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vendredi 26 janvier 2024

Regain again


 Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps. Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à néant ce tavail de Titan.

Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang. Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…

« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression, ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux forgeron, une mamée veuve et un chasseur.

Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de ses cendres…

Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre, abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge, faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.

Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée, lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une protection divine.

Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "

 ♥

Jack Rackham.

*

Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le sujet.

Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.


Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.

samedi 20 janvier 2024

Le Sourire de Julia Simon

 


Perché tout en haut du grand mât de ma goélette, j’œillette de ma lorgnette au plus loin vers des monts enneigés où se pratiquent des sports inattendus, tels que le ski de fond ou le curling, voire même le lancer du camembert à la fourchette vers de grandes patinoires interminables. Il existe aussi d’autres sports tout aussi surprenants pratiqués par des champions ou des championnes, dont l’un est une spécialité olympique française : Le Biathlon.

Presque balayé de mon perchoir par un grand vent glacial, je réajustais mon tricorne et mon œilleton pour assister alors de visu à l’avènement d’une moussaillonne plantée sur skis et tirant sur cible faisant mouche, remportant le plus beau des trophées possibles pour les pratiquants des plaines et collines glacées, intitulé « gros Globe de Cristal du biathlon! ». Authentique !

La sacripande avait surfé toute l’année sportive avec sa carabine pour marquer le plus de points possibles pour emporter la mise et le titre, rejoignant au palmarès les plus grandes moussaillonnes de la spécialité.

Etant encore vivantes, les Magdalena Forsberg, Neuner, Mäkäräinen, Tora Berger, Dorothéa Wierer ou Marte Olsbu Roeiseland ne s’étaient pas retournées dans leurs tombes mais pas loin.

La petite Julia Simon, puisque c’est son nom, ouvrait grands ses yeux clairs ne les croyants même pas, mais le beau trophée était planté là devant elle, clignant aux crépitements des flashes des photographes. Sa peau avait l’air douce et son sourire suave, et sa voix chaleureuse donnait envie de l’inviter sur le pont du navire pour partager le verre de l’amitié.

« Et même plus ! » avait lancé Bosco sous le coup de l’émotion.

« Je parlais d’une partie de cartes, rajouta-t-il, ou d’une promenade sur le pont. Pas de partager une tarte aux fraises, sauf si bien sûr... »

Jack Rackham ^^

*



La française Julia Simon a été sacrée meilleure biathlète mondiale 2023, pour avoir remporté le gros Globe de Cristal de la discipline, remportant aussi les petits globes de la Poursuite et de la Mass-start. Née en 1996, sa progression est régulière et qui sait si elle ne va pas en engranger plein d’autres, bien entourée de ses copines Justine, Lou, Sophie, Gilonne et Jeanne…



samedi 16 mai 2020

Mademoiselle Boulangère


Le Ding-dong de la clochette du magasin annonçait à chaque fois la visite d’un nouveau client et malgré la fin du confinement obligatoire des dernières semaines, la clientèle respectait le périmètre de sécurité en attendant que le précédent visiteur soit sorti pour rentrer à son tour.

La boulangerie avait servi de point d’ancrage de la vie d’avant, comme le lien entre les voisins du quartier et même les « étrangers » venaient de loin, dans la mesure du kilomètre autorisé, qui avait pris de la longueur.  

Une belle femme brune derrière le comptoir servait avec un sourire qu’on devinait, les baguettes et les viennoiseries à longueur des heures d’ouvertures autorisées, arborant un masque qui ajoutait à son mystère et qui laissait tout deviner. La chaleur des fours dans la pièce d’à-côté la faisait transpirer et la robe décolletée sous la moiteur qu’elle portait, laissait voir quelque peau et commissures à la sensualité évidente.

Quelquefois, elle faisait glisser un moment sur son cou le bec blanc qui la défigurait et le temps d’un souffle pour elle et son visiteur, elle regardait le plafond d’un œil malicieux et la main sur la hanche, laissant voir à son interlocuteur les formes et les méandres de sa féminité.

« Je ne sais pas pourquoi il n’y a que des hommes qui viennent me voir. La recette de ma pâte à pain, peut-être. » Souriant en le disant, comme si elle connaissait le secret de son succès, accentuant alors son accent italien à qui elle prêtait sa séduction.

Elle se tournait alors, remettant son masque, vers les étagères et pliant une de ses jambes comme elle savait le faire, se laissait voir comme un magazine pour le plus grand plaisir de ses clients habituels…

Ding-Dong, Ding-Dong ♫♪♪


Ses mains étaient fines et blanches, avec de grands doigts élancés, saupoudrés de farine. Elle s’appelait Francine ou Blanche mais tout le monde l’appelait Mademoiselle Boulangère…


Jack Rackham

(Photo : Sophia Loren ♥)

vendredi 17 avril 2020

Sigourney, la 8ème Passagère


 Sa carrière au Cinéma a commencé comme une apparition, accompagnant Woody Allen dans son légendaire film Annie Hall, en 1977. L’essai suivant sera une consécration avec Le film qui bouleversa l’histoire de la SF : ALIEN (1979, R.Scott).


Et coïncidence, l’autre grand bouleversement de la Science-fiction au cinéma aura lieu 30 ans plus tard avec Avatar de James Cameron, utilisant de toutes nouvelles innovations technologiques et numériques pour ce grand film à succès. Sigourney Weaver y incarnant le Dr Grace Augustine, et bouclant la boucle d’Ellen Ripley, lieutenant du vaisseau Nostromo, combattant un passager étranger extraterrestre.

L’actrice tournera trois suites supplémentaires, dont celle de 1986 sous la houlette du même Cameron (Aliens le retour), qui lui vaudra sa première nomination à l’Oscar. En 2012 et 2017 sortiront deux  autres suites sans  l’actrice mais toujours bien présente par son évocation référentielle.

Le reste de la carrière de sigourney est faite néanmoins de beaux rôles, premiers ou seconds, tels :

L’œil du témoin (1981, P.Yates), L’Année de tous les dangers (1982, Weir), SOS Fantômes (1984, Reitman), Escort girl (1986, Swaim), Working Girl (1988, M.Nichols), Gorilles dans la brume (1988, Apted) -ces deux films lui valant deux autres nominations aux Oscars- et SOS Fantômes 2 (1989, Reitman) clôturant cette décennie.
Les suivantes ne manqueront pas de beaux fleurons, même si la saga Alien occultera toujours le reste :

1492 Christophe Colomb (1992, R.Scott), Président d’un Jour (1993, Reitman), La Jeune fille et la Mort (1994, Polanski), Copycat (1995, Amiel) –un des meilleurs standards sur les tueurs en série- Blanche-Neige (1997, Cohn), Galaxy Qvest (1999, Parisot), Le Village (2004, Shyamalan) La Fille du Parc (2007, D.Auburn)…

Et la SF sera toujours bien présente ces dernières années, avec des apparitions dans Paul (2011, Mottola), Exodus, Gods ans Kings (2014, R.Scott)), Chappie (2015, Blomkamp), les remakes SOS Fantômes (2016 et 2020), Quelques minutes après minuit (2016, Bayona), ou faisant la narratrice pour la série Dark Crystal, le Temps de la Résristance (TV 2019). En attendant la sortie d’Avatar 2, en 2021 !

Bref, une longue carrière de rôles d’héroïnes solides et déterminées, jouant rarement les midinettes, plutôt féminine sans être un canon de beauté, mais bien plantée sur son mètre 80, symbolisant la femme moderne et indépendante, parfois vulnérable mais prête à tous les combats…

Du moins pas le genre à céder devant un virus quel qu’il soit, enfilant volontiers la blouse du médecin ou de l’infirmière-soldat pour tenter de le combattre et de pouvoir sauver l’humanité entière !

Sacrée Sigourney

Jack Rackham

vendredi 13 mars 2020

L'Affaire du Coronavirus



Nous avions, avec Bosco et quelques hommes, décidé ce jour-là de faire un tour vers cette Île secrète aux allures de paradis, pour s’y dégourdir les jambes et le reste. Bien nous pris car bientôt le ciel allait s’obscurcir au dessus de nos tricornes et sans le savoir, nous allions devenir les sauveurs du monde…

Nous avions pris, comme de fraîche habitude, le chemin de traverse sous la montagne avant d’arriver vers le Poseidon pour partir en promenade. Un ciel noir d’Apocalypse nappait déjà l’horizon sans qu’on s’en soucie plus que ça car l’important était déjà entre nos paluches : Trois tonneaux de rhum remplis jusqu’à plus-soif pour honorer quelques soirées de parties de cartes « garnies », c'est-à-dire accompagnées de donzelles consentantes venues tout droit du village d’à-côté. Mandelieu-La Napoule, un joli nom prémonitoire de bien des spécialités de la Côte d’Azur.

Nous avions mis un certain temps à traverser ces traboules niçoises, en forme de passage secret rappelant celui d’un héros masqué dont j’avais oublié le nom. Quelques éclairs retentirent même, que nous attendîmes un moment avant de ressortir à l’air libre. Le ciel avait du évacuer par ses orages ses mauvaises pensées car le temps avait retrouvé son bleu ciel. Pourtant, devant le ponton de la goélette traînaient des hommes en souffrance, cherchant leur respiration et crachant du sang. Nous réalisâmes alors que le rhum, les cartes et les filles, ce serait pour une autre fois, en rebroussant chemin et trouvant un peu partout des hommes et femmes atteints par une drôle de maladie respiratoire…

Ne sachant que faire sur le moment, Mildred alla prévenir les demoiselles de La Napoule du changement d’endroit pour la soirée. Mais que ne fut pas notre déception quand on les vit arriver, crachotantes et haletantes, atteintes elles aussi de la terrible maladie. Quelques damoiseaux les accompagnaient aussi, ce qui fendit le cœur de Bosco, les attrapant dans ses gros bras et disant :

- Mais on va pas vous laisser tomber vous non plus, nous on est des vrais pirates : Tartes aux fraises pour tout le monde ! Brandissant le plus gringalet comme un étendard…

Ce fut une belle soirée de communion, d’amour et de rhum qui fit trembler les murs et il y eut des tartes aux fraises et d’autres spécialités pour tout le monde. Au petit matin, on eut l’impression que le mal avait disparu, gars et filles étaient pimpants comme à leur jour de naissance…

Le bruit couru vite sur cette guérison subite et on se passa le mot. Le mal avait envahi beaucoup de territoires de la région et contaminé beaucoup de personnes, surtout celles qui n’avaient pas été protégées de ces orages diurnes.

Bosco et les autres comprirent vite qu’ils pouvaient tirer avantage de ce pouvoir viril inattendu, même s’ils firent don  de litres de leur semence dont on pu faire un antidote. Et même, ils prirent à volonté la route d’autres contrées lointaines pour sauver nombre de personnes atteintes de ce mal presque incurable…

Même si le bougre recommandait toujours d’inoculer lui-même le « vaccin » :

«…Surtout devant le mari, c’est encore meilleur ! »

Sacré Bosco !

Jack le pirate

PS : De mon côté, je m’occupais de mes amies Maia et Orfénique mais ça c’est une autre histoire…^^


Photo du bas : Rocco Siffredi et Amira Casar ( Anatomie de l'enfer/ C. Breillat)

vendredi 14 février 2020

La Vie de Claire Bretécher (1940-2020)


Je ne sais si vous le savez mais Jack Rackham était un pirate qui voguait sur les mers assisté de deux femmes, des lieutenantes habillées en habits d’hommes pour éviter les envies et la médisance.

Pas étonnant qu’au-delà des mers, il ait toujours aimé toute sorte de moussaillonnes, artistes, écrivaines et dessinatrices…Claire Brétécher faisait partie de celles-là, pionnière des grandes bédéistes, à la plume personnelle et au ton incisif.

Première de promotion a avoir eu le Grand Prix d’Angoulême en 1982, elle est partie rejoindre les Choron, Goscinny, Reiser, Gotlib, et Cabu qui l’avaient précédé au royaume des impertinents talentueux.

Tu vas nous manquer, Claire…



*
Elle est l’auteure BD de :

Les Gnangnan, Les Naufragés (avec Cauvin), Baratine et Molgaga, Robin les Foies, Cellulite, Tulipe et Minibus (avec Hubuc), Salades de Saison, Fernand l’Orphelin (avec Delporte), les Amours écologiques du Bolot occidental, les Frustrés, Thérèse d’Avila, les Mères, le Destin de Monique, Dr Ventouse, Agrippine, Tourista…et autres récits, de 1967 à ce jour dans divers magazines et albums.

Sans compter les illustrations, le théâtre, la peinture et le dessin d’art !



mardi 19 novembre 2019

La Chatte voilée



Leïla marchait d’un pas décidé dans le désert, traînant derrière elle ce mari qui avait fait de sa vie un enfer. Elle se souvenait pourtant de leur première rencontre, un soir de printemps où il avait ébouriffé ses yeux comme un magicien et prise à de nombreuses reprises, entamant là un amour fou qu’elle pensait éternel.

Leurs galipettes étaient sans tabous, se livrant aux pratiques les plus interdites comme des écoliers découvrant toutes les jouissances possibles telle une succession de premières fois, à l’infini. Ils étaient tant épris l’un de l’autre qu’ils décidèrent de se marier. Pour la vie, ce n’était pas assez long pour eux mais ils verraient ça plus tard et Robert pris Leïla pour épouse, pour le meilleur et pour le pire.

Quelque chose changea alors, on ne sait pas pourquoi, mais Robert devint injuste, jaloux, casse-couilles, au point que Leïla ne l’aima plus. La religion avait-elle changé quelque chose pour son mari, elle qui ne croyait en rien sauf dans l’amour ?

Elle l’avait trainé alors au milieu du désert, avant qu’il ne pense à lui faire du mal et à ne plus lui faire du bien. Lui qui ne supportait plus qu’un autre la regarde, il allait voir combien elle était belle et désirable.

Entourée de nombreux hommes qu’elle avait rencontrés en chemin, elle ferma les yeux pour se livrer à eux et goûter à nouveau aux plaisirs qu’elle avait perdus. Sous l’œil de son mari…fou de rage !


Jack Rackham

- C’est bien vrai ça, Capitaine ? Ou c’est des conneries ?
- Tu sais Bosco, j’en connais quelques unes qu’il faudrait pas embêter longtemps…



mardi 29 octobre 2019

Les Dessous cachés de la Joconde


Les secrets de fabrication de histoire de l’Art foisonnent d’exemples similaires : la radiographie d’une toile célèbre révèle au grand jour les diverses étapes de sa réalisation, montrant par superposition les couches successives façonnées jusqu’à sa dernière figuration.

L’effet est souvent étonnant, les images successives aussi belles les unes que les autres, le plus souvent. Parfois, cela détonne un peu, violant plus l’intimité de la création que la bonifiant, surtout aux yeux des amateurs innocents et peu érudits, pas habitués à de tels outrages.

Ils préfèrent rester sur cette bonne impression initiale de leur ignorance, pensant après tout que le talent est rare, quelque chose d’unique auquel ils n’ont pas accès. Forcément.

« C’est un don ! ». Alors, comment regretter de ne pas avoir choisi la vocation artistique, picturale ou musicale, puisque seuls quelques élus étaient destinés à y prétendre ? Pas étonnant alors, d’avoir préféré la banque ou la maçonnerie, voire la fainéantise, car finalement beaucoup de choses demandent du talent…

La couture par exemple, et toutes sortes d’habiletés manuelles pour l’assemblage de tissus, donnant des vocations qualifiées de hautes, d’où ces grandes maisons de création aux noms célèbres et connues de par le monde.

Il y a aussi ce talent pas si universel, donnant accès aux choses de l’amour, alliant les capacités manuelles aux  manipulations mentales, regroupant en un les plus belles qualités humaines afin d’atteindre le sommet d’une chose souvent inaccessible : le bonheur.

Parait-il que le modèle initial qui servit à Léonard de Vinci pour son tableau La Joconde, était une sacrée friponne éveillée au libertinage, malgré un physique un peu ingrat et un léger strabisme.

« Mais elle avait un don ! » Dit-on.

Ah ?

Jack Rackham

mercredi 25 septembre 2019

Comme Daredevil



Les apparences sont parfois trompeuses, même quand on revêt son habit du dimanche de Capitaine. Celui d’un pirate de pacotille nommé Rackham Le Rouge…Calé entre les cordes et le bastingage, je raconte mes aventures imaginaires, perdues entre mes amours et les films de Cinéma qui m’ont fait rêver. Et aujourd’hui, j’ai envie de raconter ce héros pourpre aux petites cornes de diablotin, se balançant d’un  immeuble à l’autre avec sa canne amovible d’aveugle, écoutant les appels de la ville hurlante pour sauver les femmes, les orphelines et les veuves livrées aux malfaisants : Daredevil !

J’avais découvert ce casse-cou dans Strange, magazine français BD des éditions Marvel au milieu des années 70, époque où on pensait que le racisme, la misogynie, la pauvreté, les violences physiques ou morales seraient éradiquées un jour. Près de 50 ans après, j’ai l’impression que tout ça a à peine changé et que seules les sciences via la micro-informatique ont fait avancer le monde. Depuis, les abonnements à des chaines numériques ont juste concurrencé fortement le cinéma dans les salles, amenant pourtant via Netflix la version de Daredevil en série à épisodes. 39 épisodes diffusés de 2015 à 2018, d’une grande qualité graphique et scénaristique, Charlie Cox prenant les traits de Matt Murdock alias Daredevil. Deborah Ann Voll y incarne Karen Page la secrétaire-juriste et Elden Henson, « Foggy » le fidèle ami et associé. Le méchant est interprété par l’inoubliable et sanguinaire Vincent d’Onofrio, la ravissante chirurgienne qui panse les plaies du héros masqué est Rosario Dawson, et son mentor de jeunesse des arts martiaux joué par Scott Glenn…

Non, le monde n’a pas changé. Certains hommes continuent leurs harcèlements, allant très loin pour attraper leur proie, jusque dans les milieux du Cinéma.. Sans compter ce nouveau mot, pour compter un nombre de mortes, victimes de ces jaloux, impuissants, narcissiques et tueurs : « Féminicides ».

Mais qui sait, tapi sur un toit ou dans une ruelle sombre, écoutant les voix et son cœur, il est là qui est prêt à bondir et mettre une raclée à ces couilles molles qui terrorisent leur femme et leurs enfants.

Daredevil est là…


Jack Rackham



vendredi 26 juillet 2019

Les Jardins secrets de Nina Bouraoui















Ma vie de pirate est aventureuse, surtout quand je tape sur mon portable au gré des mots dans la cartouche de recherche GooGle. C’est bon de découvrir l’inconnu via les réseaux sociaux, surtout quand il s’agit d’UNE inconnue…Là, j’avais suivi une émission de télé, un talk-show bien connu avec des invités, des artistes ou des politiques. Pouf, le coup de bol, je sens que la rencontre va être belle ; je m’accoude à mon comptoir personnel (mon genou droit), je monte le son et même les mouettes se tiennent coites ; ambiance…

La voix est suave, légèrement aigüe, l’œil ponctue les silences et les phrases. Je sens que mon adhésion sera entière, que la sympathie est déjà réelle. Wikipédia fait le reste du travail pour moi : elle est née le 31 juillet 1967 à Rennes et s’appelle Nina Bouraoui.

Les  rencontres littéraires ou artistiques sont souvent comme ça sur ma goélette, démarrant en virtuel mais n’aboutissant à rien d’autre que la connaissance théorique de la personne ;  tout est sublimé par mon imagination de pirate, le feeling que je crois avoir et le désir d’agrandir une sorte de famille imaginaire. La vraie, en fait.

De père algérien et de mère bretonne, elle grandit à Alger durant les 14 premières année de sa vie, puis ses parents décident de ne plus revenir en Algérie. Double culture et double déchirement, elle va se construire dans ces dualités, développant en parallèle ses goûts pour le dessin et l’écriture, ainsi que sa nature homosexuelle. Le tout l’amènera jusqu’à son premier roman, « La Voyeuse Interdite » envoyé par la poste tout naturellement et sans recommandation, qui sera publié en 1991 avec succès, par les éditions Gallimard. 15 autres romans s’ensuivront dont le dernier, chez Jean-Claude-Lattès en 2018 : « Tous les Hommes désirent naturellement Savoir ».

Je vous invite à tout découvrir comme je l’ai fait sur Nina, y compris toutes ces interviews et documents, qui donnent envie d’en savoir plus sur elle, comme :

Elle est réservée, sauvage, sportive. Elle écrit avec son corps. Sa sensualité n’est pas séparée de son esprit. Elle est homosexuelle mais pas un porte-drapeau ou pour le mariage gay. Son intimité est dévoilée uniquement par le prisme déformant de l’écriture. Elle a alimenté elle-même son propre rejet due à son homosexualité… Et elle a eu le Prix Renaudot en 2005 pour son roman « Mes Mauvaises Pensées » chez Stock.

Je vous laisse avec Nina Bouraoui, pour apprécier son écriture, lire ses chroniques, écouter ses interviews...
Bon surf !

Jack Rackham




PS : Ah oui : Elle a écrit des chansons, entre autres, pour Céline Dion, Garou, Chimène Badi, et Sheila. ^^



vendredi 7 juin 2019

Écrivaing


Depuis quelques temps, le vent m’amène d’étranges nouvelles bien ou mal intentionnées. Telle cette histoire d’écriture inclusive qui divise alors l’humanité dans ses confins les plus profonds, bouleversant les plus belles amitiés comme les plus grands amours…

J’ai donc remis du bois dans le feu, défait mon ouvrage, fait table rase de mes préjugés pour réfléchir à ce nouveau langage. Et la requête m’a paru légitime, révélant là quelques sentiments ancestraux de frustration et d’inégalité. Mon tricorne avait tranché vite en faveur des féministes, voyant bien    que :

- Oui, chaque métier pouvait comporter son pendant féminin sans que le masculin regroupe toutes les personnes.

- Oui, on pourrait dire « Humanité » au lieu du récapitulatif utilisé « Homme » englobant habituellement la Femme, avec perte et fracas. Fini le H majuscule !

- Oui, le pluriel des mots ne ferait plus l’emporter le masculin sur le féminin mais tout serait spécifié précisément, même par des raccourcis compréhensibles tels Cavalier-lières.

Bien sûr, il faudrait affiner et voir ce que cela donne sur une œuvre majeure déjà écrite et publiée, telle Les Misérables de Victor Hugo. Chiche ?

Ou alors éviter les féminisations impropres ou pas jolies telle : « Auteure » au lieu d’ « Autrice » (Beurk).

Ce langage inclusif/épicène, neutre et non sexiste a bien du charme et rend à la femme son importance irremplaçable, au côté de son alter-ego masculin. Il restera aussi d’autres domaines où ce n’est pas encore gagné comme l’égalité des salaires ou le partage des tâches ménagères, mais là ce sont encore d’autres histoires…

Ah oui, il peut aussi y avoir d’autres différences liées aux accents, question de goût ou d’imagination.

La jeune femme brune vient de finir son roman, ses intentions sont magnifiques, sa motivation inaltérable et ses buts sans concession. Mais son accent du midi va lui jouer un tour :

- Je serais écrivaing.

- Non : Ecrivaingue !

- Voilà...

Jack Le Pirate ♥

Photo : Géraldine Nakache.

vendredi 26 avril 2019

Le Rendez-vous d'Uranus


Uranus est la 7ème planète du système solaire, située à près de 3 milliards de kms du soleil. C’est une planète géante et gazeuse, d’un diamètre de 51 000 kms, et dont la révolution autour de la Terre dure 84 ans. En astrologie, elle symbolise la modernité et l’imprévu, étant un des deux maîtres du Verseau (avec Saturne).

Ainsi donc, elle change de signe du zodiaque tous les 7 ans environ et fut découverte par un astronome anglais en 1781. Sans doute annonciateur de notre révolution à venir, en 1789…

Depuis l’an passé en 2018, Uranus est entré dans le signe du Taureau, entamant une étape de nouveaux changements collectifs dans le monde, mais effectuant un effet rétroactif habituel dans sa trajectoire jusqu’à cette période. Ce fut seulement début mars 2019 que fut définitive son entrée en Taureau. Signe qui représente la terre, la stabilité, les traditions, la famille,  l’argent et aussi l’épanouissement par les arts et la création.

Uranus symbolise en astrologie l’imprévisible, les impulsions, les forces créatrices, et va définir chez l’individu son originalité, son indépendance d’esprit, inventivité, anti conformisme,   désir de liberté…avec en contrepartie, la tension nerveuse et la brutalité. Il est visionnaire, savant et aime le modernisme et les hautes technologies. En transit, Uranus déclenche les évènements soudains qui vont changer la donne, invitant à changer de voie…

En positif ou négatif, son passage sera mémorable.  A vous de cerner le domaine où vous allez évoluer, professionnellement ou amoureusement, mentalement ou physiquement^^

Qui sait si durant cette période de 7 ans, selon les influences d’Uranus, votre vie va changer, vous allez rencontrer votre âme sœur ou alors devenir un accro aux applis en tous genres ?


Là, Per et Jacobé ont eu le coup de foudre l’un pour l’autre et rien ne pourra y faire jusqu’à la destruction totale de leur amour. « Un Homme Chanceux », c’est l’histoire d’un beau film avec un homme qui a le don de l’invention, rencontrant une femme riche qui lui ouvrira son cœur et les portes de ses relations familiales…Billie August a sorti ce film en 2019 sur Netflix, une belle œuvre uranienne, aux imprévus multiples mais avec une ambiance et une lenteur qui rappelle les univers de Jane Austen.


Car je ne vous l’ai pas dit. Uranus, c’est aussi la planète du…Cinéma !


Jack Rackham

Photo du bas : Esben Smed et Katrine Greis-Rosenthal dans "Un Homme chanceux".

mardi 11 avril 2017

EcriRatures

Ca fait longtemps que je ne suis pas venu par ici, quelques mois tout au plus mais l’impression d’une éternité. Les mots ne m’ont pas manqué, car j’écris ailleurs sous d’autres cieux d’autres histoires, ne passant par là que pour saluer mes mouettes et moussaillonnes, celles dont j’étais épris car il est grand le cœur d’un capitaine. Comme un grand artichaut parfois.

Le souffle est là, le tricorne est embusqué, prenant le vent de face et je laisse couler les mots aiguisés par d’autres aventures. D’autres univers passionnants.

Je barre et je rature, je n’ai plus l’habitude de ce pont  glissant au bois de savonnette. Je lève le nez en l’air pour donner corps aux sourires et aux âmes. Quelques coups de rames m’ont fait trembler les doigts mais je réajuste mon fauteuil géo-variable, je tiens le bon bout de mon inspiration.

Je mets aussi quelques javanaises pour le plaisir, d’autres vents que j’ai eu de vous.

Je rature encore, c’étaient juste quelques mots pour dire bonjour…


Besos ♥


Jack le pirate

Oui, c'était le jour anniversaire du blog...

mercredi 8 juin 2016

Le Journal intime de Catherine



Ce furent des retrouvailles en forme de feu d’artifice. Les deux amis n’auraient pas osé imaginer une telle rencontre. Si naturelle et spontanée, comme une bénédiction divine suite à une abstinence d’une quarantaine d’année. Qu’ils n’auraient pas pu connaître aux Beaux-arts évidemment, la jeunesse, l’époque, tout étant si différent…

Catherine s’étirait de son long ayant repassé une nuisette pudique. Fallait pas que le Capitaine se croit privilégié pour reluquer encore, après la messe, la femelle assouvie même si la tentation de le séduire encore lui venait. Elle l’avait rassasié de son corps et le sien l’avait tout autant comblée. Pleine de souvenirs de sa présence, qu’elle se remémorait avec délice. Chaque moment si particulier qu’elle aurait pu le dessiner, avec force détails des enchevêtrements et emboitements. Ils avaient maintes fois risqué la foulure ou l’accident mais la chance des débutants, de la première fois entre eux, tout avait l’air écrit comme au cinéma, avec les cascades et tout. 

Elle aurait le temps de raconter tout ça à son journal, les détails ne manquaient pas même les plus osés et croustillants, tout ça restant secret évidemment. Sa longue vie de femme mariée l’avait quand même comblée d’expérience et de savoir-faire même si se mesurer avec un bretteur des sept mers l’avait rassurée sur sa belle nature et son sens du vice. Elle savait jouer avec son corps et le visuel qu’elle en donnait. La discrétion féminine avait su éliminer de sa mémoire les aventures ponctuelles tout en y engrangeant quelques détails pratiques pour son expérience.

Jack avait du faire de même de son côté car elle n’avait eu onc’ reproche à lui faire sur ses capacités de gentilhomme accompli jusqu’au bout de la nuit. Elle avait su récompenser ses qualités d’amant émérite et il avait de même honoré ô combien sa féminité. 

Prenant une collation bien méritée, ils croquaient chacun à pleine dents dans ces retrouvailles, n’ayant rien à commenter car tout semblait avoir été dit. Entre deux bouchées, ils s’embrassaient comme pour se manger car même leurs baisers leur donnaient plus encore d’appétit.

Ils se dirent au-revoir mais sans le penser. Elle le regarda partir de la fenêtre et se pencha goulûment.

- Au  fait, il manque une attachée de presse sur le Poséidon. Si ça te dit…

Elle n’ouvrit pas la bouche mais jusqu’à Trinidad, on put entendre :

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ♥



 Jack Rackham


Photo du haut et du bas : Julia Ormond.