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lundi 8 décembre 2025

Aller chercher le Pain

 


Il y a des photos comme ça qui vous rappellent des souvenirs. Un premier rendez-vous, des vacances à la mer, un repas de famille, une grand-mère disparue, une voiture qu’on aimait, un moment unique ou non de sa vie quotidienne qui témoigne du temps qui a passé…

Les vieux Capitaines ont les mêmes passe-temps. Ils ont bourlingué dans les mêmes lieux, peut-être n’ont-ils pas eu le même comportement que vous, l’esprit s’échauffe plus vite quand on a un sabre bien aiguisé, mais les souvenirs sont bien là, communs et immuables.

Pour une visite chez un commerçant, c’est pareil. On a refait le trajet plusieurs fois, on a le temps de se répéter ce qu’on veut et on imagine secrètement une aventure peu ordinaire et inattendue. La boulangerie est le principal lieu de débauche, tant illustré par un film de Pagnol aux accents moralisateurs. Comme si l’endroit se prêtait particulièrement à l’adultère ou aux galipettes sauvages. Mais non…

La pharmacie allait bien tout autant aux polissonneries de passage, voire même aux rendez-vous répétés. Comme des running-gags étalés sur les prescriptions médicales mensuelles ou trimestrielles. Des regards enfouis par des corsages énigmatiques ou des frôlements ambigus d’encouragements.



Il y avait aussi les joies de l’éducation Nationale et ses représentants, ces conseils de parents d’élève s’éternisant par des conseils hautement privés, les épiceries de village et leur rideau de fer tardif, jetant un voile de discrétion pudique aux échanges alimentaires, et les réunions de Mairie aux apéritifs festifs et chaleureux…

Souvenirs de ces mutines donnant un peu de bonheur aux âmes errantes un soir d’été ou un jour de promenade, pour une baguette, une aspirine, une question qui taraude ou une libido qui chatouille…

Besos

"Tu vas où, Jack ?

Je vais chercher le pain..."





Photos : Marie-Hélène Breillat/ Anna Galiéna/ Christina Hendrickx.

lundi 16 juin 2025

Les Passages Sucrés

 


La Belle a l’air endormie, malgré ses yeux grand’ ouverts, un livre plaqué sur sa poitrine et retourné à l’envers, face contre les pages lues.

Le titre n’est pas si important même si il doit ressembler à quelque chose comme « La Putain du Rio Grande » ou alors « Gang Bang à Hill Valley ». Le temps s’est arrêté soudain, le souffle coupé par tant d’émotions, les sens malmenés tels des feuilles de palmiers secouées dans tous les sens, si on ose dire.

Elle a joui plusieurs fois, le souffle coupé et le corps tétanisé. La pensée du monde réel est devenue obsolète et l’appétit de nourriture n’est plus qu’un vieux souvenir. La sexualité a remplacé tout le reste…

Elle a profité de chaque seconde, s’appliquant à bien lire chaque passage, chaque mot, transposant dans sa tête les sensations décrites. La lecture est devenue une passion obsessionnelle qui provoque tant de plaisirs chez elle qu’elle ne planifie rien d’autre dans ses journées. Sauf aller chez le libraire du coin, et échanger avec lui sur quelques titres dont il connait bien le contenu. Son petit rire en coin semble à chaque fois comme lui témoigner de sacrés encouragements ou alors il va à la pêche sans savoir. Tant pis…

Elle est déjà prête à replonger dans la tourmente des plaisirs, retenant le signal du départ pour mieux profiter du moment. Ces moments qui vont s’enchaîner, ces passages de lectures suggérant ces belles images pieuses qui égrènent des secondes de secousses orgasmiques. Dans sa tête, elle mime des sexes et des langues, des poils et des  peaux, des respirations haletantes et des transpirations aux odeurs suaves. Les pénétrations succèdent aux léchages, les palpations aux frôlements, on a vite envie de passer d’une séquence à l’autre et on tient le livre entre deux doigts, l’œil esquissant une lecture en diagonale où tout est compris d’instinct.

La fille a presque fini son livre, du moins les derniers passages coquins. Elle aurait envie d’autre chose que ces passages sucrés.

Plutôt de partager des passages secrets avec un beau héros masqué à l’allure virile qui surprendrait vos envies et votre désir, et qui sans vous demander la permission,  traverserait tous vos buissons ardents…

Jack Rackham


Images : Emma Stone (haut) et Guy Williams (bas).

dimanche 24 mars 2024

Un Colosse qui rôde

 


Allongée dans un grand lit de draps mauves surplombé de baldaquins éparpillés aux motifs identiques néanmoins,  je me prélassais les yeux fermés bercée encore des belles histoires d’hommes et de Dieux racontées par mon bel ami pirate, le sieur Jack Rackham. Le sacripant avait éveillé en moi des désirs inconnus, voire inassouvis, provoquant des tremblements et des gestes compulsifs dans tout mon corps.

Je fermais plus fort les yeux encore pour ressusciter en moi cette histoire de géant extraordinaire, m’imaginant en sa présence et m’autorisant les choses les plus folles…

Cette statue avait été érigée en hommage à Hélios, Dieu du Soleil, suite à un siège de Rhodes par  les légions de Démétrius 1er, vers 305 avant JC. Plantée devant la ville d’une hauteur de plus de 30 mètres, elle symbolisait la résistance des Rhodiens incitant tout envahisseur à ne pas recommencer. Le bronze avait été coulé vers 292 avant JC, initié par Charles de Lindos, ingénieur bâtisseur.


Emoustillée par ce colosse impressionnant, il me prit l’envie de lancer un sortilège pour agrémenter un peu la soirée de ma condition de sorcière et femme mature célibataire.

J’avais la peau encore douce, les seins bien galbés et tout ce qu’il fallait pour séduire un grand bellâtre planté là depuis longtemps et désirant de la compagnie. Mes doigts glissèrent alors de mes pâtes d’oie pleines de charme aux feuilles magiques de mon grimoire. Un grand éclair blanc zébra le ciel puis le sol sembla vibrer, comme animé d’un nouvel arrivant de plusieurs tonnes…

Je sortis me rendre compte par moi-même du maléfice accompli puis je vis la statue géante plantée au dessus de moi, dont le pagne ne recouvrait pas vraiment les attributs.

Je dus lui faire de l’effet, car il me rappela soudain un vieil ami pompier doté d’une belle lance à incendie. Ni une, ni deux, d’un claquement de doigts je modifiais le sortilège pour rendre le loustic à mes humaines proportions puis je me lançais à l’assaut de la sixième merveille du monde, prêt à combler toute l’étendue et la profondeur de ma féminité…


Pour Jack Rackham, Claudia l’ensorceleuse ♥

Ci-joint, affiche du film de Sergio Léone (1961) Le Colosse de Rhodes.



lundi 27 novembre 2023

Conversation au Parc

 



- Ah, vous voilà ! Je ne vous attendais plus…

- Ca, je m’y attendais. J’ai quelques obligations par delà le monde, une goélette, un équipage, quelques mouettes à nourrir. (Il lui sourit)

- Vous vous moquez de moi ; je me suis échappée exprès pour vous- une chance que ce parc avoisine ma demeure- J’ai du raconter mille prétextes et mensonges pour être là. Et vous, vous…(Elle se recroqueville en tournant la tête)

- Allons, je suis venu rien que pour vous, bravant les flots et les vents, le temps et les fuseaux horaires. J’ai mis aussi ma plus belle tenue de gentilhomme, et mon plus beau tricorne, celui du dimanche. (Il se rapproche)

- Vous sentez bon…Il y a un dimanche dans votre monde ? (Ses yeux papillonnent)

- Que voulez-vous dire ? (Interloqué)

- Ce monde d’une autre époque où le rhum coule à flot, où les mœurs sont plus légères, où l’on voyage avec des balançoires « spatio-temporelles » (quel joli mot) de temps en temps pour séduire les plus jolies femmes, hi hi ! C’est bien ce que vous m’avez raconté, mon Capitaine ?

- J’ai de l’imagination et de l’aplomb, et ma ferveur ne sert que mes sentiments, ma belle dame. (regard doux, il s’approche au plus près)

- J’ai pensé à vous l’autre jour, et même les précédents, j’ai aimé vos manières et vos baisers…(elle le frôle)

- C’est bon de vous revoir, vos façons me conviennent et votre monde n’est pas si dépourvu d’intérêt et de plaisirs. Moi aussi, je suis loin d’avoir fait le tour de vos atours, je suis à vous…

Ils s’enlacent et se caressent, s’embrassent et s’embrasent, tout s’évanouit autour d’eux, égrainant les vêtements l’un de l’autre pour des gourmandises plus charnelles, parsemées de grains de beauté, de duvets et de poils, de plis et de jointures, arrachant leurs derniers tabous pour se goûter si profondément qu’ils oublient alors le temps où ils sont. La nuit est tombée, emportant leurs dernières forces, ils sont essoufflés et rassasiés, les yeux et la peau pleins de souvenirs, jusqu’à la prochaine fois…

- C’est bon de discuter avec vous, Capitaine. J’aime bien la tournure de vos phrases, vos analogies et votre sens de l’ellipse. Nous parlons le même langage en quelque sorte.

"Elizabeth ? "(au loin)

- Ah, je crois que John m’appelle. C’est un brave homme, il vient d’installer dans le jardin une balançoire…mais on ne peut pas tout avoir. Bonne nuit Jack, repassez par ici, j’aime parler avec vous…


Moi aussi !

Jack Rackham

 

samedi 16 mai 2020

Mademoiselle Boulangère


Le Ding-dong de la clochette du magasin annonçait à chaque fois la visite d’un nouveau client et malgré la fin du confinement obligatoire des dernières semaines, la clientèle respectait le périmètre de sécurité en attendant que le précédent visiteur soit sorti pour rentrer à son tour.

La boulangerie avait servi de point d’ancrage de la vie d’avant, comme le lien entre les voisins du quartier et même les « étrangers » venaient de loin, dans la mesure du kilomètre autorisé, qui avait pris de la longueur.  

Une belle femme brune derrière le comptoir servait avec un sourire qu’on devinait, les baguettes et les viennoiseries à longueur des heures d’ouvertures autorisées, arborant un masque qui ajoutait à son mystère et qui laissait tout deviner. La chaleur des fours dans la pièce d’à-côté la faisait transpirer et la robe décolletée sous la moiteur qu’elle portait, laissait voir quelque peau et commissures à la sensualité évidente.

Quelquefois, elle faisait glisser un moment sur son cou le bec blanc qui la défigurait et le temps d’un souffle pour elle et son visiteur, elle regardait le plafond d’un œil malicieux et la main sur la hanche, laissant voir à son interlocuteur les formes et les méandres de sa féminité.

« Je ne sais pas pourquoi il n’y a que des hommes qui viennent me voir. La recette de ma pâte à pain, peut-être. » Souriant en le disant, comme si elle connaissait le secret de son succès, accentuant alors son accent italien à qui elle prêtait sa séduction.

Elle se tournait alors, remettant son masque, vers les étagères et pliant une de ses jambes comme elle savait le faire, se laissait voir comme un magazine pour le plus grand plaisir de ses clients habituels…

Ding-Dong, Ding-Dong ♫♪♪


Ses mains étaient fines et blanches, avec de grands doigts élancés, saupoudrés de farine. Elle s’appelait Francine ou Blanche mais tout le monde l’appelait Mademoiselle Boulangère…


Jack Rackham

(Photo : Sophia Loren ♥)

samedi 11 avril 2020

Les Jours et les Nuits avec Rita


Le confinement doit monter à la tête, surtout sur les bateaux privés de mer et d’aventures depuis longtemps. On se met alors à ressasser les souvenirs où le tricorne et le panache ne faisait qu’un, ceux des promesses éternelles ou des amours sans lendemain.

Sans réfléchir plus longtemps, les doigts virevoltant sur le clavier avaient choisi la bien-aimée : Rita, à la peau douce, courtisane à la croupe jolie et la langue déliée sachant parler à toutes les âmes. Je pianotais en un sourire ces anecdotes, et devant mes yeux revenaient déjà toutes ces histoires…

Ces massages par une nuit noire jusqu’au bout de nos envies retenues, tendant l’arc de mes jeunes années et pointant là nos futurs rendez-vous ; souvenirs de longs baisers après un soir de rhum, roulant comme deux tonneaux pour des jeux de langues à l’infini, faisant le tour des lieux de nos dentitions ; puis ce premier grand soir de mémoire, osant tout par désespoir sous nos peignoirs, me tournant vers ce gosier assoiffé de gloire ; enfin l’amour sans les mains mais avec plein de doigts, prenant le temps de se goûter enfin et se rassasiant l’un de l’autre…pour la première fois.

Les yeux pleins de ces beaux souvenirs réveillaient ma torpeur de ce confinement obligé, clignant de cette croupe faussement rebelle émerveillant mon entendement, deux belles mappemondes sous mon nez qui me refaisaient la cerise et le monde…Et une taille de guêpe posée dessus qui me donnait l’impression d’avoir de grandes mains.

Ses cheveux longs et noirs donnaient aussi de la majesté à cet ensemble gracieux pendant qu’elle se penchait au dessus de moi pour me donner l’absolution et le sentiment que j’étais un dieu vivant, méritant le meilleur d’elle-même^^

Je relevais le nez de mon clavier, éberlué encore de ces images sorties de l’ombre, et me grattant le tricorne fortement, je réfléchissais à une manière courtoise de relancer nos relations : un petit mot peut-être, une invit’ sur Facebook…

Ou une mouette de paix, alors ?

Je vais y réfléchir...


Ritaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 


Jack Rackham


PS: Aujourd'hui 11 avril, ce sont les 11 ans de ce blog, il fallait que le texte de ce jour soit digne de cet anniversaire.^^



Photos : Monica Bellucci.

vendredi 29 novembre 2019

La nouvelle Pharmacienne




Mattéo avait oublié depuis longtemps l’aventure avec Virginie, cette belle pharmacienne qui avait rempli sa vie de nombreux mois, vivant ensemble une belle passion qui avait fini par s’arrêter brusquement. Non pas que le feu qui brûlait entre eux se soit éteint mais un beau jour, un grand camion de déménagement emporta tout très loin sans autre explication. Virginie avait vendu ses parts dans la pharmacie et pris la fuite, comme si cet amour l’avait effrayé. Mattéo en fut navré et ne put que constater le vide ainsi laissé.

Bien plus tard, car il continua à venir se servir dans cette pharmacie de son quartier, une autre pharmacienne arriva pour la remplacer telle Mary Poppins avec son parapluie volant, comme si la nature avait horreur du vide et des amours perdus.

Elle ne ressemblait pas du tout à la précédente et c’était même son contraire. Blonde avec des yeux clairs et une froideur certaine, signe de ces personnes qu’on appelle communément : maîtresses-femmes. Mattéo ne fut d’ailleurs pas conquis d’emblée par cette Irina plutôt réservée, même si son expérience précédente avait laissé comme une porte entr’ouverte de la pharmacie…

Il revint un peu plus souvent qu’il n’avait besoin pour faire mieux connaissance de la fille, comme si un nouveau mystère s’offrait à lui, telle une providence renouvelée. A nouveau il fut titillé d’une curiosité évidente et comme la magie de Noël revenant à la même date, son cœur fut de nouveau capturé.

Sans qu’il s’y attende un jour, elle afficha un sourire à tomber, puis  reprit son masque habituel. Un petit jeu qui éveilla la libido endormie de Mattéo, qui commença à être plus attentif à cette nouvelle pharmacienne. La fois suivante, il scruta alors le regard d’Irina, plongeant dans ses pensées secrètes et fut envoûte par sa voix mécanique aux accents slaves. Il fut plus attentif à ses formes et fut presque excité à sa bouche bien dessinée et ses membres bien plantés qu’il devinait sous sa blouse.

Comme reprenant le cours de cet amour perdu, avec les sourires, les cafés et les frôlements, il attaqua directement par un baiser qu’elle ne repoussa pas, lui rendant même une langue inquisitrice et une main pleine de poigne.

Comme ils avaient fait ainsi connaissance, vint le temps des étreintes pleines de fougue. Il sentait qu’Irina était une femme forte, demandant de la virilité et du sang froid. Il devinait bien sa sensualité sous la glace apparente et cela l’excitait même. Sa beauté lui parut de plus en plus évidente, et il aima goûter sa féminité comme un jardin de gourmandise, aux herbes de son pays.

Retournant ce nouvel amour, il dévora le festin de sa croupe et autres gourmandises aux alentours. De son côté, elle tâtait le terrain pour mieux faire connaissance et remplit avec ferveur ses gorges de plaisir. Droit dans les yeux, derrière son comptoir, elle le voyait plus tard pour une ordonnance ou de l’aspirine.

Collés l’un contre l’autre, elle lui glissait à l’oreille :

« Je vous serre quelque chose ? »


Une femme à poigne, cette pharmacienne…
(A suivre)

Jack Rackham

Photos : Robin Wright dans House of Cards.


mardi 19 novembre 2019

La Chatte voilée



Leïla marchait d’un pas décidé dans le désert, traînant derrière elle ce mari qui avait fait de sa vie un enfer. Elle se souvenait pourtant de leur première rencontre, un soir de printemps où il avait ébouriffé ses yeux comme un magicien et prise à de nombreuses reprises, entamant là un amour fou qu’elle pensait éternel.

Leurs galipettes étaient sans tabous, se livrant aux pratiques les plus interdites comme des écoliers découvrant toutes les jouissances possibles telle une succession de premières fois, à l’infini. Ils étaient tant épris l’un de l’autre qu’ils décidèrent de se marier. Pour la vie, ce n’était pas assez long pour eux mais ils verraient ça plus tard et Robert pris Leïla pour épouse, pour le meilleur et pour le pire.

Quelque chose changea alors, on ne sait pas pourquoi, mais Robert devint injuste, jaloux, casse-couilles, au point que Leïla ne l’aima plus. La religion avait-elle changé quelque chose pour son mari, elle qui ne croyait en rien sauf dans l’amour ?

Elle l’avait trainé alors au milieu du désert, avant qu’il ne pense à lui faire du mal et à ne plus lui faire du bien. Lui qui ne supportait plus qu’un autre la regarde, il allait voir combien elle était belle et désirable.

Entourée de nombreux hommes qu’elle avait rencontrés en chemin, elle ferma les yeux pour se livrer à eux et goûter à nouveau aux plaisirs qu’elle avait perdus. Sous l’œil de son mari…fou de rage !


Jack Rackham

- C’est bien vrai ça, Capitaine ? Ou c’est des conneries ?
- Tu sais Bosco, j’en connais quelques unes qu’il faudrait pas embêter longtemps…



mardi 29 octobre 2019

Les Dessous cachés de la Joconde


Les secrets de fabrication de histoire de l’Art foisonnent d’exemples similaires : la radiographie d’une toile célèbre révèle au grand jour les diverses étapes de sa réalisation, montrant par superposition les couches successives façonnées jusqu’à sa dernière figuration.

L’effet est souvent étonnant, les images successives aussi belles les unes que les autres, le plus souvent. Parfois, cela détonne un peu, violant plus l’intimité de la création que la bonifiant, surtout aux yeux des amateurs innocents et peu érudits, pas habitués à de tels outrages.

Ils préfèrent rester sur cette bonne impression initiale de leur ignorance, pensant après tout que le talent est rare, quelque chose d’unique auquel ils n’ont pas accès. Forcément.

« C’est un don ! ». Alors, comment regretter de ne pas avoir choisi la vocation artistique, picturale ou musicale, puisque seuls quelques élus étaient destinés à y prétendre ? Pas étonnant alors, d’avoir préféré la banque ou la maçonnerie, voire la fainéantise, car finalement beaucoup de choses demandent du talent…

La couture par exemple, et toutes sortes d’habiletés manuelles pour l’assemblage de tissus, donnant des vocations qualifiées de hautes, d’où ces grandes maisons de création aux noms célèbres et connues de par le monde.

Il y a aussi ce talent pas si universel, donnant accès aux choses de l’amour, alliant les capacités manuelles aux  manipulations mentales, regroupant en un les plus belles qualités humaines afin d’atteindre le sommet d’une chose souvent inaccessible : le bonheur.

Parait-il que le modèle initial qui servit à Léonard de Vinci pour son tableau La Joconde, était une sacrée friponne éveillée au libertinage, malgré un physique un peu ingrat et un léger strabisme.

« Mais elle avait un don ! » Dit-on.

Ah ?

Jack Rackham

mardi 16 juillet 2019

Miroir, dis-moi qui est la plus Belle ?



La fille se tournait et se retournait, cherchant un angle dans le miroir où elle pourrait se trouver belle…Elle manquait de tomber du lit par instant, mais empoignant plus ferment le dessus de lit, elle réhabilitait d’un coup son équilibre. Son œil détaillait avidement les plis et les poils de sa féminité, affichant une curiosité inattendue. Daniela semblait si perdue au milieu du grand lit, une souplesse féline s’insinuant entre innocence et crudité et dévoilant une ultime intimité…

Un éclair blanc zébra le plafond du salon puis quelque chose sembla différent, au point que la tapisserie esquissa un sourire, pourtant bienveillant.

L’homme se tourne encore et encore, n’en croyant pas ses yeux puis veut vérifier par lui-même la réalité de l’artifice ou du sortilège. Glissant deux doigts entre ses jambes, il sent l’attache du porte-jarretelles frôler le dos de sa main puis la fente gainée de sa toison mouillant comme au jeté de la plus belle ancre…Satanée Maia, qui a ensorcelé Jack Rackham, comme une fille de Circée et Polyphème réunis, initiant là le pirate aux joies de la féminité qu’il avait toujours placée bien haut au firmament du monde. Le moment de surprise passé, l’instant semble goûteux, le point de vue intéressant et les sensations pétillantes et magnifiques.

Miroir, Ô mon beau 
miroir...

vendredi 15 février 2019

Ménage à trois



Monique regardait de l’autre côté des caméras, derrière d’épais rideaux rouges qui cachaient le plateau aux visiteurs indésirables. De temps en temps, elle se tenait sur la pointe des pieds pour mieux voir, même si elle était gênée par tout ça.

Elle tapotait de temps en temps le bas de ses fins cheveux courts, essayant d’écouter un dialogue, une scène dont elle aurait pu parler autour d’elle, ses copines, sa belle-sœur, sa voisine…Son mari, non. Il aurait pu mal le prendre. C’est ça les jaloux, ils ne peuvent entendre que des choses auxquelles ils ont assisté eux-mêmes. Et là, euh…

Elle se hissa une fois encore sur la pointe des pieds, ça semblait prendre tournure. Quitte à attendre jusqu’à l’heure, elle pouvait bien profiter du coup d’œil. Son métier lui donnait parfois l’occasion de s’instruire, c’était une véritable aubaine et cela la faisait rêver, même. Il lui arrivait de s’imaginer des choses, comme dans les films, ou les contes de fées…

Là, elle imaginait bien la scène. Un producteur irrité, une séquence a finir à la fin de la journée, on doit vite trouver une remplaçante au pied levé :

- Janine a la crève, cinq jours de congé de maladie, et on doit finir ce soir…Tiens, elle a l’air bien roulée la petite qui regarde là-bas, hormis la robe à fleurs elle est pas mal ! Approchez vous là, oui la petite blonde aux cheveux courts, ça vous dirait de gagner un peu d’argent en faisant du cinéma ?

Sa main tremble, elle s’appuie sur son balai pour ne pas tomber ou renverser le seau. Elle s’approche, un rictus coincé entre les lèvres. C’est son jour, celui qu’elle attendait depuis toujours…

- Enfin, du Cinéma…Façon de parler. Mais le porno, c’est de l’art quand même ! Et les audiences en streaming, pfiouuu, Citizen Kane à côté c’est de la gnognote. Le sourire est carnassier, le cigare pue, le cerveau carbure, son film sera sauvé. Monique ?  Monica c’est plus commercial, non ?

Deux chevelus la pelotent depuis une heure, ils sentent bons au moins, c’est important la propreté. Robert serait furax s’il la voyait. Elle aime bien sucer finalement, et tout le reste, tant que ça fait pas mal… Deux mains sur ses épaules, le premier s’en donne à cœur joie à se balancer, elle a l’impression d’être coupée en deux, et c’est bon…Devant elle, l’autre la pénètre en lui caressant la tête, longuement…Faudrait qu’elle recommence avec Robert, mais avec diplomatie, c’est susceptible les hommes, enfin…^^

Son mobile a sonné. Le rêve s’est évanoui. C’est son balai qu’elle tient…

Elle regarde l’heure. La production devait libérer les lieux à 18 heures tapantes, c’est dans le contrat d’entretien.

Et puis, faut du temps pour faire le boulot. Ça y est, ils s’en vont. Pile à l’l’heure.


Un, deux, tr…










Photos : Miou-miou dans Josépha et
dans les Valseuses ( avec Dewaere et
Depardieu)



samedi 4 juin 2016

Chatte sur Canapé




Catherine était allongée là, regardant le plafond comme si c’était une des sept merveilles du monde. Même pas une frise en relief barricadant le haut de la tapisserie. Elle pensait juste à ses retrouvailles, ce vieil ami de jeunesse sur lequel elle était tombée par hasard, au cours de ce voyage d’affaires sur l’île du Crâne… 

Les années avaient passé et elle se remémorait leur jeunesse commune aux Beaux-arts, et cette fameuse journée où elle avait mis les cartes en main à ce John, que tout le monde appelait Jack à présent, curiosité des us des diminutifs qui ne sont pas plus courts. Le revoir l’autre fois l’avait troublée et même plus que ça. Il n’avait saisi la perche tendue la première fois mais elle aurait bien goûté à ce pirate qui malgré sa prime jeunesse avait un je-ne-sais-quoi de différent. La seconde fois, elle était restée sur ses positions, son mari, ses trois enfants, sa situation. Pfff !,  

Les années passant à nouveau, la chance lui était donnée de le revoir. Basse-terre dans les Caraïbes et cette Île du Trésor, c’était là qu’il était et justement elle devait s’approvisionner en Ti-punch local, une aubaine. Car sa vision de la vie avait évolué, elle avait envie enfin de vivre pour elle et profiter un peu des dernières bonnes années qui lui restaient. Où elle était encore potable pour séduire un homme et partager ensemble un de ces moments de passion qui seuls valent la peine de vivre. Daniel ne la regardait plus depuis longtemps, de toutes façons…

Elle respira fort en repensant à tout ça et se félicitait d’avoir osé écrire à Jack, qui devait arriver d’un instant à l’autre. L’excitation de l’attente, de l’adultère consentie, du péché originel telle une nouvelle Eve, elle était électrique comme jamais.

Elle était nue sur le canapé, attendant son amant, et ses poils se hérissaient du moment à venir. 

Elle se caressait le pubis quand on frappa à la porte. Ses cuisses musclées et son cou se raidirent, ses seins furent en alerte, puis gardant son calme, elle alla ouvrir.


Jack Rackham ♥

(J'aurais pu écrire A SUIVRE mais chuuut !)

Tableau du haut  Suzanne Valadon (reproduction ?). Photo du bas : Inconnu.




vendredi 26 février 2016

La Main Occulte



Sophie aimait Stanley et Stanley aimait Sophie.
Ils avaient fait connaissance dans des circonstances « rocambolesques » et ne s’étaient plus quittés depuis.  Il était tombé amoureux d’elle depuis cette affaire d’escroquerie au sujet de son talent de medium mais la culpabilité d’Howard, son ex-plus vieil ami, avait enrubanné en paquet cadeau leur bonheur.

Il lui avait trouvé un air « magique au clair de lune » et la badait depuis. Elle, était aussi tombée amoureuse de son intelligence et de son charme, mais le premier surtout, ce grand illusionniste élucidant avec brio le mystère de sa médiumnité simulée. Sa clairvoyance pour débusquer la supercherie l’avait vraiment épatée, mais plusieurs années s’étaient écoulées depuis ce prodige intellectuel, digne des plus grands policiers, et elle aurait aimé à présent plus de passion, plus d’animalité, plus de sexe, rêvant de relations plus viriles que poétiques. Qui sait pour imager, on aurait pu dire : plus pour son côté « chien » que policier ? 

Toujours est-il que Stanley n’avait pas saisi le tournant de cette mutation sentimentale et au cours de leurs nombreux voyages, Sophie avait commencé à regarder d’autres hommes, l’air de rien mais pensant à tout. Ce n’est pas tromper, pensait-elle, c’est juste pour prolonger encore cette « magie au clair de lune » qu’il avait tant aimé... 

Elle lui avait donc suggéré de faire une dernière tournée de spiritisme et table tournante, comme des adieux à la scène, mais voyant-là surtout des opportunités de faire des rencontres amicales, juste pour assouvir ses pulsions primales et sans remettre en question son amour pour Stanley à qui elle réservait la primeur de ses sentiments. 

Comme à chaque séance, elle était là au centre des attentions, tenant la main de deux de ses plus proches voisins qu’elle avait choisi au préalable, jetant un œil et un sourire de temps à autre à son « magicien » de mari, puis évoquant l’esprit d’un mort lié à quelqu’un de l’assistance.  La pièce était sombre, ambiance tamisée, et une odeur de vieilles tentures parcourait les narines des participants, endormant sans doute la vigilance de Stanley, assis au premier rang et toujours béat de sa bien-aimée comme au premier jour. 

Immuablement, Sophie  levait le nez au plafond en se cambrant comme une femme en transe, tapant du poing sur la table, pour les esprits sourds, et envoyant un signe à un voisin de table en lui pressant la paume, sentant déjà tout son émoi. Ouvrant alors ses jambes sous la table discrète, elle se laissait peloter dans la pénombre, magie d’une main caressante entre ses cuisses et qui se prolongerait jusqu’à un plaisir de palpation de ses fesses, consentantes. Elle se régalait de tels attouchements à deux chaises de son amour derrière elle, mais qui somnolait, le pauvre. Ces moments là resteraient enfouis pour toujours dans son jardin secret, pas de souci !

 Soudain, elle se ressaisit et pense à tous ces moments perdus où son amour dort à côté d’elle, et qu’elle ne peut pas assouvir avec lui, ces instincts bien naturels chez une femme.

Faudra qu’elle y pense.

Ce n’est pas tromper, après tout.

 Son air magique au clair de lune... ♥

Jack Rackham
 

PS : Sophie et Stanley sont les deux principaux personnages du film de Woody Allen « Magic in the Moonlight » sorti en 2014. Interprétés par Emma Watson et Colin Firth.
Photo du haut.