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samedi 11 avril 2020

Les Jours et les Nuits avec Rita


Le confinement doit monter à la tête, surtout sur les bateaux privés de mer et d’aventures depuis longtemps. On se met alors à ressasser les souvenirs où le tricorne et le panache ne faisait qu’un, ceux des promesses éternelles ou des amours sans lendemain.

Sans réfléchir plus longtemps, les doigts virevoltant sur le clavier avaient choisi la bien-aimée : Rita, à la peau douce, courtisane à la croupe jolie et la langue déliée sachant parler à toutes les âmes. Je pianotais en un sourire ces anecdotes, et devant mes yeux revenaient déjà toutes ces histoires…

Ces massages par une nuit noire jusqu’au bout de nos envies retenues, tendant l’arc de mes jeunes années et pointant là nos futurs rendez-vous ; souvenirs de longs baisers après un soir de rhum, roulant comme deux tonneaux pour des jeux de langues à l’infini, faisant le tour des lieux de nos dentitions ; puis ce premier grand soir de mémoire, osant tout par désespoir sous nos peignoirs, me tournant vers ce gosier assoiffé de gloire ; enfin l’amour sans les mains mais avec plein de doigts, prenant le temps de se goûter enfin et se rassasiant l’un de l’autre…pour la première fois.

Les yeux pleins de ces beaux souvenirs réveillaient ma torpeur de ce confinement obligé, clignant de cette croupe faussement rebelle émerveillant mon entendement, deux belles mappemondes sous mon nez qui me refaisaient la cerise et le monde…Et une taille de guêpe posée dessus qui me donnait l’impression d’avoir de grandes mains.

Ses cheveux longs et noirs donnaient aussi de la majesté à cet ensemble gracieux pendant qu’elle se penchait au dessus de moi pour me donner l’absolution et le sentiment que j’étais un dieu vivant, méritant le meilleur d’elle-même^^

Je relevais le nez de mon clavier, éberlué encore de ces images sorties de l’ombre, et me grattant le tricorne fortement, je réfléchissais à une manière courtoise de relancer nos relations : un petit mot peut-être, une invit’ sur Facebook…

Ou une mouette de paix, alors ?

Je vais y réfléchir...


Ritaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ♥


Jack Rackham


PS: Aujourd'hui 11 avril, ce sont les 11 ans de ce blog, il fallait que le texte de ce jour soit digne de cet anniversaire.^^



Photos : Monica Bellucci.

mercredi 12 décembre 2018

Jack Le Pirate 3.0


Les pièces étaient encore vides, ou presque. Les chariotes de déménagements n’attendant que mon signal pour se remplir de mes effets personnels et maritimes, ayant décidé d’emménager dans cet endroit de la Riviera à l’autre bout du monde, je faisais les cent pas en rêvassant les mains dans le dos tel un empereur déchu. Les criques de l’île du Crâne et de la Tête de Mort étaient déjà oubliées, et le tricorne était propre et la barbe rasée…

J’attendais aussi Bosco qui avait du trouver un coin tranquille pour mettre en cale le Poséidon ; la bête n’est pas petite mais quelques bourses pleines d’or auraient raison des autorisations locales, sans compter le bagout et la musculature du gaillard.

Un dingue-dongue enfantin ne se fit pas tarder, tout en me persuadant aussitôt de faire changer ce tocsin peu viril.

- C’est vous ? Entonna une voix claire et féminine, laissant entrevoir dans l’encadrure de la porte du grand hall central, une silhouette familière…

Je reconnaissais bien là cette Lady Ania Chester, ex et unique attachée de presse du Poseidon, à la démarche chaloupée des femmes du monde qui ont pris de la bouteille,  toujours élancée et perchée comme sur des échasses, un sourire suave aux lèvres et ravie en l’instant de revoir son bon vieux Capitaine. Elle allait reprendre du service, il s’agirait juste de savoir de quelle manière ; tout était ouvert, sa présence matinale m’assurait de son envie, même si j’avais quelques idées qui me trottaient sous le tricorne.

Ses longs cheveux m’enlacèrent comme pour  marquer le plaisir de nos retrouvailles et la senteur de son parfum venant de son corsage à hauteur de mes narines troubla un instant mes sens, au point d’imaginer d’autres visiteuses plus intimes comme Katia ou Rita, telles des prédatrices venues chercher du sucre en poudre ou une tablette de beurre chez un voisin habituel.

J’imaginais la scène et j’oubliais tout le reste, comme dans un rêve.

Je pensais à un vieux film que j’avais vu tant de fois entre deux ponts, l’histoire d’une jeune femme venue visiter un grand appartement et rencontrant un homme plus âgé qui  vient de perdre sa femme, une qui tenait un bordel dans la maison pleine de joie. L’histoire d’un amour fou qui vient en remplacer un autre, le temps de quatre jours. Sur fond musical de tango argentin signé Gato Barbieri. Un chef d’œuvre !

- Vous avez eu un coup de cœur pour cet appartement, Capitaine ?

Tu parles : Dix pièces immenses faites pour vivre en bande, avec de hauts plafonds et donnant sur des ruelles mystérieuses tissées comme des traboules…


Ania était chou, comme j’aimais à dire, et dégageait une fraîcheur qui ressemblait à cette jeune femme au chapeau du film en question. Je la regardais tendrement et imaginais plein de choses comme au cinéma. Et même mieux qu’au cinéma, comme la vie quoi !

Puis sur une impulsion pleine d’amitié intense, je la pris dans mes bras en lui demandant :

- Tu danses avec moi ?


Elle me répondit par un sourire craquant, se préparant à l’envolée, mais la drôle de sonnette tinta à nouveau et Bosco n’attendit pas pour apparaître dans l’entrée. Il était les bras plein de pots de peintures, demandant du regard où les poser.

Le vide de l’appartement ne lui avait pas sauté aux yeux apparemment, il fallait vite commencer à apprendre à vivre en communauté. C’est vrai qu’un coup de peinture et quelques rideaux donneraient un peu de pimpant au lieu, mais surtout quelques livres…et les imaginant rangés dans leurs étagères, je me sentis d’un coup un peu plus chez moi.

(A suivre !)

Ici commence le premier chapitre du récit de la nouvelle vie de l’équipage du Poseidon qui sera poursuivi régulièrement.






Images : Le Dernier Tango à Paris (Bertolucci) et ses acteurs / Necar Zadegan

samedi 1 décembre 2018

Josie et la Tarte aux Fraises



Mes doigts zigzaguaient sur le clavier tels des moments de pianiste aguerri, crânant avec une virtuosité non feinte mais aussi une vantardise bien réelle. Justement en me remémorant mes années de jeune homme priapique, revenait toujours comme un boomerang une image presque unique d’où seule la concurrence de Katia pouvait la détrôner : Josie.

Ce prénom agissait tel un sésame vers mon cœur et ma libido pour se transformer en un spasme d’excitation à répétition, un ricochet du bonheur frôlant le fil de l’eau jusqu’à l’infini en donnant l’impression de n’avoir jamais touché l’eau…

Nous avions rapidement trouvé des terrains de jeux qui nous plaisaient le soir d’un anniversaire et tel un concours de baisers, nous goûtions goulûment nos gorges et nos langues comme pour mieux faire connaissance, en attendant de passer aux choses sérieuses dès que nous retrouverions un peu de solitude, même si l’effet de l’alcool donne toujours l’illusion d’être seul au monde. Le dernier parti d’une longue procession d’au-revoir jusqu’au petit matin, il nous resta quelques heures d’intimité intense où nous pûmes finir de nous déguster force bain de salive et autres transpirations sensuelles.

Elle avait bien remarqué aussi qu’elle me faisait de l’effet et le miroir posé près du lit confirma son impression première. Les cheveux longs et noirs de Josie se perdaient en bataille sur sa peau grêlée qui m’excitait tant.  Elle s’allongea sur le lit exprès en laissant voir son corps de rêve fait de grosses fesses plantées sur une taille fine de Reine d’Angleterre (Même si je n’en ai pas connu personnellement). Je la caressais en « doigts de fées » puis je l’effeuillais en écartant les points stratégiques, du moins ceux que j’avais envie de voir ou de goûter. Les poils, bien placés, ont un effet érotique immédiat et la belle m’encouragea à aller plus loin en faisant de même. Nous nous regardions mutuellement un peu partout puis Josie me proposa une chose inouïe :

- Tu veux une part de tarte aux fraises, mon chou ?

Elle aimait me donner des petits surnoms qui me faisaient un effet fou. J’acquiesçais sur le champ sans chercher à voir où était la gourmandise mais elle me retourna sur le ventre les yeux illuminés. Je pris du gâteau plusieurs fois, et observais bien mon initiatrice, car bien plus tard, j’apprenais à Bosco ce beau dessert fait de langue et de doigts…

Mais l’imagination étant sans doute ce qui régit le mieux l’érotisme, je vous laisse deviner le secret de cette tarte aux fraises !

Fermez les yeux…

Alors ?

Besos ♥

Jack le Pirate


Dessins : Serpieri.

jeudi 22 novembre 2018

Le Retour de Rackham Le Rouge



Comme un ciel de rentrée des classes s’affichait sur mon écran en retrouvant mon fidèle clavier aux touches magiques. Tout me revenait de mes premiers voyages imaginaires, les crapahutages de l’île du Crâne comme les cocktails au rhum d’une taverne du Paradis…

Un vent de combats maritimes et de sang embaumait mes narines, rappelant aussi les coups de hache et les hurlements qui avaient jonché le ponton de mes souvenirs. Mes tympans étaient restés sourds aux horreurs des amputations, préférant garder en mémoire le gargouillis des lampées de rhum ou le crissement des caresses de bas retroussés, des moussaillonnes aux cuisses hautes offrant là à son moussaillon le plus long des supplices avant les saillies intenses et profondes du reste de la nuit.
Tel était mon destin de Capitaine, enfilant son manteau de magicien encore et encore.

- Remarquez, y’a pire. Les fois précédentes, j’étais un peu usé, vidé, j’avais besoin de ressourcer l’île d’autres trésors, sans compter une morsure de vipère une autre fois…Là, c’est comme une renaissance !

Planant et riant au dessus  de ma tête, les mouettes savaient bien que c’était autre chose, plus fort que le goût de l’aventure, plus fort que les parties de cartes et de rhum coulant à flot jusqu’au bout de la nuit, plus fort que l’envie d’écrire (quoi que), plus fort que l’amour du Cinéma (oula), c’était…
…l’envie de retrouver mes moussaillonnes !

Katia et son coup de pédale endiablé, donnant vie à mes vocations premières, Sara et ses sortilèges de sirène, Rita aux formes de rêves, Maia la petite sorcière au cœur d’ange, Madeleine le premier amour d’une autre vie, Lady Ania Chester l’attachée de presse au grand cœur ( et au sourire suave), Marie la bienveillante, et tous ces amours fous, sur tous les pontons et tous les univers…

Et puis Orfeenix la poétesse, Ava la pharmacienne, Cameron la traitresse…et toutes ces femmes invisibles, infidèles, de lettres, courtisanes,  nues, amoureuses, au téléphone, au lit, bien-aimées, mentalistes ou abandonnées, quoi !

Sans oublier cette femme imaginaire, écrivain dans l’âme, jouant du piano dans ses rêves et amoureuse des séries télé ^^

Ca y est, je suis de retour…

Besos

Jack le Pirate

PS : Pour cette occasion, je me suis rasé (mais j’ai pas repris la cigarette, ‘tention hein ?)

Image du bas : Keith Richards le pirate.

dimanche 1 mai 2016

Un Garçon nommé Rita



Tout avait commencé par une diligence de province prise à l’improviste pour rejoindre un  amoureux transi mais de froid parti en Alaska. 

Rita était belle et pure et souriait à tout va de ses dents blanches comme tout passeport de voyage. Les quelques passagers qui l’accompagnaient étaient ravis de sa présence, hormis madame Smith qui connaissait bien son mari et sa fidélité légendaire, malheureusement. Les autres étaient plongés dans le décolleté de la fille comme une lecture de vacances rafraichissante. Le conducteur lui, avait multiplié les arrêts durant le trajet pour lui faire la conversation et essayer d’attirer ses faveurs. Et le voyage se passa bien jusqu’à ce que…

Les bandits semblèrent surgir de nulle part durant la pause café à Vancouver. Leurs foulards les rendaient méconnaissables et ils dépouillèrent illico tous les passagers de leurs objets de valeur. Sauf Rita qui pouvait tout garder, hormis un « petit trésor » dont ils parlaient à voix basse en rigolant.  

Ce qui devait arriver arriva et ils emmenèrent la pauvre Rita derrière un grand buisson pour assouvir de vils instincts sauvages. Chacun des huit hommes masqués la prit à tour de rôle pour la violer sous le regard horrifié (mais curieux) des autres voyageurs. Des hurlements résonnèrent dans toute la vallée, c’est qu’elle avait un bel organe la demoiselle ! Ce qui du alerter sans doute les indiens des environs car rapidement des volées de flèches criblèrent le camp, tuant tous ces bandits bien misérables.

Mais ce ne fut pas fini pour notre belle Rita qui subit alors les assauts virils de toute la tribu. Mais elle pensait si fort à son amour perdu en Alaska qu’elle surmonta toutes ces perversités sexuelles sans broncher ou presque, quelques-uns des indiens étant sacrément bien montés, c’est vrai…(Sourire)

Bref, la cavalerie toujours en retard arriva finalement et pu enfin ramener Rita auprès de son fiancé. Elle accoucha 9 mois plus tard d’un beau petit garçon qu’elle appela Rita, comme elle, promesse faite à elle-même pendant toutes ces moments d’intimité impromptues. 

« Fallait bien que je m’occupe pendant que tous ces types me bisouillaient le coquelicot…» (Détartrer la cafetière est pas mal aussi) « Et puis, y’a bien des hommes qui ont appelé leur fils comme eux, non ? »

Le petit Rita devint grand et même un beau cowboy, et nul ne sait s’il préférait les filles ou les garçons. Mais ça, c’est une autre histoire…


Jack Rackham

PS : Cette histoire en hommage à AL CRANE, une BD de Alexis et Lauzier qui parodiaient les grands thèmes des westerns avec des histoires encore plus tordues que la mienne…^^




Photos, de haut en bas 
Rita Hayworth.
Alexis (dessin)
Jean Dujardin.
Al Crane (album BD)




jeudi 29 octobre 2015

La putain du Rio Grande, le Retour

Comme chaque année, Halloween revenait sur le pont du Poséidon qui filait droit toute vers l’horizon à la recherche d’un nouveau port d’attache. Nulle trace sur le bateau d’une citrouille éclairante ou balai de sorcière, seule quelques idées noires occupaient mon esprit et mes bottes dépassant du hamac ne cessaient de se croiser et se décroiser. Le temps lourd du ciel pesant au dessus des voiles se noircissait à vue d’œil et bercé par des vagues puissantes, je me laissais aller au souvenir de Pablo et Patricia qui avait enchanté quelques pages d’aventures rafraichissantes…

Pauvre Patricia ! Son Pablo avait souvent bafoué son honneur et son amour propre mais elle avait gardé son amour pour lui, jusque dans la tombe. Un amour fou qui se prolongerait pour l’éternité, même si vers la fin je ne pourrais plus y assister de visu.

- Même quand vous ne serez plus là, nous penserons à vous, Capitaine !  

Patricia était là devant moi et je la regardais attentivement, comme jamais je ne l’avais fait. Je l’avais créée moi-même après tout, tapant sur mon portable entre mes cordes jadis, mais je n’avais pas prêté attention réellement à son charme ni à ses atours. Ah, les aléas de  la création littéraire…

Les mains sur les hanches, elle avait un joli port de tête sur un cou solide et sensuel. Son sourire semblait une fente gracieuse invitant à sa grâce, ses épaules bien taillées renvoyaient à sa taille fine où se rejoignaient de beaux et longs cheveux noirs. Sa peau douce suggérait des caresses langoureuses et le temps d’un instant, je me pris pour son beau Pablo.

- Pablo est parti chercher mes cigarettes, cela va prendre du temps surtout s’il croise ses amis caballeros au bar-tabac du coin, au bout de l’éternité. Dit-elle en m’adressant un clin d’œil complice.

Elle se tenait près d’un fauteuil comme dans un salon de coiffure et m’invita à m’asseoir. Elle mit ses mains sur mes épaules puis les glissa sous ma chemise. Je sentis les nuages noirs s’en aller au fur et à mesure qu’on s’enlaçait, puis ce fus un long baiser comme on en  voit dans les films de cinéma.

- Pedro ! M’appelât-elle dans un moment d’extase où elle chevauchait mon attirance en mettant les jambes sur mon cou.

Je me rappelais bien l’épisode, que j’avais écrit moi-même, des gorilles macumbas des montagnes mais je me gardais bien d’y faire allusion et sous la lune bienveillante d’Halloween, nous fîmes quand même l’amour comme des bêtes… « Toute la nouit » !

Jack Rackham



lundi 29 avril 2013

Une Bonne chienne


J’ai fait un rêve fou, l’autre jour dans mon hamac…

 Je caressais son pelage ras et quand sa langue venait chatouiller la paume de ma main, c’était bon ! Je lui lançais au loin une balle de toutes mes forces et malgré vents et marées, elle revenait sans cesse sur le ponton, s’ébrouant en guise de tambour, puis posait l’objet essoré tout autant, comme un cadeau de roi. Sa gueule posée sur le tapis, telle une peau de bête immobile, ses yeux roulaient de droite et de gauche, pour surveiller les environs. Et quelquefois, glissant dans ma main sous ma tête quelques sucres, elle venait laper les friandises, marchant sur moi telle une carpette mais avec le bonheur dans le yeux, comme une amie de jeu confuse, léchant mon visage et heureux de me prodiguer sa bave à volonté…Je suis gâté moi, pensais-je, et je lui faisais des grosses chatouilles pour la remercier de ses présents plein d’amitié et d’amour !

C’était vraiment fou !



J’ai fait un autre rêve…



...Mais non, j'déconne ! ^^


mercredi 27 février 2013

Like Casablanca


Le costume de Rick m’allait comme un gant même si j’avais du abandonner mon tricorne, Ilsa Lund avait pris les traits de Rita, et Bosco allait nous entonner une sérénade endiablée à la Dooley Wilson intitulée « Trinidad »...

Le bar de la goélette calée dans le port foisonnait de clientèle étrangère et je m’affairais à quelques courriers diplomatiques sur l’insistance du Capitaine de la police locale Peugeot. Le képi et la moustache lui allait bien, ce qui ajoutait à son côté dandy, et en faisait un compagnon de comptoir fort apprécié. La ville étant occupée depuis la 2ème guerre des Caraïbes, il y avait besoin d’une milice pour y faire régner un semblant ordre, espionnage et marché noir oblige. J’entendis alors Bosco qui reprenait cette chanson me rappelant…Mon sang ne fit qu’un tour et je me précipitais vers la salle commune, jurant de lui donner un bon coup de semonce.

J’arrivais sur lui tel l’ouragan et lui demandait quel mouche l’avait piqué pour chanter « Trinidad ». Son signe de tête m’invita à prolonger mon regard vers la table voisine et je fus saisi par la vision d’une personne que je pensais ne jamais revoir : Rita.

Un tourbillon de souvenirs m’envahit et je fus comme drogué de la revoir. Son sourire, ses yeux, son charme naturel, tout me rappelait  Trinidad et notre aventure. Le moment fut court car au même moment arrivèrent le Capitaine Peugeot et le mari de Rita, un certain Roberto  Alcazar. Il répondit simultanément à mon bonjour alors que je ne pouvais quitter des yeux Rita. On discutait de choses et d’autre mais ce ne fut qu’un brouhaha qui me montait aux oreilles. Les images de notre romance revenaient comme des litanies et j’avais oublié ma rancœur et ma colère après son départ que j’avais pris pour une trahison…

Je gardais ma contenance mais mes doigts se remémoraient à nouveau le corps de Rita, sa peau, et son regard me disait la même chose. Pourtant je regardais cet Alcazar et fronçais à nouveau, tel un écolier.

Les trois se levèrent et on se dit au revoir. Rita était là me regardant de ses yeux habituels et sa bouche me prodiguant quelques mots agréables de retrouvailles, elle me frôla comme au temps ancien de nos amours. Son mari derrière lui ne semblait rien voir de nos connivences ou alors il connaissait trop bien sa femme.

Rita me prodigua un dernier sourire puis fila devant moi, suivit des deux hommes et d’une trace de son parfum. Quelque chose me disait que j’allais la revoir bientôt. Je m’assis, comme ayant retrouvé plus que des souvenirs et commandais un double whisky.

« Mais vous ne buvez plus, patron ! » M'interpella Bosco.

« Je sais bien Bosco, je sais bien… » Répondis-je, un petit sourire aux lèvres…


*




CASABLANCA est un film américain de 1942, réalisé par Michaël Curtiz. Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Peter Lorre…La chanson As Time Goes By est de Herman Hupfeld, interprétée par Dooley Wilson.



                                            

                                       

lundi 10 décembre 2012

Souvenirs de Rita


Les flots ondulent sous moi, comme des cheveux bien connus dont la mémoire remonte à la surface…

Ma barque se prélasse au soleil de l’hiver, bronzant mon visage buriné déjà rougi de canailles pensées. Cheveux longs glissant sur ma peau encore lisse d’abordages et de filles, épaules roussellées de gourmandises à venir et suant de galipettes assouvies.

La coquine offre son paysage de monts et de velours, que je vais aguicher de mon sabre en panache. L’odeur attire mon œil et le sein me taquine, la cuisse s’écarte au loin et le ventre se noue. La belle à quatre pattes s’approche à pas de loup, la bouche goûte et pourlèche, mes mains tâtent le pain et l’extase fait les miches…

Les corps batifolent et se fendent, la mie a du volume et le crouton du corps. Des fourreaux se proclament et des mats se cognent en cocagne. Ballet faisant et baisers fêlant, les amants se confondent et s’endorment rassasiés d’orgasmes au firmament.

Rita se lève en féline pour se couvrir d’un bond, pendant que mon regard la boit comme un café embaumant le matin…


Je reprends mes rames et mes esprits, et je file attiré par le sifflement de la cafetière de Bosco !


Hmmmm !


*

J'ai retrouvé un poster de Rita
et l'ai mis dans le fond de ma
cabine...
Qu'en dites-vous ? >
























Sur les photos, c'est Luscious
Lopez aka Rita !

mardi 5 juin 2012

Les Yeux dans les Seins


J’avais rendez-vous avec Zack et Iggy dans une taverne de Cancun, au doux nom de LE TABOURET CREOLE, au menu évocateur et donnant appétit. Ils étaient arrivés en premiers et mataient déjà la serveuse, Rita, qui les aguichait en remuant son popotin sous sa jupe arrondie de froufrous et tabliers.

« Alors les loustics, on vous serre juste la pince ou vous prenez quelque chose ?»

« Deux cafés. « lança Zack, en la zyeutant de la tête au pied pour lui faire honneur. 

Elle tourna les talons en imaginant dans son dos les yeux exorbités et les pensées fumeuses. Elle faisait de même avec les copines, quand passait un matou au petit cul rebondi et qu’elles se laissaient imaginer la longueur du barzingue coulissant. Elle amena les cafés rapidement, calculant un rythme de passage qui, si elle savait s’y prendre, les amènerait à laisser toutes leurs pièces d’or…Une main sur une hanche, elle balançait sa féminité en une croupe aguicheuse et facile qu’elle agrémentait d’un sourire ravageur. Au détour d’un va-et-vient aux cuisines, elle arrangeait son corsage en descendant au mieux le balconnet qui bientôt laisserait voir le plus profond de leurs espérances.

Je rejoignais mes deux amis et saluais la demoiselle. Des cigarettes écrasées et des tasses vides jonchaient déjà sur la nappe à carreau, traces de leur attente, et ils me saluèrent façon détachée comme si le seul spectacle qu’ils captaient de leurs antennes était cette Rita aux cheveux blonds qui allait et venait. J’étais moi-même sous son charme et je commandais dans la foulée quelques tournées de bière pour faire revenir la belle devant nos langues affamées.


Les coutures de la belle n’eurent plus de secrets pour nous au long d’une longue nuit blanche pendus aux allers et venues de Rita, et zigzaguant jusqu’à la porte au petit matin, nous lui dîmes au-revoir plongeant une dernière fois nos regards embrumés dans sa beauté et notre envie…


Photo du haut : Iggy Pop et Tom Waits, dans COFFEE AND CIGARETTES de Jim Jarmusch. (2003)

mercredi 29 juin 2011

Le Parfum de Rita


L’été fait valser les mouettes au dessus de ma tête et mon tricorne se souvient…

C’était il y a longtemps, entre ma prime jeunesse et la force d’un âge pas encore mûr. Le temps des apprentissages incertains et des peurs irréelles. Le temps où on s’invente des amours et des haines pour mieux sentir sa vie, ou croire qu’on existe pour quelqu’un.

Elle était douce et belle. J’aimais ses cheveux longs et leur noirceur était à opposé de son esprit innocent et doux. Nos rires avaient fait connaissance et s’étaient plus. Pas tout de suite, il faut du temps pour les jeunes marins à remarquer les ports qui les attendent. Quelques baisers puis une nuit sans lune. Puis le jour où je connus son corps…

Ses rondeurs et rousseurs avaient conquis mon désir, l’allumant et ne l’éteignant jamais. Le goût de sa peau et de son pigment. Sa pilosité discrète par endroits et explosant par d’autres. Sa bouche comme une amie aux mille sens, ses hanches fines que je pouvais tenir (presque) en faisant toucher mes pouces, sa croupe à double culpe, deux territoires conquis sous mes mains bienheureuses de tenir là le monde…Aisselles au goût salé comme du caviar pour ma langue, carrefour et morceau de choix où je goûtais l’humeur de tes festins, sueurs que je buvais comme des breuvages de rois, ces fumets entiers faits rien que pour moi, c’était toi.

Je lève le nez au ciel et je pince mon cœur. Les visages sont partis et les corps s’estompent de nos mémoires. Le démon est passé et les rires se sont tus. Plus de souvenirs et plus de connivence. De tous ces moments passés, de ces amours sentis, de ces mains posées, de ces paroles échangées, des coïts enfoncés, de nos doigts qui caressaient, de nos langues mouillées, de nos mots susurrés, de nos esprits alertés, de tous ces souvenirs de toi qui tapissaient mon cœur…

…il ne reste plus que ton parfum.