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lundi 5 mars 2012

Une Femme à sa fenêtre


J’ouvre les persiennes qui donnent accès au balcon pour respirer un grand coup. J’aime cet air matinal qui me rappelle le Poseidon. Quelques souvenirs avec ce Capitaine au cœur tendre et au sabre qui sait s’y prendre.

Une bise tend ma nuisette et frôle mes épaules, et je pense aux visites saugrenues des pirates, tentant leur chance comme des collégiens et la leur donnant sous couvert du secret qui s’en ira valser au premier rhum ou première vantardise.

La chambre est silencieuse et je ferme les yeux inventant un nouvel amant. La rue est bien tranquille et je me penche encore. J’écarte un peu mes jambes et j’appuie mes épaules contre le balcon. 

Le désir est bien là qui balance encore. Je le sens qui s’avance et bat un peu mes cuisses. Des pas de félins m’annoncent du turbin. Je sens sa queue qui bat contre ma croupe et je tressaillis au frôlement de ses moustaches.

Je me retourne et caresse son poil doux, et me mets à genoux. 

Je glisse dans ma main quelques croquettes qu’il dévore à grands bruits.

Ce chat est un coquin…


A Aurélie ♥
 

mercredi 13 juillet 2011

Les Yeux du Chat

Sa langue remonte et redescend, et se régale des petites aspérités au goût de noisettes. Des envies de gland lui viennent à l’esprit comme un écureuil, et son duvet roux se dresse sur tout son corps à cette évocation.  Maia fait la gourmande et dodeline la tête en fermant les yeux, jouant à la minaude pour le plus grand plaisir de son Capitaine…

Le hamac les balance au milieu des cordages, les hommes lorgnant la petite rouquine qui dévore son goûter avec voracité. Jack la caresse pendant qu’elle recommence, sa faim est immense et  elle repique du nez, léchant et mordant, titillant et se frottant. Le cornet du pirate est un dessert de reine, et elle en profite goulûment, oubliant où elle est et se foutant des gens.

Les yeux du chat fixent les va-et-vient de la langue mutine qui de régale de tout. Elle enroule les raisins puis la bouche les gobent, malaxant le trésor avant de l’avaler. Elle croque encore l’affaire puis dévore le tout, mâchant bruyamment et éructant…

« Je mange ma glace comme je veux » hurle t-elle au vent, en souriant.

samedi 16 avril 2011

Le Retour d'Elvis

Deux ans déjà que j’arpentais les couloirs du temps et de l’amour, entre ces cordes chevillant mon inspiration et virevoltant de mes doigts sur le clavier de mon portable anachronique. Les délices d’une vision avaient entamé le fil de mes récits et les fesses de Katia se répercutaient dans mon esprit, même les paupières closes. Cela me rappelait mes étés de vendanges où fatigué le soir, je fermais les yeux sur des millions de grappes de raisins !

Katia, longtemps après, était revenue de cette île au Trésor de ma jeunesse, pour cette île du Crâne où ma goélette séchant sa cale l’avait attendu. Partageant sa vie entre la construction de son cabaret et nos rendez-vous secrets, elle avait pris compagnie d’un être velu et miaulant arpentant souvent  son entre-jambes et dodelinant une longue queue qu’elle aimait saisir au vol et caresser. J’essayais de ne pas montrer de jalousie car Katia détestait ça et elle aurait eu des vengeances terribles dont je n’osais imaginer la teneur, faisant rougir sans doute Patricia ou Madame Longburry.

L’animal, sans doute jaloux de quelque canari nymphomane ou doberman priapique avait pris des vacances et disparut de longues semaines. Ce qui me valut la visite impromptue et plus fréquente d’une Katia chagrinée et inconsolable. Je la réconfortais du mieux que je pus et récupérais sans le vouloir les incommensurables caresses dévolues à l’animal, au point qu’au bout de quelques jours, elle l’oublia après que j’appris à miauler et dodeliner comme lui.

Puis comme par miracle, le chat revint vers la crique des Deux-rochers, miaulant à qui voulait l’entendre. Le dénommé Elvis reprit le cours de sa queue entre les jambes de Katia et je vaquais à d’autres jeux de suricate qu’une moussaillonne nouvelle m’avait appris…

Elvis était néanmoins une chatte et la méprise d’un tâtonnement furtif avait trompé Katia. Elle avait gardé quand même le patronyme, voulant éviter allusion et humour sur sa personne. Le manque d’attribut de son chat faisait que je gardais ma prépondérance caudale, et pouvait m’occuper d’elle en évoquant explicitement mais en secret le trésor de mon amie.

J’aime caresser la chatte de Katia, se mettant sur le dos et s’offrant en écartant ses pattes. Le nez comme dans un panier de figues, je frotte ma moustache et ma barbe contre sa pulpe rosée d’où partent des embruns de coquillages que j’aime. Ma langue la taquine et s’enfouie dans les secrets de son âme auxquels j’aspire en fermant les yeux…

Jack Rackham