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samedi 15 novembre 2025

Jane Austen a encore frappé

 

Quelquefois, même quand on est Capitaine, on traînaille de-ci de-là, à la recherche d’un truc à faire, ou à lire, pour s’occuper quoi. Pourtant, la tâche n’est pas aisée, on a beau se gratter la tête sous le tricorne, on n’a plus d’idée. Les Amours perdues sont bien envolées, , les ambitions professionnelles enterrées, et les sites Porno censurés ou contrôlés. Même faire la cuisine vous dégoûte, les plats cuisinés pas chers étant livrables à domicile sur tous les bons sites…

Puis on tombe sur Jane Austen. Inévitablement. C’est l’auteur à la mode depuis une quinzaine d’année. Finies les Virginia Woolf, les Marguerite Duras et même Agatha Christie survit par ses adaptations locales ou éditions raccourcies. Mes mouettes s’arrachent les griffes tant la bougresse a tissé ses réseaux jusque dans les nids. J’aimerais connaître son agent, tiens !

Jane Austen s’est fait connaitre longtemps après sa mort, de maladie en 1817 à 41 ans, par l’entremise de son neveu avec un livre hommage, sorti en 1869 : « Souvenir de Jane Austen ». Ainsi se relance la carrière posthume de l’auteur de « Raisons et Sentiments » ou « Orgueil .et préjugés », et permet d’éditer des œuvres inédites telle « Persuasion ».

Pourtant, son influence continue encore aujourd’hui auprès des libraires, et même des cinéastes qui font des films autour de son œuvre, racontant des histoires d’amour contrariées en évoquant la condition féminine de l’époque en Angleterre.

Donc, j’ai pu voir, et apprécier, un nouveau film intitulé « Jane Austen a gâché ma vie ». Le titre est ironique mais pas loin de la vérité car le personnage féminin central est à deux doigts de faire les mauvais choix…Mais tout se finit bien, comme dans les romans de Jane. Etonnant, non ?

L’actrice est Camille Rutherford, une franco-britannique au tempérament incontestable et incarnant avec talent son personnage. Car les univers de Jane Austen méritent d’être interprétés par des femmes de caractère. Telles Keira Knightley ou même Katie Mc Grath…

Bon film !

Jack Rackham


Photos : Haut, Katie Mc Grath

Bas, Jane Austen, by Ozias Humphry/ Dessous : Affiche du film .





jeudi 9 octobre 2025

Les 13 Tricornes de Terry Gilliam

 

Connaissez-vous les Monty Python’s ? 

C’étaient des humoristes anglais (principalement) qui ont sévi depuis la fin des années 60 à la télévision puis au Cinéma. Leur humour, du Burlesque absurde particulièrement corrosif et décalé, a eu un succès mondial et est même devenu une référence par-delà les époques. Graham Chapman (1989) et Terry Jones (2010) ayant disparu, il reste John Cleese, Eric Idle, Michaël Palin et enfin Terry Gilliam pour poursuivre leurs créations respectives.

Terry Gilliam était d’ailleurs le seul américain de la troupe, mais frère d’armes sans pareil pour pratiquer cet humour labelisé Monty Python’s, fils prodigue de cet humour anglais original. Au cours de sa longue carrière, il réalise 13 longs métrages pour le Cinéma :

Sacré Graal (75), Jabberwocky (77), Bandits bandits (81), Brazil (85), Les Aventures du Baron de Munchausen (88), The Fisher King (91), L’Armée des 12 Singes (95), Las  Végas Parano (98), Les Frères Grimm (05), Tideland (05), L’Imaginarium du Dr Parnassus (09),  Zéro Théorem (13), puis L’Homme qui tua Don Quichotte (18) …

Son premier film, Sacré Graal, était directement une production Monty Python’s, co-réalisé avec Terry Jones. Brazil, son film majeur, est devenu depuis un classique du Cinéma. Les 12 Singes et Dr Parnassus confirmèrent son appartenance au gratin des grands réalisateurs. Mais Gilliam, c’est avant tout un vrai pirate de la création, un touche-à-tout, un scénariste-dialoguiste, un artiste-dessinateur, un maquettiste-décorateur, et aussi évidemment un acteur… Wow !

Il a bien sûr participé aux autres films des MP : La Première Folie des MP ou Pataquesse   (71-remake de  morceaux choisis du TV Flying Circus), La Vie de Brian (79), Les MP à Hollywood (82), et Le Sens de la Vie (83).  Ce dernier film, Terry Gilliam en réalisa seul, le prologue : Un court-métrage intitulé The Crimson Permanent Assurance. Un chef-d’œuvre !

Ah oui : Terry prépare un nouveau film, son dernier, peut-être.

Le Carnaval de la Fin du Jour.

Tout un programme…

 Jack Rackham 


Photo du haut : Terry Gilliam. Vidéo du bas : Brazil (film)

mardi 27 février 2024

Le Plan du Trésor

Quelquefois, entre deux rêveries ou autres douceurs littéraires ou culinaires, je reviens à mes premières amours, celles où ma prime jeunesse côtoyait les murs de la Veuve Sanders. S’y trouvaient aussi ses nièces dont l’inoubliable Katia, au coup de pédale aérodynamique et puissant, qui avait laissé une image indélébile dans ma mémoire.

Fermant les yeux, je revoyais comme dans un film (le cinématographe sera inventé un siècle plus tard mais je me comprends) ces cavalcades à vélo à travers l’île du Crâne, menant à cette cabane secrète où nous jouions à toutes sortes de jeux. Les fesses encore marquées par son porte-bagage, je frottais mes yeux éblouis aussi par sa croupe en action puis nous commencions à nous amuser.

Cette fois-là, je m’étais déguisé au point de devenir méconnaissable, portant binocles et perruque frisée, me faisant une moustache au noir de bouchon, enfilant une veste de costume avec un faux-col de soirée. J’enfilais pour finir un grand short rayé avec chaussures noires cirées et guêtres, avant d’entamer un gros travail de peinture, reproduisant la carte au trésor de Barbe-noire le pirate, une vieille connaissance dont je lisais les aventures dans la presse. 

Une fois la peinture sèche, nous pouvions jouer :

Je commençais à la peloter aux endroits indiqués par le plan, arrivant par la mer puis creusant en divers endroits, fausses pistes et pièges compris. C’était bon de jouer avec Katia, sensible et frissonnant pour un rien. Elle se prêtait au jeu comme une poupée vivante, la touchant ça et là pour finir par la découverte du Trésor, moment où je creusais de mes doigts le bouquet final !

Epuisée par le jeu mais heureuse, elle finissait toujours par dire :

La prochaine fois, c’est toi qui feras le Trésor !

 

Mais bien sûr, chère Katia, je serais toujours ton trésor…


Jack Rackham

PS : Si quelqu’un veut jouer à l’Île au Trésor…hum ? ^^

LÎle au Trésor - texte original


vendredi 26 janvier 2024

Regain again


 Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps. Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à néant ce tavail de Titan.

Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang. Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…

« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression, ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux forgeron, une mamée veuve et un chasseur.

Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de ses cendres…

Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre, abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge, faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.

Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée, lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une protection divine.

Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "

 ♥

Jack Rackham.

*

Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le sujet.

Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.


Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.

samedi 9 décembre 2023

Le Navire qui tue ses Capitaines

 


Le titre du roman fait office d’incipit, de bande annonce sensationnelle et promotionnelle. Son auteur, un certain Maurice Tillieux, fait là ses débuts et deviendra quelques décennies plus tard un auteur de BD reconnu, surtout pour ses univers « polar » et son humour. Justement les ingrédients qui étayent cette œuvre au titre évocateur…

                                                                     *

Tout commence par un pitch qui la présente comme « une histoire vraie », une évidence en cette année 1943 où la guerre gronde en Europe et sur toute la planète. Nous voguons sur le Taï-Wan, un grand voilier qui s’apprête à doubler le Cap de Bonne espérance, et le premier officier de son équipage, John Hapgate,  subissant une grosse tempête doit demander son avis au Capitaine au moment de larguer la misaine. Mais le Capitaine Miller ne répond pas et on est obligé de défoncer sa porte, croyant à un problème plus grave.

Surprise, la cabine est vide et le hublot verrouillé. Sur la table, un couteau est planté sur un papier où un drôle de message est écrit : 

« Cette nuit du 28 juin, par  X de longitude Est et  X de latitude Sud, le Capitaine Miller a disparu. »

L’officier Hapgate et ses hommes se regardent, incrédules, la lumière de la lampe-tempête qui les éclaire vacille dans la pièce en même temps que leur raison. Le mystère de cette chambre close était bien confirmé par l’absence du Capitaine Miller dans tout le navire…

                                                                    *

Jack referma le livre, un petit sourire en coin, comme donnant l’impression d’une complicité avec son contenu.

- Et vous l’avez-lu en entier ce bouquin ? Lança Bosco, à la sauvette.

- Bien sûr ! Sinon comment…Tenez, vont arriver en scène Dany Lorton, l’armateur du voilier, et sa femme Stella. Une très belle femme, enfin d’après le livre. Tout se passe en Angleterre, vers Liverpool. Il y a aussi un certain Joë Burton  qui fait les détectives, un ami à ce Lorton. Puis il y aura un second voyage du voilier où un autre Capitaine va disparaître. Watson, qu’il s’appelait. Et toujours vers le Cap de Bonne Espérance, il va disparaître…

- Encore ? Et on n’a rien retrouvé du tout, cette fois encore ? Bosco était comme énervé.

- Non, rien. Enfin, pas tout de suite…On a même pensé à un suicide, c’est dire.

- Mouais. Pourtant, avec toutes les morts douces qui existent…Les yeux dans le vague, le cuistot semblait penser à quelque chose. De la tarte aux fraises « empoisonnée » ça pourrait être quelque chose !

- Puis finalement…

- Finalement ? Bosco se releva, curieux.

- Tu n’as qu’à lire le bouquin, tu sauras la fin. D’ailleurs, c’est fait pour ça les livres, si on veut tout savoir, y’a qu’à les lire ! ^^


Sans rancune 

Jack Rackham

Le Navire qui tue ses Capitaines. Editions de l’Elan, 2017. Par Maurice Tillieux, et 15 illustrations de René Follet. 112 pages.

Avec deux dossiers en supplément : Tillieux et l’aventure/ Collection Le Sphinx (préface E. Borgers)

Maurice Tillieux (1921-1978) Auteur belge de BD, c’est Gil Jourdan, Félix et César comme dessinateur et Jess Long, la Ford T, Natacha, La Ribambelle et Tif et Tondu, comme scénariste.



vendredi 14 février 2020

La Vie de Claire Bretécher (1940-2020)


Je ne sais si vous le savez mais Jack Rackham était un pirate qui voguait sur les mers assisté de deux femmes, des lieutenantes habillées en habits d’hommes pour éviter les envies et la médisance.

Pas étonnant qu’au-delà des mers, il ait toujours aimé toute sorte de moussaillonnes, artistes, écrivaines et dessinatrices…Claire Brétécher faisait partie de celles-là, pionnière des grandes bédéistes, à la plume personnelle et au ton incisif.

Première de promotion a avoir eu le Grand Prix d’Angoulême en 1982, elle est partie rejoindre les Choron, Goscinny, Reiser, Gotlib, et Cabu qui l’avaient précédé au royaume des impertinents talentueux.

Tu vas nous manquer, Claire…



*
Elle est l’auteure BD de :

Les Gnangnan, Les Naufragés (avec Cauvin), Baratine et Molgaga, Robin les Foies, Cellulite, Tulipe et Minibus (avec Hubuc), Salades de Saison, Fernand l’Orphelin (avec Delporte), les Amours écologiques du Bolot occidental, les Frustrés, Thérèse d’Avila, les Mères, le Destin de Monique, Dr Ventouse, Agrippine, Tourista…et autres récits, de 1967 à ce jour dans divers magazines et albums.

Sans compter les illustrations, le théâtre, la peinture et le dessin d’art !



mercredi 18 décembre 2019

La femme du Tatoueur



Elle se tournait comme pour lui parler mais il ne la voyait pas.

Oh, mon amour ! » Criait-elle à l’Artiste.

Lui dessinait ses mots d’amour, tout à son Art, écrivant sur sa beauté plus que lui caressant son corps. Elle voyait pourtant ses doigts virevoltant sur ses notes, créant sur le papier la volupté de son désir.

Aveugle au désir de sa croupe, elle partit finalement avec le tatoueur…


C’est une bien triste histoire de Noël, Capitaine ?

Tu parles, tu aurais vu la gueule du tatoueur…Et sa femme fut si jalouse qu’elle le quitta illico pour l’Artiste et ses doigts de fée. Celui-ci retenant la leçon, ne négligea plus jamais sa nouvelle épouse jusqu’à user son corps de ses étreintes et aussi à son tour, ses oreilles de « Oh, mon  Amour ! »…

Jack Rackham


(Une bien belle histoire, finalement) Ci-dessous, la femme du tatoueur.

mardi 29 octobre 2019

Les Dessous cachés de la Joconde


Les secrets de fabrication de histoire de l’Art foisonnent d’exemples similaires : la radiographie d’une toile célèbre révèle au grand jour les diverses étapes de sa réalisation, montrant par superposition les couches successives façonnées jusqu’à sa dernière figuration.

L’effet est souvent étonnant, les images successives aussi belles les unes que les autres, le plus souvent. Parfois, cela détonne un peu, violant plus l’intimité de la création que la bonifiant, surtout aux yeux des amateurs innocents et peu érudits, pas habitués à de tels outrages.

Ils préfèrent rester sur cette bonne impression initiale de leur ignorance, pensant après tout que le talent est rare, quelque chose d’unique auquel ils n’ont pas accès. Forcément.

« C’est un don ! ». Alors, comment regretter de ne pas avoir choisi la vocation artistique, picturale ou musicale, puisque seuls quelques élus étaient destinés à y prétendre ? Pas étonnant alors, d’avoir préféré la banque ou la maçonnerie, voire la fainéantise, car finalement beaucoup de choses demandent du talent…

La couture par exemple, et toutes sortes d’habiletés manuelles pour l’assemblage de tissus, donnant des vocations qualifiées de hautes, d’où ces grandes maisons de création aux noms célèbres et connues de par le monde.

Il y a aussi ce talent pas si universel, donnant accès aux choses de l’amour, alliant les capacités manuelles aux  manipulations mentales, regroupant en un les plus belles qualités humaines afin d’atteindre le sommet d’une chose souvent inaccessible : le bonheur.

Parait-il que le modèle initial qui servit à Léonard de Vinci pour son tableau La Joconde, était une sacrée friponne éveillée au libertinage, malgré un physique un peu ingrat et un léger strabisme.

« Mais elle avait un don ! » Dit-on.

Ah ?

Jack Rackham