jeudi 22 novembre 2018
Le Retour de Rackham Le Rouge
vendredi 20 mai 2011
Un Thé à l'Amante
Les jardins secrets de Capitaine sont ouverts aux quatre vents. Non pas que mon cœur papillonne ou que je collectionne les aventures, quoi que, mais j’ai abordé quelques fois des terres inconnues qui m’ont fait rencontrer le mystère et le goût du défendu.dimanche 28 novembre 2010
Au Bois dormant
dimanche 26 septembre 2010
Ladycologue
dimanche 31 janvier 2010
La Grande Brune

- Faisons comme si nous étions amis, personne n'en saura rien ! Dit-elle.
- Oui, après tout, faisons...Répondis-je
dimanche 27 décembre 2009
Le Conte de Noël de Capitaine Jack

Il est des pirates qui prennent congés pendant les fêtes. Pour notre ami Jack Rackham, il n’en est rien. Il se dévoue à la bonne cause des enfants orphelins, leur préparant goûter et leur racontant des histoires le soir de Noël…
Un nombreux auditoire se recroqueville autour du fauteuil du Capitaine, sa pipe au bec et son tricorne altier en imposent. Il fait mine de réfléchir longuement puis improvise, comme d’habitude.
- Voyons, où en étais-je resté ? Ma mémoire s’érode avec le temps. Ah oui, : Il était une fois…
Les oreilles grandes ouvertes, les enfants écoutent Jack avec émerveillement.
« C’était un soir de Noël, le Poseïdon avait accosté sur une îles des Philippines, afin de reposer voiles et marins. Quartier libre avait été décrété et chacun était parti vers son festin ou sa galantine. Nous nous préparions à faire de même avec Tim, quand on entendit un fracas épouvantable sur le pont. Nous sortîmes pas à pas, prudence vaut mieux que guet-apens…
Un drôle de tableau nous attendait : Un traîneau de rennes du nord s’était encastré entre tonneaux et toiles, et un grand bonhomme habillé de rouge semblait sonné sur son siège…
- De rouge ? entonnèrent les enfants.
Oui, de rouge. Je m’approchais vers le grand bonhomme pendant que Tim s’occupait de tenir les rennes. Le temps de poser une question, je m’entendis répondre oui à une demande sans détour :
- J’ai la jambe cassée et rien n’y fera plus ce soir. C’est Noël, vous devez prendre ma place Capitaine Rackham…
Il est des moments où on comprend le sens du mot destin. Toute une vie, on attend le grand signal sans jamais l’entendre, et là c’était mon heure ! Je me rendis bien compte qu’il était de même pour deux rennes qui avaient entorses et entailles. Qu’allais-je donc faire…
- Oui, Capitaine, qu’avez-vous fait ? Questionnèrent en chœur les enfants.
- Ben, j’ai appelé mon amie Sara. Des millions de jouets et cadeaux à distribuer, il me fallait de la main d’œuvre. Mon Ange noir a des relations, plein d’anges en fait, des blancs, de toutes les couleurs…
Un ballet d’anges arrivèrent du ciel sous la houlette de Sara et moi-même, et sortirent par enchantement les jouets du coffre du traîneau. Les cheminées du monde, des Philippines en tous cas, furent gavées de cadeaux et Noël eut lieu une fois de plus…
- Vous êtes fort Capitaine, lança le jeune O’Grady. Heureusement que le traîneau n’a pas atterri sur le bateau de Jack Sparrow !
- Ca tu l’as dit ! Qui reprend du Cake au rhum, les enfants… »
Ecroulé sous une demande générale de Cake, le Capitaine Jack s’étonne encore de son imagination. C’est Noël, après tout, et qui sait si une prochaine fois, il ne leur racontera pas quand il fut Zorro, Ivanhoë ou Christophe Colomb…
Mais ce sont d’autres histoires, qu’il racontera à de prochains Noël !
lundi 13 juillet 2009
Où les cales sont...

« Croui croui .»
Le bruit du balancement de la balançoire me fit réaliser que j’avais raté mon coup…J’avais raté l’animal, et me retrouvais à balancer dans le noir. Ma main me lançait, suite à l’amputation de mon doigt, mais mes yeux semblaient s’habituer à l’obscurité, car j’apercevais le fauve en bas, qui m’attendait…
« Coucou. Suis là… »
Tenant de toutes mes forces mon couteau, je m’apprêtais à sauter quand je vis une scène extraordinaire : Dans un cercle lumineux, cette panthère noire énorme tournant sur elle-même et se métamorphosant en...Sara ! Sara, mon Ange des ténèbres, ma sirène des Océans, la compagne de mes démons…
Une dernière fois, j’entendis dans ma tête cette voix grave et sourde :
« J’arrive… »
- Sara ! Que me voulais-tu ?
- Tu méritais une petite leçon, Jack Rackham…Toutes ces princesses et courtisanes qui te tournaient autour, comme des affronts à notre amour. Tu semblais feindre de les ignorer mais je savais qu’elles te plaisaient. Tu me connais mal, le Pirate…Tu est à moi. Dit-elle, en me fixant.
- Tu es une ombre insaisissable. Je t’ai rencontré par hasard de mes voyages, mais point de serment nous n’avons partagé. Tu venais au gré des vents et parfois plusieurs années ont séparé nos rencontres, nos ébats…Peut-être n’es-tu qu’un songe, ou alors une pensée.
- Tu es ingrat, Jack…Tu m’as aimé au moins, je veux savoir.
Je m’approchais d’elle et la caressais. Sa peau était douce et j’aurais fait d’elle ma gaine toute entière. Elle s’offrit en se lovant contre moi, entourant ma taille de ses jambes et se mit à m’inviter de son bassin. Ses cheveux s’enroulaient en même temps tout autour de nous, et nous ne fîmes qu’un, telle une pieuvre aux bras multiples.
Je l’aimais oui, mais ne lui disais pas, le pensant très fort simplement, et essayant qu’elle l’entende dans mon cerveau de pirate…Ses absences m’avaient nourri mais ses présences étaient des monuments de plaisirs. Ce n’étaient plus des pénétrations mais des repas, plus que des coïts mais des festins. Je m’arquais pour mieux l’aimer jusqu’au cœur…Et elle pivotait, nous retournant pour me voir sous elle…
- Alors ? Dit-elle.
- Tu sais bien. Tu ne devines pas ? M’avançais-je.
- Oui, je le sais. J’en suis sûre à présent…que tu m’aimes.
- Comment ? Une mouette t’a fait une confidence ?
- Non, c’est ton petit doigt qui me l’a dit…
La cale se fit moins sombre. J’oubliais sa peau de panthère noire, je savais qu’elle ne partirait plus, qu’elle resterait quelque part dans ces cales, restant près de moi. Sara…
Je revins à la lumière. Bosco était là qui m’attendait…Plus de Princesse félonne et d‘équipage prisonnier. Les hommes allaient et venaient comme si rien n’était, je restais près du pont, ordonnant la manœuvre, le soleil pointant au firmament.
« Vous êtes un homme bon, Capitaine. » Dit Bosco, contemplant ma main blessée. Il souriait comme s’il savait…
samedi 11 juillet 2009
Prisonnier dans la Cale...

Je suis dans le noir…J’ai l’épaule qui lance, j’ai du mal tomber quand ils m’ont balancé dans la cale. Six mètres de haut, c’est pourtant pas la tour de Babel. Je me souviens de l’affrontement…
Il faisait beau quand on a croisé au large, ce PHENIX. Je ne connaissais pas ses armes et je ne me suis pas méfié quand elle m’a proposé de s’accoster à flancs, pour lier connaissance. Pantalon serré et mains sur les hanches, elle était belle sur son pont à hurler derrière ses hommes. Elle me dit s’appeler Formosante, princesse de Babylone, et en quête de son amoureux Amazan…Je me foutais bien de ce malheureux, et comptais capturer la belle pour l’emmener jusqu’au fond de mon lit. Elle ressemblait à une princesse bretonne de mes connaissances et ce fut elle qui me fit prisonnier...
Ses hommes ne firent ni une ni deux, qu’ils maîtrisèrent les miens et nous nous retrouvâmes à la merci de cette flibustière en collants. Bosco tenta bien une rebuffade mais le sourire mutin d’un des matelots dut le distraire, bien aidé en cela par deux coups de gourdin qu’on lui assena. L’affaire était faite et le temps de me toiser de sa chemise dégorgeante, la princesse perfide me fit jeter dans la cale…
« Je pense à Sara. »
Je n’y voyais goutte et n’avait aucune idée des lieux car c’était un endroit que je fréquentais peu. Je me dis qu’après tout je ne risquais rien ici que mourir de soif, quand le feulement d’un animal me fit changer d’avis. J’essayais de situer la distance entre nous et me rappelais que les félins, eux, voyaient dans le noir…
« Tu es là ? »
La peur sans doute me prit. Je n’avais point mon sabre mais cherchais mon couteau dans ma botte, dernier recours secret de ma survie. Il était là. Je déglutis si fort que l’animal sembla se retourner. Un frôlement passa devant mon visage. Je transpirais à grosses gouttes.
« Oui, je suis là. »
Mon esprit s’envolait…Le souvenir de Katia me réconforta, puis ce fut au tour de Rita. La bouche de Rita…Je ne savais pas pour les accidents de bateaux, mais si ça devait être ma dernière heure, mes meilleurs souvenirs semblaient défiler devant mes yeux. Le feulement de la bête me coupa dans mes pensées. Quelque chose me léchait la main. Je ne bougeais pas d’un millimètre…
« Tu as peur ? »
Ma peur avait encore grandi. Comment avais-je pu me laisser prendre ? La ressemblance avec ma princesse bretonne sans doute…Elle était si belle et sa peau était douce. Mon esprit s’évadait vers elle…quand je sentis une langue laper mon petit doigt !
« Non… »
Ce ne fut pas la douleur qui me prévint mais un bruit de claquement sec. La bête venait de me sectionner l’auriculaire ! Et elle le mangea…
« Ahaaa… »
Moi, Jack Rackham, je ne comptais pas me laisser découper morceau par morceau pour être le repas d’un animal inconnu. Je fronçais mes sourcils et pris mon couteau des deux mains.
« Sara… »
Je fis tourner ma tête pour mieux me situer, évaluais la distance, et d’un coup bondis vers mon ennemi, poussant sur mes jambes de toutes mes forces…
Croui croui…
( A suivre )
lundi 15 juin 2009
L'Ange noir

Elle avait accosté son radeau contre mon bateau. Je n’avais même pas entendu le frottis de ses troncs contre la goélette. Il faisait nuit et nous chargions à la lampe quelques cargaisons de rhum à destination de Rangoon…
Je me plongeais ensuite sur mon amas de cordes favori, à la poursuite d’un texte qui jamais ne vint et je me levais un instant pour me dégourdir, quand j’aperçus cette embarcation contre le navire. Une lueur semblait venir d’une chambre de toile en son centre, et j’entendis une voix grave appeler, je ne sus jamais si ce fut mon nom…
Je sautais sur radeau d’un bond et m’approcha de la pièce. Je soulevais le drap de toile…elle était là. Je ne vis ni ses yeux, ni son corps mais je sentis sa présence et moi-même je crus perdre la vue momentanément. Je me laissais guider par cette voix rauque, chaude et profonde…Je m’assis à côté d’elle et nous bavardâmes. Longtemps…
Une Lune voilée couvrait nos propos comme de la pudeur, et chaque fois que nous bougions, nous sentions nos cheveux se frôler comme des paumes de mains sur nos peaux. Nous griffonnions aussi nos desseins et tracions des plans sur nos planètes. Nous mélangions ce que nous croyions être nos yeux et nos sourires répondaient comme des acquiescements évidents de nos savoirs…
Mais les ténèbres de la nuit firent pâlir nos lumières et elle eut peur. Je me levais et tournais sur moi-même pour mieux cerner ces ombres. Je sortais mon sabre et faisais mine de les combattre, ne sachant pas vraiment où elles étaient…Peu à peu je recouvrais la vue et m’éloignais d’elle, hurlante et tremblante. Elle paraissait ailleurs et semblait voir un autre monde que le mien. D’un coup…
…Elle parut grandir et mesurer plusieurs mètres de haut. Les ailes que je lui vis dans le dos semblaient comme dessinées par les plus grands artistes et lui conféraient une grâce jamais vue. Elle devait être appelée par un autre monde, préparant un envol ultime. Avait-elle vraiment envie de partir vers cet inconnu, ce monde d’ombres ? Les larmes que je remarquais sur son visage au moment où des bras sortaient de nuages noirs pour mieux la prendre…
Je lançais mon tricorne dans les airs et montais d’un bond sur la rambarde du bateau. Quelques coups de sabre me dégagèrent et je tendis ma main au moment où je la vis monter vers le ciel. La Lune se découvrit de ses nuages opaques et nous éclaira…
Elle prit ma main, et se posa doucement sur le pont près de moi. Nos regards se croisèrent pour la première fois et je vis dans ses yeux le chemin de son cœur…
C’était un ange.
vendredi 5 juin 2009
Le Jour Où...

J’étais allongé sur le plancher de la cuisine, le nez entre les pages de ce fameux livre :
Book of the Cook and Sorcellery. Sorcery était le véritable mot à utiliser, mais c’était écrit, c’était écrit…
Je me régalais des recettes telle la « Lampée de veau mode Trafalgar » ou « Lichette flambée de Tripoux caramel » et je tournais les pages avidement jusqu’au prochain guet-apens culinaire. Je me retrouvais propulsé des années en arrière par la force des choses, cette force s’appelant une virée en ville imprévue de Bosco, notre chef-cuistot. Nous avions bien sûr passé un « accord » et sa démarche déhanchée en descendant du bateau me disait que j’y étais allé un peu fort. Mais je me rappelais bien sa fougue pour un dessert aux fraises ou un gigot Marengo…
J’étais donc pour un jour cuistot du Poséidon et je me régalais déjà de ma cuistance. Quelque chose aurait du me mettre la puce à l’oreille, mais l’ambiance de la cuisine, la douceur des fourneaux avaient endormis mes signaux de détresse. Pourtant je crois au destin, à ces croisées de chemin, à ces jours marqués de craie blanche et je venais de franchir le seuil d’un de ceux-là…
« Croui croui ». Un drôle de bruit me vint aux oreilles pendant que j’épluchais les topinambours. Je levais la tête pour me faire une idée précise d’où venait ce bruit. « Croui croui ». Je prenais la coursive et montait les escaliers jusqu’au pont…
Ce que je vis me coupa le sang. Sara, ma belle sirène, Sara mon amour…faisant de la balançoire entre deux mats ! Le spectacle était ahurissant…Elle envoyait de toutes ses forces entre chaque aller et retour, et sa chevelure donnait le sillon de son envol circulaire. Ses dentelles au vent lui donnait un air angélique, contrasté légèrement par le spectacle de ses cuisses écartées qui laissaient transparaître la pilosité fournie de son sexe…
« Croui croui ».
Ce spectacle me rendait fou…Les cheveux de Sara étaient devenus roux depuis notre première rencontre. Le temps passé, les spasmes de sa vie, la jouissance…Elle me vit la voir et prit un nouvel élan encore plus fort, encore plus fou. Et entre deux balancements, nous échangions quelques mots :
- C’est vous Capitaine ?
- Oui, Sara…
- Ca faisait longtemps…
- Presque rien…
- J’ai pensé à vous…
- Moi aussi…
Nos regards traversaient les distances, sa balançoire semblait être arrêtée dans le temps, ses pieds pointant vers le ciel, nos désirs…
Soudain, un dernier élan prépara son saut et telle une féline vint atterrir en silence devant moi. Elle m’embrassa de sa langue et m’allongea en me guidant de sa main. Se retournant, elle s’assit sur mon visage et je goûtais ses lèvres chaudes et pulpeuses…Elle se pencha et me goûta aussi. Nos bouches burent et se rassasièrent de nous, jusqu’au fond…
D’un coup elle se leva et bondit sur la balançoire. De plusieurs coups de rein, elle prit son élan pour trouver de la vitesse. Elle me lança un dernier regard et me sourit. Je lui rendis son sourire et nous fûmes heureux.
Puis elle lança un dernier coup de balançoire et elle disparut dans le ciel…
Le ponton du bateau était toujours désert et je repris peu à peu mes esprits. Des hommes commencèrent à aller et venir, la vie à bord reprit et je descendis aux cuisines, hagard mais heureux.
Personne n’aurait pu m’enlever le petit sourire que j’avais à ce moment-là. Je savais que j’allais la revoir…
« Croui croui… »
samedi 2 mai 2009
Cook and Sorcellery
Entre deux sommeils, moi Jack Rackham, je vogue sur le pont des soupirs et les corps de rêves que j'imagine, laissent place encore à mes souvenirs de jeune homme...
"Le Capitaine Longfellows nous avait mitonné une balade le long des côtes de Heart Island, dans l'océan Indien. Deux mois s'étaient écoulés depuis notre départ de Basse Terre, et j'avais été chargé de faire la cuisine. The Cook, c'était moi et j'avoue que j'aimais ça. Nager dans les provisions et préparer les repas des hommes me plaisait au plus haut point...
La chance avait voulu que dès le premier jour, un placard m'avait livré un livre un peu spécial, intitulé : Book of the Cook and Sorcellery. cookings et enchantments.
J'alternais donc des recettes selon les humeurs et les grès de fortune, qui nous menaient d'îles en pontons. Ce jour-là, je ne sais ce qui me prit, je remarquais un petit alinéa dans un coin : "Only for the Cook." Je me rendais à la page, très loin près du lexique, et détaillais les ingrédients :
"Ouvrir le hublot..." Ce que je faisais et en profitais pour m'aérer d'air salin en manquant me prendre un de ces poissons volants qui atterrissait sur la table. Je le rebalançais à la mer aussi sec, n'étant pas prévu dans la recette...Puis la suite disait " Lancer une poignée de gros sel vers le large et dire l'incantation magique de la page 232." Ce que je trouvais facilement.
Puis rien. Rien ne se produisit. Ou du moins, c'est l'impression que j'eus jusqu'à ce que Sara frappe contre la coque, à côté du hublot. "Que me veux-tu ?" demanda t-elle ?
A vrai dire je ne voulais rien, mais maintenant qu'elle était là, cela changeait tout ! Je m'approchais du hublot et nous fîmes la conversation. J'apprenais son prénom, et plus je la regardais, plus je la trouvais belle. Pourtant, un voile foncé recouvrait une grande partie de son visage et seule une mèche de ses cheveux dépassait comme pour mieux me tenter. Ses iris noirs me scrutaient et j'avais l'impression de tomber dedans comme dans un puit...
Nous parlâmes de tout et de rien, de nos espoirs, de nos peurs, de nos envies...Plus nous parlions, plus je m'approchais et elle semblait acquiescer. Je tentais de l'approcher et ne recula point. Je l'embrassais...Je glissais sa langue contre la sienne et je la sentais frétiller comme un soupir. Sa salive était mienne et nos mains se mirent à s'agiter, comme pour communier d'harmonie de nos sens.
A travers le hublot, nos membres s'immiscaient chacun dans nos habits et nous goûtions nos intimités...nos bouches se fondaient et nul se savait plus quelle langue était à qui. Nos doigts croisaient d'habileté, et nous nous pénétrions de nos regards. Nous faisions l'amour...
La coque du navire s'estompa et nous étions l'un contre l'autre, offerts à nos désirs. Son voile avait disparu et mon fendard laissa ma belle devenir mon fourreau...De sa main, je suivais le chemin d'entre ses cuisses, devenant son amant. Quand soudain...
Un bruit énorme fit trembler tout le bateau et le sifflement strident de ma marmite à vapeur me ramena dans ma cuisine. Les fers en l'air, je fixais le hublot, personne...Je rangeais vite mon gros livre de cuisine et un coup d'oeil panoramique me fit estimer la situation. Un Toc-toc à la porte me fit sursauter et j'ouvris...C'était Mildred le rouquin, un autre matelot.
- T'es là ? Tu vas rire : Le Capitaine s'est payé un banc de sable ! Il dit qu'il a vu une sirène...tu parles, c'est plutôt une bouteille de rhum sur laquelle il a glissé ! Qu'est-ce que t'as ? T'es bien blanc...
- La farine, dis-je. J'ai fait de la pâte pour le pain, aujourd'hui c'est tapas et coquets à la frita !
Mildred s'en retournait ravi et se frottait le ventre en souriant. Je fermais la porte et retournais au hublot. je ne savais plus si j'avais rêvé ou...
Je regardais au large une dernière fois et je fermais le hublot. Je pensais à Sara, à ces moments...Pourtant, j'étais à l'aube de ma vie et je ne voulais la perdre à donner un sens à tout ça. A courir derrière une chimère, si belle fut-elle..."
Je m'appelle Jack Rackham et je m'étire après avoir écrit le dernier mot de mon histoire. En contemplant une mouette qui fait le tour du bateau, je remarque la boucle de cheveux, noire, entourée à mon doigt. Sara, je me souviens...
Mais ça, c'est une autre histoire...




