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jeudi 9 octobre 2025

Les 13 Tricornes de Terry Gilliam

 

Connaissez-vous les Monty Python’s ? 

C’étaient des humoristes anglais (principalement) qui ont sévi depuis la fin des années 60 à la télévision puis au Cinéma. Leur humour, du Burlesque absurde particulièrement corrosif et décalé, a eu un succès mondial et est même devenu une référence par-delà les époques. Graham Chapman (1989) et Terry Jones (2010) ayant disparu, il reste John Cleese, Eric Idle, Michaël Palin et enfin Terry Gilliam pour poursuivre leurs créations respectives.

Terry Gilliam était d’ailleurs le seul américain de la troupe, mais frère d’armes sans pareil pour pratiquer cet humour labelisé Monty Python’s, fils prodigue de cet humour anglais original. Au cours de sa longue carrière, il réalise 13 longs métrages pour le Cinéma :

Sacré Graal (75), Jabberwocky (77), Bandits bandits (81), Brazil (85), Les Aventures du Baron de Munchausen (88), The Fisher King (91), L’Armée des 12 Singes (95), Las  Végas Parano (98), Les Frères Grimm (05), Tideland (05), L’Imaginarium du Dr Parnassus (09),  Zéro Théorem (13), puis L’Homme qui tua Don Quichotte (18) …

Son premier film, Sacré Graal, était directement une production Monty Python’s, co-réalisé avec Terry Jones. Brazil, son film majeur, est devenu depuis un classique du Cinéma. Les 12 Singes et Dr Parnassus confirmèrent son appartenance au gratin des grands réalisateurs. Mais Gilliam, c’est avant tout un vrai pirate de la création, un touche-à-tout, un scénariste-dialoguiste, un artiste-dessinateur, un maquettiste-décorateur, et aussi évidemment un acteur… Wow !

Il a bien sûr participé aux autres films des MP : La Première Folie des MP ou Pataquesse   (71-remake de  morceaux choisis du TV Flying Circus), La Vie de Brian (79), Les MP à Hollywood (82), et Le Sens de la Vie (83).  Ce dernier film, Terry Gilliam en réalisa seul, le prologue : Un court-métrage intitulé The Crimson Permanent Assurance. Un chef-d’œuvre !

Ah oui : Terry prépare un nouveau film, son dernier, peut-être.

Le Carnaval de la Fin du Jour.

Tout un programme…

 Jack Rackham 


Photo du haut : Terry Gilliam. Vidéo du bas : Brazil (film)

jeudi 10 janvier 2019

Une Nuit sur les toits avec Spider Woman


Elle s’était arrêtée net devant moi et je n’eus pas le temps de freiner, même si le terme était peu propice à l’endroit, fait de pentes, de tuiles, de ciment et de verre…La température était douce et j’étais embarqué cette fois dans d’autres aventures, moins maritimes et plus aériennes, donnant un petit coup de main à une amie héroïne de BD.

- Je t’ai à l’œil, Jack, dit-elle en souriant et hochant devant moi vers l’objet du délit qui avait amorti mon appendice nasal et mon tricorne réunis. Spider Woman, puisque c’était elle, était plutôt ronchon de nature malgré son bon cœur, son courage, et des pare-chocs de rêves qui dépassaient l’imagination.

C’était surtout bon de changer un peu d’air, celui des fonds de cales de poker enfumées et des tavernes avinées. Là, je retrouvais l’ambiance des maisons de la Veuve Sanders et ses filles, où j’avais connu Katia et son coup de pédale endiablé. Dopé de cette essence de pulpe féminine, mon esprit s’envolait alors vers ces touchants souvenirs de jeunesse qui me titillaient aussi fort que jadis. Je me transformais alors en Superman ou Spiderman, mais je sentais que Spider Woman préférait cet homme de fer bleu et rouge à la vision translucide ou laser. Surtout translucide en fait, car elle était troublée et gênée à la fois…

Un nouveau freinage brutal de mon amie me fit me retrouver les quatre fers en l’air, me demandant au fond si elle ne le faisait pas un peu exprès.

- Alors Capitaine, on ne sait pas garder le cap ? Ou c’est moi qui étais visée ?

Comprenant alors ce qui m’arrivait, je me calais derrière ma super-héroïne comme partageant une selle sur un vélo, et lui glissant deux mots doux à l’oreille, je me laissais conduire tel un trésor par cette Spider woman qui m’amenait vers son île…


Jack le super Pirate ♥


Images : Manara ( Spider Woman) et Halle Berry (Cat woman).

vendredi 21 juin 2013

Paris à Minuit

Inez était vraiment une petite salope avec son air aguicheur, ses mains sur les hanches et son petit cul qui rebondissait aux visages des passants. Elle cachait son air de fouine derrière ses cheveux blonds qui semblaient toujours propres, et avançait à pas de géant vers le petit hôtel discret que Paul avait réservé pour l’après-midi.

Il était devenu son amant depuis l’université et ses cours particuliers d’histoires de l’art quoique sexuels, avaient la tournure du défendu qui l’excitait, et son air de tout savoir avait un effet particulièrement érotique surtout quand ils expérimentaient de nouvelles positions qui tournaient autour d’un thème unique cher à Paul : La soumission.

La levrette et ses variations lui tenaient à cœur, et pendant qu’il tenait ses fesses,  en caressant et lorgnant sur son désir secret, il aimait lui parler de l’art, et même de Gil et ses idées saugrenues sur la création artistique. Le va-et-vient continuait pendant ce temps, donnant une tournure hautement perverse, si vous voyez le tableau…

- L’art moderne a déclenché la critique d’art, qui lui a renvoyé l’ascenseur, donnant du grain à moudre à la machine à café. Picasso l’a bien montré dans ses « Demoiselles d’Avignon » inventant le concept pour la cause…Déclama-t-il.

Paul en profitait pour accélérer le mouvement, caressant monts et vallées de la belle Inez qui n’en pouvait plus. Il changeait alors son fusil de visée et donnant un coup sec en guise de ponctuation, aimait à poser une  question au plus fort de la jouissance d’Inez, cassée en deux sur le lit qui entendait un « Qu’est-ce que tu en penses ?» destructeur.

Un petit sourire au bec, Paul exultait…

Pendant ce temps, Gil baladait vers Montmartre et se foutait éperdument qu’Inez bade ce petit professeur  sans personnalité qui répétait l’histoire artistique du monde comme un vieux marc de café jeté avec le filtre. Il se sentait une grandeur d’âme à faire pâlir le grand Geronimo et se foutait bien que ce Paul tourne autour de sa future femme. Les douze coups de minuit retentirent quand un taxi ancien prit le tournant pavé pour venir se garer devant lui en pillant sec, l’un des passagers lançant un « Vous montez ? »

*

Déclinaison autour du thème du film de Woody Allen « Minuit à Paris », avec Owen Wilson, Rachel Mc Adams,  Michael Sheen, Marion Cotillard et tant d’autres. Un succès de l’année 2011, qui couronne l’œuvre de l’auteur de « Annie Hall ». A voir Absolument !

https://www.youtube.com/watch?v=u1yenq3G5ss

mercredi 2 janvier 2013

L’Égal de Tarantino


La chevelure brune posée sur son épaule ajoutait à son sourire suave. Un air détaché, qu’elle tenait d’un cousin gangster, n’attendait que la lueur d’une  quenotte naissante.

Elle se laissa aller contre le piano, contre lequel elle se tenait, et partit un long moment. Le rêve était doux et il y flottait un air de revenez-y. Une pensée de gâteau au miel lui parvint jusqu’’aux narines et elle trouva ça exquis. Elle essaya d’oublier le Caballero derrière elle mais rien n’y pu.

Un long moment s’écoula jusqu’au signal et elle pu enfin se décider. Sa fesse tremblota pour montrer qu’elle était prête et elle esquissa un hochement approbateur…


(Extrait)


   Quentin Tarantino et Vanessa Ferlito...

jeudi 11 octobre 2012

L’auto-stoppeuse de San Diego

Perdu par l'entremise d'un tour en hamac qui avait mal tourné sur une route de Californie, je prenais une charmante dame en direction de San Diego. Hollywood dégageait ce genre de starlette alanguie de stars du Cinéma et je devenais in situ un metteur en scène renommé, à l'oeuvre artistique et maudite tout au moins.

Voulant connaitre de plus près mon inspiration intime, je conduisais pour son plaisir en tenue d'Adam pendant que ma passagère jouait du pipeau comme une Eve mélomane et improvisant un beau morceau. Un flic zélé nous rattrapa vite en moto et nous garant sur le bas côté pour montrer nos papiers ou ce qu'il en restait, nous lui demandâmes d'immortaliser ce moment, par ce cliché noir et blanc...


dimanche 5 août 2012

La Dernière nuit de Marilyn


Les mois d’août sont plutôt tranquilles sur l’île du Crâne et le Poséidon, aussi j’avais pris l’habitude de filer quelques temps via mon hamac vers d’autres univers…

Je m’étais retrouvé vers une crique de Santa Monica, sur un drôle de canapé pourri, plein de morpions d’une nuit de débauche locale. Ni une ni deux, je filais aussitôt avec mon tricorne en direction d’Hollywood où j’avais le souvenir d’actrices blondes aux mœurs faciles et sans vergogne. Un petit creux me fit faire un détour vers une épicerie de nuit de Beverly Hills, quand une nouvelle projection dans l’espace m’amena au XXème siècle, pas loin de là, mais dans le lit d’une gentille fille qui me fit visiter son cœur, son âme et tout ce qui pouvait lui appartenir en propre.

 - Tu es un Capitaine ? Me demanda t-elle, avec un accent charmant qui me rappelait cette anglaise de l’épicerie de mon île.

- Oui, un vrai. Mais quelquefois je m’échappe au-delà des mers pour voir d’autres mondes…

 - Tu as bien de la chance, je m’ennuie par ici…Je fais des choses marrantes où on me paye pour faire semblant mais je rigole peu souvent. Je n’ai pas la vie que je veux mais je suis une étoile dans le ciel qui me fait dire ou faire des choses que je n’aime pas. Des hommes me veulent mais je me demande si c’est bien moi qu’ils veulent.

- Tu devrais changer de région. Nul n’est prophète en son pays, c’est bien connu…

 - Tu as raison Capitaine, je vais te suivre dans ton hamac et tu me trouveras bien un petit coin dans une cale secrète, je ne dirais rien et ne ferais pas de bruit.

 - Tu as raison galinette, je trouverais bien un endroit pour toi, elle est bien grande ma goélette (et Tim et Maia n’y sont pas très souvent en ce moment, à vrai dire ! Pensais-je tout bas.).

Je repoussais le drap blanc du lit pour la voir nue et je me disais que j’étais chanceux d’être en si belle compagnie. Un gentil caractère en plus, comme un oiseau tombé du nid comme je les aime…

Nous fîmes l’amour toute la nuit et au petit matin, on but de grands verres de lait avec des œufs frais dont elle me cassait le jaune au dessus, comme dans ces films de boxe que je n’avais pas encore vus…Son sourire d’ange ravissait mon tricorne ébouriffé et elle avait l’air heureuse !

Mon bras l’attrapa, enroulant le drap, et elle agrippa ses cuisses autour de ma taille pour ne pas tomber. Son lit sembla s’évanouir et je ne vis plus la pièce jusqu’à ce qu’un ciel lumineux m’éblouisse sur le ponton de mon navire. Je mis ma main devant mes yeux pour voir où était le soleil et si l’heure du déjeuner était passé. Une voix m’appela et je me retournais :

- Hé Jack, vous venez ? Bosco a préparé du café, et tout l’équipage veut déjeuner avec nous…

C’était bien ma donzelle blonde qui avait trouvé amis et avait atterri avec moi à mon époque de pirates. Sa bonne humeur me faisait sourire et je me dirigeais vers la cantine en la prenant sous le bras.

- De la tarte aux fraises, Jack ? J’en ai commandé pour tous les hommes, tu es content ?

- C’est de ma part Capitaine, coupa Bosco. La petite est nouvelle, je voulais  pas l’effrayer tout de suite…

Le ciel bleu, les mouettes qui encerclaient le bateau, la chaleur de l’été, le tableau était encore plus magnifique avec cette jeune femme heureuse dont je ne connaissais même pas le nom…


*

Marilyn Monroë, l’actrice de Cinéma, est morte à Los Angeles, dans la nuit du 4 au 5 août 1962. Mais c’est faux…Elle est partie dans un autre monde où elle est plus heureuse, voilà tout.

vendredi 30 décembre 2011

Le Retour de Marty McFly


L’œil plongé sur la lentille de ma lorgnette, je parcourais le monde et surtout le ponton supérieur de la goélette où Sandra, ma visiteuse naturiste, prenait un bain de soleil. C’était un soleil un peu frisquet car l’hiver des Caraïbes avait jeté son manteau sur l’île du Crâne, mais je réglais le point sur le corps nu où dépassaient deux tétons diablement érectiles…

Un bruit de crissements de freins surgis d’on ne sait où me fit sursauter et je perdis le fil de Sandra et ses mamelons. Un nuage de fumée avait partiellement recouvert le pont du bateau et je m’approchais à pas de loup (de mer) vers un drôle d’objet métallique qui apparaissait peu à peu. 

« Doc ? C’est vous Doc ? »  Lança un jeune homme à la veste bariolée qui ressemblait à un gilet de sauvetage. Je répondais par la négative et se prenant la tête dans les mains, le dénommé Marty s’assit sur une marche d’escalier d’un accès au poste de pilotage, décrétant : « C’est foutu alors… »

Il me raconta alors, sans s’arrêter, une drôle d’histoire d’engin voyageant dans le temps et de plutonium volé à des terroristes libyens. Je connaissais un peu les voyages spatio-temporels grâce à mon hamac très spécial, et je compris peu à peu les soucis du jeune homme. Je lui proposais d’essayer de redémarrer l’engin mais il fit mine que c’était impossible et se renfrogna aussi sec. Je grimpais dans ce qu’il appelait une voiture et regarda un peu les tableaux lumineux, voir si mon intelligence de pirate y trouvait un sens. 

Soudain, mon attention fut attirée sous le volant par un post-it fraîchement collé où était inscrit « Réserve ». Appuyant sur le bouton à côté, je comptais bien triomphant annoncer la bonne nouvelle à Marty quand machinalement, je tournais la clé enfoncée dans le corps du volant (une habitude gardée de quelques voyages futuristes). Un vrombissement vit vibrer tous mes os, la goélette et toute l’île du Crâne réunis !

J’aperçus en un coup d’œil une date sur le tableau de bord que je connaissais bien et fit monter en pression l’engin. Ça me plaisait bien d’essayer cette machine à voyager dans le temps au fond, et d’un grand coup d’accélérateur, je filais dans le ciel vers l’inconnu….

Une sorte de grand boum électrique me projeta dans un ciel que je ne connaissais pas, du moins sur le moment. Je vis un petit port qui me rappelait quelque chose et sur la route de pierres qui menait jusqu’à une presqu’ile abandonnée, j’aperçus un équipage à vélo où une grande bringue pédalait comme une forcenée, avec sur son porte-bagage un jeune garçon que je reconnaissais.

C’était le jeune Jack Rackham, les yeux ébouriffés des fesses en mouvement de son amie Katia, qui filait vers son île au trésor…


Jack Rackham

*
RETOUR VERS LE FUTUR est un film de Robert Zemeckis, coécrit avec Bob Gale, sorti en 1985. Il raconte l’épopée d’un vieux savant (Christopher Lloyd) et d’un jeune lycéen (Michaël J.Fox) parcourant le temps entre 1955 et 1985, à bord d’une De Lorean améliorée…L’occasion pour le jeune Marty d’assister à la rencontre de ses parents mais aussi à la naissance de sa maison natale et à la montée du Rock’N Roll !!

Il existe deux suites à ce film initial, sortis en 1989 et 1990, faisant voyager nos héros dans le futur de 2055 et au Far-West. Films cultes, ils sont truffés de répliques célèbres telles : 

« Des routes ? Là où on va, on n'a pas besoin de routes. »
« Mais Doc, vous m’aviez dit de ne toucher à rien, que ça pouvait bouleverser tout l’équilibre spatio-temporel ? – Je me suis dit, on s’en balance… »
« Pourquoi une De Lorean ? Quitte à voyager dans le temps, autant le faire avec une voiture qui ait de la gueule ! »
« Tous des ratés les McFly…(…) Et bien, quelque chose me dit que l’histoire, elle va changer… »

Première vidéo sur le blog Rackham, pas étonnant que ce soit pour ce film culte !


lundi 12 décembre 2011

La Belle et le Pirate


Elle a atterri un jour sur mon ponton, telle une mouette aux ailes blanches glissant sur le plancher givré de nos conversations, brodant des accents de chatte miaulant sur un toit brûlant…Nos feux de croisements allumaient nos goûts en Cinéma et ce fut une ronde de pellicules défilant sur l’écran noir de nos vies ! La belle dégageait une belle assurance qui me plut, et mon tricorne avait du détourner son regard de son quotidien aux accents crépusculaires...

Nous prîmes l’habitude d’échanger nos mots et nos tourments, balançant sur un pont ensoleillé nos balles, comme dans une partie de squash interminable où personne ne désirait vraiment gagner la partie, préférant jouer encore et encore jusqu’à la fin des temps. Ses yeux en amande ébouriffèrent aussi mon sourire de pirate et voguant d’île en île, nous eûmes idée de prolonger le lien en jetant une ancre à nos rêves.

Tel un chapiteau de Cinéma, quelques pierres commencèrent la bâtisse que nous agrémentions à souhait de jour en jour. Histoires de quatre chemins et billets à quatre mains, pelletées de dessins et bulles en quatrain, conversations universelles et projets de demain, autant de pelletées de terre qui cimentent cette maison de nos projets et nos rêves... 

Parfois métamorphosés en personnages imaginaires, on partage quelques pâtes en frétillant les oreilles, engloutissant bout à bout un spaghetti géant jusqu’à ce que ce que se frôlent nos truffes en guise de pacte à nos aspirations !

Besos à la Belle qui lira ce billet…

Jack

samedi 14 mai 2011

Le Pape est mort


Quelquefois calé entre mes cordes et attendant de taper de nouvelles histoires, j’aime bien écouter la radio. Les hommes sont contents aussi car ils profitent de la musique et quelques tubes de Lady Gaga ont eu leur moment de gloire. Point de haut-parleurs, nous sommes dans un monde imaginaire et chacun entend ce qu’il veut sur la goélette de Jack le Pirate…

Les longues journées maritimes sont donc régies par quelques évènements radiophoniques et l’heure des infos est un moment sacré. Les résultats sportifs délivrent des cris de joies ou de déceptions, vite oubliées par la politique internationale ou le cours de la bourse. Les matelots sur les navires pirates sont plus érudits qu’on croit, et j’aime savoir que le destin de mon Poséidon est entre de bonnes mains. Même si elles manient mieux le cordage ou la croupe, que le tocsin ou le clavier.

J’ai remarqué pourtant des réactions diverses au cours des diffusions multiples de cette radio commune, pour des journées ou des évènements spéciaux. Quelques morceaux d’Elvis Presley à la queue-leu-leu leur mis la puce à l’oreille sur son état de santé et la nuit venant au rythme de Don’t be Cruel ou Jailhouse Rock, il fut canonisé avant même le résultat de son autopsie. Les grilles d’une radio sont établies de telles manières que tout changement indique en lui même une information capitale et l’arrêt des habitudes remplacées par un programme musical muet, parle de lui-même.

Ce jour-là, pour une raison inconnue, de la musique classique avec de grandes orgues pontifiantes et  des chants aux allures de psaumes, avaient rempli nos oreilles et questionné nos intellects. Musique sacrée, liturgique et chants grégoriens, tout y passa, y compris quelques negro spirituals qu’entonnèrent en cœur les matelots, jusqu’aux plus hauts cordages du bateau. Cela arriva jusqu’aux mouettes qui cessèrent même de voler un moment.

On ne pensa même pas qu’un des programmateurs avait simplement un goût pour la grande musique ou un différent de contrat avec un de ses chefs, mais Bosco, un gros mouchoir entre ses grosses pognes et l’œil vitreux des jours d’abstinence, lança avec évidence :

«  Le Pape est mort, je crois bien… »

Depuis ce jour-là, je suis aux aguets pour tout changement de programmes, ou dès qu’un chanteur a droit à plusieurs chansons d’affilée sur les ondes. Idem pour la télévision, les multidiffusions d’un auteur ou d’un acteur mettant une puce à mon oreille de pirate.

Ce qui fait dire parfois à Tim, toujours la plaisanterie à la boutonnière :
 « Et Michael, qu’est-ce qu’il devient ? On l’entend plus… » Avec un petit sourire entendu.

Alors moi je guette un « Thriller, un « Beat It » ou autre « Billie Jean », en tremblotant…
 

jeudi 17 février 2011

Baiser Volé

Sa langue avait bon goût et j’aimais les petits morceaux de galette Saint-Michel qui avait échappé à la déglutition, du moins la première fois. Ses lèvres douces me donnaient comme du baume du cœur, y revenant pour mieux repartir vers sa gorge chaude et humide de son désir.

Nos muscles se caressaient comme deux gants de Guignol et nos mains libres de mouvements, en profitaient pour se connaître mieux, se posant sur des galbes doux et des crevasses mystérieuses. Parfois en catimini, nous parcourions le cou de l’autre puis revenions partager nos gorges, nous enfonçant au plus loin comme pour se manger !

Nous osions à peine respirer tant le menu de l’autre nous plaisait et nos imaginations se libéraient du temps, oubliant où nous étions et nos vies respectives…

Une dernière fois, nos langues firent l’amour longuement puis nous nous reculâmes pour se regarder. 
Partageant un clin d’œil complice, je pris appui sur le lit mou, faisant valser quelques bibelots et livres, puis je plongeais dans le téléviseur pour rejoindre ma vie de pirate, ma goélette et mon hamac.

Un petit sourire se vit poindre au coin des lèvres de Josépha, puis elle éteignit la télévision…^^



Jack Rackham.

mardi 1 février 2011

L’Amant de Lady Ania

Je l’observe qui compte les caisses de rhum, en dodelinant imperceptiblement le menton, lui donnant une moue resplendissante au soleil couchant qui commence à recouvrir l’île du Crâne. Elle m’a aperçu et me salue discrètement puis reprend le comptage de la cargaison. Les mouettes rasantes sonnent le glas de la journée de travail, et je sens mon attachée de presse se décontracter par quelques regards vers le ponton qui attend le clic-clac de ses bottes pointues.

Je frotte ma barbe en la scrutant à nouveau et j’imagine une aventure dont elle serait l’héroïne, une grande avec un beau destin, une qui aurait de la gueule, une belle histoire avec un prince charmant…

Elle a mis un chapeau et accoudée à une rambarde, regarde l’horizon.  Saïgon pullule de monde à cette heure et elle attend un homme. Elle l’a rencontré dans les bureaux indochinois de la World Rackham‘s Company.
Son sourire était doux et sa proposition de prendre un thé en ville était gentille. Elle a dit oui naturellement sans y voir du mal ou quelconque allusion. Elle a d’ailleurs pris quelques notes dans son carnet secret, évoquant son charme et sa tenue.

Elle attend un homme depuis longtemps. Non pas que quelqu’un lui ait posé un lapin, mais c’est plutôt de l’homme de sa vie dont on parle. Celui qui l’accompagnerait dans sa vie, partagerait ses secrets, sur qui elle pourrait compter, celui qui la respecterait sans la craindre, l’aimerait sans la posséder ou la soumettre.

Elle a faillit se décourager quelques fois mais l’espoir est revenu. Ces quelques mois sur l’île du Crâne avec ce Capitaine l’ont fait reprendre force et courage. Elle voyage un peu partout dans le monde pour accompagner quelques cargaisons et faire la renommée de la Compagnie. Elle écrit de plus en plus d’ailleurs, fourmille d’idées et garde tout sous forme de notes et même de photographies.

L’homme s’approche d’elle et sa prestance rassurante la réconforte du vent qui lui donne froid. Il recouvre de sa veste ses épaules nues et ils font quelques pas vers la rue foisonnante où ils choisiront un salon de thé accueillant et tranquille…

Lady Ania revient sur le pont de la goélette, faisant une pause de mon aventure. Son sourire illumine son visage encadré de ses longs cheveux noirs et elle serre son carnet, ayant déjà en tête quelques chapitres de sa vie ou qui sait un projet secret. Elle aime écrire et j’imagine ce qu’il est.

Un livre où elle raconte la rencontre d’un homme qui va la combler, remplir sa vie et son cœur. Qui la fera voyager, aimera son corps et lui donnera le sien…Elle frémit d’avance de son destin puis repart dans ses rêves où je reprends ses aventures.

L’homme lui sert une tasse de thé, et leurs yeux échangent des paroles de paix…
Elle a le titre de son roman et sa pudeur imagine à peine des images d’amour et de frôlements sensuels.
 
« L’amant de Lady Ania. »

Peut-être qu’on en fera un film un jour.

Qui sait…


Jack Rackham.




Photos du Film de JJ Annaud, "L'Amant" ( 1992 ) d'après le livre de Marguerite Duras.
Dessins Sophie Griotto. 

samedi 4 décembre 2010

Signé… Jack le Renard !

La douceur des eaux calmes de l’île du Crâne n’empêche pas quelques querelles, à propos d’un colis avarié, d’une charrette mal garée ou d’une belle courtisée. L’humanité est ainsi faite qu’elle en manque parfois, ce qui finit immanquablement en bagarre ou devant un tribunal en bonne et due forme.

A cette époque là, j’aidais le bourgmestre à l’organisation du comptage des votes et des urnes pour les élections du canton.  Je retournais sur mon navire pour changer de chemise quand l’idée de se reposer quelques minutes me prit, et mon hamac m’accueillit avec une chaleur et un tangage qui me fit perdre le sens du temps.  J’étais projeté à mon corps défendant dans une époque imaginaire où une épée, un costume et un ignoble commandant m’attendaient…

Je me trouvais dans une hacienda tranquille et je vis arriver un brave homme au crâne dégarni qui s’approcha de moi et que je suivais machinalement. Quelques détours dans des passages cachés me firent réaliser où j’étais tombé…

Un cheval noir bondissant de me voir laissait balancer une traîne que j’attrapais au vol, et d’un bond je le montais à cru ! Galopant à travers quelques champs près de la grotte secrète, je revenais en sueur vers mon fidèle compagnon, me faisant un drôle de signe en zig-zag. J’avais déjà vu tout ça dans une émission télévisée au XXème siècle, racontant l’histoire d’un héros masqué qui sauvaient les faibles contre les méchants…

J’étais Zorro !

Je suivais mon compagnon sourd-muet et  revêtais un costume de soie sombre et l’attirail qui allait avec, épée, chapeau et fouet. Je me souvenais des circonstances des aventures de l’homme masqué, et je savais que le temps était compté car les malfaisants locaux n’avaient pas du arrêter  leurs méfaits, depuis le temps.

Je me surpris à comprendre aussi vite le langage des signes et mon ami m’expliqua  que les urnes de l’élection locale pour son gouverneur avaient été interverties, remplacées par celles donnant la victoire totale à un ami du Commandant, celui terrorisant la population depuis des années et la couvrant d’impôts indus, dont ils ne pouvaient s’acquitter !

Je savais que mon devoir allait m’emmener à combattre ces malfaisants et rendre justice à la place des élus, sensés protéger et gérer la tranquillité des gens, mais faisant tout le contraire…

Cavalcades, coups d’épées, et rendant  son élection à qui de droit, je me mettais dans la peau de cet homme noir, oubliant pour quelques instants Jack le Pirate, assez oisif et insouciant finalement.

Pourtant, de retour dans mon hamac inter-temporel, je me jurais de changer un peu mon attitude désinvolte habituelle et de devenir parfois, selon le besoin et l’injustice…

…Jack le Renard !


 Saludos amigos !
Jack.

Petit jeu : Suite à un commentaire, chez un ami bloggeur, j’y proposais de révéler sa vraie nature en choisissant un personnage des aventures de Zorro, qui montrerait en fait votre visage et vos aspirations profondes… Alors, qui êtes-vous donc ?

Don Diego/Zorro ? Le Sergent Garcia ?  Bernardo ? Le Caporal ? Don Alejandro de la Vega ? Un des fils de l’Aigle ? Le Père Felipe ? Anna Maria, la jolie Señorita ? Le Commandant Monastorio ? Un autre ? Bonne chance…

Le Zorro le plus célèbre est celui produit par Disney, de 1957 à 1961, interprété par Guy Williams au cours de 82 épisodes. Rediffusés encore et encore, avec toujours autant de succès les générations se suivant.

mardi 2 novembre 2010

Mary

Mon hamac balance d’un rythme régulier et coulant. Les bras derrière la tête, je souris dans ma barbe coiffée de frais qui me donne un air de jouvenceau. J’ai mis un habit neuf, une fleur à la boutonnière, et mon tricorne affiche l’aura de mes meilleurs années, celles de mes abordages sentimentaux qui ne finissaient qu’à l’aurore, gorge sèche et mouilles rabattues…

Depuis, retraité sur cette île du Crâne aux allures de purgatoire, il ne me reste que mon imagination pour voguer à la recherche de conquêtes émoustillantes, et je me complais à inventer telle courtisane ou telle puritaine de rencontre. Les yeux fermés, je compose ma greluche, et je me laisse aller à mon inspiration, tel un peintre qui jette des couleurs. Celle-ci, comment s’appelle-t-elle déjà ?

Mary…

Je sens sa peau de pêche aux premières évocations de son prénom et c’est comme si je la touchais déjà. Mary a de grands yeux qui aiment bien regarder, et je n’ai pas envie de la décevoir. Ses cheveux attachés en queue de cheval me font de l’effet que je lui rends bien. Sa bouche pulpeuse d’un pourpre foncé et brillant donne envie de la visiter. De mon hamac, j’imagine tout et telle une marionnette, je lui fais faire ce que je veux...

Son tour de cou et sa robe de velours noir sont reliés d’un filet qui donne encore plus envie de la caresser, de tout lui enlever…Me tournant le dos, elle me sourit en attendant que j’arrive, imaginant à son tour ce qu’elle a envie de moi. Mon hamac balance devant Mary, assise dans son fauteuil à bascule et qui balance aussi.

Jack…

Je regarde ce Capitaine pas très beau mais si sympathique. Il dégage une allure virile qui donne envie de jouer avec lui. Je regarde avec curiosité cette bosse qui dépasse de son pantalon comme s’il avait gardé sur lui les clefs de son bateau…L’homme est tentant et j’ai l’impression qu’il répondra à mes attentes. Il frétille déjà dans son filet, comme un poisson pris au piège et qui aime ça.

J’ai remarqué le petit sourire de Mary qui me regarde fixement. J’imagine encore quelques stratagèmes et vices que je rajoute à son profil, pendant que mon sabre prend du volume, comme voulant jouer avec mes clefs.

Le Capitaine est bien échauffé, mûr à point. Mais je sens que son esprit part vers d’autres îles, d’autres donzelles dont je devine qu’il imagine les formes et les jeux qu’il fera avec.

C’est qui cette Maia ?


Besos à Victoria, Ysa, Ava, Ania, Fairouz, Zahiya, Nanou, Tifenn, Virginie, Marie, Christine, Sco, Céphée, Paola, Karine (2), Noèse, Colombine, Bérénice, Leila et Josépha.

Jack Rackham.

mercredi 15 septembre 2010

Pulp and Fiction

Par la magie de mon hamac spatio-temporel, je me retrouvais une fois de plus projeté dans le XXème siècle où les seules mouettes que nous pouvions apercevoir, se trouvaient dans des endroits clos pleins de lumières blanches ou noires. Des musiques lancinantes empreignaient les indigènes locaux de sensations animales qu’ils extériorisaient en se trémoussant sur des scènes de spectacle. Tout le monde pouvait ainsi profiter de leurs déhanchements, et je ne m’en privais pas non plus…

J’avais rangé tricorne et bottes de pirate, pour laisser place à un habit plus moderne, sorte de complet noir en tissus synthétique avec  une petite cravate de cuir qui donnait à l’ensemble un chic fou.

Je n’avais pas remarqué la fille tout de suite mais sa coupe carrée noire m’avait plu au second abord. Elle avait franchement une bonne taille pour une fille, et ses hanches galbées par son futal en cuir tendu, lui donnait un air attirant, validé par mon sabre émoustillé que j’avais du mal à cacher sous ma veste.

Quelqu’un nous donna le signal de départ et nous nous jetâmes sur la piste comme des morts de faim. Elle bougeait son cul avec grâce et je lui rendais bien en me trémoussant du mieux que je pus pour lui donner des idées de mon swing à pistons. Fascinés l’un par l’autre, nous ne nous quittions pas des yeux, suivant l’air du morceau et se zyeutant de haut en bas comme pour regarder le menu de nos corps, que nous commencions à avoir envie de goûter.

Nos mains zébraient parfois nos visages, nos pointes de pieds rythmaient nos pas de chats, et nous nous frôlions pour mieux se reculer puis se rapprocher encore. Le jeu de cette danse nous plaisait et nous partagions des sourires comme des promesses de halètements et de coïts.

 Je ne pensais plus qu’à cette grande brune qui se démenait devant moi et j’aimais cet air arrogant qu’elle prenait en voltigeant, mimant l’absence d’effort et ignorant parfaitement le public béat  et excité. Le désir montait aussi en moi comme un serpent qui avait avalé un balai et je commençais à regarder son cou, ayant comme une envie terrible de toucher sa peau chaude et granulée.

Quelques pas de danse et nous pouvions nous observer à distance. Nous faisions un beau couple et j’imaginais notre accouplement dans la chaleur de la nuit, sa croupe dans mes deux mains et ses cheveux dans son dos, quelques cris de panthère pour donner le signal de départ, lui caressant la nuque et le visage pendant qu’elle essayait de manger mes doigts…

Je me collais à elle vers la fin de la danse, et on sentait bien nos affinités profondes grimper à travers nos pantalons, nos mains se palpant et nos joues se sniffant. On décidait alors d’aller au comptoir pour faire mieux connaissance et perchée sur un haut tabouret, elle commençait à siroter un coca.  Et en tirant sur une paille multicolore, de ses lèvres pulpeuses, elle croisait ses jambes avec application...

De mon côté, je prenais une coupe de glace pistache-melon-banane pour y fourrer une langue de pirate dont j’avais le secret. Elle me regardait, incrédule.

-          - Je dois rentrer, tu m’accompagnes. Me dit-elle, en écarquillant les yeux.
-          - Si tu veux, je comptais partir de toute façon. Répondis-je.

La nuit était tranquille et nous marchions bras-dessus bras dessous sur le bitume de l’avenue qui menait à son appart. Nous nous regardions dans les yeux de temps en temps pour tester notre envie qui augmentait de seconde en seconde. Les lampadaires nous éblouissaient sur notre passage et soudain…

Les yeux exorbités, je reconnus le « Croui croui » de mon hamac et compris que ce foutu espace-temps imaginaire venait de foirer.

La lune était haute et pleine au dessus du Poséïdon, et un « Putain ! » magistral se fit entendre au milieu de la majesté de la nuit…


Jack Rackham. Snirfl… :(

PS : Il devait être sur une autre planète depuis 16 ans celui qui ne connait « Pulp fiction », ce film de Quentin Tarantino, avec Bruce Willis, John Travolta, Samuel L. Jackson et Uma Thurman, sorti en 1994. Il fut même Palme d’Or au Festival de Cannes la même année. Non mais…

lundi 30 août 2010

I Scream

Je criais intérieurement à la vision de l’horreur que me reflétait ce miroir. Pourtant les bougies donnaient comme un air de fête à l’endroit et je mordis mes vieilles lèvres pour ne pas chantonner « Brasil » comme je le faisais souvent en cas de coup dur. J’enfonçais bien ma capuche sur ma tête, refermant ma tunique comme en hiver en m’agrippant à moi-même comme si mes bras en faisaient le tour, puis je sortais dans la rue tête baissée, ne pensant qu’à une seule chose : Rejoindre ma goélette et trouver un moyen de récupérer ma peau de pirate…

Je me cachais derrière un madrier moisi du ponton où je pouvais apercevoir ce qui se passait sur le pont du Poséidon. L’homme était là, grattant ma barbe, et contant fleurette à Tim qui semblait ne se rendre compte de rien. En un quart de tour, j’établissais visuellement un parcours pour récupérer mon portable entre les cordes.

Ce fut chose facile de me retrouver à tapoter sur mon clavier et je sautais allègrement sur le hamac spatio-temporel qui me sauverait momentanément de ma disgrâce et mon déshonneur. Je me retrouvais projeté illico au XXème siècle, en plein tournage d’une série d’horreur à succès…

«  Hey Skeet ! Déjà fini le maquillage ? C’est à toi…Scène 4, séquence 12. On t'attend sur le plateau… » 
Ca devait s’adresser à moi et je compris mon rôle en deux temps, trois mouvements : Courir avec un grand couteau vers des jeunes gens apeurés, en gardant ma soutane mais en me couvrant le visage d’un masque au faciès horrible, ce qui me permettait de garder mon incognito !

Je vis sur le dos d’une chaise, le nom d’une belle actrice dont je tombais tout de suite amoureux : Courteney. Son sourire suave me conquit tout de suite et ses yeux semblèrent décapsuler les miens comme du Coca-cola ! Je devais lui plaire aussi car elle s’approcha de moi et glissa sa main entre les pans de mon habit. Elle fit mine d’apprécier et je réagissais avec étonnement de ma vigueur ancestrale… « Rejoins-moi dans ma loge tout à l’heure, je m’occuperais de toi, grand fou ! »

Ce Skeet avait l’air d’avoir déjà fait tout le boulot d’approche et je comptais bien finir le travail. Je me souciais peu de mon corps décharné, j’avais l’impression d’avoir un canon entre les jambes et c’était bien le principal ! 

Je cherchais la loge de la demoiselle quand je me cognais à un homme sympathique et sans âge, bavard impénitent qui s’accrocha à moi comme une ancre à une île :

-         -  Je m’appelle Roberto et je vous trouve très sympathique, me dit-il.
-         - Moi de même, répondis-je surpris. Mon aspect sombre et mon visage horrible ne vous effrayent pas ? Vous êtes très flatteur vous savez…
-          - Pas du tout ! A vrai dire, j’ai une femme très jalouse et j’aurais besoin de mettre les voiles dans une autre vie. J’ai trouvé l’amour de ma vie et je dois filer illico…Je suis magicien vous savez et…

D’un tour de quelques doigts virevoltants, il me fixe et je me sens partir dans le néant. Tout disparait autour de moi. Je me dis que tout est un rêve et je me souviens de mon bateau et mes pirates, de Bosco, de Tim, de mes mouettes et mes moussaillonnes…

J’ouvre un œil et je crois être dans une prison. C’est peut-être du Cinéma, je vais me renseigner car je vois deux autres types, jouant aux cartes à côté. Je leur demande leurs noms :

-  Moi c’est Jack. Dit le premier.
- Et moi Zack…dit l’autre.

J’ai l’impression de devenir fou…Je connais bien un film de Jim Jarmusch qui s’appelle « Down by Law » et je suis perdu dedans ! Je m’appelle Jack Rackham…

…and i scream !

( A suivre )

Scream ou Frissons! au Québec est un film d'horreur réalisé par Wes Craven en 1996 sur un scénario de Kevin Williamson. Neve Campbell : Sidney, David Arquette : Dewey, Courteney Cox: Gale, Skeet Ulrich : Billy Loomis, Rose McGowan : Tatum, Matthew Lillard : Stuart,…et Drew Barrymore ! Après plusieurs meurtres horribles, un groupe de jeunes gens se réunit accompagné d'un policier et d'une journaliste de presse à scandale pour découvrir qui est à l'origine de tous ces meurtres.

Down by Law (Sous le Coup de la Loi) est un film américain en noir et blanc réalisé par Jim Jarmusch, sorti en 1986. Avec  John Lurie : Jack, Tom Waits : Zack, Roberto Benigni : Roberto, Nicoletta Braschi : Nicoletta. « Réunis dans une cellule de prison par « erreur », trois « innocents » se rencontrent sans avoir rien en commun. Ils se voient forcés de se supporter surtout quand vient la possibilité d'une évasion. Alors, des liens plus forts vont se souder. Mais la folie guette les évadés…» ( Wikipédia )

mardi 27 juillet 2010

Jojo des Caraïbes

Clochette et moi, nous avions pris demeure sur un gros rocher, perdu au milieu de la rivière et des crocodiles sauvages. Nous avions fait le plein  de tartines beurre-chocolat et de bandes dessinées, mais c’était surtout le plaisir de se retrouver ensemble qui importait…

-         Jack, arrête ! Me lança Clochette.
-         Quoi ? Répondis-je d’un sourire.
-          Arrête de regarder ma culotte. Tu exagères…
-          Je…Je peux pas m’en empêcher, c’est ta faute !
-         Ha ha !...Regarde plutôt ces BD, des aventures de Jojo ! Tu connais ?
-          Tu parles : « Le Temps des Copains », « La fugue de Jojo »…
-          « On opère Gros Louis » !
-          « Le mystère Violaine »…Y’en a plein, je les ai tous !
-          Moi j’ai pas le dernier…Bouhou…
-          «  Confisqué ! » ! Pleure pas Clochette, je te le prête…
-          Snifl…Merci Jack, t’es chou ! 
-          J’attends “ Jojo et le Pirate”, j’espère qu’il sortira un jour !
-         Pas sûr ! Il est arrivé quelque chose à son papa…
-         Il a glissé sur un caillou, à la rivière ?
-          C’est un peu ça… Attention, tu mets du beurre au chocolat sur la couverture !
-          Et Jojo, on le reverra ?
-          Bien sûr, un personnage de BD, ça ne meurt jamais…

Et Clochette fait un bisou sur le nez du petit Rackham pour le consoler…

*

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2010, le dessinateur  et scénariste André Geerts a glissé sur un caillou à la rivière, mais vous pourrez continuer de lire les aventures de Jojo, son personnage fétiche. Voici les titres de ses albums déjà parus aux  Editions Dupuis :

1             Le temps des copains     1987              2    La fugue de Jojo             1989     
3             On opère Gros-Louis     1990              4    Le mystère Violaine         1991     
5             Un été du tonnerre         1992               6    Le serment d'amitié         1994     
7             Mamy se défend            1995               8    Monsieur je-sais-tout      1998     
9             Le retour de papa           1999             10   La chance de Sébastien   2000    
11           Les choix de Charlotte    2001             12   Jojo au pensionnat           2002     
13           Une pagaille de dieu le père2003          14   La ballade des quatre saisons2004         
15           Une fiancée pour papa     2005            16   Jojo vétérinaire                2006     
17           Confisqué !                      2008            18  Mamy blues                     2010

Good bye amigo...!