vendredi 27 juillet 2012

La Main magique


Balançant dans mon rocking-chair de Capitaine, je regardais autour de moi le vide de mes têtes blondes qui avaient décidé de visiter le monde pour les uns, de rester chez soi à jouer aux derniers jeux vidéos ou regarder les nouveaux blockbusters de l’été. En mon for intérieur, je souriais dans ma barbe nouvelle à la petite histoire que je n’aurais osé leur raconter…

Un jour de répétition où j’avais rendu visite à mon ami le Magicien, je l’attendais dans sa loge car la belle Daniela l’avait prévenu d’un rendez-vous soudain et courtoisie oblige il m’avait proposé son antre magique pour patienter. Jus de fruits aux groseilles et sandwiches de sardines enchantées m’avaient rassasié, quand je vis sur le bord d’une commode une paire de gants blancs qui me rappelaient ceux de ces spectacles. Je les essayais en regardant la porte et estimais que mon ami ne reviendrait pas de sitôt. Ça m’arrangeait en tous cas, et je me mis à faire des gestes en espérant un miracle…

Dirigeant mon index vers un tube de crème, son bouchon sautait et j’hydratais le miroir en écrivant d’une plume élégante le prénom de la belle qui avait accaparé mon ami. A peine le temps de repérer une boîte d’épingles à qui je promettais 1000 sauts périlleux, on frappa à la porte !

« Entrez » répondis-je en hésitant, quand une tête qui ne m’était pas inconnue dépassa de la porte et regarda vers moi. « Jack ! C’est vous… ». Oui, et c’était bien Daniela !

« Oui, c’est bien moi… » Répétais-je, quand elle s’approchait de moi et me raconta une histoire rocambolesque sur son rendez-vous manqué avec mon ami, une sorte de pressentiment pour venir dans sa loge et une irrésistible envie de me voir. Mon jeune tricorne était tendu et sans m’en rendre compte, nous nous allongeâmes sur le canapé à discuter de tout et rien, lui caressant le bras de mes doigts gantés qui semblaient lui faire un effet fou ! Elle avait chaud et commença à se dévêtir tout doucement pendant que je la palpais, tel un médecin qui cherche une maladie inconnue et mystérieuse…

Nous nous pressâmes l’un contre l’autre et nous oubliâmes le temps et le monde, pour nous embrasser comme des amours perdus qui venaient de se retrouver ! Mes mains comme par enchantement semblaient connaître son corps mieux que quiconque et les doigts commencèrent un jeu de caresses magiques que je ne contrôlais même plus ! Nos yeux se croisant en des regards de flamme d’amants ancestraux, nous faisions l’amour en oubliant complètement que notre ami le Magicien pouvait revenir d’un instant à l’autre. Mes doigts courraient sans cesse sur la totalité du  corps nu de Daniela, et plongeant ma dextérité que ces cuisses semblaient désirer, je lui donnais tout entier ces doigts de sortilège qui la firent jouir plusieurs fois, encore et encore !

Nos corps épuisés sur le canapé en nage, nous fumions une cigarette en partageant des regards de feu sur nos souvenirs qui seraient notre secret. J’avais eu le temps d’une après-midi une main magique que m’avait prêté mon ami, aucune confusion pourtant quand à cette trahison ne m'avait sa et c’était comme si c’était lui qui avait fait honneur à notre amie commune...

Pourtant, du coin de l’œil, j’avais remarqué un tube de rouge à lèvres aux symboles étoilés qui avait attisé ma curiosité. Mon amie devina ce à quoi je pensais...Et passant du rouge sur ses lèvres, elle les pinça pour mieux étaler la couleur et d’un coup nous comprîmes les prodigues de ce bâton magique, et que l’après-midi de nos folies n’était pas terminé…




Jack Rackham


dimanche 22 juillet 2012

Voisine Rock


…Je me dépliais complètement après ce voyage spatio-continental et ma voisine avait plaisir à me retrouver, semblait-il. Ses mains habiles et curieuses parcouraient ma vie de Capitaine avec intérêt, et je lui apprenais nombre de voyages non racontés et de conquêtes intimes. Elle semblait faire de la musique avec mon corps et mes membres burinés lui servirent d’instruments, à son gré et son inspiration…

Je fus une trompette dont la bouche goûtait les notes et les partitions, sonnant plus bas le tocsin de mon humanité. Je m’accrochais à ses cheveux comme des cordes de lyre ou de harpe, et faisais écho de sa langue qui s’agrippait à moi comme un écureuil. Je l’entendis avaler en un râle digne de Jéricho le fond de mon âme en un tonneau puis déglutir en claquant du bec comme un garnement rassasié de limonade orange ou citron…

Je fus un clavecin aux touches noires ou blanches, aux soubresauts de hanches rythmant sa cavalière sans selle, comme parcourant au galop une vallée de rochers sauteurs…Je fus une guitare qui accrochait ses doigts aux poils en guirlande et tintais ses arpèges de membres épanouis. Dressant mon intérêt pour booster sa musique, ses mains virevoltaient de refrains en couplets et s’enivrant au suc de mon plaisir. L’arrosant à foison, je la retournais au pilori de mon instrument pour mieux sentir son cœur et remonter en elle comme un torrent.

Nous passâmes de longues semaines à faire de la musique et cela donna l’idée à ma voisine, de se lancer dans la musique. Elle monta un groupe avec quelques amis et j’assistais à leurs répétitions, heureux de me relaxer un peu, fatigué d’avoir tant usé tant de cordes et de touches…

Elle me joua un peu de guitare de temps en temps puis disparut encore une fois. Je la vis à la télé des Caraïbes un jour, elle m’avait dédié une chanson me sembla t-il, mais elle s’était trompé de prénom :
Je m’appelle Jaaack…et pas Deniiis, nom d’une pipe !!!


Jack Rackham

(Voilà, c’est fini la Voisine pour cet été mais le prochain, qui sait…^^)


Photo du haut : Karen Elson. Du bas : Debbie Harry (Blondie).
Denis Denis par Blondie ♪

mardi 17 juillet 2012

Le Tchat à la Voisine


…Je me réveillais au petit matin, seul dans la paillotte et cherchais un crouton de pain pour déjeuner. Au milieu des affaires étalées de la cuisine à la chambre, je découvrais même l’adresse e-mail de ma chère et mystérieuse voisine. Je rentrais chez moi, en emportant le sésame, bien décidé à parcourir les flux Internet jusqu’à la fin des temps et la retrouver…

Mes premiers mails restèrent sans réponse, malgré un ton courtois et une othographe irréprochable. Quand le 12ème soir, juste avant la fin de ma location, je reçus ce mail énigmatique et laconique :

« Cher Pirate, j’ai du m’absenter pour raccompagner mon amie sur son île en Europe. On peut néanmoins partager l’amitié. Les Océans virtuels n’éclaboussent pas comme les élans amoureux, j’ai oublié ma serviette là-bas de toute façon. A plusse Capitaine. Moi »

Je restais longtemps interloqué de ce message mais vu nos relations antérieures, je me disais que cette réponse était comme un aveu. Je relançais la belle avec plus d’enflammades et de jolis mots tels « galinette », « tu as ébouriffé mon tricorne, tu sais » ou même « my love ». J’avais déjà une expérience ou deux de bloggeuses alanguies sous le charme de mes missives virtuelles et je me requinquais à taper ces mots doux, tout ça me rappelant ma jeunesse et les aventures avec Lilly ou Cameron. Rhaâaaa !!!

Nos mots dépassèrent vite nos pensées et je me surpris à réfléchir aux marées et horaires des longs courriers vers l’Europe…Que Nenni ! J’envoyais de mon île un pigeon voyageur à mon ami le Magicien, et je reçus rapidement une fiole contenant un logiciel imprégné d’un onguent aux vertus maritimes et inter-temporelles.


Un port USB accueillit le miracle sur mon ordi et je glissais aussitôt mes mains à travers la vitre. Je sentais le corps émoustillé de ma voisine qui me tirait vers elle, et décidant soudain après estimation du format de l’écran d’un voyage plus accompli, je passais entièrement pour rejoindre mon aimée…

( A Suivre )