Le soir tombait quand je remontais le chemin vers le cimetière. Anciennement baptisé Cimetière des Eléphants, les Mers du Sud avaient envahi ses allées pour qu’y reposent Long John Silver, Hook et autres Capitaines flibustiers. Personnellement, moi Jack Rackham, je comptais m’y rendre le plus tard possible sauf pour quelques rendez-vous avec ma belle Rita.
Justement, nous devions nous retrouver devant les grilles du cimetière à la nuit tombée, histoire de pimenter nos retrouvailles, sexuelles et sentimentales. Je n’ai jamais su la priorité de nos rencontres mais la montée d’adrénaline, mon cœur battant dès que je la voyais suffisaient à ma compréhension. Elle montait le chemin derrière moi et l’apercevais dodelinant…Son pas était léger, ses rondeurs douces, d’autres auraient vu une gironde, moi je voyais une beauté sans nom. Gasp…
Je l’embrassais ôtant mon tricorne, et je sentais mieux contre ma joue la douceur de ses cheveux noirs. Ses lèvres mangeaient ma langue, et tout de brut elle lança :
- Mon bon Rackham, une petite visite au Cimetière de nuit, j’en avais envie ! Pas vous ? Nous en avions convenu, un pari est un pari…
- Ma foi, ma belle, je m’en souviens. Si vous y êtes, je peux y être aussi ! Je vous trousserais en enfer, si vous y étiez…Dis-je en lui tapant sur la fesse. Elle souriait…
- Faites le malin, pirate. On fait le mur, suivez-moi.
- Derrière vous, c’est toujours un bonheur, chère…
Elle avait la jambe leste, la Rita. En un tour de main, elle fut de l’autre côté. Avec plus de difficulté et un accroc à ma veste, j’atterrissais dans le Cimetière des Mers du Sud…
Nous prîmes l’allée centrale et machinalement, nous nous tenâmes la main, au cas où. De droite et gauche les tombeaux garnissaient ce cimetière, ce qui était bien normal, vu l’endroit. Rita choisit une tombe, s’y accouda et retroussa ses jupons comme à son aise.
- Venez mon ami, goûtons ces lieux et goûtons nous. C’est bien ce qui était convenu, n’est-ce pas ? Dit-elle l’air mutine.
- Oui, chère ! Lui répondis-je, joyeusement.
Pourtant, je n’étais pas très fier. L’odeur des fleurs pourries et le reste, n’invitaient guère à la fête. Les silhouettes des croix et les craquements inconnus avaient fini par me faire peur mais l’odeur de Rita et sa croupe offerte m’avait redonné de la vigueur…
- Vous m’épatez Jack ! Dit-elle en se retournant .Vous êtes vraiment un fameux trousseur, ouiii, c’est bon…Elle se cambrait encore et penchait sa tête en arrière, se léchant les lèvres comme si elle goûtait au meilleur foie gras au miel. Quoi que…
Ses cheveux longs, lisses et noirs semblaient tressauter sous mes assauts et tout le caveau tremblotait. J’avoue que j’étais bien et je donnais le meilleur de moi-même, m’accrochant à mes deux rondeurs et regardant son petit œil éclairé seulement par la lune…Mon pouce le caressait, le rappelant à ma belle.
- Coquin Jack ! Mais je me souviens de ma promesse….
Rita souriant de ses dents blanches, je m’affairais tel un coquin entre ses fesses…
Je crus à un orgasme quand le tombeau vola en éclats. Rita et moi-même nous retrouvâmes les quatre fers en l’air. Un fantôme alourdi de chaînes surplombait le tableau. Nous avions du déranger les locataires de ces lieux…Nous prîmes nos cliques et nos claques et plus jamais Rita et moi ne revinrent au Cimetière des Mers du Sud. Même, nous n’en avons jamais plus parlé…
* * *
Le spectre de Pablo s’adressa à celui de Patricia :
- Tu as vu ces coquins, ce qu’ils osaient faire sur notre caveau ?
- Oui, mon Pablo ! Cela m’a rappelé nos jeunes années, celles après notre mariage…
- Oui, ma Patricia ! Je m’en veux encore…Ces singes des montagnes, ils ne t’ont pas…
- Pablo ! Mais…tu es jaloux ? Je t’appartiens toute entière mon Pablo, et nous aurons tout le temps pour nous prouver notre amour ! Dit-elle en s’approchant contre lui tendrement.
- Oui, ma Patricia, l’éternité….Dit-il en l'embrassant de sa bouche édentée.