Le 24 décembre de chaque année, je suis souvent à rêvasser dans mon fauteuil à bascule,
ressassant les souvenirs de ma vie. Ma retraite de flibustier sur l’île du
Crâne laisse épancher mon cœur en certaines occasions et Noël s’y prête encore plus
que toute autre.
Les amis disparus ressortent de leurs cercueils et les
chagrins se mouchent dans le lin blanc de ma chemise du dimanche. Je balance en
un va-et-vient de sentiments profonds et quelque chose ou quelqu’un semble me manquer
comme un verre de rhum à un mourant.
J’avais dans mes jeunes années le souvenir enfoui d’un
voyage près des côtes californiennes. Je ne sais si Christophe Colomb venait de
découvrir l’Amérique mais nous avions bel et bien jeté l’ancre au large de San Diego
pour y rejoindre en escouade le lieu-dit de rêves et de magie appelé « DisneyLand » !
Un certain monsieur Disney, Walt de son prénom, avait créé
un parc d’attractions mettant en scène de nombreuses créations et héros d’aventures.
Malgré une préférence marquée pour Zorro et son fidèle coursier Tornado, je me
laissais entrainer par le reste de l’équipage de ma promotion vers les Mille et
unes nuits, univers d’Alladin et ses tours de passe-passe.
Une danseuse voilée, elle marchait en zigzag, jeta son
dévolu sur mon tricorne et ma jeunesse et je fus invité à lancer au gré du vent
une formule magique pour avoir accès à sa demeure secrète et sa croupe fleurie.
Un mot erroné ou une syllabe écornée me fit rater la belle pour me laisser
écraser par un fauteuil cossu. Heureusement, quelques bons camarades
relancèrent le sortilège pour me
parachuter vers Tarzan et quelques guenons en manque de chaleur humaine dans
leur jungle. Mais ceci est une autre histoire…
Je balançais songeur, tâtant mon sabre à l’idée d’une vengeance,
quand la soubrette qui astiquait le sol de ma cabine et tendit vers moi un
boitier que je reconnaissais.
« Une bonne pipe » pensais-je en mon for
intérieur. « Voilà ce qui me manquait ».
Je laissais la jeune femme préparer son culot et goûtais à
plaisir son cadeau de Noël…
Puf ! Puf…
Joyeux Noël à toutes mes moussaillonnes ! ♥
Besos, Jack.




