dimanche 28 février 2010

L'esprit de Cameron


Tim avait disparu et le Poséïdon semblait bien vide. Non point que Bosco ne me proposa pas du rab de profiterolles ou double part de tarte aux fraises, mais j'en avais même perdu l'appétit...
La première fois que je la vis grimper la passerelle, je remarquais son sourire discret et ses yeux bleus délavés. Je répondais doucement à ses questions à propos d'un emploi sur la Goélette tout en respirant déjà le parfum qu'elle embaumait. Je tentais un œil sur son grain de peau salin, et le vent complice faisait envoler sa jupe pour me faire découvrir son jardin secret...Mon cœur trouva t-il aussi une accroche que je ne réussissais plus à détacher mon attention de sa présence. Je reculais de quelques pas et eut l'illumination de sa ressemblance à une actrice de Cinéma que j'adorais par dessus tout et dont le seul nom déclenchait chez moi éclosions de désirs et pustules d'érections multiples et cutanées :
CAMERON DIAZ !
Mes voyages dans le temps entre deux va-et-vient de mon hamac, m'avait fait découvrir cette actrice à la bouche amoureuse, l'œil complice et la croupe amicale. Son caractère était camarade et son esprit aiguisé avaient tracé une carrière assise et copieuse au firmament des comédies cinématographiques...
THE MASK
Le film qui a lancé Cameron, donnant la réplique à la pantomine de Jim Carrey, héros-titre. Elle y est magnifique et subliminale, alliant, charme, plastique et dynamisme, telle une actrice confirmée et une danseuse émérite.
MARY A TOUT PRIX
Film symbole de sa carrière de comédies ébouriffées où elle représente la jeune femme américaine angélique mais prête à tout. Episodes récurrents avec un Ben Stiller dans son rôle d'amoureux malchanceux, une Cameron magnifique, sexy et drôle ! 
CHARLIE ET SES DROLES DE DAMES
Incarnant avec DrewBarrymore et Lucy Liu, les trois drôles de dames de la série télé « Charlie's Angels » c'est la Cameron resplendissante et illuminée qui nous emmène dans son show d'aventurière et danseuse hors pair ! 2 épisodes en plus !
Mais Cameron Diaz, ce n'est pas qu'une actrice blonde aux rôles stéréotypés et on peut la retrouver dans L'ultime Souper, Las Vegas Parano ( Gilliam ), Dans la Peau de John Malkovitch, L'enfer du Dimanche ( avec Pacino ), Vanilly Sky, Gangs of New-York ( Scorcese ), The Box...et on l'attend dans le Frelon Vert, blockbuster en 2010. Même si j'aurais toujours un petit penchant pour « Allumeuses », c'est comme ça ...^^ 

Ma visiteuse me remémorait tout ça, et c'est sous le charme que je m'entendis lui dire que justement nous avions besoin de quelqu'un sur ce navire pour la vie à bord, secteur ressources humaines. Je lui proposais de visiter les lieux et je sentis une sorte de magie inhumaine me prendre, au moindre de ses gestes, envouté par ses mots et charmé de son sourire...Je regardais ma « Cameron » prendre possession des lieux, comme si elle avait toujours été là...
Ce jour-là, les mouettes volaient haut, Bosco préparait un gâteau au chocolat et les hommes s'occupaient des voiles, le vent promettant de se lever et de nous emmener jusqu'au bout du monde. Moi j'avais juste envie de hurler :
« Je t'aime, Cameron... » 

Jack Rackham.

jeudi 18 février 2010

Coeur de Pierre


Mon clavier frémit d'avance de mes frappes lourdes. J'ai envoyé un nouveau message et j'ai l'impression que seuls les mouettes l'ont lu par dessus mon épaule. Entre mes cordes, je fulmine de rage et les embruns me saoulent encore plus, parachevant l'effet des pintes de houblon que je me suis mis sous la langue. La vérité est écrite de carré blanc personnifiant l'absence ou l'indifférence : Elle ne viendra pas ce soir...

La houle du bateau balance mon impatience, la paix revient sous mon tricorne au fil du temps qui passe et je me remémore même quelques bons moments. Elle était belle sous les traits que je lui prêtais, presque humaine. Je l'avais surnommée Scarlett tant son innocence était associée à un égoïsme forcené, enfantine et rebelle, injuste et cruelle...

Je me souviens des premiers jours de connivences, de nos rires entendus, de nos « Je sais », des « nous » en confidence. De mes hommages, elle me rendait des soupirs, de mes compliments des sourires en images, de mes remontrances des confettis, de mes colères des claquements de porte.

Elle n'est pas venue ce soir, pourtant ses habitudes sont cousues de fil blanc. Elle vient tapante chercher le flux de sa vie, le sang de son imposture, les tissus de son imaginaire, les divertissements de sa vie casanière. Son cœur est volage et dur, son œil regarde comme les chats, à travers les gens...

Je commence à taper sur mon portable de nouvelles aventures dont elle ne fera pas partie, je l'ai presque oubliée et mon tricorne se transforme en chapeau mondain à la Rhett Buttler. Le ciel est haut, les mouettes sourient...

Que faisait-elle déjà ?


Sculpteur de pierre...



Jack Rackham.

vendredi 5 février 2010

Tempête sous le Crâne


Ça ne m'était pas arrivé depuis l'ouverture de ce blog : Ras-le bol !

Perdu entre mes cordes, j'avais toujours maintenu le cap vers mes aventures imaginaires, mes îles perdues, mes souvenirs sublimés, mes forêts profondes ou quelques magasins bienveillants aux épicières généreuses ou pelotes de laines complices. Contre vents et marées, je conduisais sous un soleil tapant mes histoires d'amours magnifiques, gâtant de temps en temps un cuistot homosexuel ou m'inventant une sirène, faute d'amoureuse consentante...

Ces derniers temps, mes flux internet subissent des tempêtes aux allures de Bérésina, je surfe sur des blogs en bouillon de cultures inassouvies et qui explosent dans tous les sens ! A qui un arrêt brutal faute d'idée, un mal de vivre ou d'audience, l'envie de plus rien ou d'aller voir ailleurs tout simplement...Je n'excuse que les maladies ou les problèmes techniques, je tiens à toutes mes bloggeuses ( Pardon Charles ou Cactus ), je suis un pirate exclusif, c'est comme ça !

Je me suis débrouillé aussi pour me prendre la jambe dans mes cordes et me voilà immobilisé dans un fauteuil, une chance que je n'ai pas de jambe de bois il aurait fallu un menuisier..J'en profite pour méditer sur mes colères et réfléchir à cette question existentielle :

Pourquoi ?

J'ai ouvert mon blog car j'avais envie d'écrire depuis longtemps et ce blog me paraissait comme une publication, à l'audience présumée réduite certes mais publication à effet immédiat avec des avis quelquefois dépassant les j'adore ou les j'aime pas. D'ailleurs, le terme « j'aime pas » est écrit souvent sous la forme de l'absence de commentaire. Je le prends comme ça en tous cas.

Je décidais d'écrire ce que j'aime, des récits courts et originaux. Courts car l'attention est fugitive, originaux car il s'agit bien de se creuser la tête en vue de romans ou nouvelles ultérieurs sur d'autres supports. Je passerais sur le choix de cette plateforme, j'en ai déjà parlé, juste sur le texte d'avant sur la Grande Brune...

Ne me contentant pas d'écrire, je lisais aussi. Les textes des autres. Et je jouais le jeu des commentaires, pour laisser un lien du mien de ci de là, mais aussi pour témoigner de ma lecture, de ma présence au moins. C'est un vrai travail en fait, mais un artiste est travailleur, au diable l'avarice...^^

Selon mes critères, vous vous doutez bien des blogs que je préférais, mais relations humaines faisant, j'ai vraiment apprécié toutes sortes de blogs et de personnes. Car ce n'est pas impersonnel un blog, bien au contraire...

J'ai bien sûr été déçu par d'autres, je me demande toujours pourquoi des gens qui veulent écrire, publient de tout sauf...des textes ! Mystères de l'humanité...

J'ai été aussi répudié moi même, rassurez-vous, on est toujours le mauvais ou le mal-pensant de quelqu'un, équilibre des balances humanitaires.  

Il y a bien sûr des blogs qui n'ont jamais fait de crise existentielle, jamais en panne d'idée, ne faisant pas de vague malgré les soucis de la vie. Je pense à deux notamment qui ont vocation à écrire des bouquins, une tueuse et une sorcière, si vous me suivez...^^

Tiens ma colère est en train de retomber, ma jambe me fait moins mal...Je ne vais pas arrêter mon blog. Au contraire. Je vais repartir vers de nouvelles aventures, de beaux amours imaginaires encore et toujours...

Tout ça parce que son blog préféré a arrêté, vous vous dites. Pas du tout, tout va bien, j'ai eu un mot d'elle...Et puis quelque chose me dit que Dana va revenir, la vie est belle !

Je vous aime tous et toutes, et à bientôt de vous lire...


BESOS !!!!!!!!!!

Jack


Laissez donc votre avis, c'est bien le sujet pour échanger, pour discuter un peu de tout et de rien...

dimanche 31 janvier 2010

La Grande Brune


Ses longs cheveux noirs sont dispersés sur son front et elle fronce les sourcils en regardant son écran. Ses doigts fermes survolent le clavier et les mots s'inscrivent comme une farandole interminable d'images et de sons. Ses univers sont multiples, tantôt bleus, tantôt noirs, et ses récits sont semés avec parcimonie sur la toile, égrenant des moments uniques et magiques . Une image se reflète doublement dans ses lunettes, un sourire illumine son visage quand elle envoie son message, imaginant déjà ses effets, elle jubile...
Le grand pendule du destin l'a mis sur mon chemin un temps d'automne, je n'étais pas encore pirate ou alors en pensée. Mes contes imaginaires n'avaient pas trouvé ponton et c'est sur un mur de lamentations humaines que nous fîmes connaissance...
  • Faisons comme si nous étions amis, personne n'en saura rien ! Dit-elle.
  • Oui, après tout, faisons...Répondis-je
Je l'ai suivie de loin et observée de près quand elle bâtît ses premiers murs et blogs. Elle les a peint de ses angoisses ou de ses exaltations, de toutes les couleurs de son âme, ralliant chevaliers errants, princesses de fortune, artistes maudits ou crétins de misère. Énergie stimulante et aura attirante, elle est l'étoile vivante de constellations d'âmes des flux internet ! Parfois elle se repose dans son antre, attendant le moment propice de lancer un défi, un statut ou un pamphlet pour jouer, tourmenter les trublions ou amuser ses amis...
Nichée près d'un grand fleuve, sa maison a l'air comme son thé, orangé ou vanille, remplie de bibelots et d'une fleur étrange. Un bol fume près d'un ordinateur qui centralise les informations qui servent à son occupation première : Écrire !  
Ses passions sont littéraires, musicales et surtout cinématographiques. Ses écrans noirs derrière son carré blanc projettent des aventures. Elles sont guerrières, bavardes, amoureuses, humoristiques, maléfiques, angoissantes...Elle apprend à contrôler son imagination débordante, un flot de mots en continu dont elle ne connait ni le fond ni l'origine. Elle raconte...  
On la voit marcher de long en large, selon l'inspiration. Le dictaphone hurle ses pensées comme si son cerveau capturé cherchait à en sortir. C'est une boîte à miracle des mots, ceux qu'elle a oublié d'avoir dit et qui se régurgitent en feuilles de papier qui s'impriment en romans...
Créature de la nuit, le temps n'a pas de prise sur elle, les jours rejoignant même les nuits et on se demande quand elle prend un moment de dormir. Le jour, elle scrute le temps à travers la fenêtre, cherchant un rayon de soleil ou un corbeau qui picore les semailles de son jardin, puis replonge le nez dans son travail, raturant et notant, tapant et copier-collant...
De temps en temps, ses murs tremblent. Elle crie son désespoir, ceux des désirs inassouvis de sa vie, ou elle hurle son plaisir, ses jouissances partagées de ses vies secrètes. On ne connait rien vraiment d'elle, elle sort de temps en temps vers la capitale, retrouver des boulevards, des amis chers, des inconnus de hasard avec qui elle partage l'air du temps...
Puis elle rentre chez elle, retrouver une grosse boule de poils au museau humide et fou d'elle. Elle grimpe alors sur sa balançoire et prend son élan. Ses pieds semblent pointer vers son destin, elle balance encore et encore, elle voit le monde, elle est bien...

C'est mon amie...

...La grande brune.

vendredi 22 janvier 2010

SCO and JACK


« Nous avions atterri par hasard sur un vieux bateau plein de termites qui était en cale sèche dans cette petite crique qu'on appelait des « Deux-Rochers ». L'île du Crâne n'était pas spécialement l'endroit où je serais venu passé mes vacances, mais Lorenzo et ses hommes nous pourchassaient depuis deux jours et Daniel n'avait pas choisi de crasher l'hélicoptère à cet endroit.

Nous avions dévalé en catastrophe les marches qui conduisaient dans l'antre de cette goélette fantôme car nous entendions nos amis arriver de l'autre côté de l'île et il fallait vite se mettre à couvert. L'endroit était puant, une odeur de fauve qui donnait l'impression que son propriétaire venait juste de sortir, mais je choisissais une cabine à droite pendant que Daniel tournait à gauche vers une cuisine qui n'était plus habitée que par les rats.

Nous étions tapis et il fallait que ce bateau crie son silence jusqu'à l'autre bout du monde, que Lorenzo and co nous croient morts dans l'accident, et nous puissions nous faufiler jusqu'au prochain village après la nuit. L'organisation avait un contact en couverture, une épicière un peu chaude, fallait bien qu'on croit à sa légitimité...Je me glissais dans une panière à linge pas trop pourrie, et tendais mon oreille...

Je faillis m'évanouir quand une main me bâillonna la bouche et je sentis quelqu'un derrière moi. Sa barbe frôlait ma joue et je sentais un tricorne...Je contenais ma peur mais me souvenais de toutes ces légendes de Capitaines sur ces vieux rafiots et je me maudissais d'avoir regardé ces DVD fantastiques où des pirates venus du fond des ténèbres jouaient aux cartes des princesses ingénues. Le brigand en profitait pour me peloter et je fermais les yeux en souhaitant de me réveiller.

Non point. Le pirate continua ses palpations et je ne m'inquiétais point jusqu'à ce qu'il défisse son pantalon. Je ne devais pas pousser un cri, ma vie et celle de Daniel en dépendait. Mon sens du sacrifice n'avait jamais failli pendant toutes mes missions mais un pirate dans un panier à linge était quelque chose de nouveau. Je pensais à mes amies Ysa, Virginie et Victoria qui n'auraient jamais imaginé ce que j'étais obligé de supporter dans ma profession. J'enviais leurs vies de femmes accomplies et je les entendais me dire encore : « Andréa, on t'envie ! Les princes arabes multi-millionnaires, les palaces, les poursuites en Rolls et les hôtels cinq étoiles, ça c'est une vie ! » Ailleurs, l'herbe est toujours plus verte, c'est bien connu...

Pendant mes rêveries, l'homme, si c'en était un, avait pris possession de votre serviteur, et je craignis un instant que le va-et-vient puisse alerter nos poursuiveurs. Non pas, mais un autre phénomène m'inquiéta autrement. Comment dire ? J'étais émoustillée par la vigueur de mon assaillant et je commençais à ressentir un plaisir que je n'avais pas connu depuis longtemps. N'en déplaise à tous mes amants, pas si nombreux mais néanmoins conséquents, j'éprouvais un plaisir avec ce fantôme que je n'avais pas connu depuis une mission au Congo il y a bien longtemps. Je tremblais à l'idée de lâcher un cri ou un râle et je soufflais comme pour un accouchement afin de contrôler ma jouissance...

La main sur ma bouche m'arrangeait bien à bien dire, velue mais ferme et je pus profiter jusqu'au bout de mon plaisir. En nage, mon corps fit quelques soubresauts jusqu'à un orgasme sans nom...

Je me réveillais, fraîche et détendue et cherchais de la main mon amant. Le panier était désert et j'ouvris le battant. Je sortais dans le couloir et l'absence de lueurs me disait que c'était la nuit. J'appelais Daniel...

« Daniel ? Tu es là ? » Dis-je doucement.

  • Oui, suis là...

  • Tu crois qu'ils sont partis ?

  • On verra bien...

Lorenzo et ses hommes étaient bien partis, lassés sans doute par le guano des mouettes et les rochers pointus. Je pensais encore à ma drôle d'aventure, mais n'en parlais point à Daniel. Peut-être aurait-il lui aussi une histoire de sirène fantôme à me raconter. Ces hommes, ils sont toujours prêts à tout...Les salauds ! »


Andréa Scoffield, Les mémoires d'une tueuse à gages ( extrait ).


jeudi 14 janvier 2010

Une Fin bateau


La goélette sembla s'arrêter dans l'espace-temps de l'île du Crâne. Au dessus de moi, Bosco avait cessé de se trémousser, et les yeux dans le vide, il semblait fixer la petite rouquine devant lui, un balai à la main :

  • Alors Capitaine, quel effet ça fait ? Dit Maia la sorcière en me regardant, souriante.

  • Pas plus que lorsque je lui demandais un petit dessert à la fraise ou des profiteroles !

Maia était rancunière, je la soupçonnais de s'être vengée de l'intrusion chez elle avec Clochette. C'était réglé, j'attendais donc qu'elle me rende tricorne et attributs.

Je vis l'atmosphère s'obscurcir et quand la luminosité revint, je n'en croyais pas mes yeux :  

Maia s'était donné l'allure d'un pirate, et sous sa barbe, ses gros sourcils et sa peau tannée de vieux briscard, je reconnaissais son visage...

Bosco, toujours fixe comme une statue de sel, ne nous vit pas rouler-bouler sur le lit et nous chevaucher. Ma joue se collait à celle hirsute d'une Maia renouvelée, ma main collée contre son pantalon montrait de nouveaux atours, les siennes calées sur mes fesses laissaient présager un partage prochain. Je souriais dans la barbe que je n'avais plus et j'allais subir par la rouquine une chose dont j'avais envie depuis longtemps. Mystères de la vie.

Elle se collait contre moi pour que je sente bien son envie et elle commença à onduler lascivement. Mes seins se durcissaient et j'avoue que je commençais à m'habituer à mon corps et ses réactions. Le plaisir des femmes est comme un puits sans fin, encore faut-il amorcer la pompe comme pour avoir de l'eau...Ma sorcière se prenait au jeu de son côté, nous étions comme enveloppés d'un linge mouillé qui mêlaient nos sueurs et nos envies. Malgré de nos sexes intervertis, nous retrouvions ce désir primaire et premier comme lors de nos premières rencontres...

Je basculais dans un autre monde quand je la sentis, et je me retournais pour mieux la chevaucher. Un éclair nous tétanisa un instant et je mis ça sur le compte de nos jouissances. Je touchais ses petits seins et sa peau rousse roulait sous mes doigts comme du parchemin. Ma barbe frotta son...

Ma barbe ?

Je réalisais que le sortilège avait disparu et j'étais redevenu Jack le Pirate dans toute sa splendeur !

Je regardais la belle et retrouvais ma vaillance masculine. Son sourire bienveillant m'invita à aller plus loin... La profondeur des sentiments n'est pas un vain mot, et j'allais et venais pour l'assurer de mon amour. Nos étreintes se multiplièrent, nos corps basculèrent en harmonie, nos bouches furent pleines de nous, K était loin de nos pensées quand je tombais du lit lourdement au cours d'une pirouette, mon sabre se coinçant dans l'orifice du plancher...

Tout fut sombre à nouveau.  

Je revenais à moi. Lentement. Je n'arrivais pas à situer où j'étais. Mon ancre mouillait, je sentais le vent dans mes voiles et...

Je saisis l'horreur de la situation. J'essayais de ne pas paniquer....

Je sentis des dizaines de pieds piétiner mon ponton. Le hurlement de Bosco me parut si faible cette fois. Je vis dans le ciel quelque chose voler...

Une sorcière sur un balai me faisait signe. Surtout ne pas répondre, on ne sait jamais...


FIN

Je refermais mon portable soulagé d'avoir fini mon histoire, je m'adossais contre les cordes épuisé par ces histoires de mutations. Je sentais un petit sourire poindre au coin de ma bouche, j'étais arrivé à mes fins...Même en littérature, il est bon de satisfaire ses désirs, et c'est les yeux encore ébouriffés que je me souvenais des ébats avec ma petite sorcière rouquine. On fait comme on peut...

Jack Rackham.

dimanche 10 janvier 2010

Un Corps de Rêve


Les derniers marins quittèrent tardivement ma cabine. Le rhum blanc avait coulé à flots et j'avais même participé abondamment, pensant que cela raccourcirait la soirée...Bosco avait pensé autrement et nous avait fait la surprise d'un tonneau secret qu'il réservait pour les grandes occasions. Le cœur brisé, je voyais reporter au bout de la nuit mes retrouvailles avec...Mais comment s'appelait-elle au fait ?  

J'étais seul de nouveau, et il était si tard que même les mouettes s'étaient arrêtées de voler. Je sortis le carton et le posais sur la grand' table, exactement au même endroit que précédemment. Le cœur serré, j'ouvrais les battants et vis un sourire fendre mes joues au regard toujours vivant de ma visiteuse clandestine qui me regardait...  

Je m'appelle K.

  • Pourquoi K ? Demandais-je.

  • Pourquoi pas...

Je n'insistais pas car je me laissais prendre à nouveau à ses atours, je remarquais sa chevelure, et accoudée sur la table elle écartait insidieusement les jambes en inclinant la tête. Son invitation était plus qu'explicite et je crois bien que j'allais accepter. Après tout, Tim étant absente depuis quelques jours, et elle m'avait elle-même envoyé ce présent après tout.

Je regrettais d'avoir bu autant car je n'étais pas très en forme, virilement parlant. Elle se rendit compte de ma lassitude et s'approcha de moi...

Ses mains massaient mes cuisses pendant que sa bouche se rapprochait de mon sabre endormi. Il sembla sortir de sa torpeur quand K opéra quelques opérations secrètes que je ne voyais point car se passant dans sa bouche. Les secrets des femmes sont parfois perdus à jamais car l'absence de témoin dans ces endroits obscurs ne nous laissent que l'alternative de les imaginer à nouveau, pour notre plus grand plaisir ! Je reprenais le fil de ma concentration et comme par magie, par la bouche de K exactement, l'élan de votre Capitaine avait repris vigueur et une envie d'abordage me prit, que j'assouvissais sur le champ...

La belle était offerte comme un fourreau, et je m'abandonnais avec fureur à notre coït sauvage ! Tout était devenu sombre, j'avais trop forcé sans doute, et sur le rhum blanc et sur la fille...

J'étais comme enveloppé d'une gaine lisse et peu à peu je reprenais mes esprits, je revoyais la lumière de la lampe et cherchais K qui semblait avoir disparu. Rien ne m'avertit d'un sortilège jusqu'à ce que je me vis dans le miroir à bascule. Aucun cri ne sortit de ma bouche à cet instant.

La peau de K m'avait comme absorbé, j'avais ses cheveux, sa bouche, son...Je bougeais un bras pour bien voir que c'était moi qui bougeait, pas de souci c'était moi...

Je me palpais partout pour essayer de comprendre, je me caressais aussi pour le plaisir. Le sortilège me donnait des avantages. J'étais bien une fille, mes doigts étaient là pour le prouver ! C'était presque agréable et même magique. Je n'eus pas le temps de me questionner sur les suites qu'entraînerait cette transformation , quand je vis Bosco me regarder.

Il était entré dans la cabine sans que je m'en rende compte, il me toisait. Je compris rapidement sa pensée quand il me prit par les cheveux.  Je me débattis mais rien n'y fit. J'avais un corps de rêve, je réalisais ...

Je n'entendis rien d'autre qu'un petit rire à ce moment-là.

Un rire de sorcière...


( A Suivre...)

Jack Rackham

PS: J'ai de ces idées, j'vous jure ! Comment me sortir de ce pétrin...