- Ca, je m’y attendais. J’ai quelques
obligations par delà le monde, une goélette, un équipage, quelques mouettes à
nourrir. (Il lui sourit)
- Vous vous moquez de moi ; je me
suis échappée exprès pour vous- une chance que ce parc avoisine ma demeure- J’ai
du raconter mille prétextes et mensonges pour être là. Et vous, vous…(Elle se
recroqueville en tournant la tête)
- Allons, je suis venu rien que pour
vous, bravant les flots et les vents, le temps et les fuseaux horaires. J’ai
mis aussi ma plus belle tenue de gentilhomme, et mon plus beau tricorne, celui
du dimanche. (Il se rapproche)
- Vous sentez bon…Il y a un dimanche
dans votre monde ? (Ses yeux papillonnent)
- Que voulez-vous dire ?
(Interloqué)
- Ce monde d’une autre époque où le
rhum coule à flot, où les mœurs sont plus légères, où l’on voyage avec des
balançoires « spatio-temporelles » (quel joli mot) de temps en temps
pour séduire les plus jolies femmes, hi hi ! C’est bien ce que vous m’avez
raconté, mon Capitaine ?
- J’ai de l’imagination et de l’aplomb,
et ma ferveur ne sert que mes sentiments, ma belle dame. (regard doux, il s’approche
au plus près)
- J’ai pensé à vous l’autre jour, et
même les précédents, j’ai aimé vos manières et vos baisers…(elle le frôle)
- C’est bon de vous revoir, vos façons
me conviennent et votre monde n’est pas si dépourvu d’intérêt et de plaisirs. Moi
aussi, je suis loin d’avoir fait le tour de vos atours, je suis à vous…
Ils s’enlacent et se caressent, s’embrassent
et s’embrasent, tout s’évanouit autour d’eux, égrainant les vêtements l’un de l’autre
pour des gourmandises plus charnelles, parsemées de grains de beauté, de duvets
et de poils, de plis et de jointures, arrachant leurs derniers tabous pour se
goûter si profondément qu’ils oublient alors le temps où ils sont. La nuit est
tombée, emportant leurs dernières forces, ils sont essoufflés et rassasiés, les
yeux et la peau pleins de souvenirs, jusqu’à la prochaine fois…
- C’est bon de discuter avec vous,
Capitaine. J’aime bien la tournure de vos phrases, vos analogies et votre sens
de l’ellipse. Nous parlons le même langage en quelque sorte.
"Elizabeth ? "(au loin)
- Ah, je crois que John m’appelle. C’est
un brave homme, il vient d’installer dans le jardin une balançoire…mais on ne peut
pas tout avoir. Bonne nuit Jack, repassez par ici, j’aime parler avec vous…
Son petit nom de naissance était
aussi long que son nez, qu’elle portait dignement en choisissant avec
intelligence le profil qu’elle voulait bien montrer : Purification.
Certains patronymes espagnols ont la
particularité d’évoquer bien des tourments ou autres moments privilégiés de l’humanité.
Purification avait pris son prénom comme une offrande voire comme un don. Et
cela avait influencé toute sa vie…
Petite dernière d’une grande fratrie,
elle avait avancé dans la vie la tête haute en acceptant les petits métiers, et
même les plus vieux. « Ce qu’oune abrutie peut faire, yé peut le faire ! »,
aimait-elle à dire avec son accent, lançant le menton vers le ciel, les mains
sur les hanches. Sa fierté sans pareil la guidait vers des nuits blanches
endiablées, chevauchant les plus beaux caballeros, et même les plus laids !
Pour le plus grand profit du beau Ramon, qui s’en était mis plein les poches !
Mais les rictus de plaisirs s’étaient
gravés à jamais sur son visage quand elle prit sa retraite pour se consacrer à
une tâche unique : Celle d’élever les cinq enfants d’un veuf fraîchement
éprouvé et enamouré de sa personne. Elle se doutait bien de son attention intéressée
mais accepta l’offre comme une épreuve venant du plus haut, une sorte de
sacerdoce pour la consacrer définitivement « femme ».
Elle tint sa promesse et éleva la
progéniture de l’homme avec pertinence et sensibilité. Quelques taloches
peut-être à des moments-clés de rebellions bien naturelles mais rien de rédhibitoire,
du moins à son avis.
L’histoire se termine bien évidemment
mal car le veuf la rendit veuve à son tour, et elle se surprit à maudire le
ciel de ce sort cruel lui enlevant son bel étalon, qui jusqu’au bout avait su
émoustiller son cœur et son cul. Des années plus tard, elle rendit l’âme à son
tour et toute sa famille – celle de son époux, en fait- se réunit pour lui
rendre hommage et lui dire enfin merci de tout ce qu’elle leur avait apporté.
Un vrai don de soi, cette « Purification » au doux diminutif de Pura…
Le tricorne à l’envers, posé sur un front plissé par de
longues aventures sur toutes les mers du monde, le sieur Jack Rackham profitait
du beau temps les bras derrière sa nuque, laissant seulement paraître un
certain érotisme illustré par des aisselles aux pilosités étonnantes.
Une donzelle posée par là, se releva puis se cala sous un de
ses bras, admirant béatement les dits spécimens, n’écoutant plus alors que son
Capitaine qui se mit à clamer clair et fort le titre d’une revue spécialisée
empruntée à la bibliothèque du navire :
- Résilience(s) !
Son œil éclairait un pourquoi de son ignorance pendant que la
barbe qu’il gratouillait en réfléchissant laissait paraître la lumière de sa
compréhension imminente. Les arcanes de ce mot pendu à toutes les lèvres
venaient de se révéler à notre pirate
bien-aimé, déjà prêt à en restituer les mystères aux bonnes oreilles présentes
sur le Poséidon.
Le ciel était bien haut ce jour-là, les mouettes en étaient
pourtant absentes et le silence interrompu laissait deviner un grand moment de
culture seulement ponctué par les couinements répétés de la grande balançoire
du ponton principal. Le Capitaine commença à lire…
« On appelle « «Résilience » la capacité d’une
personne à surmonter un traumatisme, puis à s’adapter et à se reconstruire
après cet évènement. Cela peut être d’ordre affectif comme professionnel,
unique ou multiple (voire à répétition pour les plus vulnérables). Si le cycle
est immuable, la méthode est variée et même très personnelle à chaque individu.
Après avoir subi cette épreuve (ou ces épreuves), la personne
se sentira dans l’obligation d’évoluer pour survivre ou simplement se regarder
dans une glace, pour ne pas tomber encore plus bas et garder coûte que coûte
l’estime de soi. Réussir à vivre sera le premier objectif, ne serait-ce que
pour exister socialement.
Il existe bien entendu des individus qui n’envisageraient
jamais de se remettre en question après quelconque événement relationnel ou
personnel, étant même persuadé de leur bon droit quels qu’en soient les dégâts
psychologiques,envers l’autre surtout.
Les psychopathes ne sont pas pris en compte dans cette étude. Bref…
Ne pas réussir cette résilience peut amener au dégoût de soi
et à décider d’en finir. Selon les cas, s’auto-complaire dans la victimisation
ou la soumission en est une autre issue.
Au contraire, l’être résilient va réussir à vivre, à
survivre. Et ce, selon la violence du choc émotionnel ou physique (ou les
deux). Cela peut être :
Un accident routier ou domestique donnant une incapacité ou
une amputation, impliquant à son tour une limitation de vie normale. Un viol ou
un acte sexuel dégradant (incestueux, par exemple) provoquant une honte ou une
haine, une impuissance à effacer de sa mémoire la scène. Un échec professionnel
ou amoureux faisant perdre l’estime de soi et accentué par l’implication
d’autres personnes pouvant rappeler encore et encore son incompétence ou insuffisance.
Quelquefois, il s’agit d’une impuissance généralisée, subie à travers des
proches ou même des personnes vues à la télévision (voir les neurones miroir)
qu’on ne peut pas aider et ce stress s’accumulant au fil du temps, vous plonge
dans de telles affres que seules des drogues ou de l’alcool vous feront
supporter encore la vie. Un vrai calvaire !
Comment résister à tous ces chocs de la vie, à y faire face
et renaitre de ses cendres ?
L’acceptation de ce traumatisme sera la première étape du
processus de résilience, dont le but sera d’en faire table rase pour laisser
place à un moi nouveau. Le cerveau humain est d’ailleurs déjà programmé pour ça,
préparé à faire le deuil de ce traumatisme insupportable, prêt à se
reconstruire par la faculté d’effacement des mauvais souvenirs, et une facilité
à se pardonner soi-même dont des malfaisants usent aussi abondamment, n’est-ce
pas ? (voir les psychopathes, cités précédemment)
La recherche d’objectivité et la confrontation avec les
faits, malgré une bonne volonté sera peut-être difficile et nécessitera l’aide
d’un tiers (ou plusieurs) pour garder la ligne directrice recherchée et ne pas
basculer vers trop de positivité ou à l’inverse, de négativisme.
Il faudra donc aussi :
Réapprendre à voir le monde comme il est, rééduquer son
cerveau pour faire face à son déni initial et accepter la situation
irréversible, ne pas chercher de responsable immédiat mais des solutions,
s’autoriser l’erreur et l’échec momentané, et surtout essayer d’avancer), de s’aimer
un peu soi-même et de reprendre le contrôle de sa vie !
Il faudra alors se trouver un objectif majeur et apprécier
chaque petite victoire sur le chemin de cette résilience. Et sans perdre son
sens de l’humour, bien sûr ! (ou le retrouver) ^^
Voilà, nous avons prédigéré pour vous ces infos sur la
« résilience » mais nous avons aussi recherché des exemples de résilients
dans nos collections de films préférés, ceux-ci vous parlant mieux que des
exemples théoriques ou impersonnels.
Les voici :
RIO BRAVO (Hawks1959)Dans
un western, un Shérif alcoolique incarné par Dean Martin, commence à se trouver
une rédemption, poussant même la chansonnette et se rasant gratis, bien aidé
par ses amis John Wayne et Walter Brennan !
LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES (Brando1961)Marlon Brando est mon résilient préféré,
trahi une première fois par son ami Jack, qui remet le couvert en lui brisant
la main en le trahissant une deuxième fois. Oula ! Sa résilience va être
terrible…
FORREST GUMP (Zemeckis1993)Surtout pour le « Lieutenant Dan » que joue Gary Sinise et qui,
en pleine guerre du Vietnam ne cesse de répéter : « Et Surtout, prenez
soin de vos pieds ! ». Après avoir été sauvé par Forrest (Tom Hanks)
puis amputé des deux jambes, c’est un bel exemple de reconstruction, physique
et morale !
CASABLANCA (Crtiz1942)Alcool, chagrin d’amour et…Marseillaise ! Humphrey Bogart en patron
de bar pendant la guerre, qui retrouve son grand amour (Ingrid Bergman) et doit
malgré lui, sauver son…mari !
VERTIGO (Hitchcock1958)Traumatisé depuis un accident qui coûte la vie à un collègue, James
Stewart est sujet au vertige. Ce qui donne une idée à un vieil ami…qui
l’entraine dans une spirale meurtrière, où il tombe amoureux deux fois de la
même femme (Kim Novak)…sans le savoir !
LA LECON DE PIANO (Campion1992)Holly Hunter, muette depuis l’enfance et
accompagnée de sa fille et son piano, se trouve un mari par correspondance et
le rejoint. Sans le vouloir, elle tombe amoureuse d’un voisin indigène (Harvey
Keitel), mais son mari n’est pas content et se venge…Sa mutilation lui change
la vie et elle trouve enfinle bonheur
^^
RETOUR VERS LE FUTUR (Zemeckis1985)Surtout pour le personnage de George MC Fly,
à la destinée d’écrivain SF ! Le destin des Mc Fly change complètement
suite à un voyage dans le temps du fils Marty (Michaël J. Fox), où on n’aime pas
trop se faire traiter de…mauviette !
LE MAGICIEN D’OZ (Fleming1939)Tous les personnages principaux sont des
résilients : L’homme de paille et son manque de tête, l’homme de fer et
son manque de cœur, le lion et son manque de courage, Dorothée, la petite fille
et son manque de maturité… Seule reste sur le carreau, la sorcière de l’Ouest. Mince !
SIGNES (Shyamalan2002)Un prêtre (Mel Gibson) ayant perdu sa femme et sa foi est confronté à
l’extraordinaire qui vient tester son intelligence et son intégrité. Toute sa
famille se met au diapason pour l’aider à sa rédemption, et même les
Aliens !
UN JOUR SANS FIN (Ramis1993)Un journaliste-météo (Bill Murray) antipathique et misanthrope est
contraint de vivre encore et encore la même journée jusqu’à ce qu’il retrouve
sa sincérité et trouve aussi l’amour de sa vie (Andie Mc Dowell) ! (la
résilience à l’envers)
A L’OMBRE DE LA HAINE (Forster2001)Un homme blanc, gardien de prison, et une
femme noire dont le mari va être exécuté dans le couloir de la mort, sont
réunis au hasard du deuil de leurs enfants respectifs. Dans une ambiance
pesante de mort et de racisme, ils se rapprochent pour s’apporter une raison de
vivre et de l’amour. Deux résiliences se sont croisées ^^ (sans compter une
belle scène d’amour torride consacrant la carrière d’Halle Berry !)
THE ARTIST (Hazanavicius 2011)Le temps du Cinéma où le muet va bientôt
laisser sa place au parlant. George Valentin (Dujardin) et Peppy
Miller(Bérénice Béjo) sont tombés amoureux mais leurs carrières
s’entrecroisent. Elle pour le meilleur du parlant, et lui…Mais sur l’impulsion
de Peppy, leur amour renaît de ses cendres et c’est le succès les réunissant dans
un numéro de claquettes éblouissant !
Et tant d’autres exemples, à vous de trouver vos films de
résilients. Dans le prochain numéro de Résilience(s), vous trouverez… »
Avec un petit rire
mutin, le Capitaine posa le magazine soigneusement devant lui et regarda le
ciel cherchant quelques mouettes égarées. Il se tourna alors vers la belle
moussaillonne encore captivée par cette lecture puis se levant d’un coup en la
tenant par la main, l’invita à sa résilience…
On danse, chérie ?
Pour Jack Rackham, besos.
Credit photos : De haut en bas, The Cell film (Jennifer Lopez), The Haunting of Hill House (série), The Silent House (film), Vertigo (James Stewart), Un Jour sans Fin (film), The Artist (film et vidéo) puis The Cell à nouveau.
La fille est grande, brune, élancée,
bien plantée sur ses jambes et ses grands yeux noirs ponctuent une belle
chevelure épaisse, parure de sa féminité. Sa voix est claire et puissante,
c’est une chanteuse qu’on appelle Donna Summer et c’est la reine du disco…♫♪♪
De son
vrai nom, LaDonna Andrea Gaines est la 3ème d’une fratrie de 7
enfants d’une famille afro-américaine, née le 31 décembre 1948 à Boston. Très
tôt, elle pratique le chant, remplaçant au pied levé à l’âge de 8 ans, une choriste
de sa paroisse, malade. L’église de son quartier ne s’en passera plus et elle
devient rapidement-à 10 ans- la soliste de sa chorale de gospel.
En 1967,
elle abandonne l’école pour devenir chanteuse professionnelle dans Crow, un
groupe de rock blanc pour chanter dans les clubs de Boston et aussi de
New-York. C’est là qu’elle est repérée par RCA Records qui lui propose son
premier contrat d’enregistrement. Puis c’est une tournée en Europe pour
reprendre un rôle dans la version allemande de Hair.
Son premier
single est produit en 1968, pendant qu’elle travaille beaucoup à faire la
choriste pour des groupes. Elle se marie en 1973 à Mannheim, où elle vit avec
le peintre Helmut Sommer (ils auront ensemble un enfant). Elle rencontre aussi de
nouveaux producteurs-auteurs pour faire encore la choriste, Pete Bellotte et Giorgio
Moroder, mais ils croient vite en elle et lui produisent un premier titre aux Pays-bas en 1974, après avoir américanisé son nom en
Donna Summer…
S’ensuit
une série de titres dans la lignée de Cher, puis ce sera son premier album « Lady
of the Night », toujours aux Pays-bas mais pas encore un succès. Le
travail des Bellotte et Moroder paye héanmoins et dans la production de toutes ces
chansons de l’époque, se glisse le « Love to love you », qu’ils
transformeront en morceau de 16 minutes suite à une soirée festive à Los Angeles où il est plébiscité.
D’abord testée en Europe
et surtout en France, cette chanson deviendra un grand succès aux USA et dans le monde. Cela lancera définitivement la carrière de cette Donna Summer (qui divorcera de
son Sommer en 1976).
1975 Love to Love you Baby (version
remixée 16’) sera l’occasion de lancer un son nouveau qui révolutionnera la
planète : Le Disco ! Fait de synthétiseurs et soupirs remixés, sur
fond de grosse caisse envahissante et plus lente. Le Jackpot pour la petite
boîte de prod de Pete et Giorgio, ainsi que la belle Donna…Un son nouveau, et sans compter un contenu
érotique évident : Une Star était née !
S’ensuivront pour Donna Summer, Could it be
Magic (76), I feel Love (77), Last Dance (78), Hot Stuff (79), Bad Girls
(79), On the Radio (81) et tant d’autres, jusqu’au début des années 90 mais
reine du disco pour toujours !
Au total, 17 albums studio en 40 ans
de carrière et 130 millions de disques vendus, même si la fin est moins joyeuse.
Donna Summer mourra d’un cancer du poumon en 2012, à l’âge de 63 ans, maladie
qu’elle avait selon elle, contractée lors des attentats du 11 septembre 2001,
étant alors à New-York et ayant respiré ces poussières toxiques lors des
écroulements des 2 tours…
Une légende qu’on peut lui accorder,
car justement elle n’en avait aucun besoin.
Good Bye, Donna Summer, la fille de l’été
♥
Jack Rackham
PS : Je l'ai surnommée « Fille de l’été » car ce sont ses chansons
qu’on écoutait pendant les vacances et qui nous faisaient danser…^^
Son œil est rasant comme sa peau
glabre, tout autour de sa moustache bien nette, passant au dessus des arbres
dominant ces grands espaces sauvages, derniers vestiges de la nature ancestrale
et poursuivant sa visite jusqu’aux océans. Il se remémore quelques aventures en
douce avec des gallinettes des environs, sa glotte va et vient selon les
souvenirs. Ca ne fait pas si mal mais la souffrance est réelle et bien là…
Il serre dans sa main droite repliée,
la pipe que lui avait offert Serena, la petite malicieuse lui retournant le cœur
de ce souvenir déçu. Puis il se lève lentement, s’appuyant sur sa canne et se
dirige vers son bungalow. Son air triste a fait taire toutes les bouches même
si certains ne peuvent s’empêcher de chipoter.
« N’empêche, il a un drôle d’air,
une drôle de moustache et une drôle de démarche, quand même ». Comme pour
les tartes aux fraises, Bosco avait la main leste et l’avis bien tranché.
Il me rappelle un de mes amis, un
Magicien. Toujours entre deux vins, comme deux humours ou deux chagrins d’amour…
*
Groucho Marx faisait partie de ces fameux
Marx Brothers, avec notamment Harpo et Chico, qui ont fait une longue carrière
au cinéma mais aussi du théâtre et de la télévision.
Leurs principaux films sont Monnaie
de singe (1931), La Soupe au Canard (1933),Une Nuit à l’Opéra (1935), Panique à l’Hôtel (1938), Une Nuit à Casablanca (1946) sans oublier La Pêche au Trésor (1949) où apparaissait
Marilyn Monroë ♥
Groucho, de son vrai prénom Julius Henry, était le leader naturel du groupe
bien qu’il soit le benjamin de la fratrie new-yorkaise. Sa moustache (et
sourcils) dessinée au bouchon brûle ajoutait à ses lunettes rondes et son gros
cigare, comme une marque de fabrique. Son humour était composé de trouvailles
visuelles (cf. le miroir) et de calembours, souvent décalés. Un peu à la
manière aujourd’hui des films de Thomas Ngijol et Fabrice Eboué ^^
Prenant le pouls d’un homme inanimé, le docteur dit :
"Ou cet
homme est mort, ou ma montre s’est arrêtée". Groucho Marx.
Jack Rackham
Vidéo : le Miroir (La soupe au Canard) illus du bas : Une Nuit à l'Opéra.
Ely est dans son grand bureau, à ressasser ses tourments et
ses plans sur la comète. Elle a ouvert les fenêtres pour aérer un peu. Ce monde
fou n’est pas fait pour elle mais elle compte bien le refaire, pierre par
pierre ou feuillet par feuillet…
La pièce est jonchée de tous ses projets, tous en cours, indispensables
à son bien-être, comme des enfants chéris qu’on promène au parc en attendant qu’ils
grandissent à tour de rôle. Son esprit est toujours tourné ailleurs, là où son œil
ne regarde pas, la clope au bec ou le doigt jauni, comme pointant un mot
nouveau ou l’excellence d’une idée nouvelle.
Son cerveau vagabonde vers des mondes secrets dont elle ne
parle jamais. Ou alors avec des gens
imaginaires, tels des grands écrivains ou bien des beaux gosses, grands, forts,
faits pour cet amour dont on lui parle tant et qui n’existe pas.
La nuit, fronçant encore de ses sourcils de jour, elle rêve
de saillies profondes, retournée dans tous les sens, si uniques que giratoires
qu’elle se croit au manège et le cul encore tourné essaye d’attraper un ballon
au dessus de sa tête. « L’Amour n’existe pas ! » crie-t-elle
encore, comme un désespoir ou une provocation pour faire arriver ce qu’on n'espère
plus…
Elle tire sur sa cigarette, mimant un geste équivoque et s’étale
sur la chaise longue, écartant les jambes en déplaisir, juste pour narguer le
sort et imaginer le goût d’un lit d’écrevisses sur la langue d’un éhonté,
humant son dessert frivole.
Hum, l’heure est passée. Elle attend quelqu’un…Un vieil ami
qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ni grand, ni beau, qu’elle n’imagine même
pas dans ses rêves, le fils d’un vieux Capitaine de marine avec qui elle a
entretenu une abondante correspondance pendant un moment, puis plus rien. Elle
avait bien cru pourtant…
Elle avait ouvert et Sam Le Rouge était là, tricorne à la
main, un petit sourire aux lèvres et un bouquet de l’autre côté.
Assis sur un canapé, ils faisaient la conversation comme de
vieux amis qui ne s’étaient jamais quittés. Lui parlant de quelque maladie dont
il était sorti, elle évoquant les escroqueries d’un imprimeur véreux, ils
reprenaient le cours de leur vie commune comme si de rien n’était, se regardant
sans l’air d’y toucher telles deux pâtisseries goûteuses qu’on entame peu à peu
avec un doigt, puis un autre…
Jack Rackham
PS : J’aime les histoires qui ont un faux air d’Orgueil
et Préjugés^^
Photos : Nicole Kidman dans The Hours (Daldry 2002)
Ce sont les doigts de fée d’un
jeune Capitaine qui tapaient encore aujourd’hui les souvenirs de ce voyage à
Paris. Le portable brûlant réchauffait le bois de la goélette, les cordes sentaient
encore cette attache et les images de cette jeune femme au visage si doux.
L’été avait donné rendez-vous à l’amour
et passé quelques jours sur un canal faisant de l’accostage d’agrément vers la
capitale. Aléa de croisière ralliant ce grand jour vers son mari, Karin avait intercepté
l’œil galant de ce jeune homme au tricorne, capturant son attention comme on
appâte un chasseur de trésor.
Il l’avait rejoint pour un
prétexte futile dans sa cabine, une concoction de cafélocal fait spécialement pars le chef de bord,
et ils avaient pu savourer plusieurs jours de goûteurs enfantine, sans autre
souci que de s’aimer abondamment.
Une grande étape vers une autre
vie qui les séparerait pour toujours. Karin penchait sa tête comme pour se
caresser, frissonnant de son effronterie d’enterrement de vie de jeune fille.
Son regard coquin profitait une dernière fois de ces moments, les gravant pour
toujours et se promettant d’envoyer des fleurs à ce jeune Capitaine au sabre
vaillant, et à la barbe si douce…
Karin Redinger ♥...
Jack Rackham
Photo : Catherine Deneuve.
Jolies jeunes mariées
Lune de miel à peine commencée
Méfiez-vous des voyageurs
Voyez Karin Redinger
Karin Redinger J'ai reçu votre lettre à fleurs Vous devez être endormie Rêveuse de choses qui sont loin De moi peut-être alors c'est pas bien
Karin Redinger Y' a un morceau caché d' mon cœur Qui est resté quelque part Sur un bateau vapeur Vous étiez mariée depuis deux heures Vous laissiez le vent Montrer vos jambes en douceur Et vous m'aviez remarqué Parmi les voyageurs
Karin Redinger Arrêtez d' m'envoyer des fleurs J'ai une femme à Paris Et vous un gentil mari Cessons-là cette musicale comédie Votre lune de miel au fil de l'eau Vous veniez 1' matin très tôt et vive l'amour en
bateau Endormi le petit mari sur 1' Mississippi Vous étiez quand même un peu gonflée De m'apporter mon café
Karin Redinger Veuillez oublier ce steamer Cette petite plaisanterie M'a fait pleurer dans mon lit Heureusement pas trop longtemps ah ah
Karin Redinger Ne venez pas voir le Sacré-Cœur
Laissez Paris tranquille Vous êtes dangereuse dans cette ville Un Français c'est souvent sentimental Vous laissiez le vent montrer vos jambes en
douceur Et vous m'aviez remarqué parmi les voyageurs
Karin Redinger Arrêtez d' m'envoyer des fleurs Dix jours en bateau fou Souvenirs rendez-vous C'est fini love from me to you
Karin Redinger Y' a déjà quelqu'un dans mon cœur Cette petite plaisanterie m'a fait pleurer dans
mon lit Cessons-là cette musicale comédie (ter) Joke