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mardi 27 février 2024

Le Plan du Trésor

Quelquefois, entre deux rêveries ou autres douceurs littéraires ou culinaires, je reviens à mes premières amours, celles où ma prime jeunesse côtoyait les murs de la Veuve Sanders. S’y trouvaient aussi ses nièces dont l’inoubliable Katia, au coup de pédale aérodynamique et puissant, qui avait laissé une image indélébile dans ma mémoire.

Fermant les yeux, je revoyais comme dans un film (le cinématographe sera inventé un siècle plus tard mais je me comprends) ces cavalcades à vélo à travers l’île du Crâne, menant à cette cabane secrète où nous jouions à toutes sortes de jeux. Les fesses encore marquées par son porte-bagage, je frottais mes yeux éblouis aussi par sa croupe en action puis nous commencions à nous amuser.

Cette fois-là, je m’étais déguisé au point de devenir méconnaissable, portant binocles et perruque frisée, me faisant une moustache au noir de bouchon, enfilant une veste de costume avec un faux-col de soirée. J’enfilais pour finir un grand short rayé avec chaussures noires cirées et guêtres, avant d’entamer un gros travail de peinture, reproduisant la carte au trésor de Barbe-noire le pirate, une vieille connaissance dont je lisais les aventures dans la presse. 

Une fois la peinture sèche, nous pouvions jouer :

Je commençais à la peloter aux endroits indiqués par le plan, arrivant par la mer puis creusant en divers endroits, fausses pistes et pièges compris. C’était bon de jouer avec Katia, sensible et frissonnant pour un rien. Elle se prêtait au jeu comme une poupée vivante, la touchant ça et là pour finir par la découverte du Trésor, moment où je creusais de mes doigts le bouquet final !

Epuisée par le jeu mais heureuse, elle finissait toujours par dire :

La prochaine fois, c’est toi qui feras le Trésor !

 

Mais bien sûr, chère Katia, je serais toujours ton trésor…


Jack Rackham

PS : Si quelqu’un veut jouer à l’Île au Trésor…hum ? ^^

LÎle au Trésor - texte original


dimanche 24 mai 2020

Karin Redinger ♫♪♪


Ce sont les doigts de fée d’un jeune Capitaine qui tapaient encore aujourd’hui les souvenirs de ce voyage à Paris. Le portable brûlant réchauffait le bois de la goélette, les cordes sentaient encore cette attache et les images de cette jeune femme au visage si doux.

L’été avait donné rendez-vous à l’amour et passé quelques jours sur un canal faisant de l’accostage d’agrément vers la capitale. Aléa de croisière ralliant ce grand jour vers son mari, Karin avait intercepté l’œil galant de ce jeune homme au tricorne, capturant son attention comme on appâte un chasseur de trésor.

Il l’avait rejoint pour un prétexte futile dans sa cabine, une concoction de café  local fait spécialement pars le chef de bord, et ils avaient pu savourer plusieurs jours de goûteurs enfantine, sans autre souci que de s’aimer abondamment.

Une grande étape vers une autre vie qui les séparerait pour toujours. Karin penchait sa tête comme pour se caresser, frissonnant de son effronterie d’enterrement de vie de jeune fille. Son regard coquin profitait une dernière fois de ces moments, les gravant pour toujours et se promettant d’envoyer des fleurs à ce jeune Capitaine au sabre vaillant, et à la barbe si douce…

Karin Redinger ♥... 

Jack Rackham

Photo : Catherine Deneuve.
 

Jolies jeunes mariées
Lune de miel à peine commencée

Méfiez-vous des voyageurs
Voyez Karin Redinger


Karin Redinger
J'ai reçu votre lettre à fleurs
Vous devez être endormie
Rêveuse de choses qui sont loin
De moi peut-être alors c'est pas bien

Karin Redinger
Y' a un morceau caché d' mon cœur
Qui est resté quelque part
Sur un bateau vapeur
Vous étiez mariée depuis deux heures
Vous laissiez le vent
Montrer vos jambes en douceur
Et vous m'aviez remarqué
Parmi les voyageurs

Karin Redinger
Arrêtez d' m'envoyer des fleurs
J'ai une femme à Paris
Et vous un gentil mari
Cessons-là cette musicale comédie
Votre lune de miel au fil de l'eau
Vous veniez 1' matin très tôt et vive l'amour en bateau
Endormi le petit mari sur 1' Mississippi
Vous étiez quand même un peu gonflée
De m'apporter mon café

Karin Redinger
Veuillez oublier ce steamer
Cette petite plaisanterie
M'a fait pleurer dans mon lit
Heureusement pas trop longtemps ah ah

Karin Redinger
Ne venez pas voir le Sacré-Cœur

Laissez Paris tranquille
Vous êtes dangereuse dans cette ville
Un Français c'est souvent sentimental
Vous laissiez le vent montrer vos jambes en douceur
Et vous m'aviez remarqué parmi les voyageurs

Karin Redinger
Arrêtez d' m'envoyer des fleurs
Dix jours en bateau fou
Souvenirs rendez-vous
C'est fini love from me to you

Karin Redinger
Y' a déjà quelqu'un dans mon cœur
Cette petite plaisanterie m'a fait pleurer dans mon lit
Cessons-là cette musicale comédie (ter)
Joke

(Laurent Voulzy)

vendredi 8 février 2019

Rackham et La Fureur du Foot


Personne ne le sait vraiment (hormis mes amis Facebook, se tapant régulièrement Jump de Van Halen à l’occasion) mais je suis un amateur de football. Et aussi un faiseur de BD… Le moment est donc venu pour montrer ici un condensé réuni de deux de mes passions (auxquels je rajouterais le Cinéma, l’astrologie et l’écriture). Et pour la première fois de publier ici sur le blog Rackham Le Rouge, une BD, juste pour lire…^^

Jack le Pirate 



              PS : Extrait de la BD "La Fureur du Foot" (c) 2003 Jet Stream / (c) 2008 Idées Plus.

vendredi 1 février 2019

Le Petit Rackham et la Femme du coiffeur



Quand j’étais petit, j’étais tombé sur un gentil coiffeur. Tombé était le bon mot car c’était par hasard en sortant de l’école, tombé de tout mon long vers la porte de sa boutique que je percutais faisant sonner le drelin d’accueil. Et gentil car il semblait dénué de toute vindicte hormis quelques parties de cartes qui avait mal fini au bistrot d’à-côté.

Je passais un mercredi sur deux, car les cheveux poussaient fort comme la forêt équatoriale ou les lentilles dans le coton mouillé. J’aimais venir dans ce salon coquet, décoré avec goût et sentant bon le parfum de Madame la coiffeuse, son épouse. La femme était discrète et souriante, levant la tête vers le nouvel entrant comme une horloge. J’y avais droit même si j’étais petit, trop à mon goût mais bon.

A chaque visite, je retenais un détail, un souvenir, une anecdote sur elle et je pouvais peu à peu cerner le personnage jusqu’à en tomber réellement amoureux, foi de petit Rackham. Ses longs cheveux tombants se bouclaient en descendant dans son dos et elle ressemblait aux actrices de Cinéma qu’on voyait sur les écrans au bas de la rue. Je devinais ses pensées, ses petits rictus d’étonnement ou ses grands froncements de sourcils.

Quand un jour… Son mari venait me de couper des poils du nez imaginaires, voulant sans doute m’encourager dans ma croissance, que j’aperçus un tic inconnu sur le visage de ma bien-aimée soupçonnant une manigance voir même un amour secret. Ce qui fut confirmé par quelques massages lascifs sur le bras, le nez au plafond et les pieds se chevauchant tournés l’un vers l’autre.

C’était écrit, elle me trompait en pensée avec un autre même si je n’imaginais pas encore les turpitudes de la sexualité,  faite de souffles, de poils, de grosses mains palpant et empoignant, sans compter les odeurs de toutes sortes.

Je regardais en sortant une dernière fois le visage bouffi de cette chère et tendre, et jurait de ne plus remettre les pieds chez ce coiffeur malhonnête. Malgré cela, j'allais traîner toute ma vie durant ce chagrin insurmontable et aussi la pousse inattendue mais incessante et toujours grandissante, des poils de mes oreilles.  

Ah ces petits coups de rasoir donnés dans le feu de la discussion le temps d’une coupe de cheveux mais des mois ou des années durant, perdu dans mes pensées plus très innocentes, mon gentil coiffeur m’avait bien eu...

 Jack

PS : Orfénique étant partie chasser le viking, déjà à cette époque, et Maia n’ayant en tête qu’à faire des confitures, j’ai du fouiller dans quelques souvenirs de jeunesse où je jouais les héros solitaires ^^

Images : Tome et Janry (dessin) et Le mari de la coiffeuse (film de Leconte, avec Anna Galiena)

mercredi 12 décembre 2018

Jack Le Pirate 3.0


Les pièces étaient encore vides, ou presque. Les chariotes de déménagements n’attendant que mon signal pour se remplir de mes effets personnels et maritimes, ayant décidé d’emménager dans cet endroit de la Riviera à l’autre bout du monde, je faisais les cent pas en rêvassant les mains dans le dos tel un empereur déchu. Les criques de l’île du Crâne et de la Tête de Mort étaient déjà oubliées, et le tricorne était propre et la barbe rasée…

J’attendais aussi Bosco qui avait du trouver un coin tranquille pour mettre en cale le Poséidon ; la bête n’est pas petite mais quelques bourses pleines d’or auraient raison des autorisations locales, sans compter le bagout et la musculature du gaillard.

Un dingue-dongue enfantin ne se fit pas tarder, tout en me persuadant aussitôt de faire changer ce tocsin peu viril.

- C’est vous ? Entonna une voix claire et féminine, laissant entrevoir dans l’encadrure de la porte du grand hall central, une silhouette familière…

Je reconnaissais bien là cette Lady Ania Chester, ex et unique attachée de presse du Poseidon, à la démarche chaloupée des femmes du monde qui ont pris de la bouteille,  toujours élancée et perchée comme sur des échasses, un sourire suave aux lèvres et ravie en l’instant de revoir son bon vieux Capitaine. Elle allait reprendre du service, il s’agirait juste de savoir de quelle manière ; tout était ouvert, sa présence matinale m’assurait de son envie, même si j’avais quelques idées qui me trottaient sous le tricorne.

Ses longs cheveux m’enlacèrent comme pour  marquer le plaisir de nos retrouvailles et la senteur de son parfum venant de son corsage à hauteur de mes narines troubla un instant mes sens, au point d’imaginer d’autres visiteuses plus intimes comme Katia ou Rita, telles des prédatrices venues chercher du sucre en poudre ou une tablette de beurre chez un voisin habituel.

J’imaginais la scène et j’oubliais tout le reste, comme dans un rêve.

Je pensais à un vieux film que j’avais vu tant de fois entre deux ponts, l’histoire d’une jeune femme venue visiter un grand appartement et rencontrant un homme plus âgé qui  vient de perdre sa femme, une qui tenait un bordel dans la maison pleine de joie. L’histoire d’un amour fou qui vient en remplacer un autre, le temps de quatre jours. Sur fond musical de tango argentin signé Gato Barbieri. Un chef d’œuvre !

- Vous avez eu un coup de cœur pour cet appartement, Capitaine ?

Tu parles : Dix pièces immenses faites pour vivre en bande, avec de hauts plafonds et donnant sur des ruelles mystérieuses tissées comme des traboules…


Ania était chou, comme j’aimais à dire, et dégageait une fraîcheur qui ressemblait à cette jeune femme au chapeau du film en question. Je la regardais tendrement et imaginais plein de choses comme au cinéma. Et même mieux qu’au cinéma, comme la vie quoi !

Puis sur une impulsion pleine d’amitié intense, je la pris dans mes bras en lui demandant :

- Tu danses avec moi ?


Elle me répondit par un sourire craquant, se préparant à l’envolée, mais la drôle de sonnette tinta à nouveau et Bosco n’attendit pas pour apparaître dans l’entrée. Il était les bras plein de pots de peintures, demandant du regard où les poser.

Le vide de l’appartement ne lui avait pas sauté aux yeux apparemment, il fallait vite commencer à apprendre à vivre en communauté. C’est vrai qu’un coup de peinture et quelques rideaux donneraient un peu de pimpant au lieu, mais surtout quelques livres…et les imaginant rangés dans leurs étagères, je me sentis d’un coup un peu plus chez moi.

(A suivre !)

Ici commence le premier chapitre du récit de la nouvelle vie de l’équipage du Poseidon qui sera poursuivi régulièrement.






Images : Le Dernier Tango à Paris (Bertolucci) et ses acteurs / Necar Zadegan

samedi 1 décembre 2018

Josie et la Tarte aux Fraises



Mes doigts zigzaguaient sur le clavier tels des moments de pianiste aguerri, crânant avec une virtuosité non feinte mais aussi une vantardise bien réelle. Justement en me remémorant mes années de jeune homme priapique, revenait toujours comme un boomerang une image presque unique d’où seule la concurrence de Katia pouvait la détrôner : Josie.

Ce prénom agissait tel un sésame vers mon cœur et ma libido pour se transformer en un spasme d’excitation à répétition, un ricochet du bonheur frôlant le fil de l’eau jusqu’à l’infini en donnant l’impression de n’avoir jamais touché l’eau…

Nous avions rapidement trouvé des terrains de jeux qui nous plaisaient le soir d’un anniversaire et tel un concours de baisers, nous goûtions goulûment nos gorges et nos langues comme pour mieux faire connaissance, en attendant de passer aux choses sérieuses dès que nous retrouverions un peu de solitude, même si l’effet de l’alcool donne toujours l’illusion d’être seul au monde. Le dernier parti d’une longue procession d’au-revoir jusqu’au petit matin, il nous resta quelques heures d’intimité intense où nous pûmes finir de nous déguster force bain de salive et autres transpirations sensuelles.

Elle avait bien remarqué aussi qu’elle me faisait de l’effet et le miroir posé près du lit confirma son impression première. Les cheveux longs et noirs de Josie se perdaient en bataille sur sa peau grêlée qui m’excitait tant.  Elle s’allongea sur le lit exprès en laissant voir son corps de rêve fait de grosses fesses plantées sur une taille fine de Reine d’Angleterre (Même si je n’en ai pas connu personnellement). Je la caressais en « doigts de fées » puis je l’effeuillais en écartant les points stratégiques, du moins ceux que j’avais envie de voir ou de goûter. Les poils, bien placés, ont un effet érotique immédiat et la belle m’encouragea à aller plus loin en faisant de même. Nous nous regardions mutuellement un peu partout puis Josie me proposa une chose inouïe :

- Tu veux une part de tarte aux fraises, mon chou ?

Elle aimait me donner des petits surnoms qui me faisaient un effet fou. J’acquiesçais sur le champ sans chercher à voir où était la gourmandise mais elle me retourna sur le ventre les yeux illuminés. Je pris du gâteau plusieurs fois, et observais bien mon initiatrice, car bien plus tard, j’apprenais à Bosco ce beau dessert fait de langue et de doigts…

Mais l’imagination étant sans doute ce qui régit le mieux l’érotisme, je vous laisse deviner le secret de cette tarte aux fraises !

Fermez les yeux…

Alors ?

Besos ♥

Jack le Pirate


Dessins : Serpieri.

jeudi 22 novembre 2018

Le Retour de Rackham Le Rouge



Comme un ciel de rentrée des classes s’affichait sur mon écran en retrouvant mon fidèle clavier aux touches magiques. Tout me revenait de mes premiers voyages imaginaires, les crapahutages de l’île du Crâne comme les cocktails au rhum d’une taverne du Paradis…

Un vent de combats maritimes et de sang embaumait mes narines, rappelant aussi les coups de hache et les hurlements qui avaient jonché le ponton de mes souvenirs. Mes tympans étaient restés sourds aux horreurs des amputations, préférant garder en mémoire le gargouillis des lampées de rhum ou le crissement des caresses de bas retroussés, des moussaillonnes aux cuisses hautes offrant là à son moussaillon le plus long des supplices avant les saillies intenses et profondes du reste de la nuit.
Tel était mon destin de Capitaine, enfilant son manteau de magicien encore et encore.

- Remarquez, y’a pire. Les fois précédentes, j’étais un peu usé, vidé, j’avais besoin de ressourcer l’île d’autres trésors, sans compter une morsure de vipère une autre fois…Là, c’est comme une renaissance !

Planant et riant au dessus  de ma tête, les mouettes savaient bien que c’était autre chose, plus fort que le goût de l’aventure, plus fort que les parties de cartes et de rhum coulant à flot jusqu’au bout de la nuit, plus fort que l’envie d’écrire (quoi que), plus fort que l’amour du Cinéma (oula), c’était…
…l’envie de retrouver mes moussaillonnes !

Katia et son coup de pédale endiablé, donnant vie à mes vocations premières, Sara et ses sortilèges de sirène, Rita aux formes de rêves, Maia la petite sorcière au cœur d’ange, Madeleine le premier amour d’une autre vie, Lady Ania Chester l’attachée de presse au grand cœur ( et au sourire suave), Marie la bienveillante, et tous ces amours fous, sur tous les pontons et tous les univers…

Et puis Orfeenix la poétesse, Ava la pharmacienne, Cameron la traitresse…et toutes ces femmes invisibles, infidèles, de lettres, courtisanes,  nues, amoureuses, au téléphone, au lit, bien-aimées, mentalistes ou abandonnées, quoi !

Sans oublier cette femme imaginaire, écrivain dans l’âme, jouant du piano dans ses rêves et amoureuse des séries télé ^^

Ca y est, je suis de retour…

Besos

Jack le Pirate

PS : Pour cette occasion, je me suis rasé (mais j’ai pas repris la cigarette, ‘tention hein ?)

Image du bas : Keith Richards le pirate.

mardi 30 août 2016

Incipit



Incipit.

Premiers mots, première phrase d’une œuvre chantée ou écrite, un « Incipit » vient du verbe latin « incipere » voulant dire « commencer ». Il sert à introduire un texte pour donner envie d’aller plus loin. L’incipit peut s’étendre à plusieurs phrases ou paragraphes. A contrario, l’ « Explicit », conclue, termine, ferme un chapitre ou une histoire…

Le but de l’incipit est d’annoncer, de donner envie, d’informer sur des détails marquants afin de tenir le public pour ne plus le lâcher.

Ce mot magique est connu de tous les auteurs qui connaissent les échantillons d « incipit » les plus célèbres. Quelques exemples :

Anna Karénine, de Tolstoï (1877)
« Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. »

Du côté de chez Swann, de Proust (1913)
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

L’étranger, de Camus (1942)
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

La Gloire de mon père, de Pagnol (1957)
« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. »

La Métamorphose, de Kafka (1915)
« Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en véritable vermine. »

Moby Dick, de Melville (1851)
« Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela- peu importe combien exactement- comme j’avais la bourse vide, ou presque, et que rien d’intéressant ne me retenait à terre, l’idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Orgueil et Préjugés, de Jane Austen (1796/1813)
« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier. »

La Promesse de l’Aube, de Romain Gary (1960)
« C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. »

Etc.

Et vous, quels sont vos incipits préférés ?

*
Mémo : Ce blog Rackham Le Rouge avait commencé par un texte de ce genre, L'île au Trésor, et j’eus droit à ce premier commentaire : « Formidable cet incipit de blog ! »
Comme quoi…

Pourtant, et je sais bien que ce n’est pas un incipit, Stephen King a écrit quelque part une phrase qui m’a toujours donné envie d’être un auteur :

« On a tous besoin de croire en quelque chose, et moi je crois que je vais prendre une autre bière. » 

Besos

Jack Rackham


                                           Image du film "The Lady" de Luc Besson.

samedi 4 juin 2016

Chatte sur Canapé




Catherine était allongée là, regardant le plafond comme si c’était une des sept merveilles du monde. Même pas une frise en relief barricadant le haut de la tapisserie. Elle pensait juste à ses retrouvailles, ce vieil ami de jeunesse sur lequel elle était tombée par hasard, au cours de ce voyage d’affaires sur l’île du Crâne… 

Les années avaient passé et elle se remémorait leur jeunesse commune aux Beaux-arts, et cette fameuse journée où elle avait mis les cartes en main à ce John, que tout le monde appelait Jack à présent, curiosité des us des diminutifs qui ne sont pas plus courts. Le revoir l’autre fois l’avait troublée et même plus que ça. Il n’avait saisi la perche tendue la première fois mais elle aurait bien goûté à ce pirate qui malgré sa prime jeunesse avait un je-ne-sais-quoi de différent. La seconde fois, elle était restée sur ses positions, son mari, ses trois enfants, sa situation. Pfff !,  

Les années passant à nouveau, la chance lui était donnée de le revoir. Basse-terre dans les Caraïbes et cette Île du Trésor, c’était là qu’il était et justement elle devait s’approvisionner en Ti-punch local, une aubaine. Car sa vision de la vie avait évolué, elle avait envie enfin de vivre pour elle et profiter un peu des dernières bonnes années qui lui restaient. Où elle était encore potable pour séduire un homme et partager ensemble un de ces moments de passion qui seuls valent la peine de vivre. Daniel ne la regardait plus depuis longtemps, de toutes façons…

Elle respira fort en repensant à tout ça et se félicitait d’avoir osé écrire à Jack, qui devait arriver d’un instant à l’autre. L’excitation de l’attente, de l’adultère consentie, du péché originel telle une nouvelle Eve, elle était électrique comme jamais.

Elle était nue sur le canapé, attendant son amant, et ses poils se hérissaient du moment à venir. 

Elle se caressait le pubis quand on frappa à la porte. Ses cuisses musclées et son cou se raidirent, ses seins furent en alerte, puis gardant son calme, elle alla ouvrir.


Jack Rackham ♥

(J'aurais pu écrire A SUIVRE mais chuuut !)

Tableau du haut  Suzanne Valadon (reproduction ?). Photo du bas : Inconnu.




mercredi 25 mai 2016

Je Vous Salue Marie



Je ne sais comment j’avais atterri là, mais j’étais sous le lit de la charmante Jeanne. Le plancher craquait sous ses va-et-vient et je priais le ciel qu’elle n’eut pas l’idée de regarder sous ce lit jumeau qui servait de salon de lecture le cas échéant.

J’avais par hasard lâché Mildred pendant le populeux marché de Cancun car j’y avais aperçu la meilleure amie de Madeleine, Jeanne. Je m’étais faufilé entre mille personnes tel un danseur de paso pour ne pas lâcher celle qui vivait avec l’élue de mon cœur, même si elle ne connaissait pas encore la totalité de mes sentiments. Ma timidité n’empêchait pas ma curiosité et la dénommée Jeanne pouvait me conduire à leurs appartements communs. Quelques jours plus tard, une sortie à un café-concert - avec Francisco Landa en vedette - était déjà prévue, mais le temps me paraissait si long que je voyais-là une opportunité de gagner un peu de temps.

Je me faufilais in-extrémis derrière la porte lourde après le passage de Jeanne puis prenais la première porte du rez-de-chaussée et me jetais sous le premier lit venu…

Le souffle était court et j’essayais en fait de retenir ma respiration. J’avais tout juste aperçu un crucifix au mur avant de plonger mais rien de plus. La porte se rouvrit vite après deux appels sans réponse : « Madeleine ? ». 

Elle marmonna deux-trois mots incompréhensibles puis se mit à chantonner machinalement.
Je devais prendre mon mal en patience, mon amour n’était pas là. Mais d’où j’étais, je compris bien les froissements d’une fille qui se déshabillait, du moins j’enregistrais pour toujours et le reste de ma vie ces petites choses utiles qui font les grands Capitaines…^^

La fille s’agenouille alors en s’accoudant sur le lit, celui d’en face, entamant une longue litanie de prières aux allures solennelles. Je me retourne alors sur le côté et vois-là un spectacle de toute beauté dont le souvenir m’émeut encore aujourd’hui. 

Je restais là longtemps, assistant à toutes ces incantations mystérieuses, me demandant même si finalement la pratique d’une religion n’était pas la voie à suivre pour le développement  personnel d’un jeune apprenti maritime…

Jack Rackham

                Ce texte relate un épisode de la jeunesse de Rackham Le rouge.