Je fais quelquefois un drôle de rêve. Je suis au milieu des
eaux mouvantes et je me débats pour arriver à la surface…Mes cheveux masquent
partiellement les yeux mais je vois bien que je suis au milieu de l’océan et je
cherche machinalement une terre vers laquelle nager.
La voilà…Les flots sont puissants et ses courants empêchent
une nage souple et rapide. Je fais de mon mieux pour dépasser point après point
les balises imaginaires que je me suis fixé. Mes muscles fins se glissent entre
les eaux et j’essaie de ne pas penser au-delà de la vague que je franchis…
J’ai du parcourir ce qu’il fallait pour atteindre des eaux
calmes et j’aperçois quelques palmiers sous le ciel bleu de ma survie. Je nage
comme un dauphin tant je souris dans ma barbe de deux jours et le soleil semble
fêter mon arrivée sur cette plage déserte mais salvatrice. J’ai l’impression d’être
au cœur de l’Océan et le seul être vivant au monde. Et c’est bon !
Je me sèche au soleil, épuisé mais heureux, et mentalement
je fais un état des lieux : J’ai un pagne et un couteau et je ne sais où
je suis. Mais je suis vivant…
J’ai trouvé refuge entre quelques pierres formant un toit de
fortune et je mange quelques fruits rouges juteux. La nuit, je dors à moitié et
je rêve parfois à d’étranges créatures inconnues qui me veulent du bien. Je vois aussi de drôles de
choses avec des armes et des canons, et je sens sur ma tête un drôle de chapeau
à trois coins !
Aujourd’hui, j’ai tué une mouette grâce à une pierre pointue
que j’ai lancé sans réfléchir. Je la dévore sans même la cuire et je me
souviens d’un breuvage enivrant que je connais et qui accompagne bien un
repas. Mon corps se rappelle des désirs et je me surprends à courir derrière
des mammifères à cornes qui font de drôles de bruits avec leurs langues.
Béééééé….
Soudain, ébloui à moitié par le soleil, je vois une créature
de mes rêves arriver sur la plage, comme par enchantement, à moitié nue et aux
cheveux mouillés qui pendent sur son corps. Elle s’approche de moi et me
sourit. Sa peau est douce et de drôles d’envies me passent en tête. Elle a
compris mes pensées et m’invite sur le sable à partager des jeux que je
comprends vite. Nous nous endormons fatigués et contents, j’ai l’impression d’être
heureux…
D’autres créatures arrivent le lendemain, et nous jouons
beaucoup, encore et encore. Je commence à être fatigué et je veux me reposer,
mais la plage se remplit peu à peu d’autres créatures et je prends mes jambes à
mon cou…
Katia me gifle violemment et
me dit : « Jack ! Tu fais un cauchemar, réveille-toi… ».
Je regarde où je suis et reconnais une chambre de chez la
Veuve Sanders. Katia est toujours belle et je sais à quoi nous avons joué cet
après-midi….
Tu as fait de drôles de rêves, et tu as parlé, me dit-elle.
Qui sont ces Orfée, Victoria, Maia, Rosée, Aurélie et toutes ces créatures dont
tu semblais être épris, avec qui tu jouais et refaisais le monde ?
Tu es toujours ma Katia que j’adore, lui répondis-je. Je serais
toujours ton petit Trésor ! Lançant vers le grand lustre mon tricorne, m’imaginant
en Capitaine et partant à la recherche de cette île du bonheur, sans penser que
je la trouverais un jour…
Besos à toutes !
Jack






