Quelquefois, j’ouvre mon grand grimoire qui me sert de journal de bord, souvent en fin de semaine, et j’écris les évènements marquants de la vie du Poséidon. L’été c’est plutôt tranquille et hormis une livraison douteuse de farine en Jamaïque, il y a que les gueules de bois de Mildred qui mériteraient que les mouettes s’y attardent. Et encore…Pourtant, il y avait eu cette petite soirée entre matelots qui laissa trace dans quelques esprits et dans ma cabine aussi. Mais passons. J’avais engagé une chanteuse afin d’égayer le pont du navire ce samedi soir là, et la petite Solange de l’épicerie m’avait présenté une artiste de ses amies, une demoiselle Aurélie. Une sympathie nous rapprocha et elle fut engagée sur le champ.
La fête battait déjà son plein, le rhum coulant à flot, et notre chanteuse montant sur une estrade aménagée à cet effet se lança dans une série d’interprétation musicales agrémentées de froufrous volants et de levage de jambes digne des plus grands cabarets. Son succès fut confirmé quand elle commença une danse espagnole, dévoilant des jambes admirables et une croupe digne des plus belles courtisanes.
Sautant de table en table, du moins ce qui restait des tréteaux où étaient posées les victuailles, elle se donnait du mieux qu’elle pouvait pour remplir son contrat. L’honneur de l’artiste, de music-hall soit-il, est de contenter sa clientèle et ses spectateurs. Quelques chansons, « Bad romance », « Poker Face » ou « Born this Way » eurent un grand succès et j’avoue qu’Aurélie commençait à me faire de l’effet.
J’avais bien vu qu’elle ne m’avait quitté des yeux de la soirée et son numéro commençant à devenir obscène, je préparais les hommes à la fin du spectacle et Bosco m’aida à contenir voire assommer certains hommes devenus trop pressant. Là je bénissais le ciel du voyage imprévu de Tim qui avait du filer suite au télégramme qui annonçait le décès subit de sa tante Margot. Je dus d’ailleurs réfléchir longtemps en l’écrivant car certains prénoms ont l’orthographe incertaine…
Le pont désert, Aurélie et moi fîmes quelques pas de danse et nous rejoignîmes ma cabine, échauffés du rhum, de la danse et d’une irrésistible attraction à laquelle nous ne comptions pas résister. Mais ça c’est une autre histoire…
Je prenais ma plus belle plume en tirant la langue, encore fatiguée des baisers d’Aurélie et j’écrivais quelques mots sur cette belle soirée et cette rencontre.
Jack Rackham.
Cette histoire a commencé et m’a été suggérée sur le blog Aurélie’sLand ! ^^ < cliquez sur ce lien !













