lundi 9 septembre 2019

La Nostalgie



Les doigts tendus quatre à quatre, tricorne au vent et chemise ouverte sur mon torse glabre, je contemplais l’horizon pour y chercher un peu d’inspiration. Mais pas besoin de se baisser longtemps vers les touches pour trouver le bonheur des mots qui coulent. L’été a déclenché la valse des popotins et ma lorgnette magique fait office de vision supra-sensorielle, et à défaut de transpercer les vêtements comme Superman, je pénétrais les âmes comme un pirate des cœurs…

Celle-là vit dans le souvenir de son fiancé parti à la guerre, une guerre d’Afrique aux contours de l’inutile et aux horreurs sanguinaires. Son corps rapatrié a brouillé sa vision de l’amour pour toujours et désormais, elle n’attend plus rien que le temps qui passe, avec juste un peu de rouge à lèvres comme une peinture de guerre…Pourtant, elle est encore jolie et sa croupe balancée innocemment trouble encore les célibataires environnants. Quelquefois, cédant à un bellâtre plus empressé que d’autres et beau parleur, elle le chevauche comme un souvenir perdu, mais ne lui laissant aucun espoir ni lendemain.

Une autre a laissé la vie l’emporter dans son tourbillon effréné des clichés qui s'enchaînent. Un beau couple qui va bien sur la photo de mariage et déjà les enfants qui s’empilent comme des tournées générales. La vie se gagne bien et rien ne manque sauf ce temps qui défile trop vite. On prend quelques photos et quelques films, histoire de laisser des traces qu’on pourra contempler plus tard entre amis, pendant quelques repas de retrouvailles.

Ce dernier a décidé de tout compter, de ne rien céder sur rien, de faire ce qu’il faut pour bâtir une forteresse de sa vie, accumulant les besoins de l’utile et aussi du superflu. Les idées rebelles sont éradiquées et la vanité a pris le dessus. Tout va bien…

Pourtant, comme ce vieux projectionniste de cinéma, tous collectionnent de vieux souvenirs qui agrémentent leur quotidien, ce jardin secret qui jamais ne les quitte, cette mélancolie qui les envahit au fur et à mesure du temps et dont ils ont besoin pour justifier leur vie et continuer leur chemin.

"Ce fiancé parti à la guerre n’était pas si proche et qui sait s’il aurait demandé sa main à la fille, s’il était revenu. Elle avait seulement besoin de retrouver sa solitude et sa tranquillité, et elle prit l’habitude de les préserver par cette bonne excuse…C’est vrai qu’ils se trouvaient beaux sur cette photo de mariage, et ils n’auraient jamais osé contredire les amis et la famille de leurs commentaires si flatteurs, eux qui n’auraient pas fait leur vie ensemble sans ce tourbillon d’enthousiasme inattendu…Et ce bâtisseur inflexible n’avait toujours rêvé qu’à une chose : Partir à la pêche, tout seul avec sa bourriche et sa canne offerte par son père pour son anniversaire !"

Ah, la nostalgie…

De mon côté, je repensais à cette femme au bandana coloré qui tenait ce bar-restaurant de l’autre côté du globe. Ce sourire entouré de quelques fossettes avait imprégné ma mémoire de bons souvenirs, surtout de cette démarche chaloupée évoquant la grâce et la féminité. Je me rendais bien compte qu’elle n’était pas tout près et qu’il faudrait un miracle pour qu’elle se souvienne de ce capitaine dont elle avait sauvé la vie (d’un coup sec entre les omoplates, suite à une arête de poisson mal située).

Je croyais néanmoins en ma bonne étoile mais envoyais par précaution, quelques mouettes en sa direction, on ne savait jamais…




Besos

Jack Rackham.


Photos: Cinema paradiso + Elizabeth Bourgine + Vidéo Cinema paradiso.

vendredi 26 juillet 2019

Les Jardins secrets de Nina Bouraoui















Ma vie de pirate est aventureuse, surtout quand je tape sur mon portable au gré des mots dans la cartouche de recherche GooGle. C’est bon de découvrir l’inconnu via les réseaux sociaux, surtout quand il s’agit d’UNE inconnue…Là, j’avais suivi une émission de télé, un talk-show bien connu avec des invités, des artistes ou des politiques. Pouf, le coup de bol, je sens que la rencontre va être belle ; je m’accoude à mon comptoir personnel (mon genou droit), je monte le son et même les mouettes se tiennent coites ; ambiance…

La voix est suave, légèrement aigüe, l’œil ponctue les silences et les phrases. Je sens que mon adhésion sera entière, que la sympathie est déjà réelle. Wikipédia fait le reste du travail pour moi : elle est née le 31 juillet 1967 à Rennes et s’appelle Nina Bouraoui.

Les  rencontres littéraires ou artistiques sont souvent comme ça sur ma goélette, démarrant en virtuel mais n’aboutissant à rien d’autre que la connaissance théorique de la personne ;  tout est sublimé par mon imagination de pirate, le feeling que je crois avoir et le désir d’agrandir une sorte de famille imaginaire. La vraie, en fait.

De père algérien et de mère bretonne, elle grandit à Alger durant les 14 premières année de sa vie, puis ses parents décident de ne plus revenir en Algérie. Double culture et double déchirement, elle va se construire dans ces dualités, développant en parallèle ses goûts pour le dessin et l’écriture, ainsi que sa nature homosexuelle. Le tout l’amènera jusqu’à son premier roman, « La Voyeuse Interdite » envoyé par la poste tout naturellement et sans recommandation, qui sera publié en 1991 avec succès, par les éditions Gallimard. 15 autres romans s’ensuivront dont le dernier, chez Jean-Claude-Lattès en 2018 : « Tous les Hommes désirent naturellement Savoir ».

Je vous invite à tout découvrir comme je l’ai fait sur Nina, y compris toutes ces interviews et documents, qui donnent envie d’en savoir plus sur elle, comme :

Elle est réservée, sauvage, sportive. Elle écrit avec son corps. Sa sensualité n’est pas séparée de son esprit. Elle est homosexuelle mais pas un porte-drapeau ou pour le mariage gay. Son intimité est dévoilée uniquement par le prisme déformant de l’écriture. Elle a alimenté elle-même son propre rejet due à son homosexualité… Et elle a eu le Prix Renaudot en 2005 pour son roman « Mes Mauvaises Pensées » chez Stock.

Je vous laisse avec Nina Bouraoui, pour apprécier son écriture, lire ses chroniques, écouter ses interviews...
Bon surf !

Jack Rackham




PS : Ah oui : Elle a écrit des chansons, entre autres, pour Céline Dion, Garou, Chimène Badi, et Sheila. ^^



mardi 16 juillet 2019

Miroir, dis-moi qui est la plus Belle ?



La fille se tournait et se retournait, cherchant un angle dans le miroir où elle pourrait se trouver belle…Elle manquait de tomber du lit par instant, mais empoignant plus ferment le dessus de lit, elle réhabilitait d’un coup son équilibre. Son œil détaillait avidement les plis et les poils de sa féminité, affichant une curiosité inattendue. Daniela semblait si perdue au milieu du grand lit, une souplesse féline s’insinuant entre innocence et crudité et dévoilant une ultime intimité…

Un éclair blanc zébra le plafond du salon puis quelque chose sembla différent, au point que la tapisserie esquissa un sourire, pourtant bienveillant.

L’homme se tourne encore et encore, n’en croyant pas ses yeux puis veut vérifier par lui-même la réalité de l’artifice ou du sortilège. Glissant deux doigts entre ses jambes, il sent l’attache du porte-jarretelles frôler le dos de sa main puis la fente gainée de sa toison mouillant comme au jeté de la plus belle ancre…Satanée Maia, qui a ensorcelé Jack Rackham, comme une fille de Circée et Polyphème réunis, initiant là le pirate aux joies de la féminité qu’il avait toujours placée bien haut au firmament du monde. Le moment de surprise passé, l’instant semble goûteux, le point de vue intéressant et les sensations pétillantes et magnifiques.

Miroir, Ô mon beau 
miroir...

mercredi 3 juillet 2019

La Mort




Quand l’été arrive, il s’accompagne de longs farnientes dans des hamacs dégoulinants où on se laisse aller à des balancements sans fin. Le moment est souvent propice aux rêveries érotiques, préfigurant les promiscuités de la saison à venir ou les réminiscences des émois d’antan…C’est bon de ressasser les promises passées à la casserole ou les croupes ratées, même de peu.

Telle est la loi des jeux de l’amour et des souvenirs, tout ça pour emporter dans ses siestes la rancœur de l’impardonnable ou la suffisance du gland assouvi. Pourtant, s’il est une pensée qui occupe tout autant le hamac du pirate, c’est l’idée du moment dernier, de l’instant suprême, du passage vers l’au-delà : La mort…

Elle n’est pas belle et même un peu effrayante. Sa représentation dans les œuvres picturales ou cinématographiques laisse peu de doute à sa fonction première de libérer la place pour d’autres ou d’accomplir une justice divine même aux desseins incompréhensibles. Ses yeux sont souvent introuvables et ses doigts squelettiques, ce qui est bien normal vu son état. C’est cette pensée qui donne du sens à tous les Dieux, même les moins connus, servant de Damoclès aux plus croyants ou aux plus craintifs.

Et elle casse un peu le tableau des Grands amours éternels sauf pour Dracula de Coppola, normal car avec Winona et Monica dans le même film, tout reste toujours très érotique, c’est comme ça. ^^

Pourtant, à chaque fois dans un moment de vague à-l’âme subit ou plus prolongé, on s’imagine des choses terribles avec vengeance, maladie incurable ou amputation, finissant par être enterré vivant sans faire exprès et essayant de gratter un cercueil indestructible. On finit par pardonner à la belle son ingratitude, en oubliant qu’elle a ingérée par mégarde de la mousse de saumon avariée, damned !

Alors, nous sommes là enfermés pour l’éternité dans un cercueil trop petit pour deux, impossible de se retourner, ni même de bouger une oreille.

- Mais oui mon amoouuur, je t’aime mais c’est IMPOSSIBLE de se mettre tête-bêche et de te prouver mon AMOUUUR…


L’été est là, je transpire, et mes pensées assaillent bien mon cerveau sous mon tricorne mais ça va, je n’aime pas la mousse de saumon.

Heureusement…

JR




Souvenirs d’un pirate, tome 1. Extraits.






Photos : Le sens de la Vie. (1983 Monty-Python)

lundi 24 juin 2019

Le Cri




J’ai sursauté une première fois machinalement car comme je ne m’attendais à rien, ce fut comme une visite à l’improviste où l’on se dit à soi-même :  « Ben elle aurait pu prévenir ! » même si tout compte fait, on n’aurait pas sursauté du coup.

Je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est sorti tout seul et ça venait de loin, sûrement ; un trop plein d’énervement contre tout, surtout les trop-pleins de la vie qui racontent le manque de tout, surtout de ce dont on ne sait si on en a envie ; avec le contraire du reste, et l’acquiescement de tous les refus. Une vraie fille, quoi…

Je crois que j’avais repéré le coup, comme un pressentiment de l’inévitable car les amours de marin sont rarement éternels (surtout vers la fin). Je frissonnais encore de la surprise, calmant mon tricorne, c’est émotif ces machins-là.

Marre des hypocrites et des larbins, suis assez grande pour savoir qui est avec moi ou contre ; ou tout contre, même si j’ai terriblement envie de dire le contraire…

Je vais faire celui qui fait mine de rien, et même faire l’idiot ; ça marche à tous les coups, surtout quand on est sûr de rien. Tiens, je sens un cri en suspens dans l’air, je vais attendre un peu, juste pour voir. Là ?

Je crois que je l’ai coupé en deux là…La surprise a été nette, parfaite, ça lui apprendra à ne pas m’écouter, surtout quand je ne dis rien ou ne voulais rien dire. Un ange passe, ça lui apprendra à ne pas m’aimer quand j’ai envie, je me sens une vraie boule de misère humaine quand je veux ; ma mauvaise foi est sans limite et je suis prêt à désaimer quelqu’un en lui faisant croire qu’il n’a rien compris…Qu’est-ce que je voulais dire déjà ? Heu...

Je n’entends plus rien, je dois avoir encore une oreille bouchée…


JR

Photo : Claudia Tagbo ?

vendredi 7 juin 2019

Écrivaing


Depuis quelques temps, le vent m’amène d’étranges nouvelles bien ou mal intentionnées. Telle cette histoire d’écriture inclusive qui divise alors l’humanité dans ses confins les plus profonds, bouleversant les plus belles amitiés comme les plus grands amours…

J’ai donc remis du bois dans le feu, défait mon ouvrage, fait table rase de mes préjugés pour réfléchir à ce nouveau langage. Et la requête m’a paru légitime, révélant là quelques sentiments ancestraux de frustration et d’inégalité. Mon tricorne avait tranché vite en faveur des féministes, voyant bien    que :

- Oui, chaque métier pouvait comporter son pendant féminin sans que le masculin regroupe toutes les personnes.

- Oui, on pourrait dire « Humanité » au lieu du récapitulatif utilisé « Homme » englobant habituellement la Femme, avec perte et fracas. Fini le H majuscule !

- Oui, le pluriel des mots ne ferait plus l’emporter le masculin sur le féminin mais tout serait spécifié précisément, même par des raccourcis compréhensibles tels Cavalier-lières.

Bien sûr, il faudrait affiner et voir ce que cela donne sur une œuvre majeure déjà écrite et publiée, telle Les Misérables de Victor Hugo. Chiche ?

Ou alors éviter les féminisations impropres ou pas jolies telle : « Auteure » au lieu d’ « Autrice » (Beurk).

Ce langage inclusif/épicène, neutre et non sexiste a bien du charme et rend à la femme son importance irremplaçable, au côté de son alter-ego masculin. Il restera aussi d’autres domaines où ce n’est pas encore gagné comme l’égalité des salaires ou le partage des tâches ménagères, mais là ce sont encore d’autres histoires…

Ah oui, il peut aussi y avoir d’autres différences liées aux accents, question de goût ou d’imagination.

La jeune femme brune vient de finir son roman, ses intentions sont magnifiques, sa motivation inaltérable et ses buts sans concession. Mais son accent du midi va lui jouer un tour :

- Je serais écrivaing.

- Non : Ecrivaingue !

- Voilà...

Jack Le Pirate ♥

Photo : Géraldine Nakache.

jeudi 16 mai 2019

Hard Corps




Il y a de grosses cacahuètes, des noix de cajou et aussi des bretzels géants dans des coupelles qu’il a préparé en vitesse entre deux mots dont il ne se souviens plus. Elle a sonné il y a quelques secondes, timidement. Sa présence le trouble et sa peau douce l’effleure par moments, sans faire exprès. C’est bon parfois de se fréquenter entre voisins, on ne sait jamais en cas de besoin. Elle est assise sur le canapé et ils font de grands gestes, comme s’ils se racontaient le monde, leur monde. Les têtes se penchent, les sourires fusent, le destin s’est arrêté pour faire une pause de bonheur. Ils ont l’air heureux.

Les regards sont plus longs, sans besoin d’insister, ils se sont rapprochés sans le vouloir, l’atmosphère dégage un air inhabituel mais merveilleux. Les choses sans importance qu’ils se racontent les rapprochent encore, comme des aimants. Il n’est pourtant pas son genre, ni elle le sien mais c’est comme ça…Sa main est restée plus longtemeps sur son bras, elle a besoin de son attention et même beaucoup plus maintenant. Il est hypnotisé par elle tant il se sent si bien en sa présence. Elle se rapproche, car elle a envie…de lui.


Le premier baiser les fait lâcher prise. Ils ne savent plus où ils sont, ni plus qui. Leurs mains sont habiles à se déshabiller comme des magiciens, leurs doigts courent comme le vent au point qu’ils sont vite nus. Il aime sa peau noire claire comme du chocolat, lui avec son teint rosé et sa barbe naissante. Les baisers s’enchaînent comme au cinéma et même mieux. Elle bascule sa tête en arrière, il se glisse entre ses cuisses, c’est l’extase.

Le temps ne compte plus, les normes et les apparences non plus. Quelques baisers furtifs après les effusions de joie. Ils remettent leurs vêtements sans se presser, se prennent par la main. Quelque chose les a changé, les deux regardant un peu au dehors voir si c’est pareil qu’avant…

Jack Rackham

*
Cette histoire est une fiction écrite d’après ces 3 photos extraites du film « A l’Ombre de la haine » (Monster’s Ball). Sorti en 2001, il raconte l’histoire d’une jeune femme noire Leticia, qui vient de perdre son mari exécuté dans le couloir de la mort. Et justement, Hank travaille dans cette prison…Double peine car elle perd aussi son fils accidentellement, sous les yeux de Hank qui essaie de l’aider pour rejoindre l’hopital, sans succès. Mais Léticia ne sait pas que lui vient de perdre son fils, qui s’est suicidé. Ambiance raciste entendue du sud des Etats-Unis qui va rapprocher les deux personnages, elle trouvant une épaule protectrice, lui cette femme le révélant à lui-même et cherchant l’absolution de tous ses péchés passés…^^

Photos : Halle Berry et Billy Bob Thornton.

vendredi 26 avril 2019

Le Rendez-vous d'Uranus


Uranus est la 7ème planète du système solaire, située à près de 3 milliards de kms du soleil. C’est une planète géante et gazeuse, d’un diamètre de 51 000 kms, et dont la révolution autour de la Terre dure 84 ans. En astrologie, elle symbolise la modernité et l’imprévu, étant un des deux maîtres du Verseau (avec Saturne).

Ainsi donc, elle change de signe du zodiaque tous les 7 ans environ et fut découverte par un astronome anglais en 1781. Sans doute annonciateur de notre révolution à venir, en 1789…

Depuis l’an passé en 2018, Uranus est entré dans le signe du Taureau, entamant une étape de nouveaux changements collectifs dans le monde, mais effectuant un effet rétroactif habituel dans sa trajectoire jusqu’à cette période. Ce fut seulement début mars 2019 que fut définitive son entrée en Taureau. Signe qui représente la terre, la stabilité, les traditions, la famille,  l’argent et aussi l’épanouissement par les arts et la création.

Uranus symbolise en astrologie l’imprévisible, les impulsions, les forces créatrices, et va définir chez l’individu son originalité, son indépendance d’esprit, inventivité, anti conformisme,   désir de liberté…avec en contrepartie, la tension nerveuse et la brutalité. Il est visionnaire, savant et aime le modernisme et les hautes technologies. En transit, Uranus déclenche les évènements soudains qui vont changer la donne, invitant à changer de voie…

En positif ou négatif, son passage sera mémorable.  A vous de cerner le domaine où vous allez évoluer, professionnellement ou amoureusement, mentalement ou physiquement^^

Qui sait si durant cette période de 7 ans, selon les influences d’Uranus, votre vie va changer, vous allez rencontrer votre âme sœur ou alors devenir un accro aux applis en tous genres ?


Là, Per et Jacobé ont eu le coup de foudre l’un pour l’autre et rien ne pourra y faire jusqu’à la destruction totale de leur amour. « Un Homme Chanceux », c’est l’histoire d’un beau film avec un homme qui a le don de l’invention, rencontrant une femme riche qui lui ouvrira son cœur et les portes de ses relations familiales…Billie August a sorti ce film en 2019 sur Netflix, une belle œuvre uranienne, aux imprévus multiples mais avec une ambiance et une lenteur qui rappelle les univers de Jane Austen.


Car je ne vous l’ai pas dit. Uranus, c’est aussi la planète du…Cinéma !


Jack Rackham

Photo du bas : Esben Smed et Katrine Greis-Rosenthal dans "Un Homme chanceux".

jeudi 18 avril 2019

Procrastination


Procrastination. C’est sans doute le mot le plus important de ma vie, qu’elle soit maritime ou artistique…Le mot m’amuse en lui-même, il est joli et sonne bien. Procrastination, comme un symbole. Celui de remettre au lendemain, d’ajourner le présent à un futur proche plus urgent. Ce mot magique qui donne toutes les raisons de faire ce que l’on veut…

Aussi loin que je remonte, j’ai pratiqué cette procrastination pratique, du moins en théorie ou sur le moment. Pour ma naissance sans doute, retardant le passage vers la lumière ; pour le biberon, trop chaud celui-là ; pour le pipi au lit, trop bien là pour crier à l’aide ou se lever ; pour l’école et les examens, toujours partir au dernier moment, comme espérant un événement général qui bouleverse le monde, du moins mon monde…

Et plus tard : Ah les procrastinateurs du 11 septembre 2001 ou du 7 janvier 2015 (et j’en passe), survivants honteux de l’humanité inhumaine et sans vergogne. N’empêche, le procrastinateur regrette toujours mais ne peut s’en empêcher, incorrigible.

Car son mode de fonctionnement est inéluctable, l’œil jeté sur la pendule à calculer le temps qu’il reste, et entamant déjà la chose à faire pas indispensable mais tellement plus agréable ou facile à faire. Ce n’est pas de la paresse mais pas loin au fond.

Mais ce n’est pas simplement une question de plaisir ou pas, car tous les marins du monde ont sacrifié une donzelle chaude et à croquer à une partie de cartes endiablée et arrosée de rhum, elle attendant toujours quelque part ce pirate en retard.
Ah, procrastination, quand tu nous tiens…

Enfin voilà, ma vraie théorie sur le sujet (grrrmbll bon) :
Le procrastinateur est un maître du temps, il joue avec lui en pensée et croit le freiner au point qu’il le voit s’arrêter (ou presque). J’ai souvent eu le sentiment que le temps s’arrêtait, au point qu’il m’était facile de me sentir immortel ou invincible. Et j’ai longtemps eu l’air de faire moins que mon âge. Jusqu’à ce que, un coup de frein subit vers les 35 ans…oups…

Voilà. Pensez-bien que les as de la procrastination ne font pas exprès, c’est leur nature profonde , celle de vivre plusieurs vies en même temps. C’est tout.
Forcément, avec tout ce temps…^^


Jack Rackham

Vidéo ; Fernand Sardou, procrastinateur de renom. Photo, de dos : Monica Bellucci probablement.

mardi 9 avril 2019

La La Land ♫♪♪



La La Land ♫♪ comme un air de musique fredonné, sorti de l’imagination du réalisateur franco-américain Damien Chazelle et de l’auteur-compositeur Justin Hurwitz…

La la Land, comme le quartier d’Hollywood situé à Los Angeles (L.A.) et aussi le symbole d’une manière de vivre un peu décalée…

Mia et Sébastian (interprétés par Emma Stone et Ryan Gosling) se rencontrent par hasard en ville, elle travaillant pour une cafétéria de studios de Cinéma, lui jouant du piano dans des clubs pour gagner sa vie. Elle a pour rêve de devenir une grande actrice, lui de faire du jazz dans son propre cabaret. On suit le récit de leur progression et leur amitié amoureuse à travers des numéros musicaux, dignes des grandes comédies américaines ou françaises. Les numéros sont colorés et suivant le rythme de l’histoire, alternent les mélodies nostalgiques et les airs toniques.

Introduisant le film par une scène d’anthologie dans les embouteillages de L.A., Another Day of Sun donne toute sa force à cette histoire dont le corps suit les déclinaisons de City of Stars, une mélodie plus douce aux variations subtiles d’un morceau à l’autre. On suit les auditions improductives de Mia et la montée professionnelle de Sébastian à travers un groupe Rock. Entre deux, les amants se retrouvent mais bientôt séparés par leurs ambitions différentes. Le One-woman-Show étant plus difficile à imposer que la tournée en tant que pianiste du groupe de Sébastian ^^

Tout finira bien pour eux même si la vie et le succès les séparent, comme s’ils ne pouvaient pas réussir ensemble...Belle scène de flash-back imaginaire où ils se voient en couple avec un enfant dans de vieilles images jaunies d’un film d’une autre époque.

Entre deux scènes de danse aux claquements de doigts qui rythment la musique ou aux talons qui claquent sur le sol pour montrer que c’est vrai, on voit les endroits marquants de Los Angeles tel l’Observatoire de Griffith, mais aussi des vues de Paris qui rappellent la France et un certain Jacques Demy et ses Demoiselles de Rochefort…

Une comédie musicale incontournable, au même titre que Chantons sous la pluie ou Un Américain à Paris, à voir absolument ! Jack Rackham


*
Sorti en 2016, La La Land a raflé 14 nominations aux Oscars, dont 6 statuettes, et 7 Golden Globes, avec Emma Stone faisant le doublé au titre de la meilleure actrice. Le charme de ses grands yeux et sa performance de danse donnant une haute réplique à Ryan Gosling, plus discret à la manière d’un James Stewart, le second rôle masculin idéal.


lundi 1 avril 2019

Un Grain de Beauté


Son cœur est gros, son corps est grand, sa passion déferle entre les deux comme la tempête fait place au beau temps pour souffler un peu. Elle fait semblant de sourire, comme un faux air d’ambassadrice à la peau métissée, une Mona Lisa orientale qui prendrait ses aises de sortir de son tableau à l’occasion…

Un œil noir et doux regarde son amour loin au-delà des mers, comme les chats à travers les murs des maisons ou les barreaux de prison. Mais la fille est trop bonne et sa douceur de peau transparait dans ses intentions. Son pardon est déjà envoyé, le bourreau peut faire son office et la canaille sa trahison.

L’histoire est plus banale, un retard de calèche puis de goélette, les mouettes ont menti…

- J’ai eu peur de vous, Capitaine. Du moins de vos intentions.

- Je ne suis pas une buse, j’ai glissé sur le pavé mouillé, j’ai pris une vraie gamelle…

- Vous boitiez déjà, peut-être la jambe de bois ?

- Je n’aurais de bois que mon cercueil. Quand je pense à vous, ça me donne des ailes mais mon pas est lourd de mon désir.

- Vous me remplissez le cœur et de promesses ; mon esprit se trouble, je suis toute ouïe de vous.

- Approchez-vous que je vous cajole. Je vois vos yeux humides, mais j’aurais toujours un mouchoir pour vous.

- Je suis sotte d’avoir douté de vous, venez que je vous câline, je ne suis pas farouche.

- Votre peau est de pêche, votre cou me tente que je le caresse. Je suis fou de vous.  

- Embrassez-moi, votre chair burinée me parle bien. Mes pigments sont embrasés…

Le Capitaine lisse les beaux cheveux noirs de la fille, qui se détend et se presse contre lui. Elle semble perdre la tête quand il frôle doucement ses cuisses puis plus fermement pour lui montrer son amour. Ses doigts touchent ses lèvres puis tournent autour de sa bouche. Elle sourit en louchant un peu.

Le ciel a noirci, on annonce un grain.  Elle rougit...

JACK RACKHAM


Photo : Necar ZADEGAN. Actrice et mannequin germano-américaine d’origine iranienne née en 1982, elle se spécialise peu à peu dans les séries télé et se fait connaitre au niveau international grâce à un rôle important dans la série 24 Heures Chrono. (2010)

vendredi 22 mars 2019

La Comédie des Femmes



Je ne sais si c’est le temps doux imprévu pour la saison, ou le contrecoup du déménagement, mais j’avais envie de me replonger dans l’univers bienveillant de ma prime jeunesse ou celui de la veuve Sanders et ses filles chaleureuses ; toujours prêtes à toutes les aventures et fantaisies, car intrépides pour jouer des bons tours, faire des galipettes ou imaginer tous les scénarios : J’avais terriblement envie de refaire du théâtre !

J’avais fait disposer le Poséidon tribord face à la mer, c'est-à-dire pouvant simuler une scène et dont les cabines à proximité remplaceraient les loges et autres accessits pour y préparer une pièce. Les Femmes Savantes avait remporté tous les suffrages à l’unanimité de ma décision unique, puis Bosco avait envoyé les invitations pour la distribution des rôles. On attendait donc l’arrivée des demoiselles par tous les trains et nacelles disponibles, et le plancher sentait déjà bon l’atmosphère de la comédie…

Comme dans un rêve, je retrouvais les odeurs de maquillage et de talc, les voix sonnaient fort et les répétitions purent commencer rapidement. On aurait dit qu’elles n’attendaient que ça, Angélica, Diane et Sharon. Mais aussi Scarlett, Anne et Emma, et aussi Juliette, Naomi et SaraElizabeth arriva par bateau, en guest-star avec Gigi.

Le bois résonnait à chaque pas, le vent tendait parfois les toiles mais ça humait bon le théâtre et les comédiennes. Et je m’en nourrissais goulûment les yeux et les oreilles :

Angélica était bien plantée, là au milieu de la loge principale, représentant la femme d’expérience à la longue carrière. Ses clignotements de cils n’indiquaient aucun agacement mais au contraire le plaisir d’être ici, avec les autres, dégageant un parfum de féminité épanouie. Les mains sur les hanches, sa robe noire laissait transparaître une cuisse élancée et son décolleté était comme un témoignage de sa bonté d’âme. Un regard en coin lui donnait plus de douceur encore et Scarlett de l’autre côté, le lui rendait bien en écho.  La touchant presque, Diane était rassurée par sa présence et sans s’en rendre compte, tournait avec son doigt dans ses cheveux, comme une petite fille qu’elle n’était presque plus.
Pourtant, sa belle nature était là, pulpeuse et amoureuse, tel un grain de beauté caché mais qu’on sait montrer du doigt pour donner envie de le faire goûter…^^

Il y avait dans l’air une bonne odeur de fond de teint et de transpiration légère qui donnait un goût sucré à la moiteur du lieu, et c’était bon. Les jolis vêtements sur les peaux nues des donzelles me rappelaient des souvenirs de Cancun, quand Katia me laissait fouiller dans son coffre pour y trouver des tissus de mille couleurs. Et me proposait d’essayer devant moi l’un ou l’autre de ces habits, oubliant mon trouble et ma jeunesse.

Sharon se grattait nonchalamment un pied en répétant son texte, montrant son dos nu à ce jeune comédien venu jouer un laquais. Son nez est aux aguets, il hume ces femmes sacrées à la peau tannée ou diaphane. Il s’imagine en Inde une seconde mais sourit à cette idée et sans oser claquer de croupe, il revient en pensée sur le pont. De son côté, Emma fait des gros yeux à Anne, et envie sa poitrine généreuse…Non, non, pas de chirurgie ou de lipo-chose, cela n’existe pas d’abord. On est au temps des pirates, non ?

Gigi fait un grand sourire à faire craquer, Sara minaude passant sa main dans ses bouclettes, Juliette se demande comment font les gens sans portable, Naomi fait du charme à une spectatrice venue demander un autographe et Elizabeth arbore un nouveau bandana qui a un chic fou ! Elles sont toutes là, pas comme les autres, à faire un numéro ou ne rien faire, mais tout simplement être des femmes, comme elle savent le faire depuis toujours.

Car depuis longtemps, aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, je voue une admiration sans borne à ces êtres extraordinaires, capables de tous les talents et toutes les besognes, les meilleures amies de l’homme (et des pirates)…

Tout est prêt, les trois coups peuvent se frapper, et maintenant peut commencer…la Comédie des Femmes !

Toc toc toc !

« Quoi, le beau nom de fille est un titre, ma sœur,

Dont vous voulez quitter la charmante douceur?

Et de vous marier vous osez faire fête?

Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête… »


Jack Rackham via Molière ^^

*
Pour info, ce sont mes actrices du jour : Angelica Huston, Diane Lane, Sharon Stone (les 3 sur la photo), Scarlett Johansson, Anne Hathaway, Emma Stone, Juliette Binoche, Naomi Watts, Sara Martins, Elizabeth Bourgine et Gigi Ledron !

Photo Annie Leibovitz.

jeudi 7 mars 2019

Victor Hugo



Le temps s’est de nouveau arrêté sur mon ponton, attendant un commentaire de moussaillonne ou le guano d’une mouette maladroite et coquine. Je couine dans mon hamac au gré des vents et vaque dans mes pensées profondes, voir si mes héros de légende se portent bien.

A côté de John Ford et François Truffaut, et juste avant Marcel Pagnol et Agatha Christie, un de ceux que je connais moins mais que grignote ma curiosité, gagnant en effeuillages compulsifs et dévorages de biographie : Victor Hugo.

Je ne suis pas pressé de tout savoir mais le nom a de la gueule et l’homme du panache. C’est un monument artistique et une montagne physique. Il est mort patriarche là où d’autres s’essoufflaient à la moitié de son âge. Son poil est fourni tel un vieux sage, comme assumant toute sa vie et ses œuvres sur son visage.

Les femmes de sa vie sont nombreuses mais à la qualité rare, protectrices et demandeuses, invisibles et mystérieuses. L’amant est entier, viril, esquissant peu de bonheur, l’esprit est créateur, ses rêves sont pleins de seins lourds et ses mains vides de fantasmes sans amour. Adèle, Juliette et Léonie pour l’éternité, mille inconnues à contempler pour des siècles de légende.

Roman, théâtre, Poésie, peinture, photographie, il aura touché à chaque chose comme un maître et suggéré le grand Cinéma du XXème siècle à venir. J’ai été touché par ses Misérables, son Jean Valjean et sa Cosette, j’ai conspué ses Thénardier, symboles de toutes les lâchetés et turpitudes. Celles qui salissent les âmes, au point de perdre toute humanité.

Je l’imagine aussi faisant de la radio, un bel outil moderne, lui militant vociférant, hélant à la révolte et au rassemblement, vivant avant l’heure les réseaux sociaux et les gilets jaunes…

- Hep, vous là-bas !

Je me levais de mon hamac, prenant mon regard de tricorne le plus fronceur et m’approchait du bastingage, à bâbord.

- Non rien, j’avais rêvé, juste le vent mais ma barbe avait terriblement poussé…

*
Victor Hugo, œuvres principales :

Notre-Dame de Paris (1831) Roman
Les Misérables (1862) Roman
Les Contemplations (1856) Poésie
La Légende des siècles (1859) Poésie
Ruy Blas (1838) Théâtre…

vendredi 15 février 2019

Ménage à trois



Monique regardait de l’autre côté des caméras, derrière d’épais rideaux rouges qui cachaient le plateau aux visiteurs indésirables. De temps en temps, elle se tenait sur la pointe des pieds pour mieux voir, même si elle était gênée par tout ça.

Elle tapotait de temps en temps le bas de ses fins cheveux courts, essayant d’écouter un dialogue, une scène dont elle aurait pu parler autour d’elle, ses copines, sa belle-sœur, sa voisine…Son mari, non. Il aurait pu mal le prendre. C’est ça les jaloux, ils ne peuvent entendre que des choses auxquelles ils ont assisté eux-mêmes. Et là, euh…

Elle se hissa une fois encore sur la pointe des pieds, ça semblait prendre tournure. Quitte à attendre jusqu’à l’heure, elle pouvait bien profiter du coup d’œil. Son métier lui donnait parfois l’occasion de s’instruire, c’était une véritable aubaine et cela la faisait rêver, même. Il lui arrivait de s’imaginer des choses, comme dans les films, ou les contes de fées…

Là, elle imaginait bien la scène. Un producteur irrité, une séquence a finir à la fin de la journée, on doit vite trouver une remplaçante au pied levé :

- Janine a la crève, cinq jours de congé de maladie, et on doit finir ce soir…Tiens, elle a l’air bien roulée la petite qui regarde là-bas, hormis la robe à fleurs elle est pas mal ! Approchez vous là, oui la petite blonde aux cheveux courts, ça vous dirait de gagner un peu d’argent en faisant du cinéma ?

Sa main tremble, elle s’appuie sur son balai pour ne pas tomber ou renverser le seau. Elle s’approche, un rictus coincé entre les lèvres. C’est son jour, celui qu’elle attendait depuis toujours…

- Enfin, du Cinéma…Façon de parler. Mais le porno, c’est de l’art quand même ! Et les audiences en streaming, pfiouuu, Citizen Kane à côté c’est de la gnognote. Le sourire est carnassier, le cigare pue, le cerveau carbure, son film sera sauvé. Monique ?  Monica c’est plus commercial, non ?

Deux chevelus la pelotent depuis une heure, ils sentent bons au moins, c’est important la propreté. Robert serait furax s’il la voyait. Elle aime bien sucer finalement, et tout le reste, tant que ça fait pas mal… Deux mains sur ses épaules, le premier s’en donne à cœur joie à se balancer, elle a l’impression d’être coupée en deux, et c’est bon…Devant elle, l’autre la pénètre en lui caressant la tête, longuement…Faudrait qu’elle recommence avec Robert, mais avec diplomatie, c’est susceptible les hommes, enfin…^^

Son mobile a sonné. Le rêve s’est évanoui. C’est son balai qu’elle tient…

Elle regarde l’heure. La production devait libérer les lieux à 18 heures tapantes, c’est dans le contrat d’entretien.

Et puis, faut du temps pour faire le boulot. Ça y est, ils s’en vont. Pile à l’l’heure.


Un, deux, tr…










Photos : Miou-miou dans Josépha et
dans les Valseuses ( avec Dewaere et
Depardieu)



vendredi 8 février 2019

Rackham et La Fureur du Foot


Personne ne le sait vraiment (hormis mes amis Facebook, se tapant régulièrement Jump de Van Halen à l’occasion) mais je suis un amateur de football. Et aussi un faiseur de BD… Le moment est donc venu pour montrer ici un condensé réuni de deux de mes passions (auxquels je rajouterais le Cinéma, l’astrologie et l’écriture). Et pour la première fois de publier ici sur le blog Rackham Le Rouge, une BD, juste pour lire…^^

Jack le Pirate 



              PS : Extrait de la BD "La Fureur du Foot" (c) 2003 Jet Stream / (c) 2008 Idées Plus.

vendredi 1 février 2019

Le Petit Rackham et la Femme du coiffeur



Quand j’étais petit, j’étais tombé sur un gentil coiffeur. Tombé était le bon mot car c’était par hasard en sortant de l’école, tombé de tout mon long vers la porte de sa boutique que je percutais faisant sonner le drelin d’accueil. Et gentil car il semblait dénué de toute vindicte hormis quelques parties de cartes qui avait mal fini au bistrot d’à-côté.

Je passais un mercredi sur deux, car les cheveux poussaient fort comme la forêt équatoriale ou les lentilles dans le coton mouillé. J’aimais venir dans ce salon coquet, décoré avec goût et sentant bon le parfum de Madame la coiffeuse, son épouse. La femme était discrète et souriante, levant la tête vers le nouvel entrant comme une horloge. J’y avais droit même si j’étais petit, trop à mon goût mais bon.

A chaque visite, je retenais un détail, un souvenir, une anecdote sur elle et je pouvais peu à peu cerner le personnage jusqu’à en tomber réellement amoureux, foi de petit Rackham. Ses longs cheveux tombants se bouclaient en descendant dans son dos et elle ressemblait aux actrices de Cinéma qu’on voyait sur les écrans au bas de la rue. Je devinais ses pensées, ses petits rictus d’étonnement ou ses grands froncements de sourcils.

Quand un jour… Son mari venait me de couper des poils du nez imaginaires, voulant sans doute m’encourager dans ma croissance, que j’aperçus un tic inconnu sur le visage de ma bien-aimée soupçonnant une manigance voir même un amour secret. Ce qui fut confirmé par quelques massages lascifs sur le bras, le nez au plafond et les pieds se chevauchant tournés l’un vers l’autre.

C’était écrit, elle me trompait en pensée avec un autre même si je n’imaginais pas encore les turpitudes de la sexualité,  faite de souffles, de poils, de grosses mains palpant et empoignant, sans compter les odeurs de toutes sortes.

Je regardais en sortant une dernière fois le visage bouffi de cette chère et tendre, et jurait de ne plus remettre les pieds chez ce coiffeur malhonnête. Malgré cela, j'allais traîner toute ma vie durant ce chagrin insurmontable et aussi la pousse inattendue mais incessante et toujours grandissante, des poils de mes oreilles.  

Ah ces petits coups de rasoir donnés dans le feu de la discussion le temps d’une coupe de cheveux mais des mois ou des années durant, perdu dans mes pensées plus très innocentes, mon gentil coiffeur m’avait bien eu...

 Jack

PS : Orfénique étant partie chasser le viking, déjà à cette époque, et Maia n’ayant en tête qu’à faire des confitures, j’ai du fouiller dans quelques souvenirs de jeunesse où je jouais les héros solitaires ^^

Images : Tome et Janry (dessin) et Le mari de la coiffeuse (film de Leconte, avec Anna Galiena)