vendredi 18 mars 2011

La Veuve au Port


Elle vient là tous les matins, au même endroit du ponton qui l’attend.

Les mouettes tournent autour de sa coiffe attachée pour résister à tous les vents et son œil commence à scruter l’horizon, cherchant une vague qui flirterait avec une vigie oubliée.

Son manteau usé à a compté pour elle les jours de son départ, et ses cheveux filasse ne pensent plus à séduire que son miroir brisé posé sur la cheminée. Le printemps l’a sauvé de la froidure promise car elle n’a plus de bois. La Dame Willouby attend son mari pour couper ces prochains tronçons de chaleur, qu’il la serre dans ses bras. Elle a confiance, il reviendra…

C’était il y a presque longtemps, tant les jours s’égrènent et la narguent chaque matin. Elle coche sur un carnet son attente et les pages se tournent comme pour cacher le début de sa tourmente et de sa peur. La chasse à la baleine n’est pas si dangereuse mais elle a lu un livre où un capitaine périssait avec son navire pour défier une grande et blanche. Ici aux Caraïbes, elles sont petites  et bleues et son Jimmy saurait bien convaincre son commandant de rebrousser chemin en cas de mauvais sort.

Les gens la saluent encore mais elle se cale contre une pile de bois se protégeant de la pitié et du désespoir. Le fil du temps lui a ôté l’appétit, la soif mais pas la patience. Tous les soirs elle rentre chez elle mais le matin se levant, elle est là qui revient l’attendre. Pour tenir compagnie aux vents et aux marées…

Des idées la traverse à présent, portant du noir, entourée de pleurs et de mains appuyées sur son dos. Madame Veuve Willouby...Brrr, elle n’y pense même pas…Elle avale sa salive et chaque jour se donne un jour de plus, prête à se donner une semaine, un mois, un trimestre de plus. Les mouettes ne la voient presque plus, une a faillé l’éborgner l’autre jour et un galant est venu lui proposer son aide et sa main… 

Mais non, ça ne se passera pas comme ça ! Elle se fait violence pour tenir encore et encore et ne se résout à prendre le deuil, à baisser les bras, à ne plus l’attendre. Elle a presque oublié son odeur et son rire mais ses mains la caressent encore, et c’est bon. Elle tombe alors à genoux…

Un rayon de soleil traverse les nuages et vient frapper son front. Elle ôte son chapeau et plisse les yeux, croisant ses mains. Elle n’est jamais allée à l’église, ne croit même pas en dieu, mais elle croit en son Jimmy, il lui a promis…

Des hurlements horribles déchirent les cieux dont le bleu ne comprend pas ce tonnerre. On dirait une bête qui meurt, s’accrochant à ce cri pour rester encore en vie.

Les gens tournent la tête et regardent vers le ponton. La veuve est encore là. 

Tiens, elle s’est relevée et s’approche de la plage.

Elle agite son bras, comme saluant l’horizon.

Ils baissent la tête et reprennent le cours de leurs vies.

Dame Willouby relève le menton et sourit. S’arrangeant les cheveux.

Jimmy est revenu…

lundi 14 mars 2011

Un Ara sur l'épaule

Tout est parti d’une visite inattendue le mois dernier, la belle Jessica ayant grimpé la passerelle du Poséidon pour y passer vacances et accessoirement décrocher le passeport pour partager ripaille et aventures, celui de moussaillonne. Les épreuves n’étaient pas compliquées mais je soupçonnais Bosco et Mildred d’influencer un peu notre candidate en se livrant à des agissements secrets en échange de points pour le précieux sésame.

Je surveillais la journée ma visiteuse grimper aux cordages et préparer la tambouille, puis au fil de la semaine d’autres candidates vinrent s’essayer au challenge et je n’eus plus assez d’yeux bientôt pour surveiller tout le monde. Aussi belles et rompues aux choses de la marine comme des vieux briscards, mes belles se donnaient à fond, me compliquant la vie pour choisir la gagnante…

Pourtant je remarquais  une nouvelle mode sur la goélette et une recrudescence de perroquets multicolores que chacun s’amusait à mettre sur son épaule, donnant une ambiance joyeuse et colorée au navire que je n’avais jamais connue. La visite de Jessica me renseigna vite sur l’ingéniosité de mon équipage et je souriais à l’écoute de leur stratagème…

- Bonsoir Capitaine. Il fait chaud ce soir, je venais vous visiter, voir si vous n’aviez besoin de rien. Regardez mon beau perroquet, il est vorace et il a bien envie de vous manger !

Je regardais plutôt la bouche de Jessica et imaginais des choses bien naturelles. Je refoulais ces idées lubriques et me replongeais dans mon journal. « J’ai mon perroquet, Capitaine. On m’a mis au courant de vos us sur ce navire, mais ce ara est bien mieux qu’une tarte au fraises, n’est-ce pas ? »

Je commençais à comprendre ce qu’avait combiné Bosco et les hommes de l’équipage. Plutôt que de déranger sans cesse les filles pour des galipettes ou des gâteries au fraises, ils avaient instauré le port du perroquet et chacun et chacune, selon ses dispositions ou migraines, pouvait inviter un des occupants du bateau à mouiller l’ancre, ou jeter un filin par le hublot, sans prêter attention.

Je ne tenais pas à rompre le charme de ces codes pratiques et poétiques finalement, et ma belle amie préféra s’occuper de mon sabre, ce qui lui valut la note maximale à cet agrès !

Pourtant le concours fut rude et bien que Lady Ania, mon attachée de presse qui avait voulu tenter sa chance, dépassa le nombre de points maximum, je décidais de garder ce petit monde sous le coude en alternance.  Préférant garder aussi une certaine émulation dans mon équipage et l’assurance de leur motivation toujours revigorée…

Je décidais aussi de porter à l’occasion un ara sur l’épaule selon mon humeur, et me souvenais d’un que j’avais vu sur un flux internet. Ce qui me fit sourire. 

Mais ça c’est une autre histoire…

Jack Rackham. ^^

jeudi 10 mars 2011

Le Corps de Maria

Quelquefois, perdu dans mes rêveries, un petit sourire me monte aux lèvres et mon esprit s’évade vers quelques amours oubliés, retrouvés entre deux mensonges de ma jeunesse…

Ayant longtemps menti pour donner le change à de faux amis ou de vrais imbéciles, j’ai bien du mal à me souvenir de mon premier amour, du vrai premier qui a fait battre mon cœur. Je passerais sur ceux que j’ai  vécus tout seul car ceux-là n’ont laissé que l’amertume des soirées finissant en poignées d’amour. Mais quand on est un pirate affalé entre ses cordes, habitué aux récits amoureux entre souvenirs de jeunesse et turpitudes de marin aguerri, il est facile de le voir cet amour premier, émoustillant mon cœur et mon âme pour l’éternité…

Je venais de fêter mes quinze ans et j’avais mis mon plus beau costume. Je bombais le torse pour paraitre plus vieux et j’allais au bistrot du village, pour promener mon anniversaire et trouver compagnie. Je montais les escaliers derrière le bar jusqu’à la porte d’une amie peut-être consentante, quand de l’autre côté du palier, j’entendis un rire comme le gazouillis d’un oiseau qui m’appelait.

Je passais la tête regardant à l’intérieur de l’appartement, et la fille m’interpella :

- C’est vraiment un très bel appartement, il me plait ! Oui vraiment, il me plait…Dit-elle d’une voix éraillée mais terriblement séduisante.

Je l’observais et c’était une belle brune aux cheveux frisés. Sa poitrine arrondie laissait imaginer des atours appétissants et elle s’était habillée en tenue de jeune fille, sans doute pour paraitre plus jeune. Mais elle devait bien avoir vingt ans !
-Je crois que je vais le prendre, dit-elle. Vous habitez ici, jeune homme, nous serons voisins alors…
Son rire me plu tout de suite et je pris le parti de ne rien dire et de sourire sans arrêt, en airs entendus et hochements de tête.

Elle tournoyait dans l’appartement et jouait comme une enfant. D’un coup, elle se déshabilla de la tête au pied et continua sa danse de fille, faisant des sauts et plongeant de temps en temps sur un vieux matelas percé. Elle roulait boulait pour me montrer son corps et vit que je rougissais. Elle reprenait alors sa folle course puis recommençait son jeu en me fixant un peu plus à chaque fois.

Venez-là, me dit-elle. Et je l’écoutais, fasciné par ce petit cabri sans pudeur qui montrait ouvertement sa féminité. Allongé à côté d’elle, elle me raconta sa vie en me caressant, ce qui me faisait rougir encore plus. Sa main douce tournait autour de mon désir sans le toucher, ce qui était un exploit tant il commençait à occuper les pans de mon pantalon…

Nous nous retrouvâmes plusieurs après-midi d’affilée sur ce matelas de fortune, avec quelques petites escales à la taverne d’en bas où j’étais fier de la sortir et de la voir tirer sur la paille de sa limonade. Puis nous reprenions nos jeux de mains, réservés à jamais à ma mémoire de puceau intimidé.

Je revois encore les seins de Maria, sa peau, ses cuisses rondes et son pubis mystérieux qui me frôlait pour tester mon émotivité avec succès. On s’embrassait alors des heures, partageant nos salives tant qu’on avait cru s’étreindre sous la pluie…Mais nous n’allions pas plus loin que nos langues dans nos investigations, comme un pacte pour préserver un peu d’innocence, ou juste pour en profiter encore un peu.

Le dernier après-midi, j’arrivais devant un escalier bondé de monde, et la nouvelle me fit hurler ! Alors, je partis en courant. On venait de découvrir la fille, égorgée par un tueur sanguinaire et la police locale cherchait des témoins pour décrire des suspects, surtout un jeune homme qu’on avait vu les jours précédents grimper ses escaliers…

Je courrais à perdre haleine, fuyant l’horreur de cet amour déjà perdu, et j’imaginais tous ces policiers et médecins légistes, tous ces étrangers qui de leurs yeux impurs parcouraient le corps sans vie de Maria…


À Maria Schneider.

Jack Rackham.

Actrice française, née le 27 mars 1952, et décédée le 3 février 2011. Hormis « Le Dernier Tango à Paris » de Bertolucci en 1972, elle a tourné aussi dans L’Arbre de Noël (1969), Madly (1970), La Vieille fille (1972), Profession Reporter (1975), La Baby Sitter (1975), Violanta (1977), La Dérobade (1979), Mama Dracula (1980), Merry-Go-Round (1982), Bunker Palace Hôtel (1989), Les Nuits Fauves (1992), Jane Eyre (1996), Les Acteurs (2000), et Cliente (2009) son dernier film.

Ptit clin d’œil à Leila, Zette et leurs amis, lançant un thème du premier amour. Voilà, à ma manière…

lundi 7 mars 2011

Al Pacino est Bobby Deerfield

Je venais d'envoyer une bouteille à la mer à destination de mon envoyée spéciale, Laurence Peloille, et la réponse revenait sans tarder : Un bel article sur Bobby Deerfield, un film du grand acteur Al Pacino. J'y reviendrais tout à la fin, pour un petit topo de carrière, mais chut ! Place à Laurence et son analyse de "Bobby Deerfield"...JR.

 "Bobby Deerfield, de Sydney Pollack. Film américain en couleur, 1977, de 2 heures.

Bobby Deerfield, un célèbre champion de Formule1 américain sur le circuit européen, rend visite à son coéquipier, hospitalisé après un accident dans une clinique spa dans les Alpes.C'est un homme blasé et déçu malgré son succès.

Dans cette clinique, il fait la connaissance, par hasard d'une jeune fille, interprétée par Marthe Keller, Lillian Morelli, une jeune femme énigmatique,  respirant la joie de vivre et à l'esprit libre en apparence et un charme peu conventionnel, malgré le mal incurable qui la ronge : une leucémie en phase terminale.

Bobby (Al Pacino) tombe amoureux fou de Lilian et à ses côtés, il  reprend goût à la vie mais très vite, doit se préparer au pire...Grâce à elle, Bobby se rend compte que la vie est belle et l'aide à vivre au mieux ses derniers jours...

 Parce que ce film est une étude de caractère dont le dialogue ne peut  induire en erreur mais éclairer, son succès essentiel est de révéler beaucoup de nuances. Les images sont fortes, et la musique contient un nombre considérable de compositions originales.

 Les deux principaux personnages, Bobby et Lillian, sont substantiellement différents de leurs paroles et leurs actions l'indiquent. Il semble fatigué, méthodique, et sans beaucoup de sentiment. Elle agit comme un lutin espiègle.
 Grâce à la musique, surtout le thème principal, nous voyons le noir Bobby comme une personne de grande sensibilité et de réflexion. Lillian joue d'une  manière ludique et  se révèle comme un dispositif de masquage d'un seul et implacable secret tragique.

 Mais ce n'est pas seulement un film sur le développement du caractère. 
Les circuits européens et le milieu de la Formule 1 sont une importante partie vitale du film et sa  raison d'être.
Deux des œuvres musicales originales de Dave Grusin pour "Bobby Deerfield" prennent leur élan de cette facette du film, évoquant les lieux et les situations dans une charmante et originale composition.

Ironie du sort, Dave Grusin choisi une samba pour accompagner le voyage de route à travers les Alpes suisses. Un truc qui vient néanmoins parfaitement réussi, donnant un sens indubitable d'un cadre européen. Ce faisant, non seulement il donne de l'humeur et locale instantanément, mais amplifie aussi le sentiment d'un pilote américain de New-york jamais vraiment dans son élément sur le continent, surtout avec cette femme italienne non conventionnelle.

Lorsque Bobby et Lillian arrive à Côme, le succulent "Bellagio Vista» souligne le très beau cadre.  Il s'agit d'une pièce tendre et évocatrice, qui est également utilisée pour suggérer la  romance.Des morceaux de cette musique sont empruntés sept ans plus tard dans le thème poignant de " The Girl Little Drummer ".

Et le thème principal ("Bobby Deerfield"), traverse les moments les plus forts en émotion du le film.
 Surtout quand il est joué en solo au bugle (par Chuck Findley), la pièce donne toute sa dimension à la fois aux personnages et les scènes qui, à première vue, semblent d'une simplicité trompeuse. La musique d'Haunting est triste, le thème expose le monde  des protagonistes.

"Bobby Deerfield" contient également un joyau de musique incroyable, faisant le liant entre les scènes :  "Quiet Soirées rangs "avec Dave Grusin.

 "Bobby Deerfield" est vraiment une tragédie, non seulement sur la mort d'une jeune femme "In Love", mais aussi sur la réaction d'un homme qui malgré sa puissance et qui ne peut pas être lui-même avec n'importe qui, ne  joue pas le larmoyant.  Et l'utilisation pertinente de la musique empêche qu'il le devienne.

Nota : La bande originale propose également une version du thème titre avec les paroles de Allan et Marilyn Bergman, en plus d'une pièce intitulée "Formula One", qui illustre bien l'excitation et le danger du circuit automobile.

Laurence Peloille."


 Bio-filmo Al Pacino : Né en 1940, il débute au cinéma en 1969 avec "Me Natalie" de Fred Coe. Sa côte grimpe avec Le Parrain (Coppola 1972), Serpico (Lumet 1973), et Un Après-midi de Chien (Lumet 1974), jusqu'à Scarface (De Palma 1983). Il obtient l'Oscar du meilleur acteur en 1992 pour Le Temps d'un Week-end, et on se souvient aussi de Franckie et Johnny (Marshall 1991), Heat (M.Mann 1995), Donnie Brasco (Newell 1997), L'Associé du Diable (Hackford 1997), L'enfer du Dimanche (O.Stone 1999), Insomnia (Nolan 2002) et tant d'autres.

jeudi 3 mars 2011

Pépère le Costaud

Si j’ai souvent l’habitude de raconter ici des aventures de demoiselles, aimant l’air du temps ou les allures de mon tricorne, il y a aussi quelques hommes qui gardent une place au fond de mon cœur. 

Le vent me décoiffe pour renifler les relents de ma jeunesse, ceux qui me mènent au souvenir de ma Mommy. 
Mommy, c’était ma mère adoptive, un être unique et j’ai déjà conté entre mes cordes  son aventure, celle de son destin d’élever votre serviteur, me donnant tout son amour jusqu’à la fin de sa vie. (Voir Oh, Mommy !)

 Son gabarit à poigne, et sa poitrine dure comme une armure, ne l’empêchait de lier amitié avec des galants, du moins c’est ce qu’elle racontait. Mais je ne lui ai connu qu’un ami de mes longues années de vie avec elle, un qui portait tricorne aussi. Etait-ce prémonitoire, je ne sais pas, mais je me souviens de son nom : Gabriel. 

Même si Mommy l’appelait Pépère, comme ça entre eux. Comme un grand-père.

Il était plutôt sédentaire pour un marin, et je me souviens qu’il passait au bureau des postes pour toucher une sorte de retraite. Et comme il venait trois fois par semaine voir Mommy, je l’accompagnais quelquefois à son affaire. Clopin-clopant, il faut dire que la béquille qu’il calait sous son bras remplaçait la jambe qu’il avait perdue au cours d’un combat. Car plus que marin, il était pirate et il en était fier…

Je me souviens de son sourire quand il me racontait des histoires et son œil brillait comme si l’image défilait devant ses yeux. Pourtant, le Cinéma n’existait pas à l’époque mais il avait une sacrée imagination !

Entre deux histoires et repas aux chandelles avec Mommy, j’allais avec lui à la taverne, car il aimait jouer aux cartes avec ses amis. Assis sur ses genoux, j’aimais ces longues parties où calé entre ses bras, il remportait les mises comme s’il venait de gagner le monde entier. Ses gros doigts tenaient de petites cartes et quelquefois il me laissait jouer à sa place. Son index montrait celle qu’il fallait que je prenne et je faisais le reste.

Un jour, la partie tourna mal, et d’un coup de tête il assomma un qui avait triché. J’entends encore le coup sec qui fracassa le front de son ancien ami. On n’en parla plus jamais mais il me fit jurer de ne point le dire à quiconque, surtout à Mommy, et je tins promesse jusqu’à aujourd’hui.

Pépère m’apprit plein de choses, et surtout de ne jamais se vanter. «Car ensuite, tu seras coincé et tu ne surprendras plus personne. » « Et surtout pas, quand tu seras grand, de dire aux filles que tu es bon au lit. Dis toujours que tu ne vaux pas un clou. Car si tu ne fais pas l’affaire, tu pourras leur dire que tu les avais prévenues. Sinon, ce sera une bonne surprise… ». La main dans mes cheveux, il lançait un grand rire et même si je ne comprenais pas encore les choses qu’on faisait au lit, je n’ai jamais oublié…

Un jour, il m’amena sur un vrai bateau, une goélette et il me permit de tenir le gouvernail sous son aile protectrice, comme si rien ne pouvait m’arriver.

Il m’arrive de temps en temps de penser à lui, et je crois que ma vocation de marin et de pirate, c’est de lui que je la tiens.

Je ne l’oublierais jamais.


A Pépère, et à tous les grand-pères du monde !
Jack Rackham

lundi 28 février 2011

Nouveau : Les Balthaz@r des Blogs !

 Voici le speech de chez Cortisone, lisez attentivement :

"Il y a les Césars, puis les Oscars, et les Balthaz@rs...
En ce moment, à la télé ou sur l’Internet, c’est le festival de remises de prix divers et variés.
Quand on ne récompense pas des blogs à tort ou à raison, on décerne des meilleurs ou pires acteurs, actrices, films, albums, chanteurs, chanteuses ou autres réalisateurs.
En veux-tu des Césars, en voilà des Oscars.
Si t’as pas eu le NRJ Music Award, t’inquiète, t’auras la Victoire de la Musique.
Et si t’as pas reçu un Nanard, attends, tu vas prendre un Razzie.
Comment ça t’as pas été élu meilleur Golden Blog Award? Pas de panique, t’es élu meilleur blog chez ELLE, quand t’as pas oublié que tu t’étais inscrite chez Cosmo.
Enfin, tout ça pour dire qu’à grande échelle, on s’y perd un peu et on oublie de se demander ce qu’on aime VRAIMENT.
C’est pour ça qu’un soir, entre nous, sur Blogitexpress, on s’est dit qu’on pourrait nous aussi lancer à petite échelle, on va dire à escabeau, notre petit concours intimistes des blogs qu’on aime.
Histoire de dire les blogs qu’on aime lire, auxquels on a plaisir à participer, ou qu’on aurait envie de faire découvrir aux autres.
Juste comme ça, pour le fun, entre nous, sans jury, sans bataille de votes.
Pour le plaisir, n’est-ce pas mon cher Herbert.
Et on s’est pas dit qu’on pourrait, on le fait.
Nous, le conditionnel, c’est pas notre temps préféré.
Alors avec MHF, Orfeenix, Cortisone ou encore .a2f, on a mis au point hier les Balthaz@rs.
L’idée?
Simple.
Chacun propose 2 blogs favoris parmi les 5 catégories proposées:
* société (info, actu, politique ou généraliste)
* culture (musique, art, création…)
* littérature (livres, BD, blogs d’écrivains)
* photo
* divers (tout le reste)
La sélection dure 15 jours, à compter de ce lundi 28 février jusqu’au lundi 14 mars.
Au terme des participations, les nominés seront alors proposés aux votes, afin de désigner le blog que VOUS avez préféré dans chaque catégorie.
5 Balthaz@rs seront alors décernés.

Pour participer, c’est encore plus simple:
* Vous copiez et collez ce billet en citant à la fin les 2 blogs que vous aimez dans chaque catégorie et vous reportez l’url de votre billet dans les commentaires chez Cortisone, entre le 28 février et le 14 mars.
* Le 15 mars, un nouveau billet sera publié avec un sondage pour chaque catégorie, auxquels vous apporterez vos votes, en vue de décerner 5 Balthaz@rs!"
( Article rédigé par ZETTE.)
Et voici mes votes ( Ceux de Jack le Pirate ) :
* Société : Mediatik  et  La Vie Qu'on Aime
* Culture :  Marieaunet  et  Elisabelleauboisdormant
* Littérature : Cortisone  et  Sort-Céleri
* Photo : Un jour une vie  et  Reflet
* Divers :  ( Biographie ) Victoria  et Nanou


Voilà ! Mais y'a de quoi se mélanger pour les catégories, certains blogs peuvent se coller sur toutes !
Besos et votez bien !
Jack

vendredi 25 février 2011

37°2 le Soir

L’épicerie n’était pas restée longtemps inoccupée et les quelques gérants furtifs pour le plus grand bonheur de Tim, avaient laissé place pour de bon à une propriétaire bon teint : Solange.

Il y a des prénoms comme ça, auxquels on associe des vertus tendancieuses voire érotiques et c’est ainsi qu’hormis les Solange, j’avais toujours été troublé par les Muriel, Patricia ou Marie-Laure. Rien que l’évocation de ces prénoms magiques, éveillait en moi comme un sésame à ma virilité et mon imaginaire sexuel. Je regardais alors ces charmantes personnes comme des servantes de l’amour et leurs atours prenaient une forme sensuelle dont je ne pouvais plus oublier la fonction. Céline, Angélique ou Leila s’ajoutèrent à cette liste au fil du temps, mais revenons à notre épicière…

Bien plantée sur ses jambes, elle dodelinait sa longue chevelure blonde et épaisse en rangeant les boîtes d’épices, et en se mettant sur la pointe des pieds pour atteindre une étagère impertinente, me permettait d’imaginer une tension double d’adducteurs encadrant un trésor de féminité.

- Oui, je m’appelle Solange, me répondit-elle en redescendant de son effort. Et vous Capitaine ?
- Jack, susurrais-je pour l’obliger à s’approcher. 

Elle se rapprocha de moi effectivement, me faisant profiter des senteurs de sa peau granulée. Son rouge à lèvres sentait bon goût aussi et je m’en délectais pendant qu’elle zieutait le dessus de mon tricorne décati, étant légèrement plus grande que moi.

- Les acariens ont trouvé logis, ironisa-t-elle.
- J’aime les animaux. Répondis-je du tac au tac.

La grande bringue se mit la tête en arrière en riant un grand coup et je sentis que nous venions de lier amitié. Me caressant la joue en signe de bienvenue, je me mis à lui confier un secret qui pouvait agrémenter la suite de notre après-midi.

Voyons Capitaine Jack ! Sursauta –t- elle, vous me dites qu’en mettant la tête entre les cuisses de certaines femmes, vous pouvez voyager dans le temps ?

- Oui, c’est bien ça. Dis-je, en baissant les yeux.
- Mais c’est énorme !
- Je sais, on me l’a déjà dit…Répondis-je, avec un petit sourire.
- Je veux bien essayer, moi. Déclara-t-elle, surpris. J’ai toujours adoré le voyage dans le temps !

Un sourire suave éclaira son visage et je compris que je voyagerais cette après-midi entre les cuisses de ma nouvelle épicière. Je la basculais entre les raisins et les poivrons rouges, et ma barbe se glissa entre ses jambes s’écartant, laissant mon nez et ma langue trouver le code d’entrée de ce vaisseau spatio-temporel.

Elle partit au quart de tour quand je saisis le bouton de son envie entre mes lèvres et le suçotais comme un cachou. Femme de goût, elle m’envoya un flot de remerciement avant que tout s’éteigne et qu’un noir profond m’envoie à l’autre bout du temps.

Mais je n’eus pas le loisir de savoir où j’étais quand je sentis une bouche s’occuper de mon sabre enflammé et peu à peu, je retrouvais conscience au milieu des raisins et poivrons. Solange avait encore mon plaisir à la bouche et entre deux déglutitions, me dit les yeux grands ouverts :
- Capitaine ! Je peux le faire aussi ! Je vous ai fait revenir…

Depuis ce jour, je viens souvent à l’épicerie partager un moment avec Solange.  Une passion animale nous unit et nous aimons nous retrouver dans les fruits et légumes le nez dans nos passeports vers l’inconnu.  

Nous sommes allés très loin dans le futur chacun à notre tour, partageant notre imaginaire. Mais nous allons bientôt goûter le plaisir de remonter le temps vers le passé, j’ai une petite idée sur comment faire mais ça c’est une autre histoire…


Jack Rackham.

Photo: JH Anglade/C. Célarié dans 37°2 le Matin.