
Pauvre
Patricia ! Son Pablo avait souvent bafoué son honneur et son amour propre
mais elle avait gardé son amour pour lui, jusque dans la tombe. Un amour fou
qui se prolongerait pour l’éternité, même si vers la fin je ne pourrais plus y assister
de visu.
- Même quand
vous ne serez plus là, nous penserons à vous, Capitaine !
Patricia
était là devant moi et je la regardais attentivement, comme jamais je ne l’avais
fait. Je l’avais créée moi-même après tout, tapant sur mon portable entre mes
cordes jadis, mais je n’avais pas prêté attention réellement à son charme ni à
ses atours. Ah, les aléas de la création
littéraire…
Les mains
sur les hanches, elle avait un joli port de tête sur un cou solide et sensuel.
Son sourire semblait une fente gracieuse invitant à sa grâce, ses épaules bien
taillées renvoyaient à sa taille fine où se rejoignaient de beaux et longs
cheveux noirs. Sa peau douce suggérait des caresses langoureuses et le temps d’un
instant, je me pris pour son beau Pablo.
- Pablo est
parti chercher mes cigarettes, cela va prendre du temps surtout s’il croise ses
amis caballeros au bar-tabac du coin, au bout de l’éternité. Dit-elle en m’adressant
un clin d’œil complice.
Elle se
tenait près d’un fauteuil comme dans un salon de coiffure et m’invita à m’asseoir.
Elle mit ses mains sur mes épaules puis les glissa sous ma chemise. Je sentis
les nuages noirs s’en aller au fur et à mesure qu’on s’enlaçait, puis ce fus un
long baiser comme on en voit dans les
films de cinéma.
- Pedro !
M’appelât-elle dans un moment d’extase où elle chevauchait mon attirance en
mettant les jambes sur mon cou.
Je me
rappelais bien l’épisode, que j’avais écrit moi-même, des gorilles macumbas des
montagnes mais je me gardais bien d’y faire allusion et sous la lune
bienveillante d’Halloween, nous fîmes quand même l’amour comme des bêtes… « Toute
la nouit » !
Jack Rackham