La douceur des eaux calmes de l’île du Crâne n’empêche pas quelques querelles, à propos d’un colis avarié, d’une charrette mal garée ou d’une belle courtisée. L’humanité est ainsi faite qu’elle en manque parfois, ce qui finit immanquablement en bagarre ou devant un tribunal en bonne et due forme.
A cette époque là, j’aidais le bourgmestre à l’organisation du comptage des votes et des urnes pour les élections du canton. Je retournais sur mon navire pour changer de chemise quand l’idée de se reposer quelques minutes me prit, et mon hamac m’accueillit avec une chaleur et un tangage qui me fit perdre le sens du temps. J’étais projeté à mon corps défendant dans une époque imaginaire où une épée, un costume et un ignoble commandant m’attendaient…
Je me trouvais dans une hacienda tranquille et je vis arriver un brave homme au crâne dégarni qui s’approcha de moi et que je suivais machinalement. Quelques détours dans des passages cachés me firent réaliser où j’étais tombé…
Un cheval noir bondissant de me voir laissait balancer une traîne que j’attrapais au vol, et d’un bond je le montais à cru ! Galopant à travers quelques champs près de la grotte secrète, je revenais en sueur vers mon fidèle compagnon, me faisant un drôle de signe en zig-zag. J’avais déjà vu tout ça dans une émission télévisée au XXème siècle, racontant l’histoire d’un héros masqué qui sauvaient les faibles contre les méchants…
J’étais Zorro !
Je suivais mon compagnon sourd-muet et revêtais un costume de soie sombre et l’attirail qui allait avec, épée, chapeau et fouet. Je me souvenais des circonstances des aventures de l’homme masqué, et je savais que le temps était compté car les malfaisants locaux n’avaient pas du arrêter leurs méfaits, depuis le temps.
Je me surpris à comprendre aussi vite le langage des signes et mon ami m’expliqua que les urnes de l’élection locale pour son gouverneur avaient été interverties, remplacées par celles donnant la victoire totale à un ami du Commandant, celui terrorisant la population depuis des années et la couvrant d’impôts indus, dont ils ne pouvaient s’acquitter !
Je savais que mon devoir allait m’emmener à combattre ces malfaisants et rendre justice à la place des élus, sensés protéger et gérer la tranquillité des gens, mais faisant tout le contraire…
Cavalcades, coups d’épées, et rendant son élection à qui de droit, je me mettais dans la peau de cet homme noir, oubliant pour quelques instants Jack le Pirate, assez oisif et insouciant finalement.
Pourtant, de retour dans mon hamac inter-temporel, je me jurais de changer un peu mon attitude désinvolte habituelle et de devenir parfois, selon le besoin et l’injustice…
…Jack le Renard !
Jack.
Petit jeu : Suite à un commentaire, chez un ami bloggeur, j’y proposais de révéler sa vraie nature en choisissant un personnage des aventures de Zorro, qui montrerait en fait votre visage et vos aspirations profondes… Alors, qui êtes-vous donc ?
Don Diego/Zorro ? Le Sergent Garcia ? Bernardo ? Le Caporal ? Don Alejandro de la Vega ? Un des fils de l’Aigle ? Le Père Felipe ? Anna Maria, la jolie Señorita ? Le Commandant Monastorio ? Un autre ? Bonne chance…
Le Zorro le plus célèbre est celui produit par Disney, de 1957 à 1961, interprété par Guy Williams au cours de 82 épisodes. Rediffusés encore et encore, avec toujours autant de succès les générations se suivant.











