, avec des apparitions dans Paul (2011, Mottola), Exodus, Gods ans Kings (2014, R.Scott)), Chappie (2015, Blomkamp), les remakes SOS Fantômes (2016 et 2020), Quelques minutes après minuit (2016, Bayona), ou faisant la narratrice pour la série Dark Crystal, le Temps de la Résristance (TV 2019). En attendant la sortie d’Avatar 2, en 2021 !

Bref, une longue carrière de rôles d’héroïnes solides et déterminées, jouant rarement les midinettes, plutôt féminine sans être un canon de beauté, mais bien plantée sur son mètre 80, symbolisant la femme moderne et indépendante, parfois vulnérable mais prête à tous les combats…

Du moins pas le genre à céder devant un virus quel qu’il soit, enfilant volontiers la blouse du médecin ou de l’infirmière-soldat pour tenter de le combattre et de pouvoir sauver l’humanité entière !

Sacrée Sigourney

Jack Rackham

samedi 28 mars 2020

Le Magicien 2



"Une drôle de semaine, une drôle de période, de drôles de personnes. Mais je ne suis pas magicien, je suis pirate…"

Tel avait été le post-scriptum de la première publication du « Magicien », écrite sous le coup de la colère, en 2009. Une époque bien lointaine, à la colère bien dérisoire vue d'aujourd’hui.

Avec un petit coup de peinture en plus, pour l’occasion…

*

Il passe de bateau en bateau, pour faire quelques tours de magie, tours de cartes et autres apparitions de lapins…Justement, il est sur le Poséïdon, participant à un un spectacle dont j’ai eu l’idée pour distraire le public de l’île et l’équipage. 

je relève la tête de mon portable, il me sourit. Ses dents blanches inquiètent un peu mais son habit de lumière en impose, c’est un Magicien…

Il a le don de vous faire voir ce qu’il veut, ses mains voltigent et ses cartes mélangent leurs couleurs, le pique se tient à carreau et son trèfle fend le cœur. On ne peut pas dire qu’il plaît aux femmes, mais quand il les charme elles se voient comme il les voit, toutes belles ou pas comme les autres, le temps d’un instant ou même d’un été.

Il ne regarde pas leur condition humaine, peut importe qu’elles soient Comtesses ou femmes de chambres, il les aime comme des femmes entières. 
Justement celle-là lui plaît, elle est cuisinière et a bonne figure. Il l’a repérée après le spectacle de la veille. Tim ma lieutenante est vexée car elle a tout fait pour attirer son attention, mais il ne regarde que l’autre…

C’est vrai qu’elle est belle, intelligente, et il lui conte fleurette comme à ses plus belles heures. Son sourire est enjôleur et sa magie opère. Il raconte ses voyages, ses buts, ses projets, confie ses tours de cartes, ses secrets, ses misères…La fille l’écoute comme une oreille, le Magicien fait tomber son masque, ils sont en harmonie, ils sont heureux…

Les soirées succèdent aux spectacles, lui joue de son art, elle cuisine, ils se retrouvent après et refont le monde, projetant leurs rêves. Faire un projet commun, trouver quelque chose pour se rapprocher, pour ne plus se quitter. Ce sera fait, promis, leurs yeux brillent de mille feux. On ne sait ce que c’est, pas besoin de tout se dire, la chose n’est pas commune et ils se comprennent.

Pourtant au fil du temps, quelque chose à changé. Elle est moins présente et hier, elle a même manqué un spectacle du magicien. Ce n’est pas bien grave, pense-t-il, il y en a tous les soirs…Il se recule un peu pour la laisser respirer, elle a ses projets qui grossissent, un grand mariage à la cour d’un Roi, une publication dans un Almanach, elle se sent le courage de tout…Tout le monde va bien voir ce qu’il va voir !

Sa carrière et sa cuisine prennent de l’ampleur, elle l’a oublié un peu mais de temps en temps, il vient la voir. Ses tours de magie lui paraissent dérisoires à présent, ses recettes à elle dégoulinent d’ambition. Mais elle se sent de plus en plus belle, c’est la Reine du monde avec un ballet de courtisans qui est là pour son miel…Au diable les jaloux !

 Il est là qui la regarde. Il se souvient leurs projets, de leur amour…Ce n’est pas grave, il est content pour elle.

Le Magicien est sur le pont, elle n’est pas venue, comme hier soir, avant-hier et les autres soirs. Il a compris et il va partir. Sa tournée va l’emmener loin, au delà de l’île du Crâne, et il ne la reverra peut-être jamais.

Sa magie a opéré. Comme deux miroirs, il a transmis son reflet sur l’autre, elle croit connaître tout de lui. Son mystère a disparu et elle trouve qu’il est assez banal. Elle, par contre, sent la vie devant elle, a des beaux projets, et justement elle pense à quelqu’un qu’elle a connu jadis, un homme de son pays, elle rêve de celui-là.

Il tourne au bout du quai et va vers une prochaine rencontre, un prochain amour peut-être. Il est habitué à ces vases communicants entre les gens, à se faire dépouiller par ces personnes de son habit de lumière. Il est habitué mais il continuera à parcourir le monde et il va recommencer, encore et encore.

C’est un Magicien…


Jack Rackham.


PS : Depuis longtemps, Roger le Magicien a oublié Zoë la cuisinière. On dit qu’elle a tout laissé tomber. Un homme lui avait brisé le cœur, et prit tout l’argent qu’elle avait gagné. Un homme de son pays, un pirate…^^
  (Photo : Guy Verhofstadt )

Version 1 du Magicien :  Cliquer ici

mercredi 25 septembre 2019

Comme Daredevil



Les apparences sont parfois trompeuses, même quand on revêt son habit du dimanche de Capitaine. Celui d’un pirate de pacotille nommé Rackham Le Rouge…Calé entre les cordes et le bastingage, je raconte mes aventures imaginaires, perdues entre mes amours et les films de Cinéma qui m’ont fait rêver. Et aujourd’hui, j’ai envie de raconter ce héros pourpre aux petites cornes de diablotin, se balançant d’un  immeuble à l’autre avec sa canne amovible d’aveugle, écoutant les appels de la ville hurlante pour sauver les femmes, les orphelines et les veuves livrées aux malfaisants : Daredevil !

J’avais découvert ce casse-cou dans Strange, magazine français BD des éditions Marvel au milieu des années 70, époque où on pensait que le racisme, la misogynie, la pauvreté, les violences physiques ou morales seraient éradiquées un jour. Près de 50 ans après, j’ai l’impression que tout ça a à peine changé et que seules les sciences via la micro-informatique ont fait avancer le monde. Depuis, les abonnements à des chaines numériques ont juste concurrencé fortement le cinéma dans les salles, amenant pourtant via Netflix la version de Daredevil en série à épisodes. 39 épisodes diffusés de 2015 à 2018, d’une grande qualité graphique et scénaristique, Charlie Cox prenant les traits de Matt Murdock alias Daredevil. Deborah Ann Voll y incarne Karen Page la secrétaire-juriste et Elden Henson, « Foggy » le fidèle ami et associé. Le méchant est interprété par l’inoubliable et sanguinaire Vincent d’Onofrio, la ravissante chirurgienne qui panse les plaies du héros masqué est Rosario Dawson, et son mentor de jeunesse des arts martiaux joué par Scott Glenn…

Non, le monde n’a pas changé. Certains hommes continuent leurs harcèlements, allant très loin pour attraper leur proie, jusque dans les milieux du Cinéma.. Sans compter ce nouveau mot, pour compter un nombre de mortes, victimes de ces jaloux, impuissants, narcissiques et tueurs : « Féminicides ».

Mais qui sait, tapi sur un toit ou dans une ruelle sombre, écoutant les voix et son cœur, il est là qui est prêt à bondir et mettre une raclée à ces couilles molles qui terrorisent leur femme et leurs enfants.

Daredevil est là…


Jack Rackham