Les fêtes de
fin d’année sont des moments propices pour raconter de belles histoires, celles
qu’on ne raconte pas toujours aux enfants, même s’ils sont cachés sous le lit
ou à proximité des écoutilles à ouvrir grands leurs yeux et leur cœur...
« Je me
souvenais de cette épicière de l’île du Crâne qui avait un certain tempérament,
un peu trop même. Mais comme elle, les affaires étaient bonnes et son mari ne s’en
plaignait pas trop. Pourtant le bouche à oreille aidant, l’épicerie fut bientôt un carrefour de la civilisation caribéenne et accueillant un peu trop de
monde, tel la grotte de Lourdes ou le parking du Mont-Saint-Michel (au galop).
L’épicier
appela alors un sorcier de ses amis à l’aide, afin de canaliser les énergies de
sa tendre épouse et de lui dévouer un seul et unique amant pour satisfaire tous ses
désirs. Un sort fut donc jeté à la belle et son emprise la cantonna à un Prince
charmant pour tout compagnon de jeu.
Et les
alentours de l’épicerie furent à nouveau abordables, même si le mari ne le trouvait
pas très sympathique, à vrai dire.
- Robert- c’était
son prénom- est pourtant un homme courtois, et son physique n’est pas très
engageant, je l’admets. Lui répliquait sa femme.
- N’empêche…Continuait
t-il de ronchonner.
La belle
épicière avait bien du supporter la laideur de son amant, avec ses dents de
gorille, ses cornes de taureau, ses pieds crochus et son bide dégoulinant. Mais…il
était doté d’autres qualités bien naturelles et qu’une femme savait apprécier à
leurs justes mesures, si l’on pouvait dire.
- Oh, Robert.
Vous êtes…Tournant alors le regard, en faisant mine de se cacher le visage ! »
Je posais
alors mon vieux grimoire grand ouvert, jetant un coup d’œil vers Maia, Orfeenix et Célestine
qui se tordaient le cou pour voir le joli dessin qui illustrait cette histoire…
Jack Rackham
Dessin : Paolo Eleuteri Serpieri.






