
Mickey Mac Donald avait trouvé pénates il y a longtemps dans les contremurs en bois soutenant les hamacs sur mon navire et son activité d’égorgeur maritime n’avait pas coupé son goût de l’écriture et des femmes. On le voyait tantôt aux bras de demoiselles, chaloupant une démarche et un sourire qui en disaient long, tantôt dans la salle de cantine ou balançant dans son hamac le stylo à la main…
Sa passion des croupes légères avait rejoint son goût de l’écriture et il aimait à immortaliser ses prouesses et ses nuits, racontant le parcours de ses doigts et la sueur des draps. Son carnet recouvert d’un cuir vert qui avait viré pourpre au fil des voyages était posé sur un coffre sous sa couche et nul n’aurait osé y toucher sans penser risquer sa vie. Sa langue sortie comme une tranche de gigot rosé ponctuait les crissements de sa plume et ses yeux ronds remémoraient les détours d’une courtisane, les faveurs d’une fille perdue ou autres aventures rencontrées à l’étage de tavernes ou sur la plage de l’île.
Dans ces pages écornées, Sonia avait aimé ses gros doigts de pirates et ses poils qui semblaient le faire descendre d’une lignée de singe, Paloma et ses tabourets javanais le chevauchaient encore, Angélique et sa langue de tentacule qui l’avaient ensorcelé à jamais, l’image de Marlène et ses seins de légende aux senteurs des Caraïbes profondes, et la toison magique de Carmen qui l’avait rendu fou comme une source de plaisir envenimée…
Autant de récits en hommages à ces femmes admirables qui avaient œuvré pour le bien de l’humanité et qui continuaient encore pour leur propre plaisir. Mickey avait quitté leurs mondes au cours d’une bataille qui avait mal tourné car il est malséant de raconter la mort d’un pirate autrement qu’à la guerre, rouler sur un tonneau de rhum et tomber à la mer n’est pas pour ces marins.
Je repose le calepin après m’être enivré d’une Victoria, d’une Aurélie, d’une Maia , d'une Karine, ou alors d’une Isabelle. Hmmm...
Ces belles respirent encore leur amour et leurs sens. ..
…Et font battre de tout leur corps, encore et pour toujours, ce journal de Mickey !