samedi 25 avril 2026

La Dernière Folie de Jack Nicholson

 


Au naturel, l’Acteur est séduisant. Son œil clair enjôle son interlocuteur éventuel mais le regard est franc, direct.  Un de ceux qui ne tourne pas autour du pot. L’homme a joué dans 60 films, des premiers et des seconds rôles, mais jamais en y étant insignifiant. On ne le trouve pourtant pas beau d’emblée comme un Alain Delon dont il est une anamorphose plus virile.

Jack Nicholson a grandi pourtant dans une ambiance familiale incertaine quand il croyait encore que sa mère était sa sœur…Elevé donc par ses grands-parents, il file tout seul en voiture à 18 ans jusqu’à Hollywood où il devient garçon de course pour la Metro-Goldwyn-Mayer, une entreprise bien connue de Cinéma et Télévision. S’enchainent alors des petits boulots, comme second rôle, scénariste, producteur et aussi sa rencontre avec Roger Corman, qui débouchera sur « La Petite Boutique des Horreurs » en 1960.

Il lui faudra attendre néanmoins jusqu’à la fin des années 60 pour y trouver le film qui va le lancer : Ce sera Easy Rider, en 1969, de Dennis Hopper et avec Peter Fonda. C’est aussi sa première nomination aux Oscars (Second rôle). Vont s’ensuivre, principalement :

1970 Cinq Pièces faciles (Bob Rafelson) 1ère nomination aux Oscars (meilleur acteur) 1972 The King of Marvin Gardens (Rafelson)  1973 La Dernière Corvée (Hal Ashby) 1974 Chinatown (Roman Polanski) avec Faye Dunaway 1975 Profession : Reporter (Antonioni).


Première consécration en 1975 avec Vol au-dessus d’un Nid de Coucou (Milos Forman) Il remporte l’Oscar et c’est un succès mondial, produit par le jeune Michaël Douglas. Avec Louise Fletcher, Danny De Vito, Christopher Lloyd, Brad Dourif…

S’ensuivront : 1976 Missouri Breaks (Arthur Penn) avec Marlon Brando 1976 Le Dernier Nabab (Elia Kazan) avec Robert de Niro. Autre apogée Cinéma : 1980 Shining (Stanley Kubrick) d’après un livre de Stephen King et avec Shelley Duvall. Son meilleur rôle en fait mais si emblématique qu’il n’est même pas nommé aux Oscars, l’effet anti-Kubrick sans doute. Puis ce seront :

Le mythique « Facteur sonne toujours Deux fois » en 1981 (Rafelson) avec Jessica Lange. Célèbre scène de tournage enfarinée sur la table de la cuisine où les deux acteurs oublièrent qu’ils tournaient !

1981 Reds (Warren Beatty) avec Diane Keaton et Warren Beatty. Il joue en second rôle l’écrivain Eugène O’Neill. 1983 Tendres Passions (JL Brooks) Avec Robert Duvall. Oscar du Second rôle 1985 L’Honneur des Prizzi (John Huston) Avec Angelica Huston, l’amour de sa vie…

1987 Les Sorcières d’Eastwick (George Miller, celui de Mad Max) avec Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer. Un rôle de fou diabolique comme il les adore 1987 Ironweed (Babenco) un clochard, avec Meryl Streep 1989 Batman (Tim Burton) Il incarne pour la première fois le « Joker », ce qui donnera des idées à Joachim Phoenix 1990 The Two Jakes (Nicholson) la suite du personnage de détective de Chinatown, qu’il réalise lui-même.


Puis en vrac et entre autres : 1992 Des Hommes d’honneur (Reiner) 1994 Wolf (Mike Nichols) avec Michelle Pfeiffer 1995 Crossing Guard (Sean Penn) avec Angelica Huston (toujours) 1996 Mars Attacks (Burton) il joue le président des USA ! Et enfin, 1997 Pour le Pire et pour le Meilleur (James L. Brooks) son  2ème Oscar du meilleur Acteur/ avec Helen Hunt et Greg Kinnear.

Là, il fait une pause de plusieurs années pour revenir en 2001 avec The Pledge (Sean Penn). Une sorte de tour d’honneur avec en 2003 Monsieur Schmidt (Payne) dernière nomination à l’Oscar 2003 Tout peut arriver (Nancy Meyers) avec Diane Keaton, autre grand amour 2006 Les Infiltrés (Scorcese) un de ces rôles décalés qu’on adore !

Dernier tour de piste en 2010 avec « Tout peut arriver », et la nouvelle génération : Reese Witherspoon, Paul Ruud, Owen Wilson…On ne revit plus Jack Nicholson sur un plateau de Cinéma. La rumeur dit qu’il a été aperçu à la sortie d’un matche de base ball avec son fils mais aussi qu’il était atteint de démence sénile…Sa dernière folie, en quelque sorte

Jack Rackham

J’ai toujours adoré Jack Nicholson, même dans Tommy ou Reds. Il avait l’air de monsieur tout le monde, avec beaucoup de gentillesse mélangée à un grain de folie…



vendredi 3 avril 2026

L'Expérience de Milgram

 


En observant le monde par ma lorgnette, j’y ai découvert parfois de drôles de choses. Par exemple un monsieur en blouse blanche faisant des expériences sur d’autres êtres humains. Pour étudier leur comportement, leurs réactions, voire leurs pensées profondes…

Un monsieur Milgram, psychologue social reconnu, a inventé en 1963 un système d’étude du comportement humain, via des tests de réaction à une situation. Il s’agissait d’étudier sur un nombre de spécimens, de personnes en fait, leur choix d’obéissance à un ordre donné.

Voilà comment s’établissait le lien :

Recrutés par petites annonces au prétexte d’une expérience scientifique sur l’apprentissage, et moyennant un petit défraiement bien sûr, les participants sont issus de tous âges et tous milieux, et conviés dans un lieu officiel, une université.

Cela nécessite une mise en scène présentée ainsi : Un élève, un professeur et un expérimentateur doivent se retrouver dans une pièce pour jouer un jeu de questions sur des mots qu’ils doivent mémoriser. Le professeur pose des questions à l’élève qui est derrière une vitre, assis sur une chaise reliée à des fils électriques. Ce qui suscite l’imagination…En cas de mauvaise réponse de l’élève, une punition lui est donnée. Sous forme de décharge électrique. Qui sera augmentée en cas de cumul des mauvaises réponses. Le tout sur la supervision de l’expérimentateur, seul détenteur de l’autorité.

Bien sûr, l’élève et l’expérimentateur sont des comédiens et seul le professeur est le vrai sujet de l’expérience. Un tirage au sort (faussé) avait été fait antérieurement pour faire croire au hasard des rôles et d’ailleurs une petite décharge de 45 volts lui avait été faite au début, pour prouver la véracité des décharges.

Au fur et à mesure du jeu, les décharges électriques vont augmenter(forcément) et le professeur sera soumis à des dilemmes successifs :

Suis-je obligé d’obéir ?

Est-ce ma responsabilité ?

Quand puis-je arrêter ?

Le comédien jouant l’élève simule bien sûr les décharges progressives jusqu’à ne plus bouger…et le professeur se sent lui persuadé d’une mission éducative qu’il doit mener à bien. C’est-à-dire, faire mémoriser tous ces mots à l’élève !

 Un film, « I comme Icare », a mimé cette expérience et cela vaut bien des analyses et discours.

Sachant que la décharge maximale possible était de 450 volts, le record détenu par un des « professeurs » fut de 405 volts, sinon 150-250 volts furent les moyennes atteintes par leur majorité.

Si la soumission à l’autorité est la principale cause de ces obéissances, on peut noter surtout cette notion de désengagement quand l’expérimentateur a assèné :

« J’en prends toute la responsabilité ! »

Alors, là… 

Prochainement, je vous parlerais du Syndrome de Stockholm ou d’ autres villes de ce beau monde où nous habitons ^^

Jack Rackham ♥

Photo : Film "Docteur Jerry and Mister Love" (Jerry Lewis/Stella Stevens)

Ah oui, vous pouvez donner votre avis !

jeudi 26 mars 2026

Comme Toi

 


On se connait depuis longtemps.

Ta chevelure fournie sentait bon, flottant au vent et entourant mon cou comme une écharpe, volant au gré de ma mobylette qui fonçait vers notre amour. Nous nous étions rencontrés dans une cour de récréation, un seul regard avait jeté à bas nos timidités. J’avais le soleil dans les yeux, j’ai cru que c’était toi alors je t’ai longtemps appelée « ma Lumière » !

Tu avais l’air d’un chat inquiet qui a l’habitude de voler dans la gamelle du voisin mais ta bouille joufflue m’a conquise et convaincue de ta bonne foi naturelle.

Tu m’observais souvent bizarrement, comme si tu regardais à travers moi. On se tenait tout le temps la main, la peur de se perdre en chemin. Les temps qui courent sont parsemés d’embûches, de pièges ou de malfaisants qui font du mal. La fois où je t’ai fait du bouche à bouche, tu avais oublié de respirer comme si on t’avait brisé le cœur. Mais ce n’était pas moi !

J’aime quand tu dessines, quand j’ai l’impression d’être importante à tes yeux, d’être la seule à exister pour toi. Je surveille la porte et je prépare la soupe. On est heureux.

Le temps a l’air de passer au ralenti quand tu n’es pas là, quand tu vas faire les courses ou chez le dentiste. Puis un million d’années après, à ton retour, la maison reprend vie avec ton pas qui résonne à l’entrée, le temps redémarre, j’entends la liste des courses que tu as faite et les gens que tu as rencontrés. Ce soir, on va manger des crevettes. La maison embaume d’un de ces airs marins inimitables, mes yeux brillent de notre amour…

Comme toi.

On se ressemble de plus en plus. Ce n’est pas le temps qui passe mais le temps qui reste. La radio résonne de nos airs préférés, nous rappelant des souvenirs innombrables. On ne s’est jamais disputés sinon pour des choses sans importance…

Comme toi, j’aime le Cinéma quand je me fais des films ou que je m’endors devant la télé. Tu dis alors que c’est la télé qui me regarde… Surtout le Cinéma d’horreur. Alors là, je me réveille et ça me fout la trouille !

On fait alors une pause, je vais chercher du chocolat et on fait des grimaces. On se colle nos visages l’un contre l’autre puis on se tourne de l’autre côté sans se détacher, comme font les singes des montagnes. Gnngnn !

Comme toi...

Pour toi, j’arrête le temps, pour ne pas être en retard quand on procrastine. C’est bien notre seul défaut ^^

J’aime quand tu me regardes, on se ressemble de plus en plus. D’ailleurs, je commence à dire de plus en plus souvent : Comme toi !

Comme toi.

Comme toi.

Comme toi…

 

Jack Rackham




Photos : Patti Smith/Robert Mapplethorpe - 3 photos I miss Sonia Henie (CM 71)

 



mardi 30 décembre 2025

Wonder

 


L’Art du Cinéma se compose d’un éventail de films qui rentrent dans certaines catégories : Les grands films à succès, les films de genre, les comédies populaires, les films d’art et d’essai, les documentaires…Glissés au milieu des précédents, il y a ces petits films qui rappellent quelque chose de notre vie, comme une réminiscence de ce qui nous a construit et touche à nos complexes fondamentaux.  « Wonder » fait partie de ceux-là, pour moi ou d’autres pirates. On a sa sensibilité, quoi…

Il était une fois un petit garçon qui s’appelait August (mais que tout le monde l’appelle Auggie). Il avait eu une malformation du visage congénitale qu’on appelle Syndrome de Treacher Collins. 27 opérations avaient été nécessaires pour essayer de lui redonner un visage, ce qui avait empêché sa scolarité ! Sa maman avait pallié le manque en lui faisant cours elle-même, à la maison…

La maman, c’est Julia Roberts. Belle comme toujours, avec ce si grand sourire, elle met tout son cœur à l’éducation de son fils adoré, qui est très intelligent évidemment, avec une affection particulière pour les sciences. L’histoire commence alors qu’il doit rentrer à l’école pour la première fois à 11 ans. D’où l’inquiétude de ses proches, comme son père (Owen Wilson) ou sa sœur (Izabela Vidovic).

Car à ce moment-là de la vie, Auggie (Jacob Tremblay) s’attend à devoir surmonter moqueries, mises à l’écart ou méchancetés des camarades de son âge. Pourtant, le directeur de cette école privée (Mandy Patinkin) anticipe le problème en le parrainant par trois élèves emblématiques de l’établissement. Mais ce qui doit arriver arrive, et rien n’est si grave finalement…

Par ailleurs, on découvre les autres personnages de l’histoire : La sœur Olivia (« Via »), sa meilleure amie Miranda, le futur meilleur ami d’Auggie, Jack, la grand-mère maternelle, et Justin, l’amateur de théâtre (et amoureux de Via).

Si Auggie règle ses problèmes momentanément en portant un casque de cosmonaute, il arrive aussi à se faire respecter malgré sa laideur et sa différence intellectuelle. Les autres personnages arrivent à faire de même, comme emportés par le tourbillon « Auggie », Via et son impression d’être invisible, Miranda et son syndrome de l’imposteur, Jack et sa trahison involontaire…

Les jeunes « méchants » paient le tribut de leur bêtise et les grands resteront à jamais incorrigibles. Tout finit par un bon repas où se réconcilient les illusions perdues aux petits riens qui font le ciment de la vie !

*

Le sujet principal de ce film est évidemment la différence. Là, elle est congénitale et donc trop visible. La bêtise étant invisible, le combat est inégal. Heureusement pour Auggie, l’amour des siens, un directeur et quelques camarades rééquilibrent la balance de la vie.

Pour Via, c’est difficile d’avoir un frère malade qui captive toute l’attention de ses parents, comme une impression de grandir seule. Mais cela forge le caractère et donne l’indépendance !

Miranda, elle, s’est inventé un monde qui ressemblerait à cette famille si différente, avec ce drôle de petit frère mais tous qui s’aiment vraiment…

En regardant ce film, c’est un vieux capitaine qui a fait le point sur sa vie, cochant certaines cases qui m’ont rappelé des souvenirs. Comme un coup de sabre côté gauche qui m’avait prédestiné à la différence, ce ressenti depuis longtemps d’être obligé au silence alors que j’avais envie de crier  :

« Je suis Jack le Pirate ! Et je vous emm…»

Ca, c’est fait.^^

Jack Rackham

PS : Wonder est un film américain de Stephen Chbosky, sorti en 2017.

Photos et affiche du film Wonder.




 

lundi 8 décembre 2025

Aller chercher le Pain

 


Il y a des photos comme ça qui vous rappellent des souvenirs. Un premier rendez-vous, des vacances à la mer, un repas de famille, une grand-mère disparue, une voiture qu’on aimait, un moment unique ou non de sa vie quotidienne qui témoigne du temps qui a passé…

Les vieux Capitaines ont les mêmes passe-temps. Ils ont bourlingué dans les mêmes lieux, peut-être n’ont-ils pas eu le même comportement que vous, l’esprit s’échauffe plus vite quand on a un sabre bien aiguisé, mais les souvenirs sont bien là, communs et immuables.

Pour une visite chez un commerçant, c’est pareil. On a refait le trajet plusieurs fois, on a le temps de se répéter ce qu’on veut et on imagine secrètement une aventure peu ordinaire et inattendue. La boulangerie est le principal lieu de débauche, tant illustré par un film de Pagnol aux accents moralisateurs. Comme si l’endroit se prêtait particulièrement à l’adultère ou aux galipettes sauvages. Mais non…

La pharmacie allait bien tout autant aux polissonneries de passage, voire même aux rendez-vous répétés. Comme des running-gags étalés sur les prescriptions médicales mensuelles ou trimestrielles. Des regards enfouis par des corsages énigmatiques ou des frôlements ambigus d’encouragements.



Il y avait aussi les joies de l’éducation Nationale et ses représentants, ces conseils de parents d’élève s’éternisant par des conseils hautement privés, les épiceries de village et leur rideau de fer tardif, jetant un voile de discrétion pudique aux échanges alimentaires, et les réunions de Mairie aux apéritifs festifs et chaleureux…

Souvenirs de ces mutines donnant un peu de bonheur aux âmes errantes un soir d’été ou un jour de promenade, pour une baguette, une aspirine, une question qui taraude ou une libido qui chatouille…

Besos

"Tu vas où, Jack ?

Je vais chercher le pain..."





Photos : Marie-Hélène Breillat/ Anna Galiéna/ Christina Hendrickx.

dimanche 23 novembre 2025

La Dentellière

 


La dentellière, c’est d’abord un livre. De Pascal Lainé. Sorti en 1974, il reçoit à l’automne le célèbre Prix Goncourt…Quelques années plus tard,  Claude Goretta en fait un film. Il sort en 1977. C’est un franc succès et consacre l’actrice Isabelle Huppert pour son rôle-titre.

Me balançant dans mon vieux hamac, je me souviens d’avoir vu ce film durant mes jeunes années. Les mouettes peuvent ricaner mais j’en ai tiré des leçons, un sacré bon film mouais…

C’est l’histoire d’une jeune fille, Béatrice, réservée, silencieuse, qui travaille dans un salon de coiffure. Sa vie, elle la voit simplement, modeste comme ses origines et cela lui va bien. Elle ne fait jamais de vague et fait ce qu’on lui dit, du mieux qu’elle peut. Un jour, sa patronne l’emmène en vacances en bord de mer et elle y rencontre François, un étudiant brillant, un fils de famille…

Elle lui plait, ils s’aiment et il lui présente ses amis, sa famille. Elle, est toujours silencieuse, sage comme une image et ils ont décidé de vivre ensemble. Béatrice n’est pas de son milieu, ses amis ne comprennent pas ce qu’il lui trouve mais c’est comme ça. Elle le prend comme il est, sans rien dire.

Des différences se creusent entre eux, peu à peu. Différences de culture, d’ambition, de mode de vie, tout les sépare en fait. François décide de la quitter et brise leur amour. Elle ne bronche apparemment pas mais subit cette rupture si fort  qu’elle l’envoie en hôpital psychiatrique.

Quelques mois plus tard, François revient  la voir mais rien n’y fait, elle se renferme sur elle-même, toujours silencieuse. Elle arrive au quotidien à surmonter ce désamour en s’adonnant à la dentelle. Comme ces dentellières de jadis, concentrant toute leur énergie et patience sur leur ouvrage. Comme pour oublier un amour perdu ?

Je tire un peu sur ma vieille pipe, envoyant une bouffée de volutes vers les mouettes toussantes, me laissant aussi le temps de réfléchir…

Je pense en ce moment, à une jeune moussaillonne de mes amours, rencontrée sur le net. Rien n’avait pu nous séparer, les amis, la famille, les préjugés, nos cultures et nos habitudes. D’ailleurs, nous sommes toujours ensemble, qui sait…^^

Hum… Rien ne peut séparer des amours qui s’aiment quand ils ne le veulent  pas. Ou alors c’est que leur amour n’est pas si fort, ou qu’il n’est pas réciproque, et à ce moment-là, cela n’a plus d’importance. Non ?

Plein de besos



Jack Rackham

PS : Attention aux pervers narcississiques qui rôdent sur les Goëlettes…Méfi, mes moussaillonnes !



Haut : Johannes Vermeer.

Bas : Affiche du film/Isabelle Huppert.


 

samedi 15 novembre 2025

Jane Austen a encore frappé

 

Quelquefois, même quand on est Capitaine, on traînaille de-ci de-là, à la recherche d’un truc à faire, ou à lire, pour s’occuper quoi. Pourtant, la tâche n’est pas aisée, on a beau se gratter la tête sous le tricorne, on n’a plus d’idée. Les Amours perdues sont bien envolées, , les ambitions professionnelles enterrées, et les sites Porno censurés ou contrôlés. Même faire la cuisine vous dégoûte, les plats cuisinés pas chers étant livrables à domicile sur tous les bons sites…

Puis on tombe sur Jane Austen. Inévitablement. C’est l’auteur à la mode depuis une quinzaine d’année. Finies les Virginia Woolf, les Marguerite Duras et même Agatha Christie survit par ses adaptations locales ou éditions raccourcies. Mes mouettes s’arrachent les griffes tant la bougresse a tissé ses réseaux jusque dans les nids. J’aimerais connaître son agent, tiens !

Jane Austen s’est fait connaitre longtemps après sa mort, de maladie en 1817 à 41 ans, par l’entremise de son neveu avec un livre hommage, sorti en 1869 : « Souvenir de Jane Austen ». Ainsi se relance la carrière posthume de l’auteur de « Raisons et Sentiments » ou « Orgueil .et préjugés », et permet d’éditer des œuvres inédites telle « Persuasion ».

Pourtant, son influence continue encore aujourd’hui auprès des libraires, et même des cinéastes qui font des films autour de son œuvre, racontant des histoires d’amour contrariées en évoquant la condition féminine de l’époque en Angleterre.

Donc, j’ai pu voir, et apprécier, un nouveau film intitulé « Jane Austen a gâché ma vie ». Le titre est ironique mais pas loin de la vérité car le personnage féminin central est à deux doigts de faire les mauvais choix…Mais tout se finit bien, comme dans les romans de Jane. Etonnant, non ?

L’actrice est Camille Rutherford, une franco-britannique au tempérament incontestable et incarnant avec talent son personnage. Car les univers de Jane Austen méritent d’être interprétés par des femmes de caractère. Telles Keira Knightley ou même Katie Mc Grath…

Bon film !

Jack Rackham


Photos : Haut, Katie Mc Grath

Bas, Jane Austen, by Ozias Humphry/ Dessous : Affiche du film .





jeudi 9 octobre 2025

Les 13 Tricornes de Terry Gilliam

 

Connaissez-vous les Monty Python’s ? 

C’étaient des humoristes anglais (principalement) qui ont sévi depuis la fin des années 60 à la télévision puis au Cinéma. Leur humour, du Burlesque absurde particulièrement corrosif et décalé, a eu un succès mondial et est même devenu une référence par-delà les époques. Graham Chapman (1989) et Terry Jones (2010) ayant disparu, il reste John Cleese, Eric Idle, Michaël Palin et enfin Terry Gilliam pour poursuivre leurs créations respectives.

Terry Gilliam était d’ailleurs le seul américain de la troupe, mais frère d’armes sans pareil pour pratiquer cet humour labelisé Monty Python’s, fils prodigue de cet humour anglais original. Au cours de sa longue carrière, il réalise 13 longs métrages pour le Cinéma :

Sacré Graal (75), Jabberwocky (77), Bandits bandits (81), Brazil (85), Les Aventures du Baron de Munchausen (88), The Fisher King (91), L’Armée des 12 Singes (95), Las  Végas Parano (98), Les Frères Grimm (05), Tideland (05), L’Imaginarium du Dr Parnassus (09),  Zéro Théorem (13), puis L’Homme qui tua Don Quichotte (18) …

Son premier film, Sacré Graal, était directement une production Monty Python’s, co-réalisé avec Terry Jones. Brazil, son film majeur, est devenu depuis un classique du Cinéma. Les 12 Singes et Dr Parnassus confirmèrent son appartenance au gratin des grands réalisateurs. Mais Gilliam, c’est avant tout un vrai pirate de la création, un touche-à-tout, un scénariste-dialoguiste, un artiste-dessinateur, un maquettiste-décorateur, et aussi évidemment un acteur… Wow !

Il a bien sûr participé aux autres films des MP : La Première Folie des MP ou Pataquesse   (71-remake de  morceaux choisis du TV Flying Circus), La Vie de Brian (79), Les MP à Hollywood (82), et Le Sens de la Vie (83).  Ce dernier film, Terry Gilliam en réalisa seul, le prologue : Un court-métrage intitulé The Crimson Permanent Assurance. Un chef-d’œuvre !

Ah oui : Terry prépare un nouveau film, son dernier, peut-être.

Le Carnaval de la Fin du Jour.

Tout un programme…

 Jack Rackham 


Photo du haut : Terry Gilliam. Vidéo du bas : Brazil (film)

lundi 16 juin 2025

Les Passages Sucrés

 


La Belle a l’air endormie, malgré ses yeux grand’ ouverts, un livre plaqué sur sa poitrine et retourné à l’envers, face contre les pages lues.

Le titre n’est pas si important même si il doit ressembler à quelque chose comme « La Putain du Rio Grande » ou alors « Gang Bang à Hill Valley ». Le temps s’est arrêté soudain, le souffle coupé par tant d’émotions, les sens malmenés tels des feuilles de palmiers secouées dans tous les sens, si on ose dire.

Elle a joui plusieurs fois, le souffle coupé et le corps tétanisé. La pensée du monde réel est devenue obsolète et l’appétit de nourriture n’est plus qu’un vieux souvenir. La sexualité a remplacé tout le reste…

Elle a profité de chaque seconde, s’appliquant à bien lire chaque passage, chaque mot, transposant dans sa tête les sensations décrites. La lecture est devenue une passion obsessionnelle qui provoque tant de plaisirs chez elle qu’elle ne planifie rien d’autre dans ses journées. Sauf aller chez le libraire du coin, et échanger avec lui sur quelques titres dont il connait bien le contenu. Son petit rire en coin semble à chaque fois comme lui témoigner de sacrés encouragements ou alors il va à la pêche sans savoir. Tant pis…

Elle est déjà prête à replonger dans la tourmente des plaisirs, retenant le signal du départ pour mieux profiter du moment. Ces moments qui vont s’enchaîner, ces passages de lectures suggérant ces belles images pieuses qui égrènent des secondes de secousses orgasmiques. Dans sa tête, elle mime des sexes et des langues, des poils et des  peaux, des respirations haletantes et des transpirations aux odeurs suaves. Les pénétrations succèdent aux léchages, les palpations aux frôlements, on a vite envie de passer d’une séquence à l’autre et on tient le livre entre deux doigts, l’œil esquissant une lecture en diagonale où tout est compris d’instinct.

La fille a presque fini son livre, du moins les derniers passages coquins. Elle aurait envie d’autre chose que ces passages sucrés.

Plutôt de partager des passages secrets avec un beau héros masqué à l’allure virile qui surprendrait vos envies et votre désir, et qui sans vous demander la permission,  traverserait tous vos buissons ardents…

Jack Rackham


Images : Emma Stone (haut) et Guy Williams (bas).

lundi 7 octobre 2024

Un Air d'Opéra

 J’avais rencontré une drôle de fille un soir de pleine lune, lors d’une descente d’escaliers d’un théâtre où nous venions de voir « Tosca », un des chefs-d’œuvre du maître Puccini, roi de la mélancolie chantée de tous les temps…

Elle avait perdu un escarpin telle Cendrillon que ma vue de marin avait vite repéré, sur un marchepied entre deux rambardes.  Je rendais l’objet à la belle, reconnaissante et m’invitant illico à boire un café au bistrot d’en face.

Elle se tenait guillerette à mon bras, caressant mon biceps sans l’air d’y toucher mais le faisant quand même,  dodelinant jusqu’à l’entrée du Bar. Nous trouvâmes un canapé confortable à nos fesses et je commandais d’un claquement deux cafés. Je la regardais pendant qu’elle grandiloquait, les doigts lancés vers des sentences imaginaires. Son sourire était suave et ses lèvres douces semblaient minauder quelques stratagèmes charmants.

Je tombais amoureux rapidement et lui trouvais plein de prénoms, tels Manon, Musetta, ou Turandot. Tosca, peut-être… 

Elle s’appelait Anna, avoua-t-elle devant moi... Ses yeux clignotèrent comme des guirlandes, et elle avait rougi comme si elle se trouvait nue  en prononçant son patronyme.

Je la regardais alors comme elle était vraiment, avec un fond de teint prononcé, des épaules arrondies où se miraient de beaux cheveux. Ses yeux en amande étaient marqués de noir et sa robe échancrée vous laissait voir ses seins comme des pêches posées.

Elle se mit alors à parler de sa vie et quand sa bouche s’ouvrait, on pouvait entendre  la musique de son cœur. Le rythme était lent, l’orchestre laissant la place à la mélodie principale, elle racontait ses plus belles passions en fermant les yeux comme si elle revoyait tout devant elle, comme dans un film.

Je la raccompagnais, apaisée mais encore fébrile.

Je lui donnais un baiser.

 

C’est vrai qu’elle avait un drôle d’air.

Un air d’Opéra...



mardi 2 juillet 2024

Aphasie

 


Ceci n’est pas un article médical de plus sur cette lésion moderne du cerveau,  l’Aphasie, mais plutôt une approche plus douce et vulgarisatrice de ses symptômes afin de mieux les appréhender le moment venu sans paniquer, ni imaginer que c’est une invention. Mon tricorne est coincé sur mon crâne, prêt à tout, je me souviens :

"Depuis quelques temps, je fréquente les hôpitaux du coin, habitué à passer le temps le nez sur l’horloge craignant de ne pas avoir mis assez de pièces dans le parcmètre pour ma goélette. Je m’habitue peu à peu à mon Diabète mais mon corps est impatient et souffre quand même de vertiges et vomissements intempestifs. Certains films des Monty Pythons me viennent souvent  à l’esprit, sans me faire sourire car je découvre en temps réél la joie des Œdèmes, pulmonaires ou non. Je n’oublie pas cette période de souffrance lancinante où je me traîne sans appétit, j’ai refusé à Bosco une tarte aux fraises c’est dire, me couchant avec les poules mais sans trouver le sommeil. Le pouls est lent, je vois tout jaune et je transpire de grosses gouttes bruineuses.

Quand soudain, au moment de mettre mon short-pyjama, un à rayures noires et jaunes, je regarde le vêtement en le tournant dans tous les sens puis me dit : « Jamais je ne pourrais rentrer là-dedans ! »

Mais ce sont d’autres mots qui sortent de ma bouche, ne les reconnaissants même pas et me tournant derrière moi en me demandant « qui a bien pu parler de cette façon ? »

Ne pou jaime hébo aarébo jama

Je suis anéanti, je ne sais pas combien de temps va durer ce symptôme ou si c’est définitif…Heureusement, cela ne dure pas, je redis quelques mots normaux, ma tête a l’air de se remettre à l’endroit. Ouf !"

Voilà mon expérience, j’en ai encore les mains moites mais je crois avoir eu d’autres crises, sans en être conscient sur le moment. Quelques souvenirs furtifs, des rédactions de textes où je me demande comment j’ai pu laisser passer ça ou ça, pleins de trucs qui m’ont échappé sur l’instant car j’étais affaibli et mon organisme tout entier fragilisé par des maux inconnus.

Depuis je suis aux aguets mais j’essaie de m’informer et d’en parler autour de moi. Donc…

L’Aphasie est un trouble qui produit une perte partielle ou complète du langage, de son expression orale ou écrite et de sa compréhension. Chaque sujet subit de manière différente ses effets selon l’aire du cerveau qui est atteinte. C’est une incapacité à prononcer certains mots qui la caractérise voire à transformer le langage dans sa formulation. Ces erreurs permettent d’identifier parfois la partie du cerveau lésée et de déterminer un traitement éventuel. Car si tout est guérissable, cela peut prendre du temps (>Orthophonie)

D’ailleurs si l’origine de cette pathologie vient du système nerveux central (AVC), ne pas oublier son degré ultime : La perte de la parole.

 A-Phasis  = Sans-Parole.

L’Aphasie peut aussi créer par ricochet une hémiplégie ou par frustration de ne pouvoir s’exprimer, une dépression. Mais ça, ce sont d’autres histoires…

Jack Rackham

PS : Hémisphère, hémisphère, est-ce que j’ai une gueule d’hémisphère…♫♪♪

PS 2 : Regardez donc dans la série New Amsterdam, saison 4, l’épisode 18 intitulé : Un point c’est tout. (Avec Freema Agyeman et Ryan Eggold) Quelques belles scènes qui déchirent le coeur...Voir ci-dessus.

+ Un trailer avec Lucchini qui joue parfaitement l'Aphasique !



dimanche 24 mars 2024

Un Colosse qui rôde

 


Allongée dans un grand lit de draps mauves surplombé de baldaquins éparpillés aux motifs identiques néanmoins,  je me prélassais les yeux fermés bercée encore des belles histoires d’hommes et de Dieux racontées par mon bel ami pirate, le sieur Jack Rackham. Le sacripant avait éveillé en moi des désirs inconnus, voire inassouvis, provoquant des tremblements et des gestes compulsifs dans tout mon corps.

Je fermais plus fort les yeux encore pour ressusciter en moi cette histoire de géant extraordinaire, m’imaginant en sa présence et m’autorisant les choses les plus folles…

Cette statue avait été érigée en hommage à Hélios, Dieu du Soleil, suite à un siège de Rhodes par  les légions de Démétrius 1er, vers 305 avant JC. Plantée devant la ville d’une hauteur de plus de 30 mètres, elle symbolisait la résistance des Rhodiens incitant tout envahisseur à ne pas recommencer. Le bronze avait été coulé vers 292 avant JC, initié par Charles de Lindos, ingénieur bâtisseur.


Emoustillée par ce colosse impressionnant, il me prit l’envie de lancer un sortilège pour agrémenter un peu la soirée de ma condition de sorcière et femme mature célibataire.

J’avais la peau encore douce, les seins bien galbés et tout ce qu’il fallait pour séduire un grand bellâtre planté là depuis longtemps et désirant de la compagnie. Mes doigts glissèrent alors de mes pâtes d’oie pleines de charme aux feuilles magiques de mon grimoire. Un grand éclair blanc zébra le ciel puis le sol sembla vibrer, comme animé d’un nouvel arrivant de plusieurs tonnes…

Je sortis me rendre compte par moi-même du maléfice accompli puis je vis la statue géante plantée au dessus de moi, dont le pagne ne recouvrait pas vraiment les attributs.

Je dus lui faire de l’effet, car il me rappela soudain un vieil ami pompier doté d’une belle lance à incendie. Ni une, ni deux, d’un claquement de doigts je modifiais le sortilège pour rendre le loustic à mes humaines proportions puis je me lançais à l’assaut de la sixième merveille du monde, prêt à combler toute l’étendue et la profondeur de ma féminité…


Pour Jack Rackham, Claudia l’ensorceleuse ♥

Ci-joint, affiche du film de Sergio Léone (1961) Le Colosse de Rhodes.



mardi 27 février 2024

Le Plan du Trésor

Quelquefois, entre deux rêveries ou autres douceurs littéraires ou culinaires, je reviens à mes premières amours, celles où ma prime jeunesse côtoyait les murs de la Veuve Sanders. S’y trouvaient aussi ses nièces dont l’inoubliable Katia, au coup de pédale aérodynamique et puissant, qui avait laissé une image indélébile dans ma mémoire.

Fermant les yeux, je revoyais comme dans un film (le cinématographe sera inventé un siècle plus tard mais je me comprends) ces cavalcades à vélo à travers l’île du Crâne, menant à cette cabane secrète où nous jouions à toutes sortes de jeux. Les fesses encore marquées par son porte-bagage, je frottais mes yeux éblouis aussi par sa croupe en action puis nous commencions à nous amuser.

Cette fois-là, je m’étais déguisé au point de devenir méconnaissable, portant binocles et perruque frisée, me faisant une moustache au noir de bouchon, enfilant une veste de costume avec un faux-col de soirée. J’enfilais pour finir un grand short rayé avec chaussures noires cirées et guêtres, avant d’entamer un gros travail de peinture, reproduisant la carte au trésor de Barbe-noire le pirate, une vieille connaissance dont je lisais les aventures dans la presse. 

Une fois la peinture sèche, nous pouvions jouer :

Je commençais à la peloter aux endroits indiqués par le plan, arrivant par la mer puis creusant en divers endroits, fausses pistes et pièges compris. C’était bon de jouer avec Katia, sensible et frissonnant pour un rien. Elle se prêtait au jeu comme une poupée vivante, la touchant ça et là pour finir par la découverte du Trésor, moment où je creusais de mes doigts le bouquet final !

Epuisée par le jeu mais heureuse, elle finissait toujours par dire :

La prochaine fois, c’est toi qui feras le Trésor !

 

Mais bien sûr, chère Katia, je serais toujours ton trésor…


Jack Rackham

PS : Si quelqu’un veut jouer à l’Île au Trésor…hum ? ^^

LÎle au Trésor - texte original


vendredi 26 janvier 2024

Regain again


 Ils sont là presque pliés en deux, priant pour la prospérité de leur semence, pour la protection de leur récolte à venir contre le gel et tous les éléments qui pourraient contrarier leur dessein. Celui du Bon Dieu aussi, à travers ses serviteurs. Ils savent pourtant que l’entreprise est périlleuse, que chaque année et saison demande bonne chance et hasard du temps. Les oiseaux aussi, les voleurs de récolte, les passants, tout peut réduire à néant ce tavail de Titan.

Ils se sont rencontrés par hasard, unissant un jour leur regard et leurs efforts. Ils se croyaient seuls au monde à vivre leur vie et leurs soucis. L’Amour était là pourtant, prêt à surgir de la terre et de leur sang. Cela rappelle une belle histoire, une de celles qu’il y a dans les films. Ceux aux images incertaines qui datent de la nuit des temps…

« Il était une fois un petit village, un de ceux dont on aurait pu oublier le nom. La vie s’y était réduite à sa plus simple expression, ne laissant entre ses ruines que trois spécimens de l’humanité : Un vieux forgeron, une mamée veuve et un chasseur.

Le forgeron, déjà à la retraite, devait bien se résoudre à rejoindre la maison de son fils et sa belle-fille, n’étant plus capable de rester seul et de s’occuper de lui-même. Le chasseur l’aide à porter sa dernière charrue, mais la mamée se met en colère, et va dans la plaine se mettre en quête d’une femme pour le chasseur, encore jeune et gaillard. Elle s’imagine que si le chasseur prend une femme, le village pourra repartir et renaitre de ses cendres…

Un peu plus loin dans la campagne environnante, un rémouleur itinérant discute avec un garde-champêtre au sujet d’une fille de troupe de théâtre, abandonnée par son amoureux et patron, et livrée par son chagrin à une bande de charbonniers sans scrupule. Imaginant le pire, le rémouleur la prend en charge, faisant d’elle néanmoins son larbin jusqu’à rejoindre les abords du petit village, guidés un peu par la magie de la vieille mamée, opiniâtre. Le chasseur est là qui se baigne...Les deux commencent à se plaire et la fille décide de fausser compagnie au rémouleur manipulateur.

Cachée chez le chasseur, la fille rêve alors d’une autre vie où elle retrouverait du respect, pendant que le nouvel amoureux s’en va emprunter du grain et une charrue, pour essayer de cultiver la terre de son village. Il ramène aussi deux grosses miches de bon pain à sa nouvelle bien-aimée, lui arrachant des larmes et symbolisant aussi par le pain, l’idée d’une protection divine.

Mais l’eau fraîche et le pain ne font pas tout et après avoir produit les premiers sacs de grains vendus bon prix au grand marché du coin, et éjecté de leur vie le rémouleur cupide et stupide, les deux amoureux reprennent ensemble le cours de leur nouvelle vie dans ce village renaissant, se préparant même à accueillir un nouveau venu. C’est la vie qui continue… "

 ♥

Jack Rackham.

*

Illustrant parfaitement l’utilité de la vie paysanne, et donnant écho aux manifestations actuelles contestant les taxes et obligations de normes empêchant la prospérité de la vie agricole française, REGAIN (Pagnol d’après Giono, 1937) est un des plus beaux films du Cinéma français sur le sujet.

Couv : L’Angelus, de J.F. Millet.


Vidéo : Regain (1937 Pagnol) fin du film, sans les dialogues.