jeudi 27 octobre 2011

Un Amour Eternel

Ils sont l’un contre l’autre.

Leurs bouchent s’effleurent à peine mais se goûtent, se délectant.

Leurs corps se connaissent tant mais ils ne préfèrent que l’autre…

Le jasmin enrobe leurs pigments, l’air marin masque leurs souffles et l’été magnifie leur étreinte d’instants de velours suaves. Leurs sueurs coulent en torrents miniatures de fièvres orientales et leurs orgasmes se muent en pétales de roses qui écrivent leurs noms…

Ils se souviennent de leur amour premier, de leurs émois primaux, et mesurent le chemin jusqu’à cette île blanche qui cercla leur destin. Leurs mains se croisent encore et leurs yeux gardent en eux encore les peaux douces quand ils sentent les rides enfantées par le temps.

« Je ne sais quel ce sortilège qui a arrêté ton temps quand le mien se disperse. J’ai beau passer pommade mais je sens mon teint qui se drape en linceul vers ma fin… »

« Tu es mon aimée et rien ne saura éteindre mon étreinte et mon sang. Je ne sais si ce magicien jadis n’a usé d’un charme pour me plaire. Je ne te connaissais point et je l’ai oublié pour succomber au tien. Le temps est passé si vite, le bonheur fut si grand que j’aperçois ce malheur qui point… »


Brrr... Je me réveille dans mon hamac et essaye d’oublier ce mauvais rêve. La goélette a du passer une tempête ou une barrière de corail et j’ai tout mélangé, après cette soirée arrosée de rhum blanc et de discussions sur l’amour éternel. J’t’en foutrais moi ! Je remets mon tricorne et grimpe sur la passerelle jusqu’au pont de commandement. Je vois Tim qui s’avance, mais…

« Qu’est-ce que tu as, Tim ? Tu as l’air d’une enfant… »

« J’ai bien vu ton regard posé hier sur cette midinette adolescente qui servait les repas, Jack. J’ai pris les devants et un sorcier de mes connaissances m’a concocté un filtre de rajeunissement afin d’éviter les mauvaises surprises dues à l’âge, comme les dénigrements ou répudiations de tous genres. J’ai maintenant quinze ans partout  et suis prête à affronter les tourments de la vie de couple, en y mettant quelques atouts de mon côté. 

Alors, qu’est-ce que tu en dis…Papa ?



Photo de Catherine Ashmore : "Phèdre" de Ted Hugues, avec Helen Mirren et Dominic Cooper.

mercredi 12 octobre 2011

La Terre Promise

Je fais quelquefois un drôle de rêve. Je suis au milieu des eaux mouvantes et je me débats pour arriver à la surface…Mes cheveux masquent partiellement les yeux mais je vois bien que je suis au milieu de l’océan et je cherche machinalement une terre vers laquelle nager.

La voilà…Les flots sont puissants et ses courants empêchent une nage souple et rapide. Je fais de mon mieux pour dépasser point après point les balises imaginaires que je me suis fixé. Mes muscles fins se glissent entre les eaux et j’essaie de ne pas penser au-delà de la vague que je franchis…

J’ai du parcourir ce qu’il fallait pour atteindre des eaux calmes et j’aperçois quelques palmiers sous le ciel bleu de ma survie. Je nage comme un dauphin tant je souris dans ma barbe de deux jours et le soleil semble fêter mon arrivée sur cette plage déserte mais salvatrice. J’ai l’impression d’être au cœur de l’Océan et le seul être vivant au monde. Et c’est bon !

Je me sèche au soleil, épuisé mais heureux, et mentalement je fais un état des lieux : J’ai un pagne et un couteau et je ne sais où je suis. Mais je suis vivant…

J’ai trouvé refuge entre quelques pierres formant un toit de fortune et je mange quelques fruits rouges juteux. La nuit, je dors à moitié et je rêve parfois à d’étranges créatures inconnues qui  me veulent du bien. Je vois aussi de drôles de choses avec des armes et des canons, et je sens sur ma tête un drôle de chapeau à trois coins !

Aujourd’hui, j’ai tué une mouette grâce à une pierre pointue que j’ai lancé sans réfléchir. Je la dévore sans même la cuire et je me souviens d’un breuvage enivrant que je connais et qui accompagne bien un repas. Mon corps se rappelle des désirs et je me surprends à courir derrière des mammifères à cornes qui font de drôles de bruits avec leurs langues. Béééééé….

Soudain, ébloui à moitié par le soleil, je vois une créature de mes rêves arriver sur la plage, comme par enchantement, à moitié nue et aux cheveux mouillés qui pendent sur son corps. Elle s’approche de moi et me sourit. Sa peau est douce et de drôles d’envies me passent en tête. Elle a compris mes pensées et m’invite sur le sable à partager des jeux que je comprends vite. Nous nous endormons fatigués et contents, j’ai l’impression d’être heureux…

D’autres créatures arrivent le lendemain, et nous jouons beaucoup, encore et encore. Je commence à être fatigué et je veux me reposer, mais la plage se remplit peu à peu d’autres créatures et je prends mes jambes à mon cou…

Katia me gifle violemment et  me dit : « Jack ! Tu fais un cauchemar, réveille-toi… ».
Je regarde où je suis et reconnais une chambre de chez la Veuve Sanders. Katia est toujours belle et je sais à quoi nous avons joué cet après-midi….

Tu as fait de drôles de rêves, et tu as parlé, me dit-elle. Qui sont ces Orfée, Victoria, Maia, Rosée, Aurélie et toutes ces créatures dont tu semblais être épris, avec qui tu jouais et refaisais le monde ?

Tu es toujours ma Katia que j’adore, lui répondis-je. Je serais toujours ton petit Trésor ! Lançant vers le grand lustre mon tricorne, m’imaginant en Capitaine et partant à la recherche de cette île du bonheur, sans penser que je la trouverais un jour…

Besos à toutes !
Jack

samedi 8 octobre 2011

A pied par la Chine

 Je m’étais octroyé quelques semaines de repos bien méritées après la saison estivale marquée par la grève des colis postaux. L’île du Crâne était devenue une annexe de la Poste de Cancun et un peu de dépaysement s’imposait dans une arrière-saison que j’avais décidé de consacrer au farniente… 

 Déposant Tim et quelques autres souhaitant un havre sédentaire sous les palmiers des Caraïbes, le Poséidon filait vers d’autres cieux à l’autre bout du monde. Bosco, Mildred et quelques volontaires  m’accompagnaient, ayant suggéré une petite halte pour le retour sur l’île des Tikus, où nous avions déjà vécu quelques aventures.

 Les cartes étalées sur la grand table de mon bureau, je grattais mon menton comme les vrais Capitaines de roman, et c’était bon… 

 Après un long périple, nous faisions halte dans un petit port de la Mer Jaune, Tianjin. L’air du coin sentait bon les vacances et sous l’insistance d’un petit taxi à bras chinois nous prenions la route d’un chemin de terre surmonté de murailles aux fenestrons étranges et à la longueur interminable. Sur le chemin entrecoupé de tours à guet, nous rencontrions quelques courtisanes du cru qui nous montraient les spécialités locales.
Bosco, peu curieux, en restait à ses tartes aux fraises, pendant que je dégustais les spécialités locales, bananes à l’orientale, gâteaux de riz aux délices de Pékin, tourbillons des sens rappelant les découvertes des jeunes années et des moins jeunes…

 Ada la berbère à la langue légère et résidente de Pékin m’initia aux soubresauts de miel  m’enrobant de sa langue mutine pour laper mon étoile de Capitaine jusqu’au bout de toutes les nuits que je passais dans son bastion de ses orgies. 

 Mouna la tunisienne me gouta comme un gâteau de riz, me poudrant de sa cannelle et citronnant mon désir de ses doigts pénétrant mon ignorance. Mon tricorne lui rendit en reconnaissance de ces vacances lubriques qui a défaut de me reposer me redonnaient de l’espérance…

 Un peu plus loin je devenais captif d’une sorcière, rouquine  et avec un grain de perversité comme Maia. Attaché à son lit, elle m’enduisait chaque nuit de tous les miels de Chine et me livrait à ses chats et chattes, léchant jusqu’à la dernière goutte dégoulinant sur mon corps. Quelquefois, n’y tenant plus, elle venait elle-même fini r le travail et mon corps hérissé de plaisir accueillait les succions et les caresses comme des offrandes des dieux et des déesses…

 Les vacances prirent fin avec l’irruption de bosco un soir de ripaille et orgies. En échange de plusieurs années de plaisirs, il me prit sur son épaule et me ramena au Poséidon et Tianjin pour reprendre la mer et le chemin du retour.


 Noël battait son plein et les Tikus étaient déguisées en Mères fouettardes quand nous revînmes vers  l’île du Crâne.

 J’avais tout fait et pratiqué sur ces murailles de plaisir. 

 Un beau voyage que la Chine…

 Surtout à pied !


Jack Le Pirate.

mardi 27 septembre 2011

Actrice

 Un vent souffle sur mon pont, celui du Cinéma...

 Des sièges rouges parsemés au milieu de ma goélette accueillent les spectateurs qui s’enfoncent dans les travées puis choisissent le fauteuil à bascule qui les projettera  dans l’espace-temps de la toile magique. 

 Comme éclairant la porte d’une belle histoire, le film nous emporte en un tourbillon de dialogues et de silences, puis on s’y engouffre les yeux émerveillés pour faire connaissance des personnages qui entament leur ballet. Une musique habille en touches de piano les moments et les humeurs, et on remarque les sympathiques et les méchants, les premiers et les seconds rôles.

 Celui-là est cocasse, et l’autre est sans attrait, et on enfile parfois un de ces costumes en guise de héros.

 Puis soudain, il y a quelque chose. Celle-là est différente…

 Capitaine au long cours du Cinéma, je me souviens des débuts de  Juliette, Karin ou Emmanuelle, et je revois ce quelque chose…Je rajuste mon tricorne, n’osant y croire, puis le rejette en arrière soufflant et marmonnant. Je ne tiens plus en place et m’approche de l’écran, claquant des doigts pour un arrêt sur image, c’est mon ponton après tout !

 Sa peau blanche ourlée de grains l’habille en princesse de conte de fée sortie d’un vaisseau spatial où elle combat une faune hostile des pétards plein les mains ! C’est l’âme de Sigourney que je vois devant moi, crinière au vent et sourire de velours aux dents prêtes à croquer.

 Une scène plus intimiste nous dévoile son âme. Elle susurre, elle articule, elle ponctue puis chuchote. Sa bouche semble irréelle, ses lèvres dessinées d’une main de maître. Son regard circulaire donne du temps et du volume à son texte, faisant craquer mon tricorne qui s’écroule en tapon derrière moi, conquis…

 J’imagine pour elle un destin immense, fait de marches et de statuettes mais aussi de ces rôles qui laissent traces pour toujours sur la toile blanche. Les futurs Casablanca, Alien, Patient Anglais ou Annie Hall n’auront bientôt d’yeux que pour elle, j’en fais le pari, foi de Capitaine !


 La salle imaginaire se vide mais je reste un instant pour savourer une derrière image de Carine…



A mon amie et actrice, Carine Jaussaint

Jack Rackham.
* A qui je souhaite les plus beaux rôles et succès, dussé-je les écrire moi-même…^^

Photo Carine Jaussaint par Flavio Pedrotti Moser.

lundi 12 septembre 2011

La Dernière île

Je me suis souvent demandé si à l’aube de mes dernières salves et abordages, je saurais tirer ma révérence et prendre pénates quelque part comme le font les vieux éléphants avant de rendre leur dernier soupir. Une petite île où je poserais mes vieilles défenses pour respirer quelques derniers instants de sérénité avant de rejoindre l’éternité et le ciel des pirates de légende…

Je rejoindrais les Barbe-rouge et Jack Sparrow, et partagerais avec eux quelques parties interminables de cartes. Le goût du rhum aurait sans doute une saveur rance de ne plus avoir de combats à mener et j’imagine à peine la vie sans courtisane à faire sauter sur ses genoux ou à balancer dans mon hamac.

L’heure est venue et ma pirogue s’est échouée sur un banc de sable pour toujours, et je rejoins la cabane aménagée pour mes derniers instants. Le rhum est goûteux et je me suis installé devant le perron pour regarder le ciel bleu parsemé de mouettes égarées ou curieuses. Je repense à toutes ces années de vie bien remplie, de gloire et de conquêtes, ressassant ivresses et chagrins, victoires et redditions. Les baies de l’arbre à fruit que je touche du bras dégage un parfum subtil et agréable que j’hume sans reconnaitre mais mon esprit s’envole en rêveries et j’esquisse un sourire que je reconnais…

Un point au fond de la plage déserte grossit comme ma curiosité et je scrute incrédule la magie du soleil reflétant sur le sable. Une belle indigène balance sa croupe en s’approchant de moi et je revis, oubliant ma retraite et ma fin d’éléphant. Ma vigueur me fait signe et des idées me passent pour assouvir cette faim bien naturelle, je me lève vers ma proie et j’oublie les présages de ma fin, redevenant jeune homme.

Je tends une main vers mon repas de chair, et la belle fait de même caressant ma joue hérissée de mon envie…

Je vois Bosco qui me claque à nouveau, et qui hurle à mes oreilles.
« Capitaine ! Capitaine ! Voilà ce que c’est de s’endormir au soleil sans tricorne... »
Je me redresse et me souviens du rhum de midi et de la balade en mer avec ces personnes du troisième âge. Faut bien gagner sa croûte !

Un petit texte de rentrée après quelques vacances, besos à tous (et toutes ) !
Jack Le Pirate :)

mercredi 24 août 2011

Sous la dentelle... Le feu ! - Par Maia Luna


Ha Jack... Prince des mers, Corsaire des coeurs à l'abandon (ou pas), Pirate de la lingerie féminine. Tenez rien que le mot, le fait frétiller du tricorne !
Lin-ge-rie... Et voici ce grand homme qui se transforme en loup pour dévorer le malheureux chaperon en string qui oserait se présenter à lui.

Il a rencontré Miss diamant, lors justement d'un de ces émoustillants défilés de lingerie. Il faut dire que l'appel du porte-jarretelle a résonné à ses oreilles, comme le vent dans les haubans de sa goélette. Le « schlak » que fait la jarretelle en claquant sur la cuisse lors de la mise du bas, le fait se dresser comme un diablotin sorti de sa boite.
Dans les premiers temps, il s'était fort bien tenu, voguant d'un mannequin à l'autre, s'usant les yeux à lorgner toute cette dentelle froufroutante qui recouvre (à peine) les charmes alléchants de ces dames. Le tricorne bien malgré lui se dressa, et laissa espérer une rencontre charnelle au plus tôt, sous risque d'un démâtage en bonne et due forme. Ne sachant plus ou poser regards, les appâts de ces dames commençait sérieusement à l'agacer (sic), Jack regardait désormais ostensiblement ses pieds. Quelques regards en coin lui échappaient (après tout, il est là aussi pour ça). Il laissa innocemment une main trainer, histoire de tâter de la soie, du ruban, l'arrondi d'une fesse...
L'arrondi d'une fesse ?! Et de quelle fesse ! Douce comme la soie qui en recouvre la courbure. Veloutée, et onctueuse. Un grognement profond sort de la gorge de Jack... Voici le genre de rencontre dont raffole le pirate... Sa main et une fesse prometteuse.
o    Alors Pirate... On est venu se perdre en eaux troubles ?!
La voix rauque et basse est accompagné d'une bouche charnue, des yeux de chat persan attrapent et envoutent le regard de Jack. La demoiselle a un corps généreux, laissant déborder par dessus balcons une poitrine avantageuse.
o    Bonsoir M'dame... Je savoure les agapes du soir : Répondit-il d'un air canaille.
o    Il faudrait pour cela les gouter.. Non ? N'es-tu pas gourmand ?
Une parade de séduction fut aussitôt entamée par notre marin. Regard sensuel, bouche humide et corps à corps brulant. L'homme se fit suave, érotique jusqu'au bout des poils. Son torse musclé ondulait sous les caresses de Miss Diamant. Elle glissait avec délectation ses ongles carmin le long de sa peau, laissant échapper un rire mutin. Laissant sa main vagabonder de plus en plus bas ; arrachant un râle d'agonie de plaisir au pirate. Sa main se faisant plus insistante intimait un mouvement du bassin.
C'était plus que ne pouvait en supporter Jack, il partit à l'abordage de Miss diamant, passant cul par-dessus tête pour la chevaucher parmi dentelles et rubans. Débordé par l'émotion, il fit claquer les jarretières, troussant la Miss dans un farfouillis de soie blanche bordé de dentelle. Il n'en finissait plus de trouver des endroits à dévoiler, à se repaitre, mordillant un morceau de chair pour y laisser une tendre douleur empreinte de volupté. Miss Diamant n'était pas de reste, sachant pertinemment comment apporter plaisir au corsaire. Bouche suave et humide qui s'est se glisser dans les recoins tendus de soie, attendant l'assaut dans une attente fébrile.
Devant tant de fougue, de passion, la table ne pût en supporter plus, entrainant avec elle, les deux comparses bien trop occupés pour s'en apercevoir... Cela se finit purement et simplement sur l'estrade du défilé.... Dans un râle de béatitude totale.
Il fut dit que ce fut un clou du spectacle comme jamais on avait vu dans un tel défilé. Le slogan fut même trouvé :

Jamais dentelle, ne vous aura fait autant hurler !!

Maia Luna 

Merci tite sorcière ! A charge de revanche, un défilé privé dans ma cabine entre chien et loup par exemple...Retrouvez Maia et son blog là >  Sort-Céleri !

mardi 23 août 2011

Chloë au Lit


La courbe de ses hanches ondule vers mon regard qui tangue, comme ivre d’avoir sillonné ses chemins d’amour…

La belle enroule ses cheveux autour d’un doigt que je connais bien et se roule sur le lit comme s’enveloppant dans un tapis d’orient. Sa peau reluit d’un désir assouvi et se repose un moment jusqu’au prochain combat. Elle semble chercher sous le lit mon sabre ou mon tricorne, mais ils sont bels et bien là, aiguisés pour un appétit d’ogre qui reluque la croupe appétissante.

Elle s’étire encore, écartant sa pudeur et caresse l’encadrement de bois comme un amant docile. Les lignes de son corps se décroisent en douceur et ma main vient frôler ses os engainés d’un velours féminin.
Chloé toussote en peu, et encore, et se couvre d’un drap, m’invitant à la suivre. Une angine blanche peut-être, je m’enroule autour de son corps et je sens sa peau de pêche s’épluchant contre ma peau rugueuse de pirate.

L’idée d’une quarantaine avec cette créature m’effleure. 

Une morsure de vipère qui sait…